Des prairies humides gérées de façon écologique

Situation de la réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie (Vendée)

Situation de Servon (Seine-et-Marne).
Carte : Ornithomedia.com

La réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie, située dans la commune de Champagné-les-Marais (Vendée), dans le Marais poitevin, a été créée en décembre 2008 : elle protégeait au départ 180 hectares de prairies naturelles, mais cette surface va être portée en 2026 à 451 hectares, un agrandissement validé en 2025. Elle est située à proximité de trois réserves nationales plus connues du sud du département de la Vendée : de la casse de la Belle Henriette (lire Observer les oiseaux près de La Tranche-sur-Mer), de Saint-Denis-du-Payré et de la baie de l’Aiguillon (lire La réserve naturelle de la baie de l’Aiguillon : slikke, schorre et oiseaux).
Le marais de la Vacherie bénéficie d’une variation saisonnière du niveau de l’eau : en hiver, les pluies et la gestion des fossés entraînent l’inondation de nombreuses prairies, créant de vastes zones peu profondes particulièrement attractives pour les oiseaux aquatiques, tandis qu’au printemps et en été, les eaux se retirent progressivement, laissant apparaître une végétation rase favorable à l’alimentation et à la nidification de nombreuses espèces d’oiseaux. Ce fonctionnement est comparable à celui de quelques autres secteurs préservés du marais Poitevin, comme les communaux de Lairoux et de Curzon (lire Observer les oiseaux dans les communaux de Lairoux et de Curzon, l’un des plus vastes ensembles de prairies inondables du Marais poitevin).

Vue aérienne de la réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie (Vendée)

Vue aérienne de la réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie (Vendée) : au premier plan, la ferme du Grand Mothais (cliquez sur la photo pour l’agrandir).
Photographie (prise avec un drone) : Philippe Briffaud

Ces conditions écologiques permettent l’existence d’une mosaïque d’habitats : des prairies inondées temporaires, un milieu devenu rare dans de nombreuses régions d’Europe, des secteurs pâturés ras, des fossés, des canaux et des mares peu profondes. Une gestion écologique adaptée, assurée par la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), associant pâturage extensif, fauche tardive et gestion des niveaux d’eau, permet de préserver l’équilibre fragile des prairies humides. Plusieurs casiers hydrauliques ont été aménagés, chaque compartiment pouvant être contrôlé et géré différemment selon les besoins du gestionnaire (vannes, échelles graduées, etc.). L’eau de pluie est retenue pour obtenir des niveaux hauts en période hivernale. Au printemps, avant la mise à l’herbe des animaux (avril), seules les parties basses des prés (baisses) sont maintenues en eau jusqu’à l’assec estival.
Depuis 35 ans, la LPO a réussi à acquérir peu à peu des parcelles pour consolider des élevages locaux et installer de jeunes agriculteurs : elle propose un fermage (bail) très bas en échange du respect d’un cahier des charges favorable à la biodiversité : faible pression de pâturage, dates tardives de fauche, absence d’intrants chimiques et inondation des prairies avec ressuyage (baisse du niveau d’eau) lent pour permettre la réalisation des cycles biologiques des différents animaux (amphibiens, oiseaux etc.). La réserve favorise donc un élevage peu intensif mais viable économiquement et favorisant la biodiversité.
Il n’y a pas de chasse sur la réserve, mais elle est pratiquée à proximité : chasse à la tonne (gabions enterrés), à la passée (deux heures après le coucher et deux heures avant le lever du soleil), ou au poste en journée. Cette activité cynégétique importante peut occasionner des dérangements  (détonations) des oiseaux stationnant dans la réserve. La LPO travaille ainsi avec la Fédération des chasseurs de Vendée, qui est un acteur local important pour la gestion des prairies du Marais poitevin.

Une flore spécifique des prairies atlantiques

Vue au printemps d'une prairie humide dans la réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie (Vendée) 

Vue au printemps d’une prairie humide dans la réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie (Vendée)  (cliquez sur la photo pour l’agrandir).
Source : réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie / Ligue pour la Protection des Oiseaux

Les prairies humides de la réserve accueillent une flore spécifique du fait de la nature variée du sol, de la présence d’un reliquat de sel, de leur relief, des variations du niveau d’eau et de leur pâturage extensif. En particulier, la topographie et la durée d’inondation permettent de créer de nombreux sous-habitats, des prairies mésophiles (bien drainées) sur les “Belles” (zones hautes) aux  “baisses” (zones basses) souvent sous l’eau, où poussent des herbiers d’Eleocharis sp. qui accueillent la Guifette noire (Chlidonias niger) durant sa période de nidification. En fin de période estivale, les prairies sont « desséchées », un assec naturel nécessaire dans le cycle de développement d’une flore spécifique, comme la Salicaire à trois bractées (Lythrum tribracteatum).
La gestion adaptée de la réserve se traduit par une diversité floristique remarquable, avec plus de 330 espèces recensées, dont une soixantaine est patrimoniale, comme le Trèfle de Michéli (Trifolium michelianum) et l’Iris maritime (Iris reichenbachiana). Deux sont protégées au niveau national, la Renoncule à feuilles d’ophioglosse (Ranunculus ophioglossifolius), caractéristique des prairies subhalophiles thermo-atlantiques, et la Salicaire à trois bractées, et six à l’échelle régionale. La réserve joue un rôle majeur régional et national pour le Céraiste douteux (Dichodon viscidum) et la Cardamine à petites fleurs (Cardamine parviflora).
Cette diversité de la flore est un véritable atout pour les éleveurs : les prairies résistent mieux aux aléas climatiques, et surtout elles sont riches d’un point de vue nutritif et ne nécessitent pas l’usage de compléments : les vaches et les chevaux sont en très bonne santé et ont une croissance remarquable.

Des insectes et des araignées rares, des amphibiens et des reptiles 

Prairie inondée

Les prairies inondées de la réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie (Vendée) sont favorables aux odonates et aux amphibiens (cliquez sur la photo pour l’agrandir).
Source : réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie / Ligue pour la Protection des Oiseaux

Les inventaires menés dans la réserve depuis 2008 ont notamment permis d’inventorier 362 espèces de lépidoptères (papillons), 30 d’odonates (libellules et demoiselles), 89 d’araignées et 82 de coléoptères. Ces inventaires se poursuivent pour déterminer les enjeux de conservation pour ces taxons et déterminer des indicateurs de suivis de l’évolution de l’état de conservation des habitats.
Au niveau des odonates, si les espèces des prairies humides se portent plutôt bien, celles vivant dans les fossés et les canaux sont en déclin, et des études sont en cours pour étudier le rôle de la qualité de l’eau et le mode de gestion dans cette tendance. Les Lestes barbare (Lestes barbarus) et fiancé (L. sponsa), l’Agrion mignon (Coenagrion scitulum) et l’Orthétrum à stylets blancs (Orthetrum albistylum) font partie des espèces remarquables, et il existe quelques mentions des Anax napolitain (Anax parthenope) et porte-selle (A. ephippiger).
Au niveau des arachnides, les inventaires sont encore en cours, mais l’espèce trouvée la plus surprenante est Silometopus curtus, qui est nouvelle pour la région des Pays de la Loire et pour laquelle il n’existait jusque-là en France que douze données toutes littorales la mentionnant (trois à la limite entre la Bretagne et la Normandie et le reste dans les Bouches-du-Rhône), dont la dernière remontait à 1989 (source : Alexis Saintilan).
Au niveau de l’ichtyofaune, l’Anguille d’Europe (Anguilla anguilla) et le Sandre doré européen (Sander lucioperca) sont bien présents, alors que le Brochet (Esox lucius) semble en voie de disparition dans le secteur.
Plusieurs espèces d’amphibiens ont été recensées : la Rainette méridionale (Hyla meridionalis), qui a remplacé la Rainette verte (H. arborea) (la dernière mention remonte à 2017), probablement du fait du réchauffement climatique, la Grenouille de Lessona (Pelophylax lessonae), le Pélodyte ponctué (Pelodytes punctatus), le Crapaud épineux (Bufo spinosus) et les Tritons palmé (Lissotriton helveticus), marbré (Triturus marmoratus) (redécouvert en 2026 à deux endroits dans la réserve) et de Blasius, un hybride naturel entre les Tritons crêté (T. cristatus) et marbré.
Au niveau des reptiles, la réserve accueille le Lézard des murailles (Podarcis muralis) et les Couleuvres verte et jaune (Hierophis viridiflavus), vipérine (Natrix maura) et helvétique (N. helvetica).

Deux mammifères à enjeu, la Loutre d’Europe et le Campagnol ampbibie

Les inventaires et suivis réalisés depuis la création de la réserve ont permis de dénombrer 31 espèces de mammifères, dont la Loutre d’Europe (Lutra lutra) qui fréquente le site pour s’alimenter. La plupart des observations ont été obtenues grâce à la pose de pièges photographiques et à la découverte d’épreintes (crottes). Il y a quelques observations directes en plein jour lorsque la réserve est inondée, mais elles restent anecdotiques. La présence de la loutre témoigne en tout cas du bon état écologique du réseau hydraulique et d’une qualité de l’eau correcte.
Le Campagnol amphibie (Arvicola sapidus), un rongeur semi-aquatique reconnu comme vulnérable sur la Liste rouge mondiale, est bien présent le long du canal de Champagné-les-Marais qui longe la réserve sur sa partie occidentale. Il est possible d’apercevoir des indices de sa présence (crottiers), mais il faut faire des prospections ciblées pour avoir une chance de l’observer. Il représente l’un des enjeux majeurs du nouveau plan de gestion (2026-2037) de la réserve validé par le comité consultatif et le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel (CSRPN) et de son futur agrandissement. La LPO souhaite une gestion plus fine du réseau hydraulique afin de dynamiser sa population et lui permettre de recoloniser le réseau de canaux de la réserve : il ne supporte en effet pas l’assèchement des fossés et recherche une flore rivulaire dense et large selon Xavier Baron, chargé de mission valorisation des milieux naturels au sein du parc naturel régional du Marais poitevin. 

Accès et points d’observation

Carte d'accès à la réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie (Vendée)

Carte d’accès à la réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie (Vendée) et emplacements (1) de la maison de la réserve et (2) de la plateforme d’observation.
Carte : Ornithomedia.com

La réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie est située dans la commune de Champagné-les-Marais. On peut y accéder facilement depuis Luçon (10 km) : prendre la D50 en direction de Champagné-les-Marais (l’accès à la réserve est fléché depuis les deux ronds-points à l’est et à l’ouest du bourg), puis suivre la rue des Grandes Barrières en direction du Grand Mothais.  
Elle est équipée d’une plateforme d’observation en libre accès permanent, accessible aussi aux personnes à mobilité réduite, et accolée à la maison de la réserve. Un sentier de découverte de 1,6 km, appelé le sentier des Gambettes, en libre accès également, longe la réserve sur sa partie sud. L’accès aux parcelles de la réserve est interdit pour éviter le dérangement des oiseaux et pour des questions de sécurité (présence de troupeaux). 
Des visites guidées sont organisées par la réserve : plus d’informations sont disponibles sur reservenaturelle-vacherie.lpo.fr.

Les hébergements à proximité

Il existe de nombreuses possibilités d’hébergement dans le parc naturel régional du Marais poitevin (voir  sur www.parc-marais-poitevin.fr), mais il est préférable de réserver longtemps à l’avance.
Près de la réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie, la ferme de Dixmérie, située à Triaize et gérée par Hugues des Touches, l’ancien conservateur de la réserve naturelle nationale de Saint-Denis-du-Payré, propose trois chambres et dispose aussi de cinq affûts photographiques.

Une belle variété de limicoles nicheurs, dont la Barge à queue noire  

Barge à queue noire (Limosa limosa)

Barge à queue noire (Limosa limosa) nicheuse dans la réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie (Vendée) (cliquez sur la photo pour l’agrandir).
Source : réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie / Ligue pour la Protection des Oiseaux

209 espèces d’oiseaux ont été recensées à ce jour dans la réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie, la plus récente étant le Fuligule milouin (Aythya ferina) en février 2025. 
Durant la période de nidification, les limicoles font partie des oiseaux les plus emblématiques des prairies humides. Voici les résultats des comptages effectués en 2025 : 29 couples de Chevaliers gambettes (Tringa totanus), un chiffre en légère augmentation par rapport à celui de 2024, 35 couples de Vanneaux huppés (Vanellus vanellus) (stable), dix couples d’Échasses blanches (Himantopus himantopus) (nicheur fluctuant), deux couples de Petits Gravelots (Thinornis dubius) (nicheur fluctuant), deux couples d’Avocettes élégantes (Recurvirostra avosetta) (nicheur rare) et sept couples de Barges à queue noire (Limosa limosa), un chiffre stable (lire Situation actuelle la population nicheuse française de la Barge à queue noire).
Cette dernière espèce, qui s’est maintenue dans le Marais poitevin au cours de la dernière décennie avec de 20 à 25 couples selon l’Observatoire du Patrimoine Naturel du Marais poitevin, est toutefois en régression spatiale, ce qui suggère l’existence d’une menace pour sa conservation. En 2025, elle ne niche en effet plus que dans deux secteurs du sud de la Vendée, le communal des Magnils-Reigniers, avec entre 14 et 18 couples, et dans la réserve naturelle régionale, avec de six à sept couples. Elle n’est plus nicheuse depuis trois ans dans les prairies de la ferme de Dixmérie, dans la commune de Triaize, et depuis 2011 dans la réserve naturelle nationale de Saint-Denis-du-Payré, même si un accouplement a été noté en 2022.
Notons aussi le stationnement printanier régulier du Combattant varié (Calidris pugnax) et l’observation d’une arène nuptiale en 2019 et en 2025. 
La Bécassine des marais (Gallinago gallinago) a niché à proximité, et des oiseaux tardifs sont observés  dans la réserve, avec des simulacres de parades.

La Guifette noire, l’emblème de la réserve

La population actuelle de la Guifette noire dans le Marais poitevin est très précaire, avec une quarantaine de couples présents (moins de 200 couples en France), et de 2016 à 2019, les seuls jeunes ayant pris leur envol provenaient du marais de la Vacherie. En 2025, entre six et dix couples ont tenté de nicher, mais un seul jeune a pris son envol. Cette espèce est très sensible à ses conditions de nidification, et pour espérer avoir des jeunes à l’envol, il faut impérativement des niveaux d’eau corrects, car elle construit des nids flottants avec de la végétation aquatique (Eleocharis sp.) qui permettent de les cacher des prédateurs. Les printemps secs, de plus en plus fréquents, sont donc défavorables. La LPO a reprofilé des berges de canaux afin de garder l’eau plus longtemps afin d’éviter des assecs brutaux qui provoquent des échecs de nidification.
La zone de nidification des guifettes dans la réserve est non accessible aux visiteurs, ce qui limite fortement les dérangements. 

Guifettes noires (Chlidonias niger)

Guifettes noires (Chlidonias niger) dans la réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie (Vendée) (cliquez sur la photo pour l’agrandir).
Photographie : Emmanuel Biseau

Guifette noire (Chlidonias niger) houspillant une Cigogne blanche (Ciconia ciconia)

Guifette noire (Chlidonias niger) houspillant une Cigogne blanche (Ciconia ciconia) dans la réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie (Vendée) (cliquez sur la photo pour l’agrandir).
Photographie : Emmanuel Biseau

Guifette noire (Chlidonias niger)

Guifette noire (Chlidonias niger) dans la réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie (Vendée) (cliquez sur la photo pour l’agrandir).
Photographie : Paul Marques

Guifette noire (Chlidonias niger)

Guifette noire (Chlidonias niger) dans la réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie (Vendée) (cliquez sur la photo pour l’agrandir).
Photographie : Paul Marques

Les autres nicheurs des prairies humides et des boisements de la réserve

Canard colvert (Anas platyrhynchos) femelle et ses canetons dans la réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie (Vendée)

Canard colvert (Anas platyrhynchos) femelle et ses canetons dans la réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie (Vendée) (cliquez sur la photo pour l’agrandir).
Source : réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie / Ligue pour la Protection des Oiseaux

Les Anatidés constituent un autre groupe important d’oiseaux nicheurs dans la réserve, et leurs effectifs varient en fonction des niveaux d’eau et de la météorologie.
Voici les résultats des comptages effectués en 2025 : 23 couples de Canards souchets (Spatula clypeata), un chiffre stable par rapport à 2024, 19 couples de Canards colverts (Anas platyrhynchos), un chiffre peut-être sous-estimé, six couples de Sarcelles d’été (S. querquedula), un chiffre stable, de 0 à un couple de Canards chipeaux (Mareca strepera) (un nicheur rare) et cinq couples de Tadornes de Belon (Tadorna tadorna) (stable). L’Oie cendrée (Anser anser) ne niche pas dans la réserve, mais elle se reproduit non loin, dans celle de Saint-Denis-du-Payré. 
La Gallinule poule d’eau (Gallinula chloropus) est commune et la Foulque macroule (Fulica atra) (dix couples en 2025) et le Grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis) (deux couples en 2025) sont deux nicheurs réguliers. 
Les prairies humides accueillent un cortège important de passereaux durant la période de reproduction : 
les Bergeronnettes printanière (Motacilla flava) (beaux effectifs) et grise (M. alba), les Bruants proyer (Emberiza calandra) et des roseaux (E. schoeniclus) l’Alouette des champs (Alauda arvensis), le Tarier pâtre (Saxicola rubicola), la Rousserolle effarvatte (Acrocephalus scirpaceus), le Phragmite des joncs (A. schoenobaenus) et la Cisticole des joncs (Cisticola juncidis). La Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio) et la Gorgebleue à miroir de Nantes (Luscinia svecica nannetum) sont des nicheurs plus marginaux.
Une ligne haute tension traverse la réserve du sud au nord, et ses pylônes servent de supports à des nids volumineux de Cigognes blanches (Ciconia ciconia). Deux plateformes ont aussi été installées dans la réserve.  
Le Faucon crécerelle (Falco tinnunculus), la Chevêche d’Athéna (Athene noctua) et l’Effraie des clochers (Tyto alba) se reproduisent et chassent dans la réserve. 
Le bois de la Chapitrie accueille deux couples de Milans noirs (Milvus migrans), qui ont été perturbés en 2025 par le stationnement d’un Aigle criard (Clanga clanga) pur ou hybride (lire Observation et identification d’un Aigle criard adulte en Vendée en mars et en avril 2025 : un oiseau « pur » ou hybride ?). Pendant deux ans, un couple de Hérons cendrés (Ardea cinerea) s’y était installé, mais l’arbre où était construit son nid est tombé à cause d’une tempête. Le Hibou moyen-duc (Asio otus) et l’Épervier d’Europe (Accipiter nisus) y nichent ponctuellement, alors que la Tourterelle de bois (Streptopelia turtur) est omniprésente.
Une héronnière mixte composée de Bihoreaux gris (Nycticorax nycticorax), de Hérons gardebœufs (Ardea ibis) et d’Aigrettes garzettes (Egretta garzetta), totalisant de 160 à 180 nids, est installée dans une ancienne carrière à deux kilomètres de la réserve, qui accueille aussi une colonie de Corbeaux freux (Corvus frugeligus).
La Buse variable (Buteo buteo), l’Élanion blanc (Elanus caeruleus), les Busards des roseaux (Circus aeruginosus) et cendré (C. pygargus), la Chouette hulotte (Strix aluco) sont nicheurs dans les environs de la réserve, et le Hibou des marais (Asio flammeus) se reproduit dans la baie de l’Aiguillon.

Un rôle important d’accueil durant les migrations

Chevalier arlequin (Tringa erythropus) et Barge à queue noire (Limosa limosa)

Chevalier arlequin (Tringa erythropus) et Barge à queue noire (Limosa limosa) dans la réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie (Vendée) (cliquez sur la photo pour l’agrandir).
Source : réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie / Ligue pour la Protection des Oiseaux

La réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie accueille des limicoles durant les migrations, les plus réguliers et/ou nombreux étant la Barge à queue noire, les Chevaliers gambette (Tringa totanus), aboyeur (T. nebularia), sylvain (T. glareola) et guignette (Actitis hypoleucos), le Courlis corlieu (Numenius phaeopus), le Combattant varié, le Grand Gravelot (Charadrius hiaticula) et le Bécasseau minute (Calidris minuta). Le Bécasseau de Temminck (Calidris temminckii) est plus rare mais annuel au printemps. Plusieurs raretés ont déjà été notées : le Vanneau sociable (Vanellus gregarius) en 2012, le Pluvier fauve (Pluvialis fulva) en 2020, le Pluvier guignard (Eudromias morinellus) en 2022, le Chevalier stagnatile (Tringa stagnatilis) en 2021, la Glaréole à ailes noires (Glareola nordmanni) en 2021 et la Glaréole à collier (G. pratincola) en 2020.
Dès la fin de l’hiver, et en fonction du niveau d’eau, des troupes de canards, principalement de surface, font une halte dans les prairies inondées, les espèces les plus régulières étant les Sarcelles d’hiver (Anas crecca) et d’été, les Canards colvert, siffleur (Mareca penelope), pilet (Anas acuta), souchet et chipeau et le Tadorne de Belon.
Des raretés sont possibles, comme ce mâle de Sarcelle à ailes bleues (Spatula discors) qui a formé un couple mixte avec une femelle de Canard souchet en 2021. Une femelle de Canard d’Amérique ou à front blanc (Mareca americana) a été vue en mai 2020, et quatre Oies à bec court (Anser brachyrhynchus) ont été notées le 16 octobre 2024.
La réserve du marais de la Vacherie est favorable au stationnement des Guifettes moustac (Chlidonias hybridus), noire et même leucoptère (C. leucopterus), qui sont quasiment annuelles. C’est aussi un lieu de prédilection pour voir la Sterne hansel (Gelochelidon nilotica), qui est rare dans le département de la Vendée. Une Sterne caspienne (Hydroprogne caspia) a été observée pour la première fois le 28 mai 2024,  alors qu’elle est observée en nombre dans la baie de l’aiguillon et le long du canal de Marans, situés pourtant seulement à quelques kilomètres.

Spatules blanches (Platalea leucorodia)

Spatules blanches (Platalea leucorodia) dans la réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie (Vendée) (cliquez sur la photo pour l’agrandir).
Source : réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie / Ligue pour la Protection des Oiseaux

Les Cigognes noire (Ciconia nigra) (des troupes de 10 à 20 oiseaux sont parfois notées en été) et blanche, le Héron pourpré (Ardea purpurea), l’Ibis falcinelle (Plegadis falcinellus) et la Spatule blanche (Spatula leucorodia) (troupes pouvant atteindre 40 oiseaux en été) sont réguliers durant les deux passages.
Du côté des passereaux, le Pipit à gorge rousse (Anthus cervinus) a été noté en halte migratoire et en migration active à plusieurs reprises, et la Rémiz penduline (Remiz pendulinus) est régulière en petit nombre en automne et en hiver.
Des rapaces survolent ou font une halte dans la réserve durant les migrations, et parmi les espèces communes, des raretés ont déjà été notées, comme un Faucon kobez (Falco vespertinus) le 19 mai 2020, un Aigle pomarin (Clanga pomarina) en juillet 2021, un Pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla) le 17 octobre 2024 et un Busard pâle (Circus macrourus) en mai 2024. 
L’Aigle botté (Aquila pennata) est annuel en migration depuis 2019, principalement en septembre , et jusqu’à six individus différents ont été comptés en 2024.  

En hiver, de grandes troupes de limicoles, de canards et de pigeons et une belle diversité de rapaces

Les effectifs de limicoles hivernants varient en fonction des conditions météorologiques (gel notamment) et des dérangements (chasse). Les deux espèces de limicoles les plus nombreuses sont alors le Vanneau huppé  (de 4 500 à 10 000 oiseaux) et le Pluvier doré (Pluvialis apricaria) (de 1 000 à 4 000 oiseaux), mais le Chevalier culblanc (Tringa ochropus) (de 10 à 20), la Bécassine des marais (Gallinago gallinago) (entre 20 et 150), le Bécasseau variable (Calidris alpina) (parfois plusieurs centaines) et le Courlis cendré (Numenius arquata) (entre 10 et 40) sont aussi présents.  
Des troupes de canards séjournent aussi dans la réserve en hiver, et l’acquisition d’une tonne (hutte + plan d’eau) adjacente a permis depuis deux ans d’augmenter la taille des stationnements, avec plus de 1 500 individus comptés. L’espèce la mieux représentée est dorénavant la Sarcelle d’hiver, suivie du Canard colvert, du Tadorne de Belon et des Canards souchet, siffleur, pilet et chipeau.

Pigeons colombins (Columba oenas) se rassemblant en dortoir

Pigeons colombins (Columba oenas) se rassemblant en dortoir dans le bois de la Chapitrie, dans la réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie (Vendée),  en novembre 2024 (cliquez sur la photo pour l’agrandir).
Source : réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie

Un énorme dortoir de Pigeons colombins (Columba oenas) se forme dans le petit bois de la Chapitrie, qui ne fait qu’un hectare (lire Un « méga-dortoir » record de Pigeons colombins dans la réserve naturelle régionale du marais de la Vacherie). Il accueille aussi un dortoir de Pies bavardes (Pica pica) (une soixantaine d’individus), d’Aigrettes garzettes (jusqu’à 230 individus le 28 octobre 2024, un chiffre en baisse en 2025) et de Hérons gardebœufs (1 471 le 14 octobre 2024, aucun en 2025).
Ces rassemblements attirent des prédateurs, principalement des Faucons pèlerins (Falco peregrinus), avec au moins trois individus (deux adultes et un immature) différents comptés en décembre 2025 dans les alentours et chassant les Pigeons colombins, et quelques Busards des roseaux (cinq) et Saint-Martin (Circus cyaenus) (un couple et un jeune) étaient aussi présents en décembre 2025. Un Busard pâle a été vu en février 2015.
Quelques Buses variables dorment dans le bois de la Chapitrie, tandis que les busards se rassemblent dans les prés salés de la baie de l’Aiguillon.
Depuis peu, l’Élanion blanc est aussi noté (trois individus différents en décembre 2025). L’observation du Faucon émerillon (Falco columbarius) est plus rare mais annuel, comme le Hibou des marais (deux individus en décembre 2025). Un Pygargue à queue blanche a été observé le 8 janvier 2016.
L’hivernage de l’Aigle botté, exceptionnel en Vendée, a été constaté en décembre 2025.
Au niveau des passereaux, le Pipit de Richard (Anthus richardi) est probablement hivernant sur la nouvelle extension de la réserve à l’est du bois de la Chapitrie.    

D’autres bons sites à visiter à proximité  

D’autres bons sites intéressants pour l’observation des oiseaux situés dans le Marais Poitevin ou à proximité, méritent une visite, comme la réserve nationale de la baie de l’Aiguillon (lire La réserve naturelle de la baie de l’Aiguillon : slikke, schorre et oiseaux), la pointe de l’Aiguillon (lire Suivre la migration des oiseaux depuis la pointe de l’Aiguillon), la réserve naturelle nationale de la casse de la Belle Henriette (lire Observer les oiseaux près de La Tranche-sur-Mer), les communaux de Lairoux et de Curzon (lire Observer les oiseaux dans les communaux de Lairoux et de Curzon, l’un des plus vastes ensembles de prairies inondables du Marais poitevin), la réserve nationale de Saint-Denis-du-Payré et la réserve naturelle régionale de la ferme de Choisy.

Une vidéo sur l’inauguration de la maison de la réserve naturelle régionale de la Vacherie

Vidéo sur l’inauguration de la maison de la réserve naturelle régionale de la Vacherie (Vendée).
Source : Parc naturel régional du Marais poitevin

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