Brèves
Un spectaculaire martinet (presque) entièrement blanc dans les gorges de l’Ardèche en septembre 2025
Martinet (Apus ou Tachymarptis sp.) presque entièrement blanc dans les gorges de l’Ardèche (Ardèche) le 24 septembre 2025.
Photographie : Mathys Hébert / Sa page Facebook
Les couleurs des oiseaux ont une origine pigmentaire (les mélanines et les caroténoïdes sont les pigments les plus répandus), structurelle (= liée à la structure des plumes) ou une combinaison des deux. Les aberrations de couleurs peuvent être causées par une mutation génétique, une maladie, le stress, une blessure, une carence alimentaire, l’âge et/ou des caractéristiques environnementales (comme l’intensité du rayonnement solaire). Il existe plusieurs types d’anomalies de coloration, dont le grisonnement progressif, le leucisme, l’albinisme (les trois étant souvent confondues), le mélanisme, les mutations ino, brune et grizzle, et la dilution pigmentaire (ou réduction quantitative).
Le leucisme se caractérise par l’absence totale ou incomplète des deux types de mélanines, créant un plumage entièrement ou partiellement blanc, les parties nues (bec, yeux et pattes) ayant conservé leur couleurs normales (lire L’albinisme et le leucisme chez les oiseaux). Toutefois, comme c’est souvent le cas dans les données d’oiseaux totalement ou partiellement décolorés, il est difficile d’identifier de façon définitive le type d’anomalie les touchant : outre l’albinisme et le leucisme, le grisonnement progressif (lire Une Mésange nonnette au plumage méconnaissable dans la Marne en 2024, un cas de leucisme partiel ou de grisonnement progressif) peut en effet être aussi une cause possible.
La dilution pigmentaire, qui résulte d’une réduction de la quantité de mélanine, crée un plumage semblant « délavé » (lire La dilution du plumage chez les oiseaux : le cas d’un Merle noir). Le leucisme et le grisonnement progressif sont causés par des facteurs génétiques et/ou environnementaux, comme une alimentation pauvre en nutriments contenant des acides aminés (tyrosine notamment) : cela pourrait expliquer la fréquence élevée de ces anomalies dans les milieux urbains. Le fait que les oiseaux vivent en moyenne plus longtemps dans les villes que dans des milieux naturels, où les prédateurs sont plus nombreux (ils éliminent plus vite les individus au plumage aberrant), qu’ils y souffrent d’un stress oxydatif relativement élevé et qu’ils seraient exposés à un niveau plus élevé de mutagènes seraient aussi des explications possibles.
Situation du belvédère du Serre-de-Tourre (Ardèche). |
Le 24 septembre 2025, alors qu’il était sur le belvédère du Serre-de-Tourre dans les gorges de l’Ardèche (Ardèche) afin d’observer l’Aigle de Bonelli (Aquila fasciata), Mathys Hébert (voir sa page Facebook) a repéré et photographié un oiseau presque tout blanc (à l’exception de quelques plumes grises sur les ailes) qui se faisait poursuivre par des Hirondelles de rochers (Ptyonoprogne rupestris). Après être rentré chez lui, il a examiné les clichés sur son ordinateur et il s’est aperçu qu’il s’agissait d’un Martinet noir (Apus apus) ou à ventre blanc (Tachymarptis melba). Il n’a pas pu l’observer longtemps avant qu’il ne disparaisse et donc évaluer sa taille, même sur l’une des photos transmises, l’oiseau semble plus grand qu’une Hirondelle de rochers, ce qui pourrait plutôt plaider en faveur d’un Martinet à ventre blanc. Il avait un vol « aléatoire » et virevoltait dans tous les sens.
Les cas documentés de martinets entièrement blancs sont très rares. Sur sa page Facebook, le Centre de Sauvegarde de la Faune Lorraine avait publié le 8 juillet 2018 des photos d’un individu ressemblant à l’oiseau des gorges de l’Ardèche. À titre de comparaison, des photos d’un Martinet noir atteint de grisonnement progressif sont visibles dans la page Facebook du Huntly Swift Group. Quand la zone blanche est limitée au niveau du croupion, un Martinet noir partiellement leucique peut être confondu avec d’autres espèces plus rares, comme les Martinets horus (A. horus) et cafre (A. caffer) (lire Le village de Minerve et ses environs, un bon secteur pour observer le Martinet cafre en été).
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Source
Justin J F J Jansen et Gerald Driessens (2023). Horus Swift: identification, plumage variation and distribution. Dutch Birding. Volume : 45. Pages : 73-116. sabap2.birdmap.africa






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