Le Picatharte du Cameroun (Picathartes oreas) mesure environ 38 cm de long. L’adulte a la gorge et les parties supérieures grises et les parties inférieures sont jaunâtres. La tête présente un masque noir, une couronne violette et une tache rouge sur la nuque. Les deux sexes sont pratiquement identiques. L’immature ressemble étroitement à l’adulte, mais il est plus petit et la zone nue à l’arrière de sa tête est jaune et non pas rouge.

Ses vocalisations connues comprennent des cris brefs et râpeux et des notes graves.

Il se nourrit surtout d’invertébrés, notamment de fourmis, mais également de petits vertébrés comme les grenouilles ou les lézards. Il niche dans les éboulements rocheux, les grottes et les falaises, souvent près de l’eau. Il peut former de petites colonies lorsque les sites de nidification sont rares. Son nid de boue, en forme de coupe, est construit sur des rochers, des falaises ou des toits de grottes, ou de temps en temps sur des troncs d’arbre et même dans des structures humaines (lire Le Picatharte du Cameroun peut aussi nicher dans des constructions humaines). La femelle y dépose de un à trois œufs.

Situations de la réserve de biosphère de Luki (République du Congo) et du parc national de Conkouati-Douli (République Démocratique du Congo)

Situations (1) du parc national de Conkouati-Douli (République du Congo) et (2) de la réserve de biosphère de Luki (République Démocratique du Congo).
Carte : Ornithomedia.com

Il vit essentiellement dans les grandes étendues de forêt primaire, mais il peut aussi occuper des habitats plus dégradés comme la forêt secondaire, des zones buissonneuses, des clairières, parfois près des activités humaines.

Son aire de répartition connue est répartie entre le Cameroun (le bastion de l’espèce), le Nigeria, le Gabon, la République centrafricaine et la Guinée équatoriale, y compris sur l’île de Bioko (lire Découverte d’un monde perdu sur l’île de Bioko).

Cette espèce est classée comme quasi-menacée car sa population est faible (quelques milliers d’adultes répartis en sous-populations isolées), en déclin et fragmentée. La destruction de son habitat et les dérangements constituent les principales menaces.

Dans une communication publiée en 2026 sur la plateforme ORBi, précédant une publication à venir dans la revue Ostrich, des biologistes ont annoncé les premières détections confirmées de l’espèce dans la République Démocratique du Congo (Congo-Kinshasa) qui suggèrent une extension potentielle de son aire de répartition de plus de 390 km vers le sud par rapport à la zone de distribution précédemment connue. Entre décembre 2020 et février 2021, cinq contacts avec l’espèce, filmés par des pièges photographiques, ont en effet prouvé la présence d’au moins un individu dans la zone centrale de la réserve de biosphère de Luki.

Par ailleurs, des prospections supplémentaires menées en février 2023 et en septembre 2024 ont permis de documenter la présence d’au moins trois individus dans le parc national de Conkouati-Douli, dans la République du Congo (Congo-Brazzaville). Des recherches complémentaires sont nécessaires afin d’évaluer la viabilité d’éventuelles populations dans ces deux aires protégées. 

Picathartes du Cameroun (Picathartes oreas) filmés dans la réserve spéciale de Sangha (République centrafricaine) en août 2016.
Source : Sangha Lodge

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