La Cigogne orientale (Ciconia boyciana) ressemble à la Cigogne blanche (C. ciconia), mais elle est un peu plus grande (longueur de 100 à 129 cm et envergure de 195 à 220 cm), ses yeux sont entourés d’une zone de peau nue rouge, son iris est blanc et son bec est noir et non pas rouge. Les deux sexes sont identiques, même si la femelle est un peu plus petite que le mâle. Le jeune a le bec orangé. 

Elle niche dans les marais, les prairies humides et les forêts inondables, où elle construit son nid sur un pylône ou un arbre. Durant sa migration et en hiver, elle stationne dans des zones humides variées, le long des côtes et à l’intérieur de terres. Elle se nourrit de poissons, de batraciens, de reptiles, d’insectes et de petits rongeurs. 

Son aire de nidification est localisée dans le nord-est de la Chine (Mandchourie) et dans l’Extrême-Orient russe (lire Suivi ornithologique dans le parc de Muraviovka en 2015), et elle a été réintroduite au XXIe siècle au Japon et en Corée du Sud, d’où elle avait disparu au cours du XXe siècle en raison de la dégradation de son habitat, de la chasse excessive et de l’usage de pesticides. Sa population mondiale actuelle dépasse probablement les 3 000 individus (lire Un rassemblement de plus de 3 000 Cigognes orientales observé près de Jinzhou en décembre 2022)

Elle hiverne principalement dans l’est de Chine, mais aussi au Japon et dans la péninsule de Corée. 

Cigognes orientales (Ciconia boyciana)

Cigognes orientales (Ciconia boyciana) sur une plateforme artificielle au Japon.
Photographie : Hashi Photo / Wikimedia Commons

Peu avant la disparition officielle de l’espèce au Japon en 1971, un programme de reproduction en captivité à partir de jeunes oiseaux originaires de Russie avait débuté en 1965, une population captive progressivement renforcée au cours des décennies suivantes. Les premiers lâchers dans la nature d’individus nés en captivité ont débuté en septembre 2005 : cinq oiseaux équipés d’un émetteur radio sur le dos avaient été libérés dans un secteur de rizières gérées de façon écologique près de Toyooka, dans la préfecture de Hyōgo, où l’espèce avait niché pour la dernière fois avant son extinction. D’autres lâchers ont été menés dans différentes préfectures, jusqu’à récemment encore (59 oiseaux durant l’automne 2023).
 
La population japonaise a progressivement augmenté, passant de 200 à 300 oiseaux dans les années 2000 à 2010 à 558 individus à la fin du mois d’août 2025. L’espèce niche désormais dans 13 préfectures, dont celles d’Ibaraki, de Kyoto et de Saga.  

Le succès de ce programme de réintroduction repose non seulement sur le programme d’élevage en captivité, mais aussi sur la restauration de zones humides et de rizières traditionnelles, avec une implication forte des agriculteurs et des habitants. Les responsables estiment que le nombre d’individus devrait continuer à croître, non seulement dans des zones de rizières, mais aussi aussi en ville : par exemple, fin juin 2025, quatre oisillons ont pris leur envol d’un nid artificiel installé sur une tour surplombant le lac Kasumigaura à Namegata, dans la préfecture d’Ibaraki. L’espèce devrait s’installer à moyen terme au nord sur l’île d’Hokkaïdo et au sud sur celle de Kyushu. 

Toutefois, des menaces subsistent, notamment le risque d’électrocution sur des lignes électriques. Par ailleurs, le manque de nourriture pourrait constituer un facteur limitant : Tomohiro Deguchi, professeur associé à l’Université de Hyōgo, invite les autorités locales à laisser les rizières inondées pendant l’hiver et à réduire l’utilisation de pesticides.  

En Sibérie, l’espèce est également en progression depuis les années 1970. Par exemple, la limite sud de son aire de nidification dans le kraï du Primorié se situait autrefois au sud de la plaine de Khanka, mais en 2023, sa reproduction a été observée pour la première fois dans le bassin de la rivière Razdolnaya, à 36 km au sud-ouest des sites de nidification les plus proches. En 2024, la colonisation s’y est poursuivie et sept nouveaux nids ont été découverts.  

Cigogne orientale (Ciconia boyciana) à Tokushima (Japon) en 2016.
Source : Epsilon Stella

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