Le Faucon kobez (Falco vespertinus) se reproduit dans les zones ouvertes (steppes et cultures) s’étendant de la Slovaquie, de la Hongrie et de l’Italie (lire Les populations de Faucons crécerellettes et kobez semblent toujours en progression dans la plaine du Pô en 2019) à la Sibérie (lac Baïkal). D’après BirdLife International (2024), la population européenne serait comprise entre 58 000 et 85 000 couples, dont de 20 000 à 30 000 couples dans l’ouest de la Russie, de 3 200 à 5 100 couples en Ukraine (un chiffre peut-être surestimé), de 1 000 à 1 500 couples en Roumanie et de 1 200 à 1 300 couples en Hongrie. Il hiverne en Afrique australe en survolant au automne les Balkans et l’est du bassin méditerranéen à partir du mois d’août, et rejoignant en avril-mai ses sites de nidification. 

Répartition du Faucon kobez (Falco vespertinus) en Italie

Emplacements des principales colonies de Faucon kobez (Falco vespertinus) en Italie. La croissance de la population parmesane a profite à d’autres secteurs, comme celui de Mirandola, à la limite entre les régions d’Émilie-Romagne et de Lombardie.
Carte : Ornithomedia.com d’après Uccelli da proteggere

Le Faucon kobez niche en Italie depuis les années 1990 (lire Le Faucon kobez, un nicheur récent en Italie), à une période où elle semblait montrer des signes d’expansion vers l’Ouest de l’Europe : des cas de nidification réussis avaient alors aussi été signalés en France et en Finlande. Il s’est installé de façon durable dans la plaine du Pô, où il se reproduit dans des secteurs de polyculture (vignes, céréales) et de prairies avec des arbres isolés et des haies (platanes, robiniers et peupliers). Il s’installe dans d’anciens nids de Corneilles mantelées (Corvus cornix) et de Pies bavardes (Pica pica).

La population transalpine actuelle serait comprise au minimum entre 134 à 169 couples (période 2020 à 2023) répartis en petites colonies (pouvant atteindre 12 couples) et en couples isolés sur des arbres (lire Les populations de Faucons crécerellettes et kobez semblent toujours en progression dans la plaine du Pô en 2019).
 
Dans un article publié sur le site web de la Lega Italiana Protezione Uccelli (LIPU), on apprend qu’en 2025, dans la province de Parme, 152 couples ont été recensés (soit environ 1 % de la population européenne), ce qui constitue un nouveau record, et que 150 poussins ont été bagués. Ces chiffres ont été obtenus grâce à l’équipe Conservation de l’association, à une vingtaine de bénévoles de la délégation de Parme et à plusieurs étudiants des universités de Modène et Reggio d’Émilie.

La population parmesane profite de la richesse en insectes et en petits mammifères des prairies permanentes et des cultures de luzerne, ainsi que de la pose depuis plus de quinze ans par la LIPU  de nichoirs sur des arbres : on en compte désormais près de 200, dont plus de la moitié (109) ont été occupés en 2025, les autres couples utilisant d’anciens nids de Corvidés. 

Michele Mendi, délégué de la LIPU de Parme, précise qu’en hiver, les nichoirs endommagés sont réparés et leur fond est garni de graviers; alors qu’en été, les poussins sont bagués pour déterminer leurs déplacements et leurs routes migratoires. 

Au fil des années, les nichoirs installés par la LIPU dans la basse plaine de Parme se sont révélés déterminants pour l’augmentation du nombre de couples nicheurs et le succès reproducteur qui en a découlé, favorisant la colonisation d’autres zones du nord de l’Italie, comme les provinces de Mantoue, de Modène, de Ferrare, de Rovigo et de Trévise.   

Le statut favorable du Faucon kobez en Italie ne doit pas faire oublier sa situation plus mauvaise d’autres parties du continent, notamment dans ses bastions orientaux. Pour préserver sa présence dans la péninsule, il faut continuer la pose de nichoirs et protéger ses sites de reproduction contre l’intensification agricole, limiter l’usage de pesticides et poursuivre les études à long terme sur la biologie de la reproduction, sans négliger le suivi de la migration et des conditions d’hivernage en Afrique.  

Faucons kobez (Falco vespertinus) dans la province de Parme (Italie). 
Source : Maurizio Ravasini

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