Recherche sur Ornithomedia.com

  Conseils
   Livre recommandé

Recueillir et soigner les petits animaux sauvages (Relié)
de Gérard Grolleau
23,75 euros
Commander
sur Amazon

  Protéger les oiseaux des chats
 

Date de mise en ligne: 07/06/10 - Visé par le Comité de Lecture

Les chats sont à la fois des animaux de compagnie appréciés, mais aussi de redoutables prédateurs, qui ont contribué à l'extinction de plusieurs oiseaux endémiques sur des îles océaniques. Des études ont estimé que les chats étaient responsables de la mort d'environ 275 millions animaux chaque année au Royaume-Uni, dont 55 millions d'oiseaux.
A l'occasion de la publication d'un "guide on cats and garden birds" par le
BTO (British Trust for Ornithology), une association d'ornithologues amateurs et professionnels étudiant les oiseaux de Grande-Bretagne, nous faisons un point sur l'impact de nos petits félins sur l'avifaune et nous proposons une série de conseils pour limiter la mortalité des oiseaux.

Cet article a été soumis à notre Comité de Lecture virtuel (En savoir plus)


Abstract

Cats are natural carnivorous hunters, and many cats will kill birds given the opportunity. Studies suggest that cats are responsible for around 275 million animal deaths every year in the UK, and It is thought that some 55 million birds are killed by cats in Britain every year. The introduction of cats on oceanic islands is one of the main reasons for the extinction of several endemic birds.
How can you protect the birds in our garden ?
As the BTO (British Trust for Ornithology) (www.bto.org) has published in May 2010 a "Cats and garden birds guide", we present you a list of solutions to reduce the mortality of birds in your garden.


Le chat, un dangereux prédateur

Des millions de proies tuées chaque année

Chat domestique
Le chat domestique est un redoutable prédateur
Source : BTO

Chaque chat tue un nombre variable de proies, certains étant plus efficaces que d'autres. Mais globalement leur impact est énorme. Des études ont ainsi suggéré que les petits félins étaient responsables de la mort d'environ 275 millions animaux chaque année au Royaume-Uni. Ce chiffre inclut une grande variété de proies (petits mammifères, reptiles, amphibiens, papillons et oiseaux). Une étude menée en milieu urbain a estimé le nombre moyen de proies par chat était de 21, le mulot étant l'espèce la plus attrapée. On pense que quelques 55 millions d'oiseaux sont tués par des chats en Grande-Bretagne chaque année.
On pense qu'il y a environ neuf millions de chats en Grande-Bretagne aujourd'hui, avec des densités particulièrement élevées dans les zones urbaines. Une étude a montré qu'il pouvait y avoir jusqu'à 230 chats sur un kilomètre carré !
Il y a environ 8.5 millions de chats en France, on peut donc supposer que les statistiques sont comparables à celles du Royaume-Uni

Quel impact sur les populations ?

Moineaux domestiques (Passer domesticus)
Les Moineaux domestiques (Passer domesticus) sont fréquemment tués par les chats
Photo : Michel Freulon

Compte tenu du nombre de jardins au Royaume-Uni et de leur importance en tant qu'habitat pour la nidification et l'alimentation de plusieurs espèces, l'impact de la prédation féline sur celles-ci est sûrement fort. Pour certains oiseaux, les populations urbaines représentent en effet une proportion importante de la population totale comme l'Étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris) (54% de la population nichant en milieu urbain) et le Moineau domestique (Passer domesticus) (62%), deux oiseaux communément capturés par les chats.
La prédation est maximum au printemps et en été, car les félins profitent alors de l'inexpérience des juvéniles. Les espèces les plus en danger sont alors le Rougegorge familier (Erithacus rubecula) et l'Accenteur mouchet (Prunella modularis), peut-être à cause de leur habitude de nicher dans les arbustes, de s'alimenter au sol et de leur forte densité dans les jardins.
Les chats tuent probablement dans certains secteurs un pourcentage non négligeable des jeunes qui quittent les nids. Mais certains spécialistes estiment qu'ils contribuent ainsi à réduire la compétition pour la nourriture pour les survivants, augmentant ainsi leurs chances de survie en hiver.
Si de nombreuses populations d'oiseaux restent stables malgré cette prédation, il est possible que celle-ci ait une effet plus sérieux sur des espèces déjà en déclin par ailleurs.

Les chats et les humains

Descendant du Chat sauvage africain (Felis silvestris libyca), notre félin domestique s'est rapproché de l'Homme il y a près de 10 000 ans. Mais ces milliers d'années de domestication n'ont toutefois pas suffi à annuler des millions d'années d'évolution. La sélection naturelle a en effet fait du chat un prédateur précis et très efficace pour la capture de petits animaux. Son comportement de chasseur est inné et il fait partie de son patrimoine génétique.
De nombreux propriétaires de chats sont surpris quand ces derniers leurs apportent des proies non consommées. Ce comportement reste mystérieux et peut fausser notre perception sur les dégâts que peuvent causer les chats, surtout lorsqu'on les compare à d'autres prédateurs.
Des études ont montré que la tendance à chasser n'était pas liée à la faim. En fait, des chats urbains sont tout autant susceptibles de capturer et de tuer des oiseaux que des chats abandonnés ou vivant à la campagne qui comptent sur la chasse pour assurer leur subsistance. Une forte densité de chats bien nourris et bien soignés dans un ensemble de jardins urbains est ainsi tout de même catastrophique pour les oiseaux.

Un prédateur efficace

Le chat est un prédateur très efficace. C'est un spécialiste de l'embuscade grâce à sa petite taille, à sa forme compacte, à sa patience et à ses réflexes rapides. En outre, la composition chimique de sa salive lui permet de "désodoriser" les poils et la peau, ce qui lui permet de chasser sans être trahi par son odeur.

Un danger pour les oiseaux des îles

Son efficacité et sa technique de chasse ont eu des effets particulièrement dévastateurs dans certaines régions du monde, en particulier sur les îles océanique où les espèces endémiques n'ont pas appris à s'en méfier au cours de leur évolution. Les oiseaux endémiques peuvent apprendre à craindre les chats, mais les comportements instinctifs, le fait de nicher au sol ou l'incapacité à voler peuvent les rendre particulièrement sensibles.
Le chat est ainsi considéré comme responsable de la quasi-extinction de nombreuses espèces d'oiseaux, notamment en Australasie.
Le chat peut aussi transmettre des maladies aux oiseaux, comme la toxoplasmose.
En Nouvelle-Zélande par exemple, il a contribué depuis le XIXe siècle, avec d'autres animaux introduits comme les rats, en conjonction avec des facteurs comme la destruction des habitats naturels et la chasse, à la disparition de 19 espèces d'oiseaux. Un cas bien connu est celui du Xénique de Stephens (Xenicus lyalli), le plus petit et le seul passereau aptère du monde, dont toute la population a été exterminée en 1894 par le chat du propriétaire du phare construit sur cette petite île néo-zélandaise ...

Le cas d'Hawaï

L'archipel d'Hawaï concentre une densité unique d'espèces menacées, et un grand nombre d'entre elles ont disparu dans le passé en raison entre autres de l'introduction de chats. Les endémiques de ces îles isolées ont évolué sans prédateurs, et ils sont donc extrêmement vulnérables, surtout maintenant que leur habitat a été considérablement réduit par les activités humaines.
Bien que les chats domestiques ne soient pas la seule menace qui pèse sur les oiseaux rares hawaïens, ils constituent un facteur important, et ce même en montagne, loin des installations humaines.
Les chats peuvent se reproduire toute l'année sur l'archipel, avec trois portées par an comportant à chaque fois de quatre à six chatons. La rage n'existe pas et il n'y a pas prédateurs sauvages pour contrôler la population des chats errants. Nul ne sait combien de chats errent sur ces îles, mais la densité y est très forte.

Quatre endémiques d'Hawaï fortement impactés par la prédation féline: 1) Corneille d'Hawaï (Corvus hawaiiensis) , 2) Bernache néné (Branta sandvicensis), 3) Pétrel des Hawaï (Pterodroma phaeopygia) , 4) Psittirostre palila (Loxioides bailleui)
Schéma : Ornithomedia.com
Quatre endémiques d'Hawaï impactés par la prédation féline

Parmi les espèces endémiques, certaines ont été très touchées. C'est le cas du Psittirostre palila (Loxioides bailleui) classé comme étant en danger au niveau fédéral. Il est très menacé par les chats dans les forêts poussant sur le volcan Mauna Kea, sur l'île d'Hawaii, entre 1800 à 2700 mètres d'altitude. Les biologistes suivent la population de cette espèce depuis des années. Depuis 1998, entre 8 à 11 % des nids surveillés ont été pillés chaque année par les chats. Cette prédation annule ainsi en partie les efforts visant à rétablir la population de l'espèce.
La Corneille d'Hawaï (Corvus hawaiiensis) est l'un des Corvidés les plus menacés du monde. Elle est endémique de la grande île d'Hawaï. Elle était autrefois abondante dans les forêts sèches de basse et de moyenne altitude à l'ouest et au sud de l'île. Elle a souffert de la destruction de son habitat, de la prédation par les chats, les rats et les mangoustes, ainsi que de la malaria et de la variole aviaires véhiculées par les moustiques.En outre, les oiseaux relâchés ont contracté la toxoplasmose, une maladie commune des chats et des rats. Pour sauver l'espèce, elle est élevée en captivité.
Le Pétrel des Hawaï (Pterodroma phaeopygia) était autrefois abondant sur toutes les principales îles de l'archipel, sauf sur Ni'ihau. Aujourd'hui, la plus grande colonie se trouve dans le cratère Haleakala ' sur l'île de Maui. La principale menace qui pèse sur cette colonie est la prédation par les rats introduits, les mangoustes et les chats. Depuis 1981, un programme agressif de contrôle des prédateurs a réduit les pertes et cette importante colonie semble stable.
La Bernache néné (Branta sandvicensis) vivait sur les principales îles de l'archipel, mais elle a presque disparu dans les années 1950 à cause d'une chasse excessive. Aujourd'hui, l'île d''Hawaï est le seul endroit où l'on peut la trouver naturellement. Grâce aux efforts de conservation, elle a été réintroduite sur Maui, Molokai, et Kauai. Elle est extrêmement vulnérable aux attaques des rats, des chiens, des chats, des mangoustes et des porcs.
Les chats ont aussi un fort impact sur les populations d'espèces marines communes comme le Puffin fouquet (Puffinus pacificus). Des biologistes ont comparé le succès de nidification d'une colonies de puffins où des chats errants étaient présents et une autre "libre de félins". Il y avait beaucoup plus de terriers occupés dans le premier cas. Ces oiseaux ne pondent qu'un seul œuf par an et s ils ne se reproduisent pas avant cinq ans. Ils sont donc très sensibles à la disparition des adultes reproducteurs.


Le jardin, un milieu artificiel

Le Chat sauvage (Felis silvestris) est indigène en Europe et l'avifaune locale l'a côtoyé au cours de son évolution. Elle a donc appris à s'en méfier. Le problème avec le Chat domestique est qu'il chasse dans un habitat artificialisé. Dans un écosystème naturel, il existe en effet un équilibre entre les proies et les prédateurs. Leurs populations sont dépendantes les unes des autres, le nombre de prédateurs dépendant de la disponibilité en proies.
Or les chats domestiques ne chassent pas pour survivre, et ils sont nourris artificiellement par l'Homme. Il en résulte ce qu'on appelle une hyperprédation : toute diminution du nombre de proies n'a ainsi aucun effet sur le nombre de chats qui trouveront dans tous les cas leur ration alimentaire quotidienne en rentrant chez eux. Cela peut être particulièrement problématique dans les zones urbaines où les densités de félins sont élevées.


  Suite de l'article
 
Le chat, un dangereux prédateur
Des conseils pratiques

 



  Pratique


   Débuter
   Identification
   Conseils
   Equipement
   Voyages ornitho
   Enfants
   Téléchargement
   Handi-spots

   Livre recommandé

Guide des oiseaux de nos jardins
de Claude Feigné (Auteur), Gérard Schmitt (Auteur)
6,09 euros

Commander
sur Amazon

   Publicité
  
  
  
   Livre recommandé
 
Le Traité Rustica des oiseaux du jardin
de Guilhem Lesaffre (Auteur), Catherine Levesque (Auteur), Emmanuel Risi (Auteur)
33,25 euros
Commander
sur Amazon

   Newsletter

   Recevez chaque mois
   notre lettre d'infos
   gratuite.
    Inscription
   
Desinscription
        
         

   Livre recommandé
 
QObserver les oiseaux au jardin
de Robert Burton (Auteur), François Loppin (Traduction)
23,71 euros
Commander
sur Amazon
ORNITHOMEDIA (c) 2000 Tous droits réservés