Brèves
Observations intéressantes de Plectrophanes (Bruants) des neiges rentrant dans des trous dans le sable sur une plage de Belgique en janvier 2026
Plectrophanes (ou Bruants) des neiges (Plectrophenax nivalis) sortant de trous dans le sable sur une plage près de Koksijde (Belgique) le 31 janvier 2026.
Photographie : Frans Pelsmaekers
Le Plectrophane (ou Bruant) des neiges (Plectrophenax nivalis) est un passereau mesurant de 15 à 18 centimètres de long. Le mâle durant la saison de reproduction est blanc avec le dos noir tandis que la femelle a le dos gris brunâtre et est diffusément tachetée de gris sur la calotte, les joues et les côtés de la poitrine (lire Bruant des neiges : comment distinguer l’âge, le sexe et la sous-espèce). En plumage internuptial, les deux sexes ont les parties supérieures tachetées de brun-roux, de blanc et de noir et les parties inférieures sont brunes et blanches. Le bec est jaune avec l’extrémité noire sauf chez les mâles chez qui il est tout noir en été.
Il niche dans la toundra arctique en Scandinavie, dans le nord de la Russie, au Groenland, en Islande, dans le Canada arctique et en Alaska, et des populations isolées se reproduisent aussi sur des sommets montagneux plus au sud, par exemple dans les monts Cairngorms en Écosse (lire Séjour ornithologique printanier dans les Hébrides extérieures et les monts Cairngorms). Quatre sous-espèces sont actuellement reconnues, dont P. n. nivalis en Scandinavie, dans le nord de la Russie d’Europe et dans le nord du continent américain, et P. n. insulae en Islande (lire Voyage ornithologique en Islande du 5 au 17 juin 2021), sur les îles Féroé (lire Observer les oiseaux sur les îles Féroé, un archipel isolé dans l’Atlantique Nord) et en Écosse.
Le nid (une coupe volumineuse faite d’herbes et de mousse, tapissée d’herbes fines, de radicelles, de duvet végétal et surtout de plumes ou de poils) est construit dans une cavité protégée, comme une fissure profonde entre les rochers, parfois sous des débris d’origine humaine ou dans un dépression dans le sol. Il hiverne en formant souvent des troupes dans des milieux ouverts (plages, dunes, marais salants, prairies, steppes et champs) dans le nord-ouest de l’Europe, dans le sud du Canada, le nord des États-Unis et l’est de l’Asie.
Situation de Koksijde (Belgique). |
En Belgique, le Plectrophane des neiges est un migrateur et un hivernant rare et irrégulier, et il est noté principalement le long de la côte, mais aussi dans les zones agricoles et les friches. Les données concernent souvent des individus ou des petits groupes.
Le 31 janvier 2026, alors qu’il observait et photographiait avec un ami une troupe d’une vingtaine de Plectrophanes des neiges sur une plage près de Koksijde, Frans Pelsmaekers a noté un comportement étonnant : de temps en temps, ces oiseaux « disparaissaient » sous le sable humide découvert à marée basse, à environ 50 mètres de la mer du Nord. Ils rentraient dans des petits trous et s’y réfugiaient, chacun dans le leur. Ils étaient très agités et parfois dérangés par les promeneurs et n’y restaient donc pas longtemps (quelques dizaines de secondes au maximum), mais ils y retournaient plus tard. Frans suggère que ces oiseaux pourraient creuser ces trous, mais Dominique Huyghe, qui les a observés pendant un certain temps, nous signale que ces oiseaux ne creuseraient pas eux-mêmes ces trous, mais qu’ils utiliseraient ceux faits par les passages des promeneurs et des chevaux. Il a filmé une vidéo de bruants posés dans leurs trous.
Frans nous précise que ces oiseaux ne semblent pas se nourrir dans ces trous et qu’ils n’y cherchent donc pas des invertébrés cachés dans des galeries ou des graines mélangées au sable apportées par le vent ou la mer. Ce comportement, qui semble peu connu ou peu décrit sur une autre plage, est en tout cas intriguant.
Plusieurs passereaux, dont le Plectrophane des neiges, sont connus pour creuser des trous dans la neige. Par exemple, au cours d’une vague de froid intense qui a frappé la Nouvelle-Angleterre (États-Unis) les 15 et 16 février 1943, un groupe de 150 à 200 Plectrophanes des neiges a été vu creusant des abris dans la neige molle de plusieurs congères peu profondes situées dans un champ ouvert. Le 15 février, ils sont restés blottis dans ces trous toute la journée, ne les quittant qu’occasionnellement pour aller se nourrir à proximité. La neige autour de ces dépressions était jonchée de fientes. Le 19 février, d’innombrables dépressions ovales étaient encore visibles dans la neige, juste sous ces petites « falaises » de neige. Selon le Birds of Massachusetts and Other New England States (1929), lorsque la neige est gelée et impossible à creuser, les bandes dorment à découvert, protégées du vent seulement par une légère élévation du terrain, par des dunes de sable ou un mur de pierre.
Les Sizerins blanchâtre (Acanthis hornemanni) et flammé (A. flammea), et même la Mésange à tête noire (Poecile atricapillus), creusent aussi des trous dans la neige. Ce comportement, qui rappelle celui du Lagopède alpin (Lagopus muta) et des petits rongeurs comme les campagnols et les lemmings, semble servir à se protéger du froid, mais il pourrait aussi avoir un rôle social, voire être un jeu (lire Des passereaux qui creusent des trous dans la neige ou qui nichent sur la glace).
Sur la plage de Koksijde (Belgique) le 31 janvier 2026, il ne faisait pas froid, et l’hypothèse d’une protection thermique ne semble donc pas convenir : ces oiseaux se reposent-ils dans ces trous ? S’abritent-ils donc du vent ? Ce comportement est en tout cas peu connu, mais sur notre page Facebook, Sylvain Bost nous signale qu’il déjà observé à plusieurs reprises ces passereaux s’abritant dans des variations naturelles du sol ou dans des traces de pas dans le sable dans le Finistère, le Morbihan, le Pas-de-Calais et aux Pays Bas.
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Compléments
Dans la rubrique Observations d’Ornithomedia.com
Plectrophane ou Bruant des neiges (Plectrophenax nivalis)
Dans la galerie d’Ornithomedia.com
Plectrophane ou Bruant des neiges (Plectrophenax nivalis)
Source
Bagg et Aaron Moore (1943). Snow Buntings Burrowing into Snowdrifts. The Auk. Volume : 60. Numéro : 3. digitalcommons.usf.edu




2 commentaires




2 commentaire(s) sur ce sujet
Participer à la discussion !Dominique
Leers
Posté le 17 février 2026
Bonjour
J’aimerais apporter une petite précision concernant cette publication.
J’ai observé ces oiseaux pendant pas mal de temps, et ils se mettent effectivement parfois dans des trous dans le sable le long de la plage.
Mais je ne les ai jamais vu creuser ces trous dans le sable. Ils profitent de trous déjà existants, fait par le passage de promeneurs et de chevaux qui passent régulièrement sur cette plage.
Cordialement
David
sevran
Posté le 17 février 2026
bonjour, merci beaucoup, j’ai modifié le texte avec votre précision. Cordialement David