Brèves
Potentiel comportement reproducteur de plusieurs couples de Traquets isabelle au Maroc en décembre 2025
Traquet isabelle (Oenanthe isabellina) au Pakistan.
Photographie : Imran Shah / Wikimedia Commons
Le Traquet isabelle (Oenanthe isabellina) ressemble au mâle adulte en plumage automnal, à la femelle adulte et à l’oiseau de premier hiver du Traquet motteux (O. oenanthe), mais il est en moyenne un peu plus grand, avec une posture souvent plus droite, et des ailes et une queue proportionnellement un peu plus courtes. Le dessus est brun sable. Les couvertures et les scapulaires semblent de la même couleur que le dos, tandis que les rémiges primaires sont plus sombres. L’alule (la plume du poignet) est noire et contraste bien avec le reste de l’aile (lire Comment distinguer les Traquets isabelle et motteux ?).
Il niche dans les steppes et les semi-déserts, souvent parsemés de rochers. Son nid est placé dans une cavité (dans des terriers de rongeurs ou de guêpiers par exemple). Il se tient souvent au sol, où il court rapidement et se tient souvent très droit sur une petite hauteur. Son régime alimentaire est composé majoritairement d’insectes, avec quelques graines en complément. C’est un passereau migrateur.
Aires de nidification (en rouge) et d’hivernage (en bleu) du Traquet isabelle (Oenanthe isabellina) et situation d’Aousserd (Maroc). |
Il se reproduit du nord-est de la Grèce au nord-est de la Chine en passant par la Turquie, le Moyen-Orient, le sud de la Russie et de l’Ukraine et l’Asie centrale, et il hiverne en Afrique, dans la péninsule Arabique et dans le sud de l’Asie.
Depuis les années 1960, son aire de répartition s’est étendue vers l’Ouest, atteignant successivement la Crimée (lire La Crimée : des steppes, des lagunes, des montagnes et des oiseaux), la Grèce, la Bulgarie et la Roumanie (lire Le delta du Danube et la Dobroudja du 27 juillet au 14 août 2003). En Ukraine, son aire de répartition s’est considérablement étendue vers le nord en raison d’une intense désertification causée par l’agriculture intensive, qui pourrait avoir entraîné une augmentation du nombre de spermophiles (Spermophilus sp.), avec lesquels il vit en symbiose (lire Les relations étroites entre le Traquet isabelle et certains rongeurs). Depuis les années 1980, il colonise aussi le sud de la Russie en raison d’une déforestation croissante. Il niche depuis peu en Moldavie (lire Le Traquet isabelle continue son expansion en Europe et s’est récemment installé en Moldavie).
Au Maroc, c’est un migrateur régulier depuis les années 1980 mais peu fréquent, ainsi qu’un visiteur hivernal occasionnel. Dans un article publié en janvier 2026 dans la revue Eléments d’Ornithologie Marocaine, on apprend que lors d’une expédition de terrain dans le Sahara atlantique marocain du 23 au 26 décembre 2025 (lire Observer le Moineau doré au Sahara occidental), un nombre sans précédent de Traquets isabelles a été noté à l’ouest d’Aousserd. Dans trois sites (Laglat, Oued Jenna et Boulariah), les auteurs (Sidi Imad Cherkaoui, Haytam Iallaten, Mohamed Lamine Samlali et Abdeljebbar Qninba) ont repéré trois couples distincts présentant un comportement territorial marqué dans des micro-habitats favorables, notamment de petites crevasses, des carrières abandonnées et des terriers de Lézards fouette-queue (Uromastyx sp.). Toutefois, aucune preuve active de nidification n’a été trouvée.
La région a connu d’importantes pluies automnales, entraînant une forte croissance de la végétation et et une abondance de ressources alimentaires (insectes et graines), une situation qui a favorisé la reproduction de plusieurs passereaux des milieux désertiques, dont quatre espèces d’alouettes (lire Le nomadisme des alouettes désertiques : un exemple en Tunisie) et le Traquet du désert (Oenanthe deserti) (lire Traquet du désert : des sables d’Afrique ou d’Asie aux plages d’Europe de l’Ouest).
La découverte de couples stables dans des habitats de nidification appropriés et sous des conditions d’accueil favorables pourrait suggérer une possible expansion de l’aire de répartition ou préfigurer de futures possibles tentatives de reproduction dans le Sahara atlantique. Les auteurs recommandent de mener des suivis en février et en mars 2026 afin de confirmer si ces comportements territoriaux aboutissent aboutissent à des nidifications réussies. Sur notre page Facebook, Yan Ottesen nous a signalé que ces oiseaux n’étaient plus présents à la fin du mois de janvier 2026.
Traquet isabelle (Oenanthe isabellina) paradant.
Source : Flybirdworld
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Traquet isabelle (Oenanthe isabellina)
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Ouvrages recommandés
- Terns of Europe and North America (2010) de Hans Larsson et Klaus Malling Olsen
- Identify Yourself: The 50 Most Common Birding Identification Challenges (2005) de Thompson Bill et Eirik A. T. Blom
- Le guide Ornitho de L. Svensson
- A Birdwatchers’ Guide to Morocco de Patrick Bergier (Auteur), Fedora Bergier (Auteur)
- Morocco GeoCenter World Map
- Morocco : 1 : 1 250 000 de Giz
Source
Sidi Imad Cherkaoui, Haytam Iallaten, Mohamed Lamine Samlali et Abdeljebbar Qninba (2026). Potential breeding behaviour of Isabelline Wheatear Oenanthe isabellina in the Moroccan Atlantic Sahara. Éléments d’Ornithologie Marocaine. Numéro : 26011. www.researchgate.net




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