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Laissez le lierre grimper sur les troncs pour favoriser les oiseaux

Le Lierre grimpant a une mauvaise réputation chez certains jardiniers : pourtant, il a beaucoup de qualités et il est utile pour les arbres et pour de nombreux oiseaux.

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Laissez le lierre grimper sur les troncs pour favoriser les oiseaux

Nid et oisillon (le voyez-vous ?) de Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes) dans un lierre couvrant un platane du cimetière parisien de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) en juin 2018.
Photographie : Ornithomedia.com

Le Lierre grimpant (Hedera helix) a une mauvaise réputation chez certains jardiniers car il est accusé d'être un parasite envahissant pouvant étouffer les arbres : certes, il peut s'agripper sur tous les types de supports (troncs, pierres, béton...) grâce à de petits "crampons", mais il s'agit simplement d'une liane de la famille des Araliacées qui peut atteindre 30 mètres de long et qui n'absorbe ni la sève ni les substances nutritives de l'arbre ou de l'arbuste qui lui sert de support. Au contraire, il aurait même un rôle bénéfique pour son "hôte" : son feuillage persistant agirait en effet comme un régulateur thermique, protégeant le tronc par temps chaud ou froid, surtout quand l'arbre a été fragilisé par une coupe ou un élagage. En outre, il absorberait l’excès d’humidité du sol et aurait une action chimique inhibitrice sur les champignons, bactéries et parasites. Surtout, il accueille un grand nombre d'espèces animales qui l’utilisent comme refuge, site de nourrissage et de nidification : beaucoup d'oiseaux dorment entre ses feuilles, mangent ses baies noir bleuâtre qui apparaissent à la fin de l’hiver, et y installent leur nid qui est ainsi bien caché.
Dans cet article, nous vous rappelons pourquoi il faut conserver les lierres qui couvrent les troncs des arbres, et même en planter, pour aider les oiseaux tout au long de l'année.

Abstract

The Ivy (Hedera helix) has a bad reputation among gardeners, because it is accused of being an invasive parasite that can choke the trees: of course, it can cling on all types of supports (trunks, stones, concrete ...) thanks to its small "crampons", but it is simply a vine of the Araliaceae family that can reach 30 meters long and that does not absorb the sap or the nutriments of the tree or the shrub that serves as a support. On the contrary, it would even have a beneficial role for its "host": its persistent foliage acts as a thermal regulator, protecting the trunk in hot or cold weather, especially when the tree has been weakened by cutting or pruning. In addition, it would absorb the excess of water from the soil and have an inhibitory chemical action on fungi, bacteria and parasites. Above all, it hosts a large number of animal species that use it as a refuge, a feeding and a breeding site. Many birds sleep between its leaves, eat its bluish-black berries that appear at the end of winter, and install their nest which is thus well hidden.
In this article, we remind you why we must keep ivies that cover tree trunks, and even plant them, to help birds throughout the year.

Présentation du Lierre grimpant

Platane au tronc couvert de lierre

Un arbre au tronc couvert de lierre est plus attractif pour les oiseaux : un couple de Troglodytes mignons (Troglodytes troglodytes) a ainsi installé son nid en juin 2018 dans le lierre couvrant ce platane dans le cimetière parisien de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis).
Photographie : Ornithomedia.com

Le Lierre grimpant (Hedera helix) est une liane originaire d’Europe et d’Asie Mineure (Chypre et Turquie) qui peut adopter un port rampant ou grimpant selon le support et atteindre 30 mètres de long. Ses feuilles sont coriaces, luisantes et persistantes : elles ne tombent qu'une fois tous les six ans environ. Celles qui sont portées par la tige principale (dites caulinaires) sont pétiolées (trois ou cinq lobes pointus et peu marqués), tandis que celles des rameaux florifères sont entières, ovales et terminées en pointes effilées. Les rameaux portent des crampons qui sont en fait des racines transformées émettant de nombreux poils ventouses qui s’accrochent au support.
La floraison est décalée par rapport à celle de la plupart des autres plantes. Les fleurs (ombelles terminales) hermaphrodites sont jaune verdâtre et globuleuses. Le lierre fructifie au début du printemps : ses fruits sont des baies noir bleuâtre de 8 à 10 mm de diamètre formant des grappes. Ils sont très toxiques pour l'Homme en cas de consommation excessive, mais ils sont appréciés des oiseaux.
Le Lierre grimpant peut vivre 400 ans, soit souvent plus longtemps que son support, et l'on voit ainsi souvent des arbres morts recouverts, ce qui contribue à sa mauvaise réputation.   
Il pousse aussi bien à l'ombre qu'au soleil, mais il a besoin de lumière pour fleurir et fructifier : en effet, les fleurs ne se développent que sur les rameaux bien exposés au soleil. Il préfère les sols calcaires et frais, mais non gorgés d'eau. Il peut être planté toute l’année, mais son installation est plus rapide s’il est planté au printemps ou en automne : arrosez-le généreusement lors de sa plantation.  
La solution du bouturage est également très facile : il suffit d'enfoncer, dès le mois de septembre, des pousses terminales dans un godet de terreau : les boutures s'enracinent en un mois, mais il faut attendre plusieurs mois, voire un an, avant de les transplanter à l'ombre, de préférence au printemps.
Le lierre peut être utilisé pour couvrir le sol ou des supports variés, mais comme il s'accroche avec des ventouses, il laisse des traces inesthétiques sur les murs quand on veut l'arracher : il vaut mieux donc le planter au pied d'un arbre, ce qui a beaucoup d'avantages. Il aurait la faculté d'absorber certaines substances toxiques de l'air des villes.

Une association bénéfique entre les arbres et le lierre

Fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla)

Fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla) dans le Lierre grimpant (Hedera helix), La Beylie, Corrèze, le 06/05/2017.
Photographie : Jean Morillon / Sa galerie Flickr

L'association entre un arbre et le lierre bénéficie aux deux parties : le premier sert de support au second, qui en retour le protège des agressions extérieures. Le lierre n’est pas une plante parasite car il ne se nourrit que grâce à ses racines souterraines. Il n’est pas non plus une liane étrangleuse qui empêche l’arbre de grandir ou qui le déforme comme les chèvrefeuilles (Lonicera sp.) ou les Ficus étrangleurs (Ficus sp.), car il s’adapte constamment à la croissance du tronc.
Il agirait comme un isolant thermique, protégeant les troncs abîmés ou affaiblis par une coupe ou un élagage (lire L'élagage de printemps et d'été, une menace pour les oiseaux et les arbres) par temps très chaud ou très froid. Il diminuerait les effets destructeurs du passage du feu ou de l'action des mammifères herbivores (chevreuils, cerfs...) et des rongeurs sur l'écorce. Il absorberait l’excès d’humidité au sol, autour du tronc, et aurait une action chimique inhibitrice sur les champignons, bactéries ou parasites pouvant s’attaquer au tronc. Il héberge des insectes prédateurs des pucerons et autres "ravageurs". 
Telle une guirlande, le lierre décore toute l'année les arbres abîmés, vieillissants ou morts. On choisira l'automne pour les travaux de taille afin d'éviter de déranger la faune.

Un vrai rôle écologique et ornithologique

Le Lierre grimpant sert de refuge, de lieu de nourrissage et de nidification à un grand nombre d'invertébrés et de vertébrés, et son association avec un arbre crée un écosystème riche : par exemple, un grand chêne au tronc couvert de lierre pourrait abriter plus de 700 organismes vivants différents ! Ses fleurs nourrissent beaucoup d'insectes butineurs à la fin de l'automne grâce à ses fleurs tardives.

Nid et oisillon de Troglodyte mignon dans le lierre

Nid et oisillon (le voyez-vous ?) de Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes) dans le lierre couvrant un platane dans le cimetière parisien de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) en juin 2018.
Photographie : Ornithomedia.com

Mais c'est surtout une plante à planter dans son jardin si l'on veut aider les oiseaux (lire Aménager son jardin pour les oiseaux). Étant le premier à produire des fruits dès le mois de mars, il permet aux premiers migrateurs de  se nourrir de ses baies sombres riches en antioxydants (lire Des fruits riches en antioxydants dans votre jardin pour les oiseaux) et en lipides, comme le Merle noir (Turdus merula), les Grives mauvis (Turdus illiacus), litorne (T. pilaris), draine (T. viscivorus) et musicienne (T. philomelos), la Fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla), l’Accenteur mouchet (Prunella modularis), l'Étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris) ou le Pigeon ramier (Columba palumbus).
Les insectes et les araignées y abondent, ce qui attire de nombreux insectivores comme les mésanges, le Rougegorge familier (Erithacus rubecula) ou le Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes), en particulier durant la période de nourrissage des jeunes.
Une étude a même montré que le Merle noir chantait davantage quand les troncs des arbres de son territoire étaient couverts de lierre.
Beaucoup d'espèces d'oiseaux s'y réfugient tout au long de l'année, en été (lire Faire de son jardin une oasis pour les oiseaux en plein été) et lors des froides nuits d'hiver (lire Comment les oiseaux supportent-ils les nuits d'hiver et comment les aider ?) : en effet, son feuillage compact a un rôle isolant. Des passereaux variés y dorment, comme les Moineaux domestiques (Passer domesticus) qui y forment des dortoirs collectifs (lire Le déclin du Moineau domestique à Londres et à Paris), mais également des espèces plus grandes comme la Chouette hulotte (Strix aluco) ou le Hibou moyen-duc (Asio otus).
Beaucoup d’oiseaux y construisent leurs nids qui sont ainsi bien dissimulés dans l’entrelacs de ses branches : par exemple, le Troglodyte mignon y installe son nid en forme de sphère parfaite (lire Identifier les nids et les oeufs des oiseaux des villes et des jardins), le Merle noir sa coupole en demi-sphère en torchis tapissée de mousse et de plumes, la Mésange à longue queue (Aegithalos caudatus) son nid ovale fait de mousses, de lichen et de toiles d’araignées, et le Rougegorge familier son hémisphère composé de mousses et d'herbes sèches. Le Roitelet triple-bandeau (Regulus ignicapilla) préfère installer son nid dans un arbre couvert de lierre car il préfère éviter qu'il ne touche le tronc.   
On peut rendre une haie plus accueillante pour les oiseaux en plantant du lierre au pied de quelques-uns des arbustes qui la composent.
Le lierre est enfin aussi utile pour les mammifères : le Lérot (Eliomys quercinus) et le Renard roux (Vulpes vulpes) apprécient grandement ses baies, et les chauves-souris y trouvent un site de repos idéal. 

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