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Comment expliquer la belle teinte rosée du plumage de certaines espèces de mouettes, de goélands et de sternes ?

Au printemps, les adultes de plusieurs espèces de sternes, de goélands et de mouettes peuvent présenter une belle teinte rosée, dont l'origine pigmentaire a pu être confirmée grâce à des analyses.
19/05/2025 | Validé par le comité de lecture

Introduction

Les couleurs des oiseaux peuvent avoir une origine pigmentaire, structurelle ou une combinaison des deux. Les mélanines et les caroténoïdes sont les pigments les plus répandus dans le monde aviaire. Les seconds sont synthétisés par toutes les algues et les plantes, mais aussi par beaucoup de champignons et de bactéries. De nombreuses espèces d’oiseaux les trouvent dans leur alimentation : facilement assimilables, ils sont transformés chimiquement par le métabolisme grâce à des enzymes, puis fixés dans les plumes et dans les parties nues (caroncules, pattes, cire, etc.), où ils sont à l’origine de la plupart des teintes jaunes, rouges et orange, voire roses, violettes et crème.
Les adultes de plusieurs espèces de mouettes, de goélands et de sternes peuvent présenter une jolie teinte rosée sur leurs plumes blanches, souvent au niveau du ventre, et principalement au printemps, mais pas uniquement. Cette coloration est bien connue chez le Goéland railleur (Chroicocephalus genei), et la Sterne de Dougall (Sterna dougallii) est appelée « Roseate Tern » par les Anglais. C’est aussi le cas de la Mouette de Ross (Rhodostethia rosea), une espèce arctique très rare en dehors des eaux glaciales et dont quelques individus (surtout des jeunes sans coloration rosâtre) ont déjà été observés en hiver le long des côtes ouest-européennes, souvent à la suite de tempêtes. L’origine de cette teinte délicate est encore discutée, mais la présence de caroténoïdes a été confirmée à chaque fois.
Dans cet article, nous présentons les résultats d’analyses du plumage rosé de plusieurs espèces de sternes, de mouettes et de goélands, et nous abordons le cas de Cygnes tuberculés (Cygnus olor) irlandais présentant de curieuses plumes rose saumon.

Abstract

Bird colors can be pigmentary, structural, or a combination of both. Melanins and carotenoids are the most widespread pigments in the avian world. The latter are synthesized by all algae and plants, but also by many fungi and bacteria. Many bird species find them in their diet: easily assimilated, they are chemically transformed by metabolism using enzymes, then fixed in the feathers and bare parts (wattles, legs, cere, etc.), where they are the source of most yellow, red, and orange, even pink, purple, and cream hues.
Adults of several species of gulls, herring gulls, and terns can display a pretty pinkish tint on their white feathers, often on their bellies, and mainly in spring, but not exclusively. This coloration is well known in the Slender-billed Gull (Chroicocephalus genei), and the Roseate Tern (Sterna dougallii) is named after the pink hue of his plumage. This is also the case for the Ross’s Gull (Rhodostethia rosea), an Arctic bird species very rare outside of icy waters, and a few individuals (mostly juveniles without pinkish coloration) have already been observed in winter along the West European coasts, often following storms. The origin of this delicate hue is still debated, but the presence of carotenoids has been confirmed each time.
In this article, we present the results of analyses of the pink plumage of several species of terns, gulls, and gulls, and we discuss the case of Irish Mute Swans (Cygnus olor) with curious salmon-pink feathers.

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Compléments

Ouvrage recommandé

Reconnaître facilement les plumes : Collecter, Identifier, Interpréter, Conserver de Cloé Fraigneau

Sources

  • Kevin J. McGraw, Lisa S. Hardy (2006). Astaxanthin is responsible for the pink plumage flush in Franklin’s and Ring-billed gulls. Journal of Field Ornithology. Volume : 77. Numéro : 1. Pages : 29–33. Wiley Online Library
  • Helen Hays , Jocelyn Hudon , Grace Cormons , Joseph Dicostanzo et Pedro Lima (2006). The Pink Feather Blush of the Roseate Tern. Waterbirds. Volume : 29. Numéro : 3. Pages : 296-301. www.bioone.org
  • Jocelyn Hudon et Alan H. Brush (1990). Carotenoids Produce Flush in the Elegant Tern Plumage. The Condor. Volume : 92. Numéro : 3. Pages 798-801. www.jstor.org
  • Merita M. O’Connell, Usna Keating, Deirdre MCelligott, Paddy O’Reilly, Julianne O’Callaghan et John O’Halloran (2011). An investigation of a novel anomalous pink feather colouration in the Mute Swan Cygnus olor in Britain and Ireland. Wildfowl. Volume : 61. Pages : 152–165. wildfowl.wwt.org.uk
  • Denis L. Fox (1962). Carotenoids of the roseate spoonbill. Comparative Biochemistry and Physiology. Volume : 6. Numéro : 4. Pages : 305–310. www.sciencedirect.com

1 commentaire(s) sur ce sujet

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Bonjour

Les grands esprits se rencontrent. J’ai observé aujourd’hui des mouettes mélano et rieuse et avoue avoir été intrigué par la teinte rosé de la poitrine/ventre de deux mouettes rieuses adulte.

Merci pour ces expliquations.

Yannick