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Sylvain Reyt : des croisières pour observer les oiseaux marins et les cétacés en Bretagne

Sylvain Reyt a fondé Faune Océan, qui propose des sorties pélagiques au large du Finistère et du Morbihan.

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Sylvain Reyt : des croisières pour observer les oiseaux marins et les cétacés en Bretagne

Sylvain Reyt a fondé la compagnie Faune Océan, qui propose des sorties pélagiques au large de la Bretagne.

Les croisières pélagiques (= en haute mer) sont de plus en plus populaires car elles permettent d’observer certaines espèces d’oiseaux marins que l’on ne voit que rarement ou dans de mauvaises conditions depuis la côte, comme les océanites, ainsi que des cétacés (dauphins, marsouins, baleines…) et des grands poissons (requins, môles, thons…). Plusieurs zones marines sont particulièrement favorables à ce type de sorties, comme le golfe de Gascogne, qui s'étend à l’ouest de la France et de l’Espagne. L’été et l’automne sont les saisons les plus intéressantes en termes de diversité et de quantité des espèces observables, certaines étant peu communes comme l’Océanite de Wilson ou menacées comme le Puffin des Baléares.
Passionné par les oiseaux et les mammifères marins, Sylvain Reyt a récemment fondé la société Faune Océan, qui proposera à partir de l’été 2019 des sorties pélagiques commentées à destination du grand public à bord d’un catamaran et de vedettes au large du Finistère Sud (au départ de Concarneau) et du Morbihan (depuis Locmariaquer ou Arzon). Il a répondu à nos questions sur le lancement de ses activités, mais aussi sur le problème des échouages de dauphins le long des côtes atlantiques françaises.

Abstract

Pelagic trips are increasingly popular as they allow naturalists to find some seabirds that are rarely watched or in poor conditions from the coasts, such as the Storm-petrels, but also whales, dolphins and large fishes (sharks, moles, tuna ...). Several marine areas are particularly favorable for pelagic trips, such as the Bay of Biscay, in western France and Spain, summer and autumn being the most interesting seasons in terms of diversity and quantities of species, some of which of them being uncommon such as the Wilson's Storm-petrel, or threatened, such as the Balearic Shearwater. Passionate by seabirds and cetaceans,
Sylvain Reyt recently the Faune Océan company, which will offer from the summer of 2019 pelagic trips off the South Finistère (from Concarneau) and Morbihan (from Locmariaquer or Arzon) coasts. He answered our questions about the launch of his activity, but also about the problem of dolphin dying along the French Atlantic coast.

Présentation de Faune Océan



Situations du Mor Braz et des ports de Concarneau (Finistère), de Locmariaquer et d'Arzon (Morbihan).
Carte : Ornithomedia.com

La société Faune Océan a pour but de faire découvrir la faune marine des eaux bretonnes en proposant des croisières pélagiques naturalistes à destination du grand public dans les eaux bretonnes, dans le Finistère Sud (au départ de Concarneau) et dans le Mor Braz (lire Croisière ornithologique dans le Mor Braz (Morbihan) en septembre 2018) (au départ de Locmariaquer ou Arzon), deux zones marines très riches situées dans le nord du golfe de Gascogne, qui est réputé pour l’observation des oiseaux marins et des cétacés (lire Observer et identifier les oiseaux en haute mer).
Deux types de bateaux seront utilisés : le
catamaran Azénor de la compagnie Les Croisières Bleues dans le Finistère Sud, et les vedettes à passagers Angélus III et Angélus IV de la compagnie Les Vedettes Angélus dans le Mor Braz.
Afin d’augmenter les chances d’observation des oiseaux et des requins, la technique du “chuming”, qui consiste à jeter en mer une mixture composée de morceaux de poissons et de calmars, d’huiles et d’autres ingrédients, est utilisée.
Lors de ces sorties, un guide naturaliste répondra aux questions et aidera à identifier les différentes espèces de cétacés et d’oiseaux vues.
Quelques jours après chaque croisière, un compte-rendu photographique pourra être téléchargé sur le site web de Faune Océan. 
Plusieurs sorties seront proposées entre juillet et septembre 2019 : le calendrier et les tarifs sont disponibles sur www.fauneocean.fr.

Quelques conseils pratiques pour participer à une sortie pélagique



Labbe parasite (Stercorarius parasiticus).
Photographie : Jessica Joachim

En mer, la météorologie peut être changeante : il faut donc prévoir des vêtements chauds et un imperméable, des chaussures fermées, une casquette, des lunettes de soleil et de la crème solaire.
Si vous en avez, emportez votre appareil photo et vos jumelles. Une longue-vue sera difficilement utilisable à cause du roulis.
Même si des guides sont présents à bord des bateaux pour aider à identifier les espèces vues, il est intéressant d’emporter, si vous en disposez, des ouvrages de terrain consacrés à l’identification des oiseaux, comme "Le Guide Ornitho" de L. Svensson et des mammifères marins, comme "Mammifères marins du monde" de Brett Jarrett et Hadoram Shirihai.
Il est parfois difficile de repérer les oiseaux et les cétacés quand on n’a pas l’habitude de participer à ce type de sortie, mais l’accompagnant à bord annoncera les animaux vus, en utilisant généralement le système du cadran horaire imaginaire, midi étant par défaut placé à la proue du bateau. Par exemple : "un Puffin majeur à deux heures" signifiera que l’oiseau est visible à droite et non loin de la pointe du navire.
Les bateaux utilisés pour les croisières en mer sont souvent assez grands, ce qui limite les effets de la houle, mais si vous êtes sujet au mal de mer ou si vous n'avez pas l'habitude de naviguer, il est préférable, afin de mieux profiter de la sortie, de prendre au préalable un traitement contre la nausée, comme la Cocculine (une dose la veille et une juste avant le départ) ou Mercalm (un comprimé à prendre une demi-heure avant le départ). Veillez aussi à prendre un bon petit-déjeuner avant le départ et à vous nourrir et vous hydrater tout au long de la journée.

L'interview de Sylvain Reyt

1. Pourriez-vous présenter votre parcours professionnel ?

Sylvain Reyt : je suis orthophoniste de formation, et c’est par le biais de mes loisirs que j’ai mis le pied dans les activités naturalistes. Peu à peu, c’est devenu une passion qui ne m’a pas lâché. La réflexion avant de franchir le pas vers une reconversion a été longue (et n’est pas terminée !).
J’ai vécu dix ans dans l'Ariège, où j’ai commencé à organiser bénévolement des sorties naturalistes pour l’Association des Naturalistes de l'Ariège : sorties de suivi de la migration en fin de semaine, prospection de rapaces nicheurs, découverte des oiseaux de la plaine d’Ariège, comptages "wetlands"... Depuis quelques années, j’ai aussi été amené ponctuellement à guider des ornithologues et des naturalistes en vacances dans les Pyrénées. Je guiderai ainsi courant juin 2019 un groupe pour découvrir les oiseaux d’Ariège dans le cadre d’un séjour proposé en partenariat par le Parc Naturel des Pyrénées Ariégeoises et l’agence de voyages Escursia.
Par ailleurs, un peu pour dire au revoir aux Pyrénées, j’ai récemment terminé un guide (coécrit avec Philippe Legay) intitulé "Observer les oiseaux des Pyrénées" : sa sortie est prévue pour juin 2019. Enfin, également en partenariat avec Escursia, je propose des séjours nature (mammifères marins et/ ou oiseaux) et j’en ai d’autres en projet dans le nord de l’Europe.

2. Pourquoi avez-vous décidé de lancer cette activité de croisières pélagiques ? Pensez-vous que le marché soit assez développé pour que vous puissiez en vivre ? Avez-vous des objectifs commerciaux ?



Grand Dauphin (Tursiops truncatus).
Photographie : Julien Renoult

Sylvain Reyt : tout d’abord, c’est surtout parce que j’adore aller en mer pour y observer les oiseaux marins (puffins, océanites…) et les cétacés ! Les rencontres avec ces oiseaux qui viennent parfois de très loin et ces "géants" que sont les cétacés sont toujours des moments d’émotion et de grand plaisir. L’idée du lancement de croisières naturalistes en Bretagne me trotte dans la tête depuis plusieurs années, mais cela est longtemps resté une idée vague et difficile à concrétiser.
L’autre aspect qui entre en jeu dans la conception du projet, c’est bien sûr la richesse des eaux bretonnes. La diversité ornithologique est très importante, mais les cétacés ne sont pas en reste, puisque l'on peut observer plusieurs espèces de dauphins, ainsi que le Petit Rorqual. Ce qui a également pesé dans la balance, au-delà des éléments concernant ma vie personnelle, c’est l’engouement actuel pour l’observation des cétacés ("whale watching") et plus généralement des sorties pélagiques ("pelagic trips"), comme ils existent à l’étranger et de plus en plus en France. Actuellement, il m’est impossible de savoir si le marché est suffisamment développé ni si je pourrai vivre partiellement ou totalement de cette activité, mais bien sûr, si je me suis lancé, c’est que j’ai fait le pari que cela pouvait fonctionner. Cela reste donc à vérifier et cette année servira justement de test.

3. Quelle est l'originalité de vos croisières par rapport à celles de vos concurrents ?

Sylvain Reyt : l’une de leurs particularités est que l’accent ne sera pas mis sur un groupe d’animaux en particulier, mais aussi bien sur les cétacés que sur les oiseaux marins et les requins. Ces croisières ont été conçues dans une optique clairement naturaliste, et leur but est donc à la fois de transmettre une passion et des informations au public, mais aussi de participer à l’amélioration des connaissances (en récoltant des données, en participant à des suivis scientifiques et en laissant notre porte ouverte à toute proposition de la communauté naturaliste et/ou scientifique).
Il faut aussi noter que les croisières Faune Océan seront ouvertes aussi bien au grand public (vacanciers, locaux…) qu’à un public plus sensibilisé ou naturaliste, qu’elles durent une journée entière, ce qui permet de prendre son temps pour admirer et observer, et qu’elles couvrent toute la saison estivale (voire déborderont sur le printemps et sur l’automne lors des années à venir).

4. Vous utilisez un grand catamaran pour effectuer vos croisières pélagiques : ce type de bateau est-il mieux adapté (champ de vision, hauteur, vitesse...) que les bateaux traditionnellement utilisés pour ce type de promenades ?



Le catamaran "Azénor", utilisé pour les croisières pélagiques au large du Finistère Sud.
Source : Faune Océan

Sylvain Reyt : le catamaran "Azénor", de la compagnie Les Croisières Bleues, sera en effet le bateau utilisé lors des croisières au large du Finistère Sud. L’un des principaux avantages de ce type de bateau est d’offrir une très bonne stabilité (la gîte est très faible sur ce type de navire) et un bon confort de navigation. Dans le Morbihan, ce seront les vedettes "Angélus III" et "Angélus IV", de la compagnie Les Vedettes d’Angélus, qui seront utilisées, et qui sont aussi d’excellents navires.
Le choix des bateaux s’est fait de manière à répondre à deux exigences : une bonne stabilité et des ponts extérieurs spacieux, qui sont la clé pour des observations de qualité. C’est aussi pour cela que nous avons choisi de ne pas remplir les navires, le nombre d’inscriptions étant limité à environ 80 personnes (pour des capacités avoisinant les 200 personnes).

5. Les passagers pourront profiter de petites conférences (sur l’adaptation des cétacés au milieu marin, sur la migration des oiseaux marins...) : les thèmes de ces conférences sont-ils programmés à l'avance ?

Sylvain Reyt : les deux thèmes principaux porteront sur les cétacés (espèces présentes dans la zone et informations clés sur leur biologie) et sur les déplacements et la migration, souvent extraordinaires, des Procellariiformes (puffins, océanites, fulmars…). Par ailleurs, en fonction des observations réalisées au cours de la journée, le contenu pourra être amené à changer quelque peu. Je serai également disponible pour répondre aux questions du public.

6. Vos croisières pélagiques ont-elles aussi été pensées pour les photographes ? Quels conseils donneriez-vous pour photographier les oiseaux marins et pélagiques ?



Océanite de Wilson (Oceanites oceanicus).
Photographie : Sylvain Reyt

Sylvain Reyt : oui tout à fait, les ponts spacieux des navires utilisés offrant de bonnes conditions à la fois pour l’observation et la photographie. L’utilisation de strouille (ou "chum"), qui est un mélange d'huiles et de morceaux de poissons, permettra de maximiser les chances d’observation et les possibilités d’identification de certains oiseaux, les océanites demandant par exemple une grande proximité pour être identifiés (lire Les quatre océanites visibles dans les eaux françaises métropolitaines). Cette proximité donnera d’excellentes opportunités aux photographes.
Pour photographier les oiseaux marins et les cétacés, il est conseillé d’anticiper au maximum la trajectoire et la vitesse de déplacement du sujet. Il vaut mieux commencer par viser l’animal quand il est encore loin pour pouvoir déclencher à temps quand il se trouve dans le bon angle et à la bonne distance. Lorsque la luminosité est forte, il ne faut pas hésiter à régler son appareil avec une légère sous-exposition pour éviter que les blancs ne soient saturés ("cramés"). C’est particulièrement vrai pour les oiseaux dont le plumage comporte beaucoup de blanc comme les goélands, les mouettes, les fous… Pour les oiseaux en vol, il faut aussi veiller à avoir une vitesse d’obturation minimale (au moins 1/1000) pour que le sujet soit net.

7. Des jumelles sont-elles suffisantes pour bien observer les oiseaux en mer, ou est-il conseillé d’emporter une longue-vue ?

Sylvain Reyt : des jumelles sont suffisantes. Pour la longue-vue, elle n’est d’aucune utilité car le mouvement de la mer n’offre pas la stabilité nécessaire. Pour aider au repérage et à l’identification des oiseaux par le public, je serai toujours accompagné d’une petite équipe d’observateurs, et cela permettra aussi d’avoir plus d’efficacité dans la détection des animaux.

8. Vos premières croisières se dérouleront durant l'été (de juillet à septembre) 2019 au large du Morbihan et du Finistère : pourquoi ce choix de dates et de secteurs ?



Dauphin commun (Delphinus delphis).
Photographie : Yves Dubois

Sylvain Reyt : le choix de la période estivale a été basé d’abord sur la présence en grand nombre des vacanciers. Pour cette première année d’activité, j’ai considéré comme plus prudent de ne proposer des sorties qu’en période d’affluence. Il y aura néanmoins une sortie organisée dans le Finistère lors d'un samedi de septembre, à un moment très intéressant pour les oiseaux marins.
Nous avons aussi choisi l’été et l’automne car ce sont des saisons sont très intéressantes pour observer la faune marine. Les cétacés, notamment le Dauphin commun (Delphinus delphis) et le Petit Rorqual (Balaenoptera acutorostrata), sont de plus en plus fréquemment réguliers à partir de la fin du printemps. Pour les oiseaux, l’été et l’automne correspondent aux phases de dispersion et de migration, ce qui se traduit par une grande diversité ornithologique dans les eaux bretonnes.
Le choix des zones marines a été mûrement réfléchi et fait suite à de nombreux échanges réalisés avec d’autres naturalistes, à la lecture de la bibliographie existante et à la prise en compte des résultats des différentes prospections menées ces dernières années par d’autres naturalistes dans le Morbihan et dans le sud du Finistère. La compagnie Faune Océan tentera d’apporter sa pierre à l’édifice de l’effort de prospection de ces deux grands secteurs. Enfin, l’implantation géographique des deux prestataires (compagnies maritimes) a aussi joué un rôle. Pour les prochaines années, il n’est pas impossible que le potentiel d’autres secteurs soit évalué, par exemple le sud de l’archipel des Glénan (Finistère) ou l’ouest et le sud de l’île de Groix (Morbihan).

9. Faut-il réserver longtemps à l'avance les places sur les premières croisières programmées ?

Sylvain Reyt : à l’heure actuelle, il reste de la place mais il est conseillé de réserver au plus tôt car c’est le moyen de s’assurer une place avant que la saison touristique ne commence.

10. Peut-on observer les mêmes espèces d'oiseaux marins dans la baie du Mor Braz et dans le Finistère Sud ou il y-a-t-il des différences (d'espèces, d'effectifs...) ?



Puffin des Baléares  (Puffinus mauretanicus).
Photographie : Jessica Joachim

Sylvain Reyt : globalement oui, la majorité des espèces étant visibles dans les deux secteurs. Pour les cétacés, la spécificité du Mor Braz réside dans les chances supérieures d’observation du Grand Dauphin (Tursiops truncatus), alors que dans le Finistère Sud, c’est le Petit Rorqual qui sera particulièrement attendu. Pour les oiseaux, les espèces sont identiques, même si la fréquence et l’abondance peuvent être un peu différentes : le Puffin majeur (Puffinus gravis) (lire Le Puffin majeur : peu connu et pourtant abondant en août dans l'Atlantique Nord) est par exemple beaucoup plus abondant dans le Finistère Sud, alors que pour le Puffin des Baléares (Puffinus mauretanicus), les effectifs semblent bien plus importants dans le Mor Braz (lire Identifier les Puffins des Anglais, yelkouan et des Baléares).

11. Quelles sont les espèces d'oiseaux que les participants pourront voir "à coup sûr" (ou presque) lors des croisières pélagiques estivales dans la baie du Mor Braz et dans le Finistère Sud ?

Sylvain Reyt : la Sterne caugek (Thalasseus sandvicensis), les Mouettes rieuse (Chroicocephalus ridibunduset mélanocéphale (Ichthyaetus melanocephalus), le Fou de Bassan (Sula bassana), le Puffin des Baléares ou le Grand Labbe (Stercorarius skua) seront fréquemment observées pendant toute la période estivale (dès le mois de juillet). À partir de la moitié ou de la fin du mois de juillet, les observations de différentes espèces de puffins deviennent plus régulières. En août et en septembre (et au-delà), c’est au tour de l’Océanite tempête (Hydrobates pelagicus), et avec un peu de chance, de l’Océanite de Wilson (Oceanites oceanicus) et du Labbe parasite (Stercorarius parasiticus), de devenir plus réguliers. Il est même parfois possible d’observer toutes les espèces citées (et d’autres) en une seule sortie. Mais bien sûr, on ne peut jamais prédire quoique ce soit avec des animaux sauvages...

12. Quelles sont les meilleures dates pour avoir le plus de chances de voir les Puffin majeur et fuligineux, la Mouette de Sabine et les océanites ?



Puffin fuligineux (Puffinus griseus).
Photographie : Sylvain Reyt

Sylvain Reyt : pour les Puffins majeur et fuligineux (Puffinus griseus), la période idéale débute à partir de la fin du mois de juillet et s’étire jusqu’en octobre, donc au-delà des dates que nous proposons, pour cette année en tout cas. Pour la Mouette de Sabine (Xema sabini), il faut attendre la fin du mois d’août.

13. Les participants auront-ils une chance d'observer l'Océanite de Wilson ?

Sylvain Reyt : oui ! Il est difficile d’évaluer pour le moment les probabilités d’observation, mais on sait maintenant que l’espèce se montre régulièrement au large de la Bretagne Sud depuis qu’elle est recherchée par les naturalistes utilisant des bateaux. On peut également avancer que nous mettrons toutes les chances de notre côté pour observer cette espèce, ainsi que des puffins et des laridés, en utilisant du strouille ("chum" en anglais).

14. Est-il aussi possible d'observer des oiseaux migrateurs terrestres (limicoles, passereaux...) ?

Sylvain Reyt : c’est tout à fait imprévisible mais oui, cela peut arriver. C’est toujours un petit "plus" de rencontrer un passereau qui passe au large en migration, voire qui profite du bateau pour faire une halte (lire Ces oiseaux qui voyagent sur des bateaux).

15. Outre les oiseaux pélagiques, les participants pourront observer des cétacés et des grands poissons, et vous avez indiqué qu'ils auront d’excellentes chances de voir plusieurs espèces de dauphins, 50 % de chances de voir le Petit Rorqual au large de Penmarc’h et de très bonnes chances de voir des Requins bleus : quelles autres espèces de cétacés et de poissons pourront-ils raisonnablement espérer voir ?



Petit Rorqual (Balaenoptera acutorostrata) observé lors d'une sortie en mer au large de la Bretagne.
Source : Paul Dufour

Sylvain Reyt : pour les cétacés, l’espèce principale sera bien sûr le Dauphin commun, qui est très présent dans le Finistère Sud. Son observation dans le Mor Braz n’est pas garantie, mais les contacts ne sont pas rares pour autant. Les chances de voir le Requin bleu (Prionace glaucadans les eaux du Finistère Sud sont très bonnes, une mer calme facilitant grandement les observations. La Môle ou Poisson-lune (Mola molaest également bien présente.

16. Quelles espèces rares ou peu communes de cétacés et de poissons peut-on espérer voir dans la baie du Mor Braz et au large du Finistère Sud ?

Sylvain Reyt : il y a eu une recrudescence récente des observations de Thons rouge de l’Atlantique (Thunnus thynnus), et nous espérons que 2019 sera dans la lignée des années précédentes ! Le Marsouin commun (Phoconena phocoena) est présent dans les eaux de la Bretagne Sud, mais son observation ne sera probablement pas systématique, l’espèce étant par ailleurs très discrète. Des espèces plus rares, comme le Dauphin de Risso (Grampus griseus), le Globicéphale noir (Globicephala melas) ou le Dauphin bleu et blanc (Stenella coeruleoalba), voire l’Orque épaulard (Orcinus orca), seraient d’excellentes surprises !

17. Pensez-vous organiser dans le futur des croisières à d'autres périodes de l'année (par exemple en hiver) et dans d'autres secteurs ?

Sylvain Reyt : oui, j’y pense. La problématique des sorties en-dehors des périodes estivale et automnale est l’état de la mer, les jours calmes deviennent de moins en moins nombreux à l’approche de l’hiver. Par contre, l’organisation de sorties automnales plus "spécialisées" et conçues uniquement pour les naturalistes et les ornithologues pourrait être une piste à développer dans les prochaines années.

18. De nombreux dauphins sont retrouvés morts chaque année sur les côtes atlantiques françaises : qu'en pensez-vous et que peut-on faire ? Êtes-vous inquiet ?

Sylvain Reyt : oui, bien sûr, c’est très inquiétant, et l’année 2019 s’annonce de loin la pire depuis que l’Observatoire Pelagis, du Centre National de la Recherche Scientifique, recense les données d’échouage. Le taux de mortalité du Dauphin commun dépasse largement ce que peut supporter l’espèce et pourrait à terme déboucher sur sa disparition dans le golfe de Gascogne. Devant ce constat, l’inertie des pouvoirs publics est révoltante : l’État, qui n’a toujours pas nommé d’organisme habilité à recevoir les déclarations de captures accidentelles, semble particulièrement complaisant envers les professionnels de la pêche au chalut. Au niveau politique, des mesures seraient aussi à prendre pour généraliser la présence d’observateurs sur les chalutiers et fixer des quotas de pêche, en particulier pour le bar et le merlu. Au plan individuel, on peut par exemple ne pas manger de poissons plus d’une fois par semaine et éviter ceux pêchés au chalut, l’indication du mode de pêche étant normalement obligatoire sur les étals, bien qu’elle soit parfois manquante ou peu lisible.

Contact

Sylvain Reyt  - Courriel : info@fauneocean.fr - Site web : www.fauneocean.fr

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