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Un Pygargue à tête blanche est toujours visible en 2026 dans la baie du Mont-Saint-Michel (Ille-et-Vilaine/Manche)
Pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus) adulte dans la baie du Mont-Saint-Michel (Ille-et-Vilaine) le 10 mai 2026.
Photographie : Thibault Renard
Le Pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus) mesure de 85 à 110 cm de long pour une envergure de 180 à 220 cm, la femelle étant plus grande que le mâle (lire Pourquoi les femelles de rapaces sont-elles généralement plus grandes que les mâles ?). L’adulte est brun sombre, avec la tête et la queue blanches et un bec et les serres jaunes, tandis que le juvénile est brun tacheté irrégulièrement de blanc avec le bec sombre. Jusqu’à l’âge de quatre ans, le plumage évolue progressivement (apparitions de zones blanches) vers celui d’adulte. Ses cris sont aigus et perçants.
Il se nourrit principalement de poissons, mais son régime alimentaire est varié et opportuniste, et il chasse volontiers des oiseaux et des petits mammifères, en privilégiant des individus affaiblis. Il mange aussi des charognes à l’occasion. C’est un chasseur et un pêcheur solitaire pendant la saison de reproduction, mais on assiste souvent à des rassemblements dans certains secteurs en dehors de cette période (lire Alaska : Homer, la ville aux Pygargues à tête blanche).
Il niche généralement dans un arbre le long du littoral et sur les berges des rivières et des lacs plans d’eau dans une grande partie du continent nord-américain, du centre de l’Alaska et du nord du Canada à la Floride, la Californie et la frontière mexicaine. Il niche également dans l’archipel français de Saint-Pierre-et-Miquelon (lire Observer les oiseaux dans l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon). Deux sous-espèces sont reconnues.
Il est sédentaire (partiel ou strict) dans une grande partie de son aire de répartition, mais les oiseaux les plus septentrionaux sont migrateurs. Après avoir chuté dramatiquement, sa population a remonté progressivement depuis la fin des années 1970, grâce à une protection légale, l’interdiction de certains pesticides, la protection des sites de reproduction et l’installation de plateformes de nidification : rien qu’aux États-Unis, on compterait actuellement 316 700 individus, dont 71 400 couples.
En dehors de l’Amérique du Nord, des oiseaux isolés ont été notés jusque dans les Caraïbes, dans les Bermudes, à Belize, au Groenland et dans le nord-est de la Sibérie, et même en Suède (un individu collecté en 1850) et en Irlande. Dans ce dernier pays, un jeune a été abattu illégalement à Fermanagh le 11 janvier 1973, et un autre individu a été capturé à Kerry le 15 novembre 1987.
Toutefois, l’espèce étant fréquemment détenu dans les parcs zoologiques et les spectacles vivants de rapaces, les observations en dehors de son aire de répartition normale concernent généralement des individus échappés de captivité. Par exemple, en juin 2023, une femelle appelée « Cheyenne » âgée de 24 ans s’est « volatilisée » du zoo de La Flèche (Sarthe) pendant un entraînement, probablement « grisée » par le vent. Elle a perdu son émetteur, compliquant les recherches. Elle a été repérée (mais pas récupérée) dans le secteur de la réserve naturelle régionale des marais de Cré-sur-Loir (Sarthe) le 3 juillet 2023, et en juin 2024 (au moins), elle n’avait toujours pas été retrouvée.
Situation de la baie du Mont-Saint-Michel (Manche-Ille-et-Vilaine). |
Les 2 et 3 janvier 2025, un adulte avait été observé et photographié dans les herbus du Nouveau Conseil, dans les communes de Roz-sur-Couesnon et de Saint-Broladre (Ille-et-Vilaine), en baie du Mont-Saint-Michel (lire Un mystérieux Pygargue à tête blanche séjourne en baie du Mont-Saint-Michel (Ille-et-Vilaine/Manche) depuis plusieurs mois), et selon Sébastien Provost, le responsable de la compagnie Birding Mont-Saint-Michel, qui organise des sorties ornithologiques guidées en Bretagne et en Normandie, il était présent dans la baie depuis plusieurs mois.
Il n’est pas marqué et vole parfaitement, et son origine est inconnue, même si une arrivée naturelle est peu probable, même si elle n’est pas à exclure totalement, tant que son propriétaire ne s’est pas manifesté. En outre, dans la nature, les oiseaux élevés en captivité ont normalement peu de chances de survie car ils ne savent pas chasser, ce qui ne semble pas être le cas de cet individu.
Sur notre page Facebook, Hugo Touzé nous avait suggéré que cet oiseau pourrait être né en 2021 et appartenir au zoo de la Bourbansais, situé à Pleugueneuc (Ille-et-Vilaine) : il s’en est échappé en mars 2022 et depuis, il est observé en Mayenne, en Ille-et-Vilaine et dans la Manche. Il portait initialement une lanière sur chaque patte, mais elles se sont progressivement détériorées et ont désormais disparu.
Depuis, d’autres visiteurs de notre page Facebook nous ont confirmé qu’il était toujours présent dans le même secteur :
- Déborha D-i l’a vu le 25 janvier 2025 depuis la D795, non loin de Combourg.
- Agathe Blt l’a observé le 11 février du côté de Pontorson.
- Philippe Loison l’a observé le 25 novembre 2025 dans la baie.
- Franck Ftn l’a aussi aperçu au mois de novembre 2025 depuis la pointe de la Roche-Torin.
- Sarah Delanoë l’a observé le 28 décembre 2025 à Saint-Georges de Grehaigne (Ille-et-Vilaine), à la limite du département de la Manche.
- Marie-Hélène Lucas l’a repéré le 11 mars 2026 dans le marais de Sougéal (lire Où observer les oiseaux dans la baie du Mont-Saint-Michel ?).
- Louise Deleu l’a vu dans le même marais en avril 2026, où il provoqué l’envol des canards.
- Thibault Renard l’a photographié le 10 mai 2026 dans la baie du Mont Saint-Michel.
L’épopée de cet individu rappelle en tout cas un peu celui d’un Pygargue de Steller (Haliaeetus pelagicus) adulte présent en Amérique du Nord depuis 2020, bien qu’une origine sauvage probable soit évoquée dans ce cas (lire Le parcours étonnant d’un Pygargue de Steller en Amérique du Nord depuis 2020).
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Compléments
Ouvrages recommandés
- Le guide Ornitho de L. Svensson et al
- Observer les oiseaux de la baie du Mont-Saint-Michel de Sébastien Provost, Florent Mauxion et André Mauxion (1 mars 2005)
- Carte TOP75037 Saint-Malo/Côte d’Emeraude/ Mont Saint-Michel IGN (4 mars 2014) – Carte pliée
- Côte d’Emeraude, les chemins du Mont-Saint-Michel de FFRP (4 juin 2014)
- La Baie du Mont-Saint-Michel: Le Mont-Saint-Michel, Cancale, Avranches, Granville, les îles Chausey Collectif
- A la découverte du département de la Manche : 8 itinéraires, patrimoine, nature et gastronomie de Corinne Butigieg
Sources
- Faune-France (2024). Oiseaux introduits/échappés. www.faune-nouvelle-aquitaine.org
- Gwénaëlle Lavenant (2023). Le rapace s’échappe du zoo de La Flèche : qui a vu Cheyenne, le pygargue à tête blanche ? Ouest-France. Date : 30/06. www.ouest-france.fr




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