Un patrimoine architectural riche

Situation de Penmarc'h (Finistère)

Situation de Penmarc’h (Finistère).
Carte : Ornithomedia.com

La pointe de Penmarc’h est située à l’extrémité sud-ouest du Finistère, au sud de la baie d’Audierne. Les nombreux rochers qui parsèment la côte, dont les plus hauts atteignant de dix à douze mètres, sont les vestiges d’une ancienne montagne hercynienne formée entre – 480 et – 300 millions d’années. À quelques kilomètres au large s’étend le petit archipel des Étocs, formé d’un dédale d’îlots granitiques. Lors de tempêtes d’automne et d’hiver, les vagues de l’océan Atlantique s’écrasent sur les blocs et les récifs qui constituent une barrière naturelle. Toutefois, ce spectacle grandiose ne doit pas faire oublier la dangerosité des lieux pour les navigateurs, et de nombreux bateaux s’y sont échoués.
Afin de surveiller la côte et éviter de nouveaux drames, un phare de 64 mètres de haut, financé par la marquise Adélaïde d’Eckmühl de Blocqueville, a été inauguré le 17 octobre 1897 dans le hameau de Saint-Pierre. Ses murs extérieurs sont en granite de Kersanton, tandis que la paroi interne de sa cage d’escalier est recouverte de plaques d’opaline. Ses optiques font un tour toutes les 20 secondes et ont une portée de plus de 40 km. Il est classé monument historique depuis 2011. Il vous faudra gravir un total de 107 marches pour pouvoir profiter de la vue magnifique sur la baie d’Audierne depuis son campanile. Il pourra être visité les 21 et 22 septembre 2019 de 10 h 30 à 18 h 30 (dernière montée : 18 h) à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine.

D’autres monuments pourront être découverts à proximité :

  • le vieux phare de Penmarc’h, construit entre 1831 et 1835, accueille depuis 1995 le Centre de découverte maritime, qui propose une exposition permanente au rez-de-chaussée et des expositions temporaires au premier étage liées à la mer ou à l’Histoire du Pays Bigouden.
  • Le « Papa Poydenot », le dernier canot de sauvetage à rames.
  • Le musée de la préhistoire de Saint-Guénolé, qui présente près de 3 000 pièces, dont la plus ancienne remonte à 450 000 ans avant Jésus-Christ.
  • La Tour Carrée de Saint-Guénolé, un vestige de l’ancienne église dédiée à Saint-Guénolé achevée en 1488.
  • La chapelle Notre-Dame de la Joie, construite en front de mer au XVe siècle et couverte de lichen. 
  • L’église Saint-Nonna à Penmarc’h-bourg, qui date du XVIe siècle et qui constitue un bel exemple du style gothique flamboyant.

Accès

Carte de la pointe de Penmarc'h (Finistère)

Carte de la pointe de Penmarc’h (Finistère) et quelques bons sites d’observation et monuments à visiter.
Carte : Ornithomedia.com

Depuis Quimper, prendre la direction de Plomeur puis de Penmarc’h. Le phare d’Eckmühl est bien indiqué (et bien visible). Vous pouvez vous garer à proximité et vous rendre sur la digue pour observer le passage des oiseaux marins entre août et novembre (mais aussi au printemps).
Depuis le phare, suivre ensuite l’avenue Schierling-Eggmuhl en direction du port de pêche de Saint-Guénolé.
Au niveau de la rue des Jonquilles, emprunter à pied l’ancienne voie de chemin de fer qui traverse le marais de la Joie.
Depuis Saint-Guénolé, suivre la D53 vers le bourg de Penmarc’h, puis prendre la petite route du Loc’h qui traverse le marais de Lescors.
Rejoindre ensuite la pointe de la Torche, située dans la commune voisine de Plomeur. 
Plus au nord s’étend la vaste baie d’Audierne et ses étangs côtiers.

Observer les oiseaux depuis la digue du phare d’Eckmühl

Située au carrefour de la mer d’Iroise et du golfe de Gascogne, la pointe de Penmarc’h est idéale pour assister au passage des oiseaux pélagiques entre juillet et novembre, ainsi qu’au printemps (avril-mai). Certaines espèces, comme le Fou de Bassan (Morus bassanus), et notamment les juvéniles, sont visibles toute l’année. C’est aussi le cas des Goélands argenté (Larus argenteus), brun (L. fuscus) et marin (L. marinus), qui nichent sur les îlots des Étocs, du Grand Cormoran (Phalacrocorax carbo), qui forment d’importants reposoirs sur les rochers de Saint-Nonna au sud de Penmarc’h, et de l’Aigrette garzette (Egretta garzetta), qui niche dans la commune de Penmarc’h et pêche sur la côte.
La digue au pied du phare d’Eckmühl constitue un bon point de suivi de la migration, et des comptages occasionnels sont parfois organisés le matin et le soir, par exemple par Corentin Morvan (blog : Cocornitho.over-blog.com).

Puffin des Baléares (Puffinus mauretanicus)

Puffin des Baléares (Puffinus mauretanicus).
Photographie (prise au large du Morbihan) : Marc Le Moal

En juillet en en août, des groupes de Puffins des Baléares (Puffinus mauretanicus) (lire Identifier les Puffins des Anglais, yelkouan et des Baléares) se rassemblent au large de la baie d’Audierne et peuvent être assez facilement vus depuis Penmarc’h et les plages plus au nord. Par exemple, le 29 juillet 2011, un « radeau » (rassemblement) de plus de 400 individus a été photographié depuis le poste de secours de la plage de Plovan. 
D’autres espèces marines sont observées régulièrement entre juillet et septembre depuis la digue au pied du phare d’Eckmühl : Grand Cormoran, Puffins boréal/cendré (Calonectris borealis/diomedea), des Anglais (Puffinus puffinus), fuligineux (Ardenna grisea) et majeur (A. gravis), ce dernier étant plus rare et à chercher surtout en août (lire Le Puffin majeur : peu connu et pourtant abondant en août dans l’Atlantique Nord), Océanite tempête (Hydrobates pelagicus), qu’il est plus facile de voir au large depuis un bateau, Mouettes tridactyle (Rissa tridactyla), rieuse (Chroicocephalus ridibundus), mélanocéphale (Ichthyaetus melanocephalus), pygmée (Hydrocoloeus minutus) et de Sabine (Xema sabini), Goélands argenté (Larus argenteus), brun et marin, Sternes pierregarin (Sterna hirundo), arctique (S. paradisaea) et caugek (Thalasseus sandvicensis), cette dernière étant commune, Grand Labbe (Stercorarius skua), Labbes pomarin (S. pomarinus), parasite (S. arcticus) et à longue queue (S. longicaudus) et Fulmar boréal (Fulmarus glacialis), mais aussi Pingouin torda (Alca torda) et Macreuse noire (Melanitta nigra). Les Alcidés et les macreuse sont toutefois plus nombreux à partir du mois d’octobre.
Après les tempêtes hivernales, l’Océanite culblanc (Oceanodroma leucorhoa), la Mouette tridactyle et le Phalarope à bec large (Phalaropus fulicarius), voire le Mergule nain (Alle alle), sont possibles.

Bécasseaux violet (Calidris maritima) et Tournepierre à collier (Arenaria interpres)

Bécasseaux violets (Calidris maritima) et Tournepierre à collier (Arenaria interpres) dans le Finistère en novembre 2014.
Photographie : Julien Nicolas

Des limicoles sont présents en migration ou en hivernage sur les rochers et sur les plages de la pointe de Penmarc’h, parmi lesquels on peut citer les Bécasseaux variable (Calidris alpina), sanderling (C. alba) et violet (C. maritima) (très bon site pour découvrir cette espèce peu commune), le Chevalier gambette (Tringa totanus), le Pluvier argenté (Pluvialis squatarola), l’Huîtrier-pie (Haematopus ostralegus) et le Tournepierre à collier (Arenaria interpres).
Le Pipit maritime (Anthus petrosus) est régulier dans les rochers à partir du mois de septembre, et d’autres passereaux migrateurs font une halte sur la côte en automne, comme le Traquet motteux (Oenanthe oenanthe).
En hiver, des plongeons et des grèbes stationnent le long de la côte.
Le printemps (avril-mai) est également une bonne période pour effectuer une séance de guet à la mer (« seawatching ») depuis la digue au pied du phare d’Eckmühl.
Depuis peu de temps, des croisières pélagiques sont organisées en été et en automne au large de Penmarc’h (lire Sylvain Reyt : des croisières pour observer les oiseaux marins et les cétacés en Bretagne).

Les marais de la Joie et de Lescors

Ces deux petites zones humides, d’une superficie totale de 34 hectares, ont été acquises par le Conservatoire du Littoral en 1985. Elles sont composées de prairies humides et de roselières parcourues par des canaux. Malgré une gestion hydraulique peu favorable (assèchement trop précoce au printemps par les éleveurs), plusieurs espèces y nichent probablement ou y ont niché, comme le Râle d’eau (Rallus aquaticus), la Bergeronnette printanière (Motacilla flava), le Pipit farlouse (Anthus pratensis), la Gorgebleue à miroir (Luscinia svecica) et le Vanneau huppé (Vanellus vanellus).
En automne, des passereaux paludicoles font une halte dans les roseaux : un Phragmite aquatique (Acrocephalus paludicola) a ainsi été capturé en août 2011 dans le marais de Lescors à l’occasion d’une opération d’échantillonnage au filet. Le Hibou des marais (Asio flammeus) peut être recherché en hiver.
Le Campagnol amphibie (Arvicola sapidus), un mammifère rare, est présent.

Le port de pêche de Saint-Guénolé : les goélands nordiques en hiver

Goéland de Kumlien (Larus glaucoides kumlieni)

Goéland de Kumlien (Larus glaucoides kumlieni) dans le port du Guilvinec (Finistère) le 20 janvier 2012.
Photographie : Matthieu Canevet

En hiver, le port de pêche et les amas rocheux de Saint-Guénolé, au nord de la commune de Penmarc’h attirent de nombreux Laridés. Parmi les Goélands argenté, brun et marin, les Goélands bourgmestre (Larus hyperboreus) et ailes blanches (L. glaucoides), sont notés pratiquement chaque année entre décembre et février. Un Goéland de Kumlien (L. glaucoides kumlieni) y a même été découvert le 1er février 2014 (Alain Desnos). Ces oiseaux sont plus nombreux quand les bateaux regagnent le port en fin d’après-midi.

La pointe de la Torche : limicoles et passereaux en automne

Située à quatre kilomètres au nord de Penmarc’h, la pointe de la Torche, située dans la commune de Plomeur, s’avance d’une centaine de mètres dans la mer, et constitue donc un bon point d’observation des migrateurs. Au milieu de cette pointe s’élève un tumulus d’où l’on jouit d’une vue superbe sur la baie d’Audierne et sur le raz de Sein, ainsi que sur les églises et les clochers des paroisses voisines.  
De nombreux passereaux, comme le Pipit farlouse (Anthus pratensis), l’Alouette des champs (Alauda arvensis), le Traquet motteux et la Linotte mélodieuse (Linaria cannabina), font une halte en automne dans les dunes fixées et sur les pelouses rases de la pointe.

Pluvier guignard (Charadrius morinellus) juvénile

Pluvier guignard (Charadrius morinellus) juvénile sur la pointe de la Torche, Plomeur (Finistère), le 7 septembre 2008.
Photographie : Jean-Claude Bonnet

C’est également un lieu de halte migratoire régulière pour le Pluvier guignard (Charadrius morinellus) en août et septembre (lire Quelques conseils pour rechercher le Pluvier guignard en migration), et le Bécasseau rousset (Calidris subruficollis) a été observé à plusieurs reprises. Ces deux limicoles sont particulièrement à rechercher au nord de l’aire de stationnement.
Le Guêpier d’Europe (Merops apiaster), l’Hirondelle de rivage (Riparia riparia) et le Gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus) sont nicheurs. Toutefois, ce site est fréquenté par de nombreux promeneurs, qui perturbent le stationnement des oiseaux et piétinent la végétation fragile.

La baie d’Audierne : un haut-lieu de l’ornithologie bretonne

La baie d’Audierne forme un grand arc de près de quarante kilomètres de long entre la pointe de Penmarc’h et de la pointe du Raz. Le long de cette côte basse se succèdent estrans sableux, cordons de galets, dunes, palues, prairies, lagunes et marais. C’est un haut-lieu de l’ornithologie bretonne. Les grandes roselières qui entourent certaines lagunes, comme l’étang de Trunvel, accueillent entre autres la nidification du Busard des roseaux (Circus aeruginosus), la Rousserolle turdoïde (Acrocephalus arundinaceus), la Locustelle luscinioïde (Locustella luscinioides) et la Panure à moustaches (Panurus biarmicus), et des milliers de migrateurs y font une halte en automne, dont le rare Phragmite aquatique (Acrocephalus paludicola) en août et en septembre. Une station de baguage (visiter sa page Facebook pour être au courant de son actualité ornithologique), qui accueille le public, fonctionne chaque année du 1er juillet au 31 octobre depuis 1988.
Des limicoles nord-américains ont été observés à plusieurs reprises le long de la côte de la baie, par exemple au niveau de la brèche (= point de communication de la lagune avec l’océan) de l’étang de Trunvel, ou sur les rives de l’étang de Nérizelec.
Pour en savoir plus sur l’observation des oiseaux dans la baie d’Audierne, lire notre article Observer les oiseaux dans la baie d’Audierne.