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Les croisières pélagiques au large des îles Scilly (Grande-Bretagne) en août 2019

Des dizaines d’Océanites de Wilson, des centaines d’Océanites tempête et au moins un Pétrel gongon ont été vus (entre autres).

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Les croisières pélagiques au large des îles Scilly (Grande-Bretagne) en août 2019

Très probable Pétrel gongon (Pterodroma feae) au large des îles Scilly (Grande-Bretagne) le 23 août 2019.
Photographie : Joe Pender

Les îles Scilly sont situées à 29 km à l’ouest de Land’s End (Cornouailles), à l'extrémité sud-ouest de la Grande-Bretagne, dans l’océan Atlantique : elles constituent donc une excellente base pour organiser des croisières dans le but d'observer des oiseaux pélagiques, des cétacés et des grands poissons (requins, poissons-lunes et thons), en particulier en été et en automne, quand la diversité est la plus grande.
Les premières sorties pélagiques ont été organisées à la fin des années 1980, et leur réputation s'est rapidement propagée à tout le Royaume-Uni et au-delà : en effet, l'Océanite de Wilson, une espèce que l'on croyait pratiquement impossible à voir dans les eaux européennes, est observée chaque année en juillet et surtout août lors de ces sorties. En 2006, Bob Flood et Joe Pender ont fondé la société Scilly Pelagics pour répondre à l’intérêt croissant des observateurs pour la découverte des oiseaux et des mammifères marins que l’on peut rencontrer régulièrement dans les eaux scilloniennes, et leurs sorties sont souvent complètes.
Le bilan des croisières du mois d'août 2019 a été très positif, avec des dizaines d'Océanites de Wilson, un nombre record d'Océanites tempête, des milliers de Puffins des Anglais, un passage soutenu de Puffins fuligineux, les quatre espèces de labbes, des dizaines de Mouettes de Sabine et de Phalaropes à bec large et surtout un Pétrel gongon très bien vu le 23 août. Des Thons rouges de l’Atlantique et des centaines de Dauphins communs ont complété ce tableau.
Après une présentation de la diversité des oiseaux pélagiques visibles au large de l'archipel des Scilly, nous évoquons le cas particulier de l'Océanite de Wilson, nous présentons l’historique de l'organisation des sorties en mer dans les Scilly, et nous résumons les observations remarquables du mois d'août 2019. Nous remercions Robert Flood et Joe Pender pour leurs informations et leurs photos.

Abstract

The Scilly Islands are located 29 km west of Land's End (Cornwall), at the southwestern tip of Great Britain, in the Atlantic Ocean: they are therefore a very good base for organizing pelagic trips to watch seabirds, cetaceans and large fishes (sharks, moonfishes or tunas), especially in summer and autumn, when the diversity is the greatest. The first pelagic trips were organized in the late 1980s, and their reputation quickly spread throughout the United Kingdom and beyond: indeed, the Wilson's Storm Petrel. a species that was thought to be impossible to find in European waters, is watched every year in July and especially in August. In 2006, Bob Flood and Joe Pender founded the Scilly Pelagics Society to respond to the growing interest of birders for seabirds and marine mammals that can be regularly encountered in Scillian waters, and their August program of cruises is often fully booked.
The pelagic cruises organized in August 2019 were very productive, with dozens of Wilson's Storm-Petrels, a record number of European Storm Petrels, thousands of Manx Sherwaters, a sustained passage of Sooty Shearwaters, the four species of skuas, dozens of Sabine Gulls and Red-necked Phalaropes and a Fea’s Petrel was very well watched on the 23rd of August 2019. Atlantic bluefin tunas and hundreds of common dolphins were also watched. After a presentation of the diversity of pelagic birds visible off the Scilly Islands, we speak about the particular case of the Wilson's Storm Petrel, we present the history of the sea trips organized off the archipelag, and we present the most remarkable records of August 2019. We thank Robert Flood and Joe Pender for their information and photos.

Une grande diversité d'oiseaux pélagiques

Situation des îles Scilly (Grande-Bretagne)

Situation des îles Scilly (Grande-Bretagne).
Carte : Ornithomedia.com

Les îles Scilly sont réputées pour l'observation des oiseaux migrateurs au printemps et surtout en automne : des raretés y sont vues chaque année, dont plusieurs "premières" pour la Grande-Bretagne (lire Les îles Scilly, l'archipel aux oiseaux rares), mais la découverte des oiseaux pélagiques (de haute mer) est également passionnante. En effet, cet archipel, qui est situé à l'extrême sud-ouest de la Grande-Bretagne, constitue une base idéale pour organiser des croisières ornithologiques dans l'Atlantique du Nord-Est. Deux récifs sous-marins (le Poll Bank, à six kilomètres au sud-ouest de Bishop Rock, et le Seven Stones Reef, à 17 kilomètres au nord-est de l'île St Martin’s) entraînent une remontée d'eau profonde qui permet l'arrivée d'éléments nutritifs à la surface, ce qui profite aux oiseaux et autres créatures marines : ils constituent ainsi des "aimants" pour les espèces pélagiques et des emplacements privilégiés pour les observer à bord de bateaux. Les chalutiers et les bandes de dauphins et de thons en train de pêcher constituent aussi des facteurs de rassemblements.
Une grande variété d'oiseaux marins nicheurs et de passage est observée chaque année dans les eaux de l'archipel, en particulier à la fin de l'été et en automne. Plusieurs espèces nichent sur certains îlots, comme l'Océanite tempête (Hydrobates pelagicus), le Puffin des Anglais (Puffinus puffinus) et le Macareux moine (Fratercula arctica), les deux premiers étant pratiquement "garantis" lors de sorties en mer durant leur saison de reproduction.
Des espèces originaires de l’hémisphère sud passent dans les eaux des Scilly au cours de leur long trajet migratoire océanique orienté dans le sens des aiguilles d’une montre : les Puffins majeur (Ardenna gravis) (lire Puffin majeur : peu connu et pourtant abondant en août dans l'Atlantique Nord) et fuligineux (Ardenna grisea) sont ainsi principalement vus en septembre et en octobre, tandis que l'Océanite de Wilson (Oceanites oceanicus), qui est la "vedette" de ces croisières, est surtout observé en juillet et en août.

Puffin cendré (Calonectris diomedea)

Puffin cendré (Calonectris diomedeaau large des îles Scilly (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Joe Pender

Des oiseaux nicheurs dans les îles de l'Atlantique Nord (Canaries, Madère, Açores et Cap-Vert) et en Méditerranée, comme les Puffins cendré (Calonectris diomedea) et des Baléares (Puffinus mauretanicus), se dispersent vers le nord après leur saison de reproduction et peuvent être vus au large des îles Scilly de juillet à octobre.
La migration du nord vers le sud en automne, et dans le sens inverse au printemps, explique l'observation dans les eaux des Scilly d'oiseaux arctiques, comme les labbes : en avril et en mai, ils transitent par le nord-est de l'Atlantique, la Manche puis la mer du Nord pour rejoindre leurs sites de reproduction, puis ils repassent entre août et octobre accompagnés des jeunes.
D'autres espèces arctiques passant à l'ouest de la Grande-Bretagne au cours de leur migration, comme la Mouette de Sabine (Xema sabini), le Phalarope à bec large (Phalaropus fulicarius) et l'Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa), sont observées régulièrement dans les eaux des Scilly en automne.
Enfin, des raretés accidentelles ont déjà été signalées, comme l'Océanite de Castro (Oceanodroma castro) (un en 2007), l'Océanite de Swinhoe (Oceanodroma monorhis) (un en 2005), le Pétrel gongon (Pterodroma feae) (au moins sept observations, et un très probable en août 2019, voir plus bas) et le Phaéton à bec rouge (Phaethon aethereus) (en 2001 et en 2002), et d'autres sont espérées ou rêvées comme le Puffin de Macaronésie (Puffinus baroli), l'Albatros à sourcils noirs (Thalassarche melanophris), le Pétrel de Bulwer (Bulweria bulwerii) et l'Océanite frégate (Pelagodroma marina) (lire L'Océanite frégate, l'oiseau qui rebondit sur l'eau !).
Des cétacés, principalement le Dauphin commun (Delphinus delphis), sont  généralement observés au cours de chaque sortie. La Tortue luth (Dermochelys coriacea) peut aussi être notée en août et en septembre. Des Requins bleus (Prionace glauca) sont capturés, marqués puis relâchés chaque année en juillet et en août, dans le cadre d'une étude sur ces prédateurs.

Thon rouge (Thunnus thynnus)

Thon rouge (Thunnus thynnusau large des îles Scilly en août 2019 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Joe Pender
Requin bleu (Prionace glauca)

Requin bleu (Prionace glauca) au large des îles Scilly (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Joe Pender

L'Océanite de Wilson, la "vedette" des croisières pélagiques aux Scilly

Océanite de Wilson (Oceanites oceanicus)

Océanite de Wilson (Oceanites oceanicus) au large des îles Scilly en août 2019 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Joe Pender

L'Océanite de Wilson (lire Distinguer les quatre océanites visibles dans les eaux françaises métropolitaines) se reproduit dans des crevasses et des terriers sur des îles subantarctiques, en Terre de Feu et le long de certaines côtes de l'Antarctique pendant l'été austral. Sa saison de reproduction dure environ 90 jours. L'espèce est plutôt commune à la fin de l'été au large de la côte est de l’Amérique du Nord, où elle forme des groupes qui suivent les navires, comme le font les Océanites tempête au large de l'Europe. Il est peu commun au large des côtes européennes, et il est donc devenu la "vedette" des sorties voyages pélagiques estivales au large des îles Scilly (lire Robert L. Flood et l'observation de l'Océanite de Wilson au large des îles Scilly). Jusque dans les années 1980, il était pourtant à peine connu dans les eaux britanniques, et le seul moyen de le voir était d'embarquer à bord d'un bateau dans l'Atlantique. De nombreuses croisières ont permis de constater qu'il était en fait régulier en juillet et en août au sud-ouest des côtes britanniques et irlandaises, parfois même en nombre après des coups de vent, comme ce fut par exemple le cas en août 2009. 
La première donnée britannique remonte en 1838 : un cadavre avait été trouvé dans un champ près de Polperro, en Cornouailles. D'autres observations ont été faites au cours de cette même année puis la suivante, ce qui suggère un possible afflux. L'Océanite de Wilson est ensuite resté exceptionnellement rare jusqu'aux années 1980. Le 3 septembre 1983, un vent de force 8 au large de St Ives en Cornouailles a été à l'origine d'une formidable séance de guet à la mer, avec l'observation d'environ 100 Mouettes de Sabine, 52 Puffins majeurs, une Sterne de Dougall (Sterna dougallii) et surtout un Océanite de Wilson qui s’est attardé plusieurs heures autour de la digue du port de Hugh Town. 
À partir de 2000, Bob Flood et Ashley Fisher ont entrepris d'observer systématiquement les Océanites de Wilson depuis les bateaux de pêche dans les eaux des Scilly afin de mieux connaître leur statut local. Des notes détaillées sont prises sur chaque oiseau afin d'essayer de repérer certains détails individuels. Entre 2000 et 2009, ils ont observé 338 Océanites de Wilson lors de 448 sorties entre le début du mois de juin et le début du mois de septembre, avec parfois près d'une dizaine d'oiseaux par croisière en juillet et en août. Le pic du passage peut néanmoins varier en fonction des conditions météorologiques (précipitations neigeuses) en Antarctique au cours de l’hiver austral, de la disponibilité saisonnière des petits poissons et des crustacés et de la force des courants profonds au large. Malgré sa rareté au large des côtes irlandaises et britanniques (et bretonnes), il y aurait environ 50 millions de couples dans le monde.

Les îles Scilly, un haut lieu des sorties pélagiques en Europe

Carte des îles Scilly (Grande-Bretagne)

Carte des îles Scilly (Grande-Bretagne) et le point de départ des croisières pélagiques sur l'île St Mary's.
Carte : Ornithomedia.com

Les Scilly étant situées à 29 km à l’ouest de Land’s End, au sud-ouest de la Grande-Bretagne, une sortie en bateau à partir de ces îles permet d'être rapidement en haute mer. Peter Harrison a organisé en 1986 la première sortie pélagique à bord du "MV Chalice" : elles ont continué jusqu'en 1989, et l'Océanite de Wilson y a été vu pratiquement à chaque fois.
Le second précurseur dans l'organisation de croisières en mer au large des îles Scilly est Bob Flood : il a commencé par monter à bord de bateaux de pêche aux requins au milieu des années 1990 car pour les attirer, les marins utilisent des déchets de poissons, ce qui fait aussi se rapprocher des oiseaux de mer, dont des océanites.
Entre 1989 et 2004, de nombreux observateurs ont effectué la traversée vers les îles Scilly à partir du port de Penzance à bord du "MV Scillonian III" chaque deuxième ou troisième dimanche d'août pour rechercher spécifiquement cet oiseau "mythique". Un secteur a même été désigné sous le nom de "Triangle de Wilson" car l'observation de cette espèce y est presque "garantie" à la bonne période. Les sorties pélagiques organisées en août depuis le quai du port de l'île St Mary's font désormais partie intégrante du calendrier ornithologique britannique.

Les sorties de Scilly Pelagics

MV Sapphire

Le "MV Sapphire" est le bateau utilisé lors des croisières organisées par la compagnie Scilly Pelagics. 
Photographie : Scilly Pelagics

La société Scilly Pelagics a été officiellement lancée en 2006 pour répondre à l’intérêt croissant du public pour l'observation des oiseaux de mer et autres créatures océaniques dans les eaux de l'archipel. Cette compagnie est gérée par Bob Flood et Joe Pender, qui ont une très bonne connaissance de la faune des îles, ce qui explique le succès et la renommée de leurs sorties en mer. Leur première sortie organisée en 2006 a pourtant été peu productive ! Joe Pender est le skipper expérimenté du "MV Sapphire", le navire utilisé pour ces sorties et qui part du port de St. Mary’s. 
Le concept des croisières de Scilly Pelagics est de proposer de longs week-ends en juillet et en août, allant du vendredi au lundi : ils sont composés de croisières quotidiennes pour maximiser les chances de voir et de photographier autant de "spécialités" marines que possible. Ces séjours commencent par une excursion le vendredi soir de 17 h à 22 heures, avec comme objectif principal de voir l'Océanite de Wilson, mais aussi les Océanites tempête qui rejoignent leurs colonies installées sur des îlots. 
La sortie du samedi débute à 11 heures et dure jusqu'à 18 heures environ : cette excursion d'une journée permet d’explorer plus longuement les eaux scilloniennes, en se rapprochant des récifs et en repérant les chalutiers et les groupes de dauphins ou des thonidés pêchant. Une nouvelle recherche de l'Océanite de Wilson peut être organisée en fonction du bilan de la journée et des résultats de la sortie du vendredi soir. 
La sortie du dimanche commence à 8 heures et se termine vers 15 heures, pour permettre aux participants de ne pas manquer le ferry reliant Scilly à Penzance. Les activités du dimanche sont déterminées par les résultats des excursions du vendredi et du samedi. 
Le week-end s’achève par une excursion le lundi soir de 17 h à 22 heures, qui consiste à essayer à nouveau de voir l'Océanite de Wilson. 

Voici le programme des sorties 2019-2020 : 

  • juin, juillet et début septembre : le lundi et le jeudi de 17 h à 22 h 
  • septembre et octobre : excursions d'une journée à la demande

Toutes les sorties pélagiques sont annoncées sur le quai du port de St Mary’s. Vous pouvez également appeler Joe au 0777 620 4631 ou le contacter par courrier électronique à l'adresse joesapphire@aol.com. Les croisières coûtent 35 £ pour les ornithologues amateurs, et la réservation n’est pas obligatoire. Vous pouvez payer à bord. 

Quelques conseils lorsque l'on participe à une sortie en mer

Observateurs

Observateurs à bord du "MV Sapphire".
Photographie : Scilly Pelagics

De juin à août, le temps au large des îles Scilly est généralement calme et doux, mais il peut aussi être frais, humide et venteux. Septembre et octobre sont plus instables, mais ils peuvent aussi parfois être chauds. 
Les conditions en mer sont plus rudes que sur la côte : un temps frais peut sembler froid, tandis que le soleil peut brûler. Le soleil est particulièrement fort au large des Scilly, l'air étant pur, et les rayons se reflètent en outre à la surface de la mer : il est donc important de se protéger avec une crème solaire à fort indice, un chapeau et des lunettes.
Il peut aussi y avoir des embruns et du vent : au cas où, emportez donc un vêtement chaud et imperméable. La superposition des couches est une bonne idée pour s'adapter aux conditions au fur et à mesure qu'elles changent. 
Les chaussures doivent être confortables car vous risquez de rester debout pendant de longues périodes. Elles doivent aussi avoir une certaine adhérence pour éviter de glisser si le pont est mouillé.
Des jumelles sont indispensables. Il est conseillé d'emporter un appareil photo équipé d'un objectif de 300 à 400 mm de longueur focale. Des vitesses d'obturation de 1/1000 seconde ou plus sont nécessaires pour obtenir des photos parfaitement nettes d'oiseaux de mer en mouvement. Une sensibilité de 200 ISO ou plus peut être nécessaire. De bonnes vidéos peuvent être réalisées avec des appareils à un prix modique, mais vous aurez besoin d'un zoom de 10 x à 12 x pour obtenir des images d'une taille raisonnable. Un trop fort grossissement serait contre-productif. Ajoutez un filtre sombre pour les oiseaux pâles par temps lumineux.
Apportez suffisamment à boire, en particulier pour les excursions d'une journée entière. Prenez également assez de nourriture pour la durée du voyage. Évitez les aliments avec de la sauce ou d'utiliser des verres pour boire, à cause des mouvements du bateau. Notez qu'il sera trop tard pour acheter de la nourriture en ville après les excursions pélagiques du soir. 

Océanite de Wilson (Oceanites oceanicus)

Océanite de Wilson (Oceanites oceanicus) au large des îles Scilly en août 2019 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Joe Pender

Il est autorisé de fumer à bord du "MV Sapphire", en respectant les non-fumeurs.
Il est conseillé de réserver votre hébergement le plus tôt possible, en particulier pour les mois de juillet et d'août, car ce sont les principaux mois touristiques aux Scilly. À cette période de l'année, certains vols sont même complets. La plupart du temps, le ferry "Scillonian III", qui assure la liaison avec les îles, offre suffisamment de places, mais en août, il peut être complet.
Le site web de la compagnie exploitant le "Scillonian III" depuis Penzance ou le Skybus depuis St Just (près de Land’s End) est www.islesofscilly-travel.co.uk. 
Des navettes attendent toutes les arrivées à l'aéroport pour vous emmener à votre hébergement.
Les taxis sont à un prix raisonnable et viendront aussi vous chercher à l'aéroport ou sur le quai. Les compagnies DJ Taxis (téléphone : 07717121101) et Toot’s Taxis (téléphone : 07570624669) offrent des services comparables.
Il est recommandé de réserver votre hébergement sur l'île St Mary’s car toutes les croisières pélagiques partent du quai du port. Si vous séjournez sur une autre île, il faudra utiliser un service de bateaux inter-îles, comme celui de St Agnes Boat Services (téléphone : 01720 422704 - courriel john@stagnesboating.co.uk), de Tresco Boat Services (téléphone : 01720 423373 - site web : www.tresco.co.uk) ou de St Mary’s Boatmens’ (téléphone : 01720 423999 - courriel : enquiries@scillyboating.co.uk).
Le site web du Isles of Scilly Bird Group est incontournable pour être au courant de l'actualité ornithologique de l'archipel : www.scilly-birding.co.uk.
Pour choisir un hôtel, une chambre d'hôtes, un gîte ou un camping, les sites web ci-dessous sont  utiles :

Croisières en août 2019 au large des Scilly :  océanites et Pétrel gongon

Océanite tempête (Hydrobates pelagicus)

Océanite tempête (Hydrobates pelagicusau large des îles Scilly le 11 août 2019 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Joe Pender

Le bilan des croisières pélagiques du mois d'août 2019 organisées par Scilly Pelagics a été très positif, même si le nombre de Puffins cendrés et majeurs a été faible durant ce mois, comme ce fut aussi le cas au large de l'Irlande, contrairement à juillet. Des dizaines d'Océanites de Wilson ont aussi été vus, avec un pic de dix oiseaux le 15 août. Signalons aussi un nombre record d'Océanites tempête, des milliers de Puffins des Anglais (Puffinus puffinus), un passage soutenu de Puffins fuligineux, quatre espèces de labbes, dont un remarquable Labbe à longue queue (Stercorarius longicaudus) très pâle (lire Identifier les Labbes à longue queue, parasite et pomarin juvéniles en vol), et des dizaines de Mouettes de Sabine et de Phalaropes à bec large. Des Thons rouges de l’Atlantique et des centaines de Dauphins communs ont complété  ce tableau.
Le soir du 5 août, lors du trajet retour vers le port de St Mary’s, Bob Flood, a repéré depuis la cabine surélevée du navire un possible Pétrel gongon/des Desertas (Pterodroma feae/desertae), alors qu'il s'éloignait dans l'obscurité. Cette observation frustrante d'un oiseau marin rarissime en Europe de l'Ouest qui rappelle que l'observation en mer n'est pas toujours facile.
Le Pétrel gongon ne niche que sur les îles de São Nicolau, Santiago, Fogo et Santo Antão, dans l'archipel du Cap-Vert (lire Séjour dans l'archipel du Cap-Vert du 13 au 22 avril 2014), et il pourrait aussi se reproduire aux Açores. Le Pétrel des Desertas ne se reproduit que sur Bugio et peut-être au sud de Deserta Grande, dans l'archipel des Desertas, au large de l'île de Madère (lire Observer les oiseaux sur l'île de Madère) : il est généralement considéré comme une sous-espèce du Pétrel gongon, mais certaines autorités taxonomiques (Avibase et International Ornithologists’ Union) le classent comme une espèce distincte.
Les Pétrels gongon et des Desertas sont très rares au dehors de leurs zones de reproduction, et ils sont en outre difficiles à distinguer du Pétrel de Madère (Pterodroma madeira). Le Pétrel gongon est toutefois annuel au large de la Caroline du Nord entre la mi-mai et la mi-septembre, et il a aussi été noté au large de la Géorgie, de la Caroline du Sud, de la Virginie et de New York, jusqu'à la Nouvelle-Écosse (Canada). En Europe du Nord-ouest, c'est un visiteur annuel mais rare entre juillet et septembre au nord-de l'Espagne, à l'ouest de la France (un probable oiseau a d'ailleurs été signalé en août 2019, voir une synthèse d'observations récentes en France), au sud et à l'ouest de l'Irlande, et dans les eaux anglaises.

Très probable Pétrel gongon (Pterodroma feae)

Très probable Pétrel gongon (Pterodroma feae) au large des îles Scilly (Grande-Bretagne) le 23 août 2019 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
Photographie : Joe Pender

Le vendredi 23 août, le "MV Sapphire" piloté par Joe Pender se dirigeait vers l'ouest, en direction du récif de Pol Bank, au sud-ouest du port de St. Mary's. L'océan était assez calme et le soleil réchauffait les trente participants. Ces conditions agréables sont rarement propices à des observations extraordinaires, mais la veille, un possible Pétrel gongon avait été signalé au large de l'île de Bardsey (Pays de Galles), ainsi qu'un possible Pétrel de Madère au large de l’Irlande. En accueillant les visiteurs, Bob avait d'ailleurs fait allusion à ces deux données.
Alors que le bateau dépassait l'extrémité nord de l'île de Sainte-Agnès, Scott Reid s'est dirigé vers la poupe pour jeter du pain par-dessus bord, afin d'attirer les goélands, puis par ricochet, les labbes, les puffins et d'autres oiseaux de mer. Après avoir contourné l’île d’Annet et dépassé le récif des Western Rocks, les participants ont pu constater qu'il y avait beaucoup d'oiseaux. Un Phalarope à bec large est passé à bâbord et un Labbe parasite pâle a poursuivi des goélands. Un petit groupe de Thons rouges a dépassé la proue et des Puffins des Anglais sont apparus dans toutes les directions. Le sac de maquereaux pourris accroché à la poupe attirait de nombreux oiseaux dans le sillage du bateau.
Joe Pender a ensuite mis le cap vers le Sud. Alors que les Western Rocks étant toujours visibles à deux kilomètres à l'arrière, Scott Reid a cru voir un autre Puffin des Anglais à droite du bateau, environ 100 mètres à l'arrière. Quand l'oiseau est arrivé dans le sillage, il a effectué une figure en huit et s'est élevé à environ 10 pieds au-dessus de l’eau. Ce comportement inhabituel a attiré l'attention de Scott et l'a incité à laisser tomber le pain et à lever ses jumelles. L'oiseau s'est incliné sur la droite, révélant un corps blanc pur, un dessous des ailes sombre, un capuchon gris et un bec court et noir. La panique s’est installée à bord quand il a crié "un Pétrel gongon !". Ce n'est pas la première donnée de cet oiseau pour les îles Scilly, mais moins de dix oiseaux ont été vus depuis la première observation le 8 juillet 2001 à dix kilomètres au sud de l'archipel, qui était aussi une première pour la Grande-Bretagne.

Quelques observations faites lors des sorties du mois d'août 2019

Voici ci-dessous quelques observations faites lors des sorties organisées en août 2019 :

  • Labbe à longue queue (Stercorarius longicaudus) de première année très pâle

    Labbe à longue queue (Stercorarius longicaudus) de première année très pâle au large des îles Scilly (Grande-Bretagne) le 18 août 2019 (cliquez sur la photo pour l'agrandir).
    Photographie : Joe Pender
    le 25 août 2019 : observations fabuleuses d'une Guifette noire (Chlidonias niger), de Labbes pomarins (Stercorarius pomarinus), de Labbes parasites (Stercorarius parasiticus), d'Océanites tempête, de Puffins des Anglais et fuligineux et de Dauphins communs. Quatre Requins bleus ont été vus, dont deux ont été capturés et marqués puis relâchés. 
  • Le 24 août 2019 : un probable Pétrel gongon traverse le sillage du navire ! 
  • Le 20 août 2019 : observation de deux Océanites de Wilson, de Phalaropes à bec large, de Puffins fuligineux et de Thons rouges et de Requins bleus (en soirée). 
  • Le 18 août 2019 : deux Océanites de Wilson, deux Puffins majeurs, un Puffin fuligineux, nombreux Puffins des Anglais, un Labbe à longue queue de première année très pâle et un groupe de Bernaches cravants (Branta bernicla).
  • Le 17 août 2019 : quatre Océanites de Wilson et près de 400 Océanites tempête. 
  • Le 15 août 2019 : dix Océanites de Wilson, une Mouette de Sabine, de nombreux Océanites tempête, Puffins des Anglais et Grands Labbes, mais aussi un dauphin commun, un Poisson-lune et un Requin bleu. 
  • Le 14 août : deux Océanites de Wilson bien vus, 550 Océanites tempête, plus de 1 500 Puffins des Anglais, deux Puffins des Baléares, 30 Puffins fuligineux, un Puffin majeur, sept Phalaropes à bec large, plus de dix Grands Labbes, un Faucon pèlerin (Falco peregrinus) à six miles des côtes poursuivant un Puffin des Anglais, des Goélands leucophées (Larus michahellis) et des Mouettes mélanocéphales (Ichthyaetus melanocephalus), des Dauphins communs et des Thons rouges de l'Atlantique. 
  • Le 5 août : nombreux Océanites tempête, plus de 1 000 Puffins des Anglais (des "radeaux", ou groupes d'oiseaux posés sur la surface, ont été vus le samedi), six Puffins majeurs, un Labbe pomarin, de nombreux Grands Labbes, une centaine de Dauphins communs, une quarantaine de Thons rouges de l'Atlantique et un requin bleu capturé, marqué et relâché.

Des croisières pélagiques en France aussi

Les croisières pélagiques se développent aussi en France : Sylvain Reyt a par exemple fondé récemment la compagnie Faune Océan, qui propose des sorties pélagiques au large du Finistère et du Morbihan, au cours desquelles on peut aussi observer l'Océanite de Wilson (lire Sylvain Reyt : des croisières pour observer les oiseaux marins et les cétacés en Bretagne).

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