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Séjour ornithologique au Malawi, le « cœur chaud » de l’Afrique
Vue d’une savane typique du miombo dans le parc national de Nyika (Malawi).
Photographie : Thomas Wagner / Wikimedia Commons
Introduction
Le Malawi, surnommé « le cœur chaud de l’Afrique », est un petit pays enclavé entre la Zambie, la Tanzanie et le Mozambique. Il s’étend sur environ 118 000 km² et présente une topographie variée, allant des plaines basses aux plateaux élevés et aux montagnes atteignant plus de 3 000 mètres d’altitude, comme le mont Mulanje. Le pays est organisé autour du majestueux lac Malawi (anciennement Nyassa), le troisième plus grand d’Afrique, qui occupe près d’un cinquième du territoire et qui constitue un haut lieu de biodiversité aquatique (notamment au niveau de sa richesse en poissons de la famille des cichlidés) et ornithologique. Ce pays offre en effet une mosaïque d’habitats propices à l’observation des oiseaux, des forêts afromontagnardes aux marais en passant par les savanes boisées du miombo, nommées ainsi en référence à leurs essences dominantes, les miombos, des arbres du genre Brachystegia qui ressemblent à des chênes.
Avec plus de 650 espèces d’oiseaux recensées, dont plusieurs ont une aire de répartition restreinte, le Malawi constitue une destination incontournable mais encore méconnue pour les ornithologues et les observateurs passionnés. Max Baumgarten et Daniel Branch ont parcouru plusieurs secteurs emblématiques (mont Mulanje, plateaux de Zomba et de Viphya, parcs nationaux de Liwonde, de Nvika, des marais de Vwaza, réservoir de Kasungu, etc.) du 27 janvier au 13 février 2023, une période de l’année idéale, car la saison de reproduction commence à se terminer, mais l’activité reste importante. Pour certaines espèces toutefois, ce moment avancé dans la saison de reproduction signifie que les territoires sont établis et que les poussins sont présents, ce qui peut les rendre plus difficiles à repérer. Durant les 17 jours de leur séjour, Max et Daniel ont réussi à observer 350 espèces d’oiseaux, plus de 30 espèces de mammifères et une profusion de papillons et d’autres insectes.
Nous vous proposons une version française de leur rapport de voyage riche en photographies et en informations sur les conditions de terrain et en conseils utiles pour les personnes souhaitant visiter ce pays.
Abstract
Malawi, nicknamed « the warm heart of Africa, » is a small, landlocked country bordered by Zambia, Tanzania, and Mozambique. It covers approximately 118,000 km² and boasts a diverse topography, ranging from lowland plains to high plateaus and mountains reaching over 3,000 meters in altitude, such as Mount Mulanje. The country is centered around the majestic Lake Malawi (formerly Lake Nyassa), the third-largest lake in Africa, which covers nearly a fifth of the territory and is a hotspot of aquatic biodiversity (particularly cichlid fish) and birdlife. Indeed, the country offers a mosaic of habitats ideal for birdwatching, from Afromontane forests to marshes and Miombo woodlands, named for their dominant species, the miombo trees, Brachystegia species that resemble oaks.
With over 650 recorded bird species, many of which have restricted ranges, Malawi is a must see yet still relatively undiscovered destination for birdwatchers and enthusiasts. Max Baumgarten and Daniel Branch explored several iconic areas (Mount Mulanje, the Zomba and Viphya Plateaus, Liwonde, Nvika, and Vwaza Marsh National Parks, Kasungu Reservoir, etc.) from January 27 to February 13, 2023, an ideal time of year as the breeding season is winding down, but activity remains high. For some species, however, this late stage of the breeding season means that territories are established and chicks are present, which can make them more difficult to spot. During their 17-day stay, they managed to observe 350 bird species, over 30 mammal species, and a veritable profusion of butterflies and other insects.
We offer you a French version of their travel report, rich in photographs and information on their observations, field conditions, and useful logistical and practical advice for people wishing to visit this country.
La planification du séjour
Emplacements des principaux sites visités au Malawi. |
Nous avons organisé notre voyage en fonction des espèces d’oiseaux ciblées et choisi nos hébergements ainsi que nos sites d’observation en conséquence. Habituellement, nous lisons, avant de partir dans un pays, de nombreux comptes rendus de voyage rédigés par des ornithologues indépendants, mais, pour le Malawi, il nous a été difficile de trouver des rapports récents, complets et de qualité. Beaucoup ont plus de dix ans ou proviennent d’agences de voyages et ne sont donc pas indépendants. Le rapport « Malawi – November 2013 » de Sjef Öllers nous a apporté des informations précieuses, tout comme le célèbre blog « Budget Birders » de Ross et Melissa Gallardy.
En dehors de cela, notre préparation s’est aussi appuyée sur de nombreuses données saisies sur eBird, la lecture du guideThe Southern African Birdfinder: Where to Find 1,400 Bird Species in Southern Africa and Madagascar (2007) de Callan Cohen et al (ancien mais toujours précieux) et sur l’examen minutieux des images satellites Google Maps pour repérer des lieux d’hébergement.
Nous ne nous sommes pas tournés vers des guides locaux, le Malawi n’étant pas une destination classique pour les voyages guidés. Il existe très peu de guides locaux et la plupart travaillent dans des lodges haut de gamme sans disposer d’une connaissance exhaustive de l’avifaune nationale. Il semble y avoir un ou deux bons guides employés par de grandes agences, mais le Malawi se visite très bien sans aide, à l’exception partielle du parc national de Liwonde, où un guide est en partie obligatoire.
Visa
Pour la plupart des nationalités, le Malawi propose un visa à l’arrivée, que nous avons obtenu sans difficulté à l’aéroport de Lilongwe. Le guichet n’accepte cependant que des kwachas malawiens (MWK), ce qui oblige à retirer de l’argent ou à effectuer un change avant de revenir payer, sauf à accepter un taux de conversion moins avantageux en euros ou en dollars. Un e-visa est également disponible sur evisa.gov.mw.
Vols
Carte du Malawi et emplacements des sites visités (points rouges) durant le séjour (cliquez sur la carte pour l’agrandir). |
Il n’existe pas de vols directs depuis l’Europe. Dan a voyagé depuis le Royaume-Uni via Addis-Abeba avec Ethiopian Airlines, et Max a pris Kenya Airways depuis l’Allemagne jusqu’à Nairobi, puis vers Lilongwe. Nous avons tous deux eu de longues escales, l’offre de vols étant globalement limitée.
Langue
La langue officielle est l’anglais, mais la majorité de la population parle le chichewa. Les agences de location de voitures, le personnel des parcs nationaux et des hébergements parlaient anglais, et nous n’avons rencontré aucune difficulté linguistique.
Hébergements
Des hébergements sont disponibles près des sites naturels clés et la plupart permettent également le camping, ce qui nous a permis d’économiser beaucoup d’argent, notamment à Mvuu. Nous avons campé à Dzalanyama, dans les bâtiments du parc national de Liwonde et dans le Luwawa Forest Lodge. Dans les autres lieux, nous avons séjourné en chambre, parfois en arrivant tard et en repartant tôt.
Nous avions réservé le Mvuu Camp, le Luwawa Forest Lodge et le Dzalanyama Forest Lodge. Le reste de notre itinéraire est resté relativement flexible, ce qui nous a permis d’ajuster certains plans en cours de route.
Nous avons cherché à limiter le budget sans recourir à des hébergements délabrés, tout en nous offrant quelques jours plus luxueux à Mvuu.
Le camping est généralement possible sur tous les sites importants et dispose parfois d’infrastructures. Les prix variaient entre 12 $ et 40 $ à Mvuu.
Transports
Piste dans la Dzalanyama Forest Reserve (Malawi). |
Nous avons loué un ancien Nissan Patrol auprès de la compagnie Ambassador Car Hire pour 80 $ par jour, avec 150 km gratuits quotidiens. Le kilométrage était cumulé : ceux non utilisés un jour pouvaient être reportés. Nous avons finalement manqué d’environ 50 km. Les kilomètres supplémentaires auraient coûté 0,50 $ par km. Le responsable de l’agence était poli et serviable, bien qu’un peu étrange. Les autres devis consultés étaient similaires, nous avons donc retenu celui d’Ambassador Car Hire.
À notre arrivée, nous avons été conduits à leur agence, où le véhicule nous attendait. Les pneus étaient déjà assez usés, et un seul a pu être remplacé. Le véhicule n’a toutefois posé aucun problème durant le voyage.
À la restitution, l’agence a voulu nous facturer des rayures supplémentaires (la voiture en comportait déjà beaucoup). Après discussion, nous avons convenu d’un paiement unique d’environ 50 €. Malgré cela, nous relouerions probablement chez eux faute d’alternatives sérieuses.
Les routes principales sont généralement goudronnées et en bon état. En dehors des grands axes, elles sont non revêtues, parfois très accidentées et exigent un 4×4 avec garde au sol élevée. En saison des pluies, certaines pistes peuvent devenir impraticables.
La montée vers Ruo Gorge et Chelinda comportait quelques passages délicats, mais avec un minimum d’expérience de conduite en Afrique, cela reste gérable.
Alimentation
À notre arrivée à Lilongwe, nous avons acheté de grandes quantités de flocons d’avoine, noix et raisins secs pour le petit-déjeuner, avec du lait en poudre. Les lodges proposaient des repas complets, et même excellents au Mvuu Camp Lodge. Le soir, nous mangions généralement dans les lodges, et parfois dans de petits restaurants en ville. Le déjeuner était souvent sauté lors des journées de terrain, remplacé par des barres ou des encas emportés. Il est important d’acheter suffisamment d’eau en bouteille lors des passages en ville, car de longues périodes peuvent s’écouler sans accès à des commerces.
Argent
La monnaie locale est le kwacha malawien (MWK). Au moment de la rédaction du rapport (2023), le taux de change était d’environ 1 159 MWK pour 1 €. Nous avons payé en monnaie locale presque partout, sauf dans les établissements acceptant la carte bancaire. Les distributeurs, même dans la capitale, délivraient des montants limités (de 100 à 300 €) et peuvent être difficiles à trouver hors des grandes villes. Certains distributeurs ne fonctionnaient pas ou n’acceptaient qu’une seule de nos cartes. Il peut être judicieux de retirer une somme importante dès le début du séjour dans une banque à Lilongwe.
Ouvrages
Rolle violet (Eurystomus glaucurus) dans le parc national de Liwonde (Malawi). |
Il n’existe pas d’ouvrages spécifiques consacrés aux oiseaux du Malawi. Un bon choix est le Sasol Birds of Southern Africa comme guide principal, complété par le Birds of Africa South of the Sahara pour les espèces non couvertes. Il est également conseillé d’utiliser les sites web eBird et Birds of the World pour se familiariser avec les espèces locales. Nous recommandons vivement The Southern African Birdfinder: Where to Find 1,400 Bird Species in Southern Africa and Madagascar : il est ancien, mais très valable.
Enregistrements sonores
La plupart des vocalisations des espèces d’oiseaux du Malawi sont disponibles sur l’application Merlin Bird ID (lire Applications pour smartphones pour l’identification des oiseaux – Première partie). Certaines nécessitent toutefois des téléchargements directs via Xeno-Canto. Il est recommandé de télécharger plusieurs chants et cris pour les espèces clés et de comparer la qualité des enregistrements. Xeno-Canto propose souvent des versions supérieures à celles du Merlin Bird ID. Nous avons utilisé une approche combinée en exploitant les deux ressources.
L’itinéraire suivi
Faucon de Dickinson (Falco dickinsoni) dans le parc national de Liwonde (Malawi). |
- Jour 1 – 27/01/2023 – Arrivée à Lilongwe Dzalanyama – Logistique et trajet jusqu’à la réserve forestière de Dzalanyama, où nous sommes arrivés tard dans la nuit.
- Jour 2 – 28/01/2023 – Réserve forestière de Dzalanyama – Journée complète d’observation des oiseaux dans la forêt et les dambos (dépressions humides).
- Jour 3 – 29/01/2023 – Réserve forestière de Dzalanyama – Journée complète d’observation des oiseaux dans la forêt et les dambos.
- Jour 4 – 30/01/2023 – Réserve forestière de Dzalanyama (matin) et Blantyre (après-midi) – Tôt le matin, observation dans la forêt de Dzalanyama, puis départ à Blantyre et courte séance d’observation. Arrêt au Collège forestier et de la faune sauvage du Malawi.
- Jour 5 – 31/01/2023 – Mont Mulanje le matin puis Zomba – Observation le matin dans les gorges de Ruo, sur le mont Mulanje. Court arrêt l’après-midi à Likhubula avant de repartir pour la ville de Zomba.
- Jour 6 – 01/02/2023 – Plateau de Zomba. Première partie de la journée en montagne. L’après-midi a été consacrée à la détente dans notre lodge.
- Jour 7 – 02/02/2023 – Zomba puis parc national de Liwonde. Départ matinal de Zomba pour le parc national de Liwonde. Arrivée au camp de Mvuu à 9h30. Le reste de la journée a été consacré à l’observation des oiseaux aux alentours du lodge, avec un safari en véhicule, puis une sortie de nuit.
- Jour 8 – 03/02/2023 – Parc national de Liwonde – Observation des oiseaux le matin dans la forêt galerie, puis long safari en véhicule.
- Jour 9 – 04/02/2023 – Parc national de Liwonde – Journée complète de safari et d’observation, incluant une sortie de nuit.
- Jour 10 – 05/02/2023 – Parc national de Liwonde puis Lilongwe. Un dernier safari le matin, puis départ en fin de matinée pour le Malawi College of Forestry and Wildlife. Observation des oiseaux pendant quelques heures avant de rejoindre Lilongwe pour la nuit.
- Jour 11 – 06/02/2023 – Lilongwe puis Mzuzu. Longue journée de route. Départ matinal de Lilongwe, court arrêt au réservoir de Kasungu et après-midi consacré à l’observation des oiseaux à Mzuzu.
Hirondelle bleue (Hirundo atrocaerulea) près du Luwawa Forest Lodge (Malawi). |
- Jour 12 – 07/02/2023 – Mzuzu puis Chelinda. Départ matinal de Mzuzu et arrivée à la porte de Telinka, à l’entrée du parc national de Nyika, vers 9 h. Le reste de la journée a été consacré à l’ascension vers Chelinda.
- Jour 13 – 08/02/2023 – Chelinda – Journée complète d’observation des oiseaux sur le plateau de Nyika : observation des oiseaux en altitude le matin, et l’après-midi aux alentours du lodge.
- Jour 14 – 09/02/2023 – Chelinda puis Rhumpi – Observation dans la forêt de Manyenjere en Zambie, puis descente progressive vers la porte nord du parc national des marais de Vwaza, où nous avons observé les oiseaux pendant 1 h 30 avant de rejoindre Rhumpi.
- Jour 15 – 10/02/2023 – Rhumpi puis Luwawa Forest Lodge – Départ matinal et brève visite de l’entrée principale du parc national des marais de Vwaza, puis route vers le Luwawa Forest Lodge.
- Jour 16 – 11/02/2023 – Luwawa Forest Lodge. Journée complète d’observation des oiseaux aux alentours du Luwawa Forest Lodge.
- Jour 17 – 12/02/2023 – Luwawa Forest Lodge puis Lilongwe Observation des oiseaux aux alentours du lodge et arrêt à la réserve forestière de Chimaliro avant le départ pour Lilongwe.
- Jour 18 – 13/02/2023 – Vol retour.
Rollier à raquettes (Coracias spatulatus). |
Cet itinéraire a été conçu de manière à nous permettre d’observer un maximum de nos espèces cibles. Il peut bien sûr être adapté selon vos propres priorités ornithologiques.
Nous avons séjourné beaucoup plus longtemps dans le parc national de Liwonde que nécessaire pour observer le Pic de Reichenow (Campethera scriptoricauda), le Guêpier de Böhm (Merops boehmi) ou le Fauconnet de Dickinson (Falco dickinsoni), car Max souhaitait compléter sa liste de rolliers africains avec le Rollier à raquettes (Coracias spatulatus), et il nous a fallu trois jours pour finalement en trouver un.
Nous avons également consacré beaucoup de temps à chercher le Courvite à ailes bronzées (Rhinoptilus chalcopterus), une espèce très largement répartie, mais rare et généralement peu fiable.
Nous avons aussi choisi de ne pas nous rendre sur le mont Thyolo pour observer le Loriot à tête verte (Oriolus chlorocephalus), car cette espèce peut également être observée sur la côte kenyane.
Avec le recul, nous avons commis une erreur de planification en ne visitant pas le matin le site où est visible le Choucador à gorge noire (Neocichla gutturalis) : nous recommandons vivement de s’y rendre en matinée, car nous l’avons cherché en vain un après-midi entier.
Nous avons également constaté à quel point le Tisserin à tête olive (Ploceus olivaceiceps) était rare et difficile à trouver : il nous a semblé presque miraculeux que Ross Gallardy en ait observé un dès le premier jour, alors qu’il était malade. C’est probablement l’espèce à laquelle nous avons consacré le plus de temps de recherche durant tout le voyage, sans succès. Bien que la forêt de Dzalanyama soit un site classique pour cet oiseau, nous avons trouvé un habitat apparemment plus favorable, riche en lichens, près du Forestry College ainsi que dans la forêt de Chimaliro, deux sites où l’espèce a déjà été vue.
Lors de la planification, une question importante s’est posée : quelles montagnes visiter dans le sud du Malawi ? Les monts Thyolo et Mulanje et le plateau de Zomba abritent en effet chacun un cortège différent d’espèces, avec leurs spécialités propres. Le mont Thyolo est ainsi le seul site pour voir le Loriot à tête verte et le Barbican olivâtre (Cryptolybia olivacea), le mont Mulanje abrite le Bulbul montagnard (Arizelocichla milanjensis), la Grive tachetée (Geokichla guttata) et offre de meilleures chances pour deux espèces d’apalis, tandis que le plateau de Zomba est incontournable, pour voir la seule espèce endémique du Malawi, l’Apalis noir et jaune (Apalis flavigularis).
Nous avons choisi de visiter le mont Mulanje plutôt que le mont Thyolo, car l’habitat y semble globalement plus préservé, et les paysages ainsi que la possibilité d’explorer des zones moins connues correspondaient davantage à nos attentes. Toutefois, le mont Thyolo est plus facilement accessible.
Il est bien sûr possible de visiter l’ensemble de ces massifs si le temps n’est pas une contrainte.
Si vous recherchez uniquement les espèces à l’aire de répartition extrêmement restreinte et prévoyez également de visiter le sud de la Tanzanie ainsi que la Zambie, un itinéraire de 12 à 13 jours pourra suffire, similaire à celui effectué par Ross et Melissa Gallardy. Cela impliquera davantage de temps de route que d’observation, mais reste réalisable.
Les espèces d’oiseaux « ciblées » lors du séjour
Cossyphe du Cholo (Chamaetylas choloensis). |
Le Malawi est une destination idéale pour observer des espèces spécialisées vivant dans les savanes du miombo, dominées par des arbres du genre Brachystegia. Beaucoup de ces oiseaux se retrouvent également dans d’autres pays, mais beaucoup nécessitent un habitat vierge ou de larges étendues.
Il est ainsi possible d’observer de nombreuses espèces en Zambie, au Mozambique ou en Tanzanie, mais le Malawi est probablement le plus accessible et offre la plus grande diversité.
Les spécialistes du miombo accessibles en Tanzanie sont souvent très difficiles à trouver en Zambie et vice versa. Par exemple, le Gobemouche de Böhm (Melaenornis boehmi) et la Pie-grièche de Souza (Lanius souzae) sont faciles à observer en Zambie, alors que le Petit Pyréneste (Pyrenestes minor) et les Pics de Stierling (Dendropicos stierlingi) et de Reichenow (Campethera scriptoricauda) sont absents de Zambie mais présents en Tanzanie : le Malawi les réunit tous !
En outre, le pays abrite de nombreuses espèces que l’on trouve difficilement en dehors de ses frontières, comme, comme le Tisserin à tête olive, l’Apalis noir et jaune, qui est endémique, et le Cossyphe du Cholo (Chamaetylas choloensis), à l’aire de répartition très restreinte. En résumé, il est impossible de manquer le Malawi si vous êtes passionné par les oiseaux africains !
Les espèces ciblées ont été déterminées en étudiant des cartes de répartition issues de différentes sources, ainsi que les données eBird et nos listes personnelles d’observation : cela signifie que certaines espèces à large aire de répartition, mais difficiles à observer ailleurs, par exemple, le Courvite à ailes bronzées, figurent également sur notre liste d’objectifs.
Les sites visités : la réserve forestière de Dzalanyama
Calao à bec pâle (Lophoceros pallidirostris). |
Il s’agit probablement du premier site que vous visiterez au Malawi et c’est l’une des plus belles savanes du miombo du monde. Elle est gérée de manière durable, permettant la coupe de branches mais pas l’abattage des arbres. Cependant, il semble que l’intensité de ces prélèvements ne soit pas sans conséquences écologiques.
Le climax de ce type de forêt se compose d’arbres de taille moyenne, légèrement espacés, recouverts de lichens du type barbe de Jupiter (Usnea spp.). Le sous-bois est souvent herbeux ou très peu végétalisé. Les forêts sont ponctuées de dambos (= dépressions humides), qui peuvent devenir très humides en saison des pluies et abritent un ensemble d’espèces uniques. L’ornithologie dans le miombo consiste principalement à trouver des troupes mixtes d’espèces, et cet habitat peut être très calme entre deux passages.
Même si le Malawi possède encore d’autres grandes étendues de miombo, la forêt de Dzalanyama en est certainement le plus bel exemple. La liste d’espèces ciblées y est donc assez longue, et au moins deux jours complets sont recommandés.
Le premier oiseau intéressant que nous avons rencontré sur la route vers la forêt était un Engoulevent musicien (Caprimulgus pectoralis) posé sur la route, parfait pour prendre des photos. La découverte du site a cependant commencé le lendemain matin sur les terrains du lodge où nous avons logé, point de départ de toute sortie ornithologique dans la forêt de Dzalanyama.
Le petit ruisseau près du camp accueille des Bergeronnettes à longue queue (Motacilla clara), qui sont parmi les premiers oiseaux que nous avons vus. Après avoir traversé ce cours d’eau nous avons parcouru la forêt pendant environ 20 minutes sans rien voir, avant de repérer quelques Souimangas du miombo (Cinnyris manoensis) et Serins oreillards (Crithagra mennelli). Peu après, nous avons entendu des appels de calaos et rapidement repéré un groupe familial de Calaos à bec pâle (Tockus pallidirostris).
Les troupes mixtes se forment généralement vers le milieu de la matinée, ce qui fait que les premières heures ne sont pas les meilleures pour observer les espèces spécialisées des savanes du miombo. Notre stratégie consistait donc à vérifier les dambos tôt le matin pour tenter de trouver le Petit Pyréneste.
Après avoir contourné le plus grand dambo proche sans succès, nous avons commencé à retourner au camp. Bonne décision, car nous avons rencontré notre première troupe juste après être entrés dans la forêt. Les oiseaux étaient dispersés sur une zone d’environ un ou deux hectares, moins dense que dans les forêts tropicales épaisses.
Pie-grièche de Souza (Lanius souzae). |
Les premiers membres de la troupe mixte que nous avons observés étaient l’Agrobate barbu (Tychaedon barbata), le Monticole angolais (Monticola angolensis), le Souimanga du miombo et la Pie-grièche de Souza. Peu après, nous avons également repéré un Souimanga d’Anchieta (Anthreptes anchietae) dans la canopée, un objectif majeur et un oiseau magnifique !
Un autre excellent oiseau, bien que vu très brièvement, a été le Barbican du miombo (Tricholaema frontata), aperçu uniquement. Après ce premier succès, nous avons attendu la fin d’une averse et nous sommes ressortis du lodge, toujours avec le Petit Pyréneste en tête. Après plusieurs visites de dambos, nous avons finalement trouvé deux individus, reconnaissables à leur queue et croupion rouges : ce n’étaient pas des amarantes (Lagonosticta sp.), mais bien des Petits Pyrénestes.
Ensuite, nous avons suivi les troupes et observé le Pic de Stierling, le Bagadais de Retz (Prionops retzii), la Mésange à ventre cannelle (Melaniparus rufiventris), l’Érémomèle à calotte verte (Eremomela scotops), l’Échenilleur à ventre blanc (Coracina pectoralis), et le Pipit forestier (Anthus nyassae).
Le deuxième jour a été consacré aux troupes mixtes et aux Rochassiers des éboulis (Pinarornis plumosus). Nos observations ont également inclus le Salpornis de Salvador (Salpornis salvadori), le Gobemouche de Böhm, l’Indicateur gris (Prodotiscus zambesiae), le Sénégali enflammé (Hypargos niveoguttatus), plusieurs Pics de Stierling et Pies-grièches de Souza, le Pic de Cailliaud (Campethera cailliautii), deux espèces d’hyliotes (Hyliota sp.), le Pipit de Sundevall (Anthus lineiventris) et deux camaroptères (Calamonastes sp.) non identifiés, car ils ne chantaient pas. Malheureusement, pas de Tisserin à tête olive malgré une inspection minutieuse des troncs recouverts de lichens. Nous avons également tenté de trouver le Souimanga de Shelley (Cinnyris shelleyi) dans le petit village où Ross Gallardy en avait vu un, mais nous n’avons attiré que des Souimangas du miombo en utilisant la repasse.
Le matin du troisième jour, nous avons ajouté à la liste notre seul Serin de Reichard (Crithagra reichardi) du séjour, une espèce dont l’identification peut sembler difficile au début.
Logistique : accéder à la réserve forestière de Dzalanyama n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire. Certaines routes sont envahies par la végétation ou submergées, obligeant à faire demi-tour plusieurs fois. Voici un itinéraire recommandé depuis Lilongwe : prendre la direction ouest sur la M12 jusqu’au point (voir la localisation sur Google Maps), puis atteindre ce point (voir la localisation sur Google Maps) et tourner à gauche (vers le Sud-est). Ensuite, rejoindre ce point (voir sa localisation sur Google Maps) et tourner à droite vers le Sud, suivre la route jusqu’à ce point (voir la localisation sur Google Maps). Continuer vers le Sud, traverser deux villages, atteindre la plaine herbeuse au niveau de ce point (voir la localisation sur Google Maps), puis prendre le dernier virage à droite au niveau de ce point (voir la localisation sur Google Maps) et entrer dans la forêt. Le stationnement se fait au niveau du lodge, d’où l’exploration peut se faire à pied. Vous pouvez y loger au lodge ou camper. Il n’y a pas d’autres hébergements proches. Théoriquement, des excursions à la journée depuis Lilongwe sont possibles mais nécessitent deux heures aller-retour. Le lodge fournit des repas, mais il faut prévenir à l’avance et le choix peut être limité : emportez donc de quoi manger et suffisamment d’eau. Le camping coûtait 10 $ par personne et par nuit.
Le Malawi College of Forestry & Wildlife
Bruant de Vincent (Emberiza vincenti). |
Cette zone est idéalement située à proximité de la route M1 reliant Lilongwe et le sud du pays. Un inselberg (colline rocheuse) domine le paysage et accueillent le Bruant de Vincent (Emberiza vincenti), parfois considéré comme une sous-espèce du Bruant du Cap (Emberiza capensis).
Nous avions initialement prévu seulement de faire un court arrêt dans ce site pour observer le Bruant de Vincent. À notre arrivée, nous avons rapidement rejoint la zone plus rocheuse et parsemée de blocs. Habitués aux Bruants du Cap lors de visites précédentes en Afrique australe, nous pensions qu’il ne serait pas difficile d’en trouver un, mais après environ une heure d’observation dans la zone rocailleuse, nous avons dû interrompre nos recherches pour continuer vers Blantyre. Lors de notre départ, nous avons aperçu une troupe mixte d’oiseaux dans le miombo composée du Salpornis de Salvador, du Monticole angolais, de l’Érémomèle à calotte verte, de l’Oriole doré (Oriolus auratus), et peu après, un Traquet à ventre roux (Thamnolaea cinnamomeiventris), qui allait rester le seul pendant tout le voyage.
Quelques minutes plus tard, nous avons trouvé un Pipit de Sundevall et le point d’orgue de la journée, un Barbican de Whyte (Stactolaema whytii) : trois individus peu farouches étaient perchés dans la canopée d’arbres de petite taille.
Barbican de Whyte (Stactolaema whytii). |
Cette troupe nous a vraiment fait reconsidérer l’intérêt de ce site et nous a donné envie de chercher le Tisserin à tête olive à nouveau. Lors de notre retour vers le Nord, après la boucle sud dans le Malawi, nous y avons donc alloué 3,5 h pour une deuxième visite. Cette fois, nous avons suivi un itinéraire différent, passant à l’est d’inselbergs (collines rocheuses), où la savane du miombo était la plus riche en lichens. Rapidement, nous avons observé un nouvel oiseau, une Mésange à ventre gris (Melaniparus griseiventris). D’autres recherches nous ont permis de voir un petit groupe de cinq Rémiz de Carl (Anthoscopus caroli), ainsi que des espèces communes du miombo, comme Crombec à face rouge (Sylvietta whytii), le Gobemouche à collier (Ficedula albicollis) (hivernant) et le Souimanga du miombo.
Nous avons gravi l’inselberg depuis le nord-est (voir la localisation sur Google Maps), où l’accès à un petit plateau est le plus facile. Là, nous avons trouvé un autre Traquet à ventre roux, quelques Rufipennes morio (Onychognathus morio), et nous avons finalement observé le Bruant de Vincent. Environ 10 minutes plus tard, nous avions repéré cinq individus différents.
Logistique : pour atteindre ce site, quittez la route M1 à cet endroit (voir la localisation sur Google Maps) et suivez la route jusqu’au pied de la colline (voir la localisation sur Google Maps). Lors de notre première visite, nous avons garé la voiture sur la route entre le carrefour et le collège, et lors de la seconde, nous avons stationné sur le terrain du collège et demandé à quelqu’un de la surveiller. Pour un séjour plus long, il y a un hébergement disponible dans le Kanzela Lodge (voir la localisation sur Google Maps). Il est préférable d’apporter sa propre nourriture. Lors de notre seconde visite, nous avons tenté de contourner l’inselberg, mais sommes revenus en arrière à cet endroit (voir la localisation sur Google Maps), en raison d’une petite falaise. Avec suffisamment de temps, il est possible de s’aventurer plus loin et peut-être d’explorer les inselbergs situés au nord-ouest, qui semblent également être entourés d’une savane du miombo prometteuse. Depuis le carrefour de la M1, on atteint le Kanzela Lodge en 10 minutes.
Le mont Mulanje
Forêt tropicale sur le mont Mulanje (Malawi). |
Le plus haut sommet du Malawi, situé à un peu plus d’une heure de route de Blantyre, présente une grande diversité d’habitats, mais les forêts afromontagnardes des gorges de Ruo constituent la zone la plus intéressante pour les observateurs.
Après avoir décidé de ne pas malmener davantage notre véhicule, nous avons commencé à marcher depuis ce point (voir la localisation sur Google Maps) et nous avons immédiatement observé un splendide Amarante de Jameson (Lagonosticta rhodopareia) près d’un ruisseau.
Peu après être entré dans la forêt, j’ai dit à Dan : « l’Alèthe du Cholo est l’espèce la plus importante ici, mais une Grive tachetée (Geokichla guttata) serait aussi fantastique ». Il m’a répondu : « Je le vois ! ». Il avait effectivement repéré un Alèthe du Cholo perché sur un petit rocher au bord de la route. Il s’agissait d’un juvénile assez confiant, tandis que les adultes restaient beaucoup plus discrets dans la végétation. Une colonne de fourmis traversait la piste, attirant probablement les oiseaux. Parfois, la chance nous sourit.
Plus haut en altitude, nous avons observé plus d’espèces, notamment un Bulbul montagnard (Arizelocichla milanjensis) accompagné de plusieurs Pouillots à gorge jaune (Phylloscopus ruficapilla) et Bulbuls à stries jaunes (Phyllastrephus flavostriatus). Nous avons suivi le sentier jusqu’à un petit barrage, très tentant pour une baignade.
Les meilleures observations dans le coin comprenaient l’Apalis à ailes blanches (Apalis chariessa), le Touraco de Livingstone (Tauraco livingstonii), l’Apalis à tête noire (Apalis melanocephala), le Rougegorge étoilé (Pogonocichla stellata) et le Sénégali de Reichenow (Cryptospiza reichenovii). La pluie s’est invitée par moments et l’activité des oiseaux est restée globalement faible. Nous avons néanmoins rencontré nos premiers primates du voyage, des Singes bleus (Cercopithecus mitis).
Nous avons ensuite décidé de faire une courte visite sur le versant nord-ouest du mont Mulanje, où l’observation semble prometteuse autour du Likhubula Forest Lodge. Avant de parler ornithologie, il faut mentionner que la zone est réputée pour sa cascade et se révèle plus touristique.
À l’entrée de la petite réserve, un droit d’accès est demandé. Après le portail, une trentaine d’hommes proposaient leur service de guide ou divers objets artisanaux, et leur insistance était particulièrement envahissante : ils bloquaient la voiture et ne nous laissaient pas tranquilles. Nous avons avancé lentement pour dégager le passage jusqu’à pouvoir accélérer légèrement. Trois d’entre eux ont même poursuivi la voiture sur la mauvaise piste jusqu’à l’aire de stationnement de la Likhubula House. Le harcèlement n’a cessé qu’après le paiement d’une somme pour qu’ils nous laissent tranquilles. Habitués aux voyages en Afrique, nous restons généralement détendus, mais cette expérience a nettement entaché notre séjour.
Calao couronné (Lophoceros alboterminatus). |
Nous avons tout de même exploré la forêt dégradée et trouvé l’espèce recherchée, le Pririt pâle (Batis soror). Sur le chemin du retour, trois Calaos couronnés (Lophoceros alboterminatus) très démonstratifs nous ont offert un moment réellement apprécié.
Logistique : les gorges de Ruo sont accessibles via le domaine du Lujeri Tea Estate. Depuis la route principale M2, il faut emprunter l’embranchement à ce niveau (voir la localisation sur Google Maps), longer le village par l’est, puis tourner vers le Nord à ce niveau (voir la localisation sur Google Maps) pour rejoindre l’entrée gardée de la plantation (voir la localisation sur Google Maps).
Une fois dans le domaine, il faut rester sur la rive ouest de la rivière et suivre les pistes jusqu’au point de départ à ce niveau (voir la localisation sur Google Maps). La dernière portion doit être parcourue sur des sentiers, la large piste visible sur les images satellites étant en très mauvais état. Il faut compter environ une heure depuis la M2 (davantage si l’on se trompe de direction).
Nous avons effectué une excursion d’une journée, après avoir passé la nuit à Blantyre, qui offre de nombreuses possibilités d’hébergement. Il est également possible de séjourner au Lujeri Tea Estate ou dans la zone de Likhubula.
Pour atteindre la forêt de Likhubula, il est conseillé de tourner immédiatement à gauche après le portail du Likhubula Forest Lodge (voir la localisation sur Google Maps) afin d’atteindre rapidement de meilleurs habitats et d’éviter l’affluence. Malgré notre expérience mitigée, ce site offre certainement d’excellentes observations.
Plateau de Zomba
Apalis noir et jaune (Apalis flavigularis). |
Ce plateau vallonné est visité par la plupart des ornithologues, car il offre de bonnes chances d’observer le Tisserin de Bertram (Ploceus bertrandi), ainsi que de fortes probabilités de voir les Apalis à ailes blanches (Apalis chariessa) et noir et jaune. Le plateau a été fortement déboisé par le passé et seules de petites poches de forêt indigène subsistent encore. Ces secteurs sont partiellement accessibles par la route sinueuse montant depuis la ville de Zomba.
Notre approche différait quelque peu de la stratégie classique, car nous avions déjà observé l’Apalis à ailes blanches : en effet, en général, les observateurs voient l’Apalis noir et jaune sur les monts Mulanje ou Thyolo et ratent l’Apalis à ailes blanches. Pour nous, c’était l’inverse. Nous sommes donc montés sur le plateau où l’Apalis noir et jaune peut être trouvé. Après quelques séances de repasse, nous avons découvert un individu isolé dans une petite parcelle forestière en bord de route (voir la localisation sur Google Maps).
Cette parcelle accueillait également une petite troupe composée des Bulbuls à tête olive (Arizelocichla olivaceiceps), verdâtre (Eurillas virens), placide (Phyllastrephus placidus) et à stries jaunes (Phyllastrephus flavostriatus), du Barbican à croupion jaune (Pogoniulus bilineatus) et de l’Apalis à tête noire (Apalis melanocephala). Un couple de Barbicans à oreilles blanches (Stactolaema leucotis) est resté à part, et des Mégalures de Lopez (Bradypterus lopezi) chantaient dans le sous-bois.
Si vous recherchez encore l’Alèthe du Cholo, il est probablement préférable de visiter les fragments forestiers autour du complexe touristique de Sunbird Ku Chawe, qui semblent être les plus étendus.
Après cet arrêt, nous avons tenté d’atteindre les boisements près du barrage de Chagwa, mais nous avons rapidement renoncé en raison du mauvais état de la route. Nous avons garé la voiture au bord de la route à cet emplacement (voir la localisation sur Google Maps) et nous avons marché jusqu’à ce point (voir la localisation sur Google Maps). Sur ce tronçon, nous avons observé de nombreux Estrildidés, avec en point d’orgue l’Astrild à ventre jaune (Coccopygia quartinia) pour Dan, amateur de petits passereaux granivores, ainsi que le Tisserin de Bertram (Ploceus bertrandi), qui était bien visible. Les habitats dégradés et les plantations de pins n’abritaient qu’un cortège limité d’espèces, mais nous avons tout de même observé des Pouillots fitis (Phylloscopus trochilus) chanteurs, certains individus, très pâles, pouvant appartenir à la sous-espèce yakutiensis. Nous avons également entendu le Francolin de Hildebrandt (Pternistis hildebrandti) dans la zone.
Logistique : l’accès à la ville de Zomba est simple et de nombreuses options d’hébergement y sont disponibles. Nous recommandons le Pakachere Backpackers & Creative Center, qui propose une excellente cuisine et constitue un point de rencontre pour voyageurs indépendants.
L’observation des oiseaux se fait sur le plateau, et toutes les routes d’accès sont asphaltées. Le site pour voir l’Apalis à ailes blanches (Apalis chariessa) est facilement accessible par route goudronnée le long de l’Old Naisi Road (voir la localisation sur Google Maps). Si vous prévoyez de passer la journée entière sur le plateau, il est conseillé d’emporter de la nourriture ou de déjeuner au Sunbird Ku Chawe, sinon, la ville de Zomba offre de bonnes possibilités de restauration. La montée vers le plateau est courte et prend environ 15 à 20 minutes.
Parc national de Liwonde
Chevêchette du Cap (Glaucidium capense). |
Englobant un tronçon de 30 km de la rivière Shire, il s’agit du plus grand parc du Malawi et il constitue un site majeur pour la conservation de la forêt tropicale sèche dominée par le Mopane (Colophospermum mopane), et il offre d’excellentes possibilités d’observation des oiseaux et des mammifères. Le parc est accessible par le sud via la ville de Liwonde ou par l’ouest depuis le lodge de Mvuu.
Parmi la multitude d’espèces d’oiseaux présentes, citons le Guêpier de Böhm, le Faucon de Dickinson et la Chouette-pêcheuse (Grand-duc) de Pel (Scotopelia/Ketupa peli), ainsi que, pour les observateurs assidus, le Barbican à poitrine brune (Lybius melanopterus), le Pic de Reichenow et le Courvite à ailes bronzées. L’Hippotrague noir (Hippotragus niger), une grande antilope, constitue également une attraction remarquable.
Nous sommes arrivés à l’embarcadère du lodge de Mvuu en milieu de matinée après un départ matinal depuis Zomba. Le personnel nous attendait déjà, ainsi que le bateau et notre guide attitré, Justin. Le lodge dispose d’un guide personnel pour les safaris, marches ou autres activités. Lors de nos échanges préalables, nous avions précisé être des observateurs intéressés par observer des espèces « difficiles » à trouver : Justin, excellent connaisseur de l’avifaune de Liwonde, nous a donc été conseillé.
Dès notre arrivée à l’embarcadère, nous avons observé un Guêpier de Böhm, l’un des nombreux individus faciles à voir autour du lodge : il s’agit d’une espèce magnifique et très attendue. La zone autour de l’embarcadère est également favorable à la Chouette-pêcheuse (Grand-duc) de Pel, qui se repose volontiers dans les palmiers.
En deux heures autour du lodge, nous avons noté 50 espèces, dont l’Érythrocerque de Livingstone (Erythrocercus livingstonei), le Guêpier de Böhm, l’Inséparable de Lilian (Agapornis lilianae), l’Échenilleur à épaulettes jaunes (Campephaga flava), la Cichladuse à collier (Cichladusa arquata), le Bulbul à à poitrine jaune (Chlorocichla flaviventris) et le Pririt à gorge noire (Platysteira peltata).
Lors de notre premier safari au sud du camp, près de la rivière Shire, dans une savane claire à Acacia xanthophloea, Justin nous a rapidement montré une Chouette africaine (Strix woodfordii) et deux Faucons de Dickinson. L’après-midi, nous avons totalisé 73 espèces, dont certaines rares près du Mvuu Lodge, comme l’Engoulevent d’Europe (Caprimulgus europaeus), le Grand Indicateur (Indicator indicator) et la Cigogne blanche (Ciconia ciconia). La nuit, nous avons bien observé un Petit-duc africain (Otus senegalensis), deux Chevêchettes du Cap (Glaucidium capense) et les Engoulevents du Mozambique (Caprimulgus fossii) et d’Europe.
Le lendemain matin, une promenade autour du lodge nous a permis d’ajouter à notre liste le Bulbul jaboteur (Phyllastrephus terrestris), le Beaumarquet melba (Pytilia melba) et le Pic cardinal (Dendropicos fuscescens).
Lors d’une excursion en bateau, nous avons observé un groupe de Bihoreaux à dos blanc (Calherodius leuconotus), une Talève d’Allen (Porphyrio alleni), une Sterne hansel (Gelochelidon nilotica), un Martin-pêcheur géant (Megaceryle maxima), un Guêpier de Perse (Merops persicus) et de nombreux Tisserins à gorge brune (Ploceus xanthopterus).
De l’autre côté du fleuve, nous avons recherché le Barbican à poitrine brune et la Chouette-pêcheuse (Grand-duc) de Pel. Après un temps assez long, nous avons repéré un Blongios de Sturm (Botaurus sturmii) posé à découvert, puis finalement un Barbican à poitrine brune. Parmi les autres espèces observées, citons le Touraco à huppe splendide (Tauraco porphyreolophus), le Coucou foliotocol (Chrysococcyx cupreus), le Palmiste africain (Gypohierax angolensis), les Guêpiers nain (Merops pusillus), de Böhm et d’Europe (M. apiaster), le Loriot doré, un Phragmite des joncs (Acrocephalus schoenobaenus) et le commun Choucador de Meves (Lamprotornis mevesii).
Chouette-pêcheuse (Grand-duc) de Pel (Scotopelia/Ketupa peli). |
Nous avons repéré une Chouette-pêcheuse (Grand-duc) de Pel dissimulée dans un fourré près d’un grand Crocodile du Nil (Crocodylus niloticus) : elle nous a offert de belles vues avant de s’éloigner. Nous sommes retournés au lodge pour déjeuner. En chemin, nous avons eu la chance d’admirer un jeune Rolle violet (Eurystomus glaucurus).
L’après-midi de notre première journée complète (qui nous a paru être la deuxième, car nous étions arrivés tôt la veille) a été consacrée à un safari, moins concentrés sur la recherche du Rollier à raquettes et davantage sur celle de l’Hippotrague noire.
Dans la savanes à mopane, nous avons observé le Traquet d’Arnot (Myrmecocichla arnotti), le Pic de Reichenow, le Perroquet à cou brun (Poicephalus fuscicollis) et le Rollier à longs brins (Coracias caudatus). Nous avons également aperçu des Hippotragues noirs, même s’ils ont rapidement
disparu dans la végétation luxuriante. À la fin de la deuxième journée, nous avions vu la plupart des oiseaux que nous souhaitions observer, et il ne manquait plus que le Rollier à raquettes, le Courvite à ailes bronzées et le Perroquet à tête brune (Poicephalus cryptoxanthus).
Le troisième jour, sous la pluie, nous avons observé quatre Cigognes noires (Ciconia nigra), un Perroquet à cou brun et un Loriot d’Europe (Oriolus oriolus). L’après-midi, nous avons ajouté le Calao trompette (Bycanistes bucinator) et l’Aigle martial (Polemaetus bellicosus).
Le safari nocturne fut exceptionnel, avec l’observation d’un Serval (Leptailurus serval), des Mangoustes à queue blanche (avec un petit) (Ichneumia albicauda).
Courvite à ailes bronzées (Rhinoptilus chalcopterus). |
Nous plaisantions sans cesse sur l’idée d’apercevoir un Courvite à ailes bronzées, que nous nous avions raté lors des deux nuits précédentes. Soudain, un couple de ces oiseaux insaisissables est apparu sur la piste devant nous. Ils se sont montrés magnifiquement, et nous étions absolument ravis. La nuit n’aurait pas pu être plus belle, et nous avons également aperçu plusieurs genettes et civettes, comme les nuits précédentes, mais aussi une Mangouste des marais (Atilax paludinosus) et, encore mieux, une Mangouste de Meller (Rhynchogale melleri) !
Après cette fabuleuse dernière nuit dans le lodge de Mvuu, nous étions prêts à partir le lendemain matin et avions accepté notre sort concernant le Rollier à raquettes. Nous avons décidé de tenter une dernière fois, car notre emploi du temps nous permettait d’intégrer une dernière sortie. Environ une heure après le départ, nous avons enfin aperçu notre objectif : une famille de trois oiseaux était perchée dans une petite clairière dans une savane à mopane.
Logistique : l’exploration du parc depuis le lodge de Mvuu est une expérience passionnante mais coûteuse. Le camping coûte environ 40 $ par personne et par nuit (hors activités et repas). Les sorties sont facturées 80 $ pour trois heures (durée adaptable). L’accès à certaines espèces, comme la Chouette-pêcheuse (Grand-duc) de Pel ou le Barbican à poitrine brune, nécessite pratiquement une sortie en bateau avec guide. Les repas (trois services) coûtent environ 20 $. Depuis Zomba, il faut compter environ trois heures de route jusqu’à l’embarcadère du lodge de Mvuu sur la rivière Shire.
Barrage de Kasungu
Nous avons fait une très courte halte sur ce barrage en remontant vers le Nord, mais ce site nécessite une longue-vue étant donné les distances d’observation. Nous y avons facilement observé le Jacana nain (Microparra capensis), la Gallinule africaine (Paragallinula africana), la Nette brune (Netta erythrophthalma), quelques Foulques à crête (Fulica cristata) et la Gallinule d’Allen (Porphyrio alleni).
Nous étions présents à la fin de la saison des pluies et le niveau d’eau était correct, mais il peut varier fortement selon les périodes de l’année. Nous nous sommes garés sur l’accotement de la route et avons observé les oiseaux du lac depuis ce point (voir la localisation sur Google Maps).
Nkwadzi Hill Forest
Cette forêt est principalement à visiter pour observer le Rougegorge de Gunning (Sheppardia gunningi). Nous y avons fait un court arrêt d’une heure et demie et nous avons rencontré beaucoup de difficultés à cause de la pluie et de l’activité très faible des oiseaux. Nous avons néanmoins réussi à observer deux individus : seul Dan a vu le premier, qui évoluait principalement dans le sous-bois dense, puis nous avons ensuite décidé de suivre un petit sentier prometteur à côté de la route (voir la localisation sur Google Maps) et il n’a pas fallu longtemps avant qu’un autre individu réponde à nos enregistrements. Il nous a fallu un moment pour réaliser que le chant très faible que nous entendions était en réalité très proche.
D’autres espèces sont possibles mais difficilement observables sur cet itinéraire, comme le Nicator à tête brune (Nicator gularis) et le Pic de Cailliaud (Campethera maculosa).
Parc national de Nyika
Pipit africain (Anthus cinnamomeus) de la sous-espèce latistriatus. |
Ce vaste parc du nord du Malawi diffère beaucoup des autres sites visités : des collines parsemées de quelques fragments de forêt afromontagnarde abritant une faune unique s’étendent sur des kilomètres à la frontière avec la Zambie. Il est accessible depuis le sud par la porte de Thazima (voir la localisation sur Google Maps), située à 1 600 mètres d’altitude. La route vers Chelinda monte de 700 jusqu’à 2 300 mètres d’altitude. Bien que ce parc ait beaucoup à offrir aux visiteurs, il est peu fréquenté et permet une exploration paisible. L’ornithologie se concentre surtout dans les hauteurs et dans les fragments forestiers, tandis que quelques espèces intéressantes sont aussi visibles plus bas.
Il y a plusieurs sites clés à visiter à l’intérieur du parc national de Nyika : le premier se situe juste après la porte de Thazima, où le Barbican de Levaillant (Pogonornis minor) est relativement facile à voir. Le personnel ne vous laissera pas vous rendre seul dans ce site, mais on vous trouvera rapidement un garde pour vous accompagner. Le site favorable se trouve à environ un kilomètre de l’entrée, près d’un petit ruisseau (voir la localisation sur Google Maps). Nous y avons observé un couple après seulement quelques minutes de recherche. En longeant le côté nord d’une plantation de pins, on gagne un peu de temps et l’on peut également observer plusieurs espèces typiques des savanes du miombo en chemin. Nous avons ainsi vu en une heure le Camaroptère de Stierling (Calamonastes stierlingi), le Pririt pâle (Batis soror) et le Bruant de Cabanis (Emberiza cabanisi), ainsi qu’une vingtaine d’espèces plus communes. Si l’on souhaite voir le Barbican de Levaillant, ce site est quasiment incontournable, aucune alternative fiable n’étant connue lors d’un itinéraire classique au Malawi.
De retour à la porte de Thazima, nous avons commencé à monter à travers une zone de savanes du miombo et d’habitats de transition, où les savanes boisées alternent avec des prairies montagnardes. Le premier arrêt était à 20,3 km après la porte de Thazima, dans une zone mentionnée dans l’ouvrage The Southern African Birdfinder: Where to Find 1,400 Bird Species in Southern Africa and Madagascar. Ce site se caractérise par un superbe peuplement à Acacia abyssinica, qui confère immédiatement un aspect différent au paysage. Nos principales cibles ici étaient l’Apalis à tête brune (Apalis alticola) et la Fauvette brune (Curruca lugens), que nous avons trouvés assez facilement, le premier ayant très bien réagi à la repasse.
En 45 minutes, en parcourant quelques centaines de mètres, nous avons également noté le Souimanga à tête verte (Cyanomitra verticalis), le Tisserin de Bertrand (Ploceus bertrandi), le Gonolek de Fülleborn (Laniarius fuelleborni), l’Hypolaïs de montagne (Iduna similis) et l’Hirondelle à tête blanche (Psalidoprocne albiceps).
Nous avons ensuite poursuivi notre ascension en laissant les savanes du miombo derrière nous et avons effectué un arrêt dans la forêt de Chowo, où se situe un site eBird mentionné dans plusieurs sources. Cette forêt, située directement le long de la route principale, accueille de nombreuses espèces de la forêt montagnarde, qui atteignent ici leur limite sud de répartition.
À notre arrivée, nous avons cherché un sentier sans en trouver un : la forêt se situe en effet dans une petite dépression aux pentes raides, et l’accès s’est révélé bien plus difficile que prévu. Nous avons finalement traversé une végétation dense pour atteindre sa lisière. La progression à l’intérieur était pénible, et le personnel du Chelinda Lodge nous a confirmé que les pistes n’existaient plus. Des éléphants fréquentent en outre parfois la forêt, ce qui peut être dangereux.
Bien que la forêt de Chowo constitue une étape intéressante de tout circuit au Malawi, sa visite n’est pas indispensable, la plupart des espèces cibles pouvant être observées dans d’autres fragments forestiers. Pour voir le Rougegorge de Sharpe (Sheppardia sharpei), il faut de toute façon se rendre dans la forêt de Manyenjere, du côté zambien. Cette espèce et le Cossyphe à poitrine blanche (Chamaetylas fuelleborni) se rencontrent surtout dans les grandes étendues boisées. D’autres oiseaux, comme l’Apalis de Chapin (Apalis chapini), le Bulbul à tête fauve (Arizelocichla fusciceps), le Cossyphe à flancs olive (Dessonornis anomalus) ou le Pririt du Malawi (Batis dimorpha), se trouvent aussi dans des fragments plus petits (voir la localisation sur Google Maps). Avec suffisamment de temps, on peut probablement aussi trouver le Cossyphe à poitrine blanche dans d’autres fragments le long de la S103.
Hippotrague rouan (Hippotragus equinus). |
Nous sommes arrivés au Chelinda Lodge vers 15 h et nous avons observé dans les environs jusqu’à la nuit. L’un de nos objectifs était de repérer un site pour le Râle affin (Sarothrura affinis) pour le lendemain. Au cours de nos recherches, nous avons vu plusieurs Euplectes montagnards (Euplectes psammacromius), des Hirondelles bleues (Hirundo atrocaerulea) et des Serins bridés (Crithagra whytii). Le moment fort a été l’observation de magnifiques Hippotragues rouans (Hippotragus equinus), mais le parc est malheureusement presque dépourvu de grands mammifères en raison du braconnage, hormis notamment les deux espèces d’oréotragues (Oreotragus sp.) qui peuvent être vues dans les zones rocheuses.
Le lendemain matin, par un temps brumeux et pluvieux, nous avons observé la Cisticole masquée (Cisticola nigriloris), le Martin-pêcheur géant (Megaceryle maxima), l’Hirondelle bleue, le Sénégali de Reichenow (Cryptospiza reichenovii), le Serin bridé et de nombreux Gobemouches de Fischer (Melaenornis fischeri), et nous avons entendu une Caille des blés (Coturnix coturnix). Les antilopes étaient peu farouches et nous avons vu des Élands du Cap (Tragelaphus oryx).
Nous avons ensuite repris la route vers un site pour voir le Souimanga de Johnston (Nectarinia johnstoni). En chemin, nous avons observé le Francolin de Levaillant (Scleroptila levaillantii), l’Outarde de Denham (Neotis/Ardeotis denhami), l’Épervier menu (Accipiter rufiventris) et la sous-espèce latistriatus du Pipit africain (Anthus cinnamomeus), parfois appelée Pipit de Jackson.
Souimanga de Johnston (Nectarinia johnstoni). |
Sur les Chelinda Rocks, nous avons cherché des fleurs de protées, mais nous n’en avons trouvé que trois sur toute la colline. Nous avions perdu espoir de voir un Souimanga de Johnston, car il n’y avait tout simplement pas de fleurs. Nous avons tout de même attendu une heure, assis devant les quelques fleurs restantes, avant de décider d’essayer une autre zone, où une observation avait déjà été signalée sur eBird.
La colline voisine semblait être notre dernier recours, mais nous ne savions pas si la route était praticable. Nous avons donc décidé de marcher d’abord jusqu’au gué pour vérifier si la route était accessible en voiture. Nous avons commencé à descendre vers l’ouest lorsque nous avons trouvé une autre espèce de protée, avec beaucoup plus de fleurs. Nous avons rapidement repéré un probable Souimanga malachite (Nectarinia famosa). Peu après, un autre individu est apparu et, après un examen attentif, il s’agissait d’un mâle de Johnston. Nous étions sur la bonne colline depuis le début, mais les oiseaux se nourrissaient des fleurs de la protée la plus commune, que l’on trouve également plus bas.
Le sommet de la colline se situe sur ce point (voir la localisation sur Google Maps), et les protées où se nourrissaient les Souimangas de Johnston se trouvaient sur le versant ouest.
L’après-midi, nous avons de nouveau observé les oiseaux autour du lodge, mais sans ajouter de nouvelles espèces. Quelques heures avant le crépuscule, nous avons tenté notre chance sur un petit versant couvert de fougères où Ross Gallardy avait aperçu un Râle affin après dix heures de recherche. Nous n’avons pas eu de chance, car il semblait que nous étions trop avancés dans la saison, et seul un Râle à camail (Sarothrura rufa) chantait au loin. Sur le chemin du retour au lodge, nous avons croisé un Engoulevent d’Abyssinie (Caprimulgus poliocephalus), et nous avons terminé la journée en observant des grenouilles.
Outarde de Denham (Neotis denhami). |
En raison de problèmes logistiques, nous avons écourté notre séjour dans le parc national de Nyika d’une journée et avons commencé notre dernière journée en nous dirigeant vers l’ouest, en direction du gîte appelé la Zambian Resthouse, où un garde forestier est posté et peut vous guider vers la forêt de Manyenjere, située en Zambie. Après un trajet plus long que prévu, nous avons atteint cette forêt isolée et avons commencé l’observation des oiseaux aux alentours de ce point (voir la localisation sur Google Maps), où nous avons également aperçu quelques Potamochères roux (Potamochoerus porcus). L’observation des oiseaux était peu fructueuse, mais nous étions heureux d’observer l’Écureuil de brousse noir et rouge (Paraxerus lucifer), une espèce endémique locale. Nous avons observé les oiseaux pendant deux heures sans grand succès : quelques Pririts du Malawi, un Trogon à queue barrée (Apaloderma vittatum) chanteur et un seul Apalis de Chapin ont été les seuls oiseaux notés. Nous avons alors changé de stratégie et nous sommes assis pour observer une petite clairière où le Rougegorge de Sharpe (Sheppardia sharpei) chantait. Seul Dan a réussi à l’apercevoir, mais peu après, un Cossyphe à flancs olive (Dessonornis anomalus), au plumage éclatant, est apparu, et un Cossyphe à poitrine blanche nous a offert de brèves mais belles observations. À la lisière de la forêt, nous avons également entendu un Barbion à moustaches (Pogoniulus leucomystax) chanter avant de quitter à nouveau la Zambie.
Logistique : depuis le lodge de Mzuzu, nous sommes partis à 6 h 30, puis nous avons roulé pendant environ 2 h 30 jusqu’à la porte de Thazima. La route était correcte jusqu’à la bifurcation avec la M1, puis la piste était praticable, même si elle était plus dégradée vers la porte. La montée vers le lodge de Chelinda nécessite un véhicule avec une bonne garde au sol. À Chelinda, le camping est rudimentaire et sans infrastructure. La restauration n’est possible qu’en cas de séjour dans le lodge. Le carburant constitue un enjeu majeur : un réservoir longue autonomie ou des jerricans sont indispensables pour explorer la zone.
La route vers le site du Souimanga de Johnston était praticable, mais déconseillée au-delà. Celle vers le Zambian Resthouse était correcte. En revanche, la piste vers la forêt de Manyenjere était extrêmement envahie par la végétation, étroite et dangereuse.
Vwaza Marsh Wildlife Reserve
Vue du lac Kazuni, dans la Vwaza Marsh Wildlife Reserve (Malawi). |
Adjacente au parc national de Nyika, la Vwaza Marsh Wildlife Reserve protège des forêts claires et des zones humides. Peu visitée malgré la présence d’Éléphants de savane d’Afrique (Loxodonta africana) et d’autres grands mammifères, elle attire surtout les ornithologues pour deux espèces emblématiques : le Choucador à gorge noire (Neocichla gutturalis) et le Tisserin noir et marron (Ploceus castaneofuscus), toutes deux dépendantes des savanes denses du miombo.
Le site pour observer le Choucador à gorge noire se situe à l’entrée nord du parc, au niveau de la porte de Kayuwi. Nous nous y sommes rendus après être descendus du plateau de Nyika. Cette entrée semble très peu utilisée : à notre arrivée, aucun personnel n’était présent. Après quelques minutes, quelqu’un est finalement arrivé en courant depuis le village, a perçu le droit d’entrée et nous a ouvert le portail grillagé.
On nous a indiqué que les Éléphants de savane d’Afrique et les autres grands mammifères s’approchaient rarement de la clôture et que la marche y était sûre. Nous avons donc progressé vers l’Est, en direction des arbres les plus hauts et les plus prometteurs. Nous avons observé un indicateur qui, après examen des photographies, s’est révélé être un Petit Indicateur (Indicator minor). En dehors de cela, l’activité des oiseaux était limitée : il était déjà 16 h et la chaleur était forte.
Si vous souhaitez maximiser vos chances d’observer les espèces ciblées, il est conseillé de prévoir suffisamment de carburant et d’ajouter une journée supplémentaire dans le parc national de Nyika afin de descendre tôt le dernier matin et d’être à la porte de Kayuwi vers 9 h.
Le lendemain matin, nous avons également exploré les environs de l’entrée principale. Parmi les 40 espèces observées en deux heures, aucune n’était particulièrement rare. Le parc présente sans aucun doute un potentiel considérable et abrite de nombreuses espèces très intéressantes, mais l’état des infrastructures rend son exploration difficile.
Logistique : la Vwaza Marsh Wildlife Reserve est assez difficile à parcourir une fois les portes franchies. La porte nord (ou de Kayuwi) est théoriquement reliée à l’entrée principale, située au sud-est, par la piste D35, mais la route vers le sud depuis la porte de Kayuwi se dégrade fortement après environ un kilomètre et devient vraisemblablement impraticable plus loin.
Depuis l’entrée principale, le début de piste est meilleur, mais la S105 qui part vers l’Ouest est étroite et envahie par la végétation. Nous ne l’avons suivie que sur une courte distance avant d’atteindre un passage très difficile (probablement franchissable uniquement avec un véhicule de type Land Cruiser), où nous avons décidé de faire demi-tour. Habitués aux routes en mauvais état, nous renonçons rarement, mais poursuivre n’aurait pas été rentable au regard du temps disponible ailleurs. De plus, lors de notre visite, les taons étaient extrêmement envahissants.
Les routes menant aux différentes entrées sont globalement correctes, bien que le tronçon entre la bifurcation S104/D35 et la porte de Kayuwi soit en assez mauvais état.
Les arbres les plus grands et les plus prometteurs pour le Choucador à gorge noire se trouvent au niveau de ce point (voir la localisation sur Google Maps).
Plateau de Viphya et Luwawa Forest Lodge
Marais près du Luwawa Forest Lodge (Malawi). |
Idéalement situé à mi-distance entre le nord et le sud du Malawi, le plateau de Viphya constitue une halte stratégique pour diviser le trajet en deux parties. L’observation y est globalement bonne et permet d’espérer voir certaines espèces discrètes et rarement observées. Les habitats sont variés : vestiges de forêts afro-montagnardes, plantations de pins, savanes du miombo, lac de barrage et zones marécageuses autour du lodge.
Nous sommes arrivés dans le Luwawa Forest Lodge en fin d’après-midi. Après avoir installé le campement, nous avons exploré brièvement le marais près du barrage. Nous avons rapidement détecté le Râle bleuâtre (Rallus caerulescens), mais l’observer a été plus difficile. Dan a persévéré près de six heures avant d’apercevoir fugitivement la tête d’un individu pendant une seconde. Max a eu davantage de chance et a vu un oiseau entier pendant deux secondes un peu plus tôt.
Ce marais s’est révélé intéressant, avec des observations fréquentes du Busard grenouillard (Circus ranivorus), du Faucon hobereau (Falco subbuteo), de la Bouscarle caqueteuse (Bradypterus baboecala), du Coucal de Burchell (Centropus burchellii), du Tarier pâtre/d’Afrique (Saxicola torquatus) et du Touraco de Schalow (Tauraco schalowi). Au crépuscule, environ 200 Euplectes veuve-noire (Euplectes ardens) sont venues se percher une à une dans le marais, un spectacle remarquable.
Le lendemain matin, une pluie soutenue a ralenti l’activité des oiseaux dans les jardins du lodge. Nous y avons toutefois noté une Fauvette des jardins (Sylvia borin) et une Fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla), une observation particulièrement méridionale pour cette dernière espèce.
Après le déjeuner, une nouvelle averse nous a contraints à patienter avant de repartir vers une parcelle de forêt afro-montagnarde. En chemin, nous avons découvert une Pie-grièche écorcheur/isabelle (Lanius collurio/isabellinus), un jeune individu posé sur un tronc brûlé dans une zone dégagée. L’identification précise étant très difficile à cet âge, nous n’avons pu conclure s’il s’agissait d’une première mention nationale.
Mélocichle à moustaches (Melocichla mentalis). |
Le reste de la journée nous a permis d’observer un Tarier des prés (Saxicola rubetra), un Barbican de Whyte (Stactolaema whytii) très coopératif, une Mélocichle à moustaches (Melocichla mentalis), un Monticole angolais (Monticola angolensis), un Tisserin de Bertram (Ploceus bertrandi) et un impressionnant groupe d’environ 300 Cigognes d’Abdim (Ciconia abdimii).
Après la tombée de la nuit, nous avons prospecté les dambos (dépressions humides) environnants à la recherche du Hibou du Cap (Asio capensis), sans succès, mais Dan a aperçu au loin un Engoulevent porte-étendard (Caprimulgus vexillarius).
Le dernier jour, sur la route vers Lilongwe, nous avons effectué deux haltes dans des savanes du miombo prometteuses. La première, dans la réserve forestière de Perekezi, non loin du lodge, nous a offert une belle surprise : deux Chouettes africaines (Strix woodfordii) en plein jour, harcelées par des passereaux. Parmi les autres espèces vues, citons le Loriot doré (Oriolus auratus), le Calao couronné (Lophoceros alboterminatus), le Brubru africain (Nilaus afer), le Touraco de Schalow, le Crombec à calotte rousse (Sylvietta ruficapilla), l’Érémomèle à calotte verte (Eremomela scotops) et le Cossyphe du Cap (Dessonornis caffer). Nous y avons observé 31 espèces en près de trois heures.
La seconde halte, effectuée dans la réserve forestière de Chimaliro, s’est révélée nettement plus productive. Nous avons vu un superbe groupe mixte composé de plusieurs espèces typiques des savanes du miombo : Barbican de Whyte, Échenilleur à ventre blanc (Coracina pectoralis), Mésanges à ventre gris (Melaniparus griseiventris) et à ventre cannelle (M. rufiventris), Camaroptère du miombo (Calamonastes stierlingi), Grimpereau de Salvador (Salpornis salvadori) et Agrobate barbu (Tychaedon barbata). Des espèces plus largement réparties étaient présentes, comme les Pics barbu (Chloropicus namaquus) et à queue d’or (Campethera abingoni) et l’Irrisor moqueur (Phoeniculus purpureus).
Nous espérions particulièrement voir le Tisserin à tête olive (Ploceus olivaceiceps), l’habitat semblant idéal, mais il restera la principale absence d’un voyage par ailleurs exceptionnel.
Logistique : le Luwawa Forest Lodge constitue le point de départ des sentiers menant au barrage et au marais adjacent. L’établissement dispose d’infrastructures pour campeurs (douches et sanitaires), ainsi que de chambres. La restauration est de qualité et peut s’adapter aux horaires des observateurs. Nous avons apprécié le camping sur place, notamment la possibilité d’observer les oiseaux directement depuis la véranda.
Liste commentée des espèces observées
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Ouvrages recommandés
- The Southern African Birdfinder: Where to Find 1,400 Bird Species in Southern Africa and Madagascar (2007) de
de Callan Cohen (auteur), Jonathan Roussouw (auteur) et Claire Spottiswoode (auteure) - Birds of East Africa: Kenya, Tanzania, Uganda, Rwanda and Burundi (2020) de Terry Stevenson (Auteur), John Fanshawe (Auteur), John Gale (Illustrations) et Brian Small (Illustrations)
- Southern African Birdfinder: Where to Find 1400 Bird Species in Southern Africa and Madagascar de Callan Cohen et Claire Spottiswoode
- Birds of the Horn of Africa: Ethiopia, Eritrea, Djibouti, Somalia and Socotra de Terry Stevenson, John Fanshawe et Brian Small
- Birds of Southern Africa: Fifth Revised Edition (2023) de Ian Sinclair, Phil Hockey, Warwick Tarboton, Niall Perrins et al
- Birds of Africa South of the Sahara: A Comprehensive Illustrated Field Guide de Ian Sinclair, Peter Ryan
- Sasol Birds of Southern Africa de Ian Colman
Source
Arjan Brenkman, Jan van der Laan et Arshley Brian (2020). Report of a Birding Trip to Uganda. From 15 th February 2020 to 23th February 2020. Virtual Birders. jnvdlaan.home.xs4all.nl





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