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Jean-Baptiste Martineau, guide passionné par les oiseaux, nous parle de son métier

Ce guide professionnel travaillant pour l’agence Escursia a répondu à nos questions sur son parcours et sa profession.

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Jean-Baptiste Martineau, guide passionné par les oiseaux, nous parle de son métier

Jean-Baptiste Martineau, guide naturaliste pour la compagnie Escursia.
Photographe : Viviane Martin

De nombreux jeunes passionnés par la nature et les oiseaux souhaiteraient exercer une profession associant voyages, observations et pédagogie : c’est le cas du métier de guide naturaliste, qui consiste à accompagner des groupes de personnes pour leur faire découvrir la faune et/ou la flore d’un site, d’une région ou d’un pays. Il doit posséder des connaissances ornithologiques, et parfois également mammalogiques, botaniques et entomologiques suffisantes, et aimer expliquer les choses et répondre aux questions. Il doit également être calme, organisé et passionné.
Après avoir travaillé plusieurs années dans le domaine de l’audiovisuel, Jean-Baptiste Martineau a décidé de se tourner vers l’environnement et est devenu guide naturaliste spécialisé dans l’observation des oiseaux pour la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), puis pour Escursia, une agence spécialisée dans l'organisation de séjours et de voyages naturalistes, pour laquelle il accompagne des groupes en France et en Europe.
Jean-Baptiste a répondu à nos questions concernant son métier (parcours professionnel, difficultés, qualités nécessaires, organisation…), un partage d’expérience utile pour les personnes souhaitant exercer la même activité que lui.

Abstract

Many young people passionate about nature and birds would like to become a guide, a profession associating travel, observations and contact with people. The main activity of this job consists in accompanying groups of people to make them discover the fauna (in particular birds) and sometimes the flora of a site, a region or a country. He must have a good knowledge in ornithology, and sometimes also in mmalogy, botany and entomology, and he must like explaining things and answering questions. He must also be calm, organized and passionate. After several years in audiovisual activities, Jean-Baptiste Martineau decided to find a job in relation with nature, and he became a guide specialized in ornithology for the Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), then for the Escursia travel agency, for which he leads groups of people in France and Europe. He has answered our questions about his job (career path, difficulties, qualities required, organization...), a useful experience sharing for people wishing to become a guide.

1. Pouvez-vous présenter votre parcours professionnel ?

Jean-Baptiste Martineau

Jean-Baptiste Martineau.
Photographie : Viviane Martin

Jean-Baptiste Martineau : j’ai d’abord travaillé dans l’audiovisuel, où j’ai réalisé des reportages documentaires et des films d’entreprises. Après plusieurs remises en question, j’ai décidé de me tourner vers autre chose, l’environnement, qui correspondait davantage à mes aspirations. Je me suis occupé de ce domaine pour le monde de l’entreprise, ce qui n’a strictement rien à voir avec le métier de guide, et puis, un peu comme l’écrivain Paul Claudel, j’ai eu une révélation en visitant une église. Ce jour-là, alors qu’on nous décrivait un calvaire sculpté, j’ai attiré l’attention du groupe sur un magnifique Milan royal (Milvus milvus) qui passait juste au-dessus de nous. La guide m’a alors dit qu’il manquait vraiment de gens capables de raconter la nature, et cela a été le déclic qui m’a convaincu qu’il y avait quelque chose à tenter dans ce domaine : cela se passait dans la région du Forez (département de la Loire), où j’anime toujours avec bonheur des sorties ornithologiques. J’ai pu, peu à peu, organiser des séjours et des animations avec la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), le département de la Loire, le Parc Naturel Régional du Pilat, puis finalement pour le compte de l'agence Escursia. En parallèle, j’ai été amené à intervenir sur des questions relatives à la faune au sein d’un bureau d’étude environnement, avec lequel je collabore toujours.

2. Quels conseils donneriez-vous à une personne souhaitant devenir guide naturaliste ? Peut-on vivre de cette activité en France ?

Jean-Baptiste Martineau : il faut renoncer si l’on n’a pas la foi chevillée au corps. En effet, c’est un métier très engageant qui nécessite une grande concentration et de la compétence, et pour lequel il ne faut pas trop compter son temps ni espérer des rentrées d’argent régulières et encore moins importantes (lire Devenir ornithologue ou exercer un métier lié à l'ornithologie). Toutefois, c’est une profession assez récente en France, alors qu’elle est plus répandue dans d’autres pays, donc beaucoup de choses restent à construire. Avec un peu d’imagination, et si l’on n’a pas peur de se lancer vers l’inconnu, c’est un métier passionnant, mais je ne pense cependant pas qu’il soit encore possible d’en vivre à plein temps (lire Daniel Rodrigues : écologue, photographe et guide). Il faut souvent travailler le week-end, éventuellement beaucoup se déplacer en France voire à l’étranger, ce qui ne facilite pas la construction d’une vie de famille. Le modèle économique reste fragile, et travailler en tant que guide naturaliste sur le territoire français est compliqué. C’est plus facile si l’on anime des séjours à l’étranger, mais encore faut-il que le public suive !

3. Comment êtes-vous devenu guide pour Escursia ? Pourquoi ce choix ?

Jean-Baptiste Martineau : quand j’ai commencé à guider des groupes vers le milieu des années 2000, un certain nombre de personnes m’ont dit que le métier de guide naturaliste "n’existait pas" et que je n’y arriverai pas. La compagnie Escursia par contre s’est montrée tout de suite intéressée ! Après avoir longtemps travaillé exclusivement pour la LPO, avec qui je collabore toujours, je me suis tourné vers cette agence qui travaille avec de petits groupes, qui me laisse toute latitude pour organiser des séjours comme je l’entends, avec qui j’ai pu établir une vraie relation de confiance, et qui gère très bien les aspects logistiques des voyages, ce qui me permet de partir sereinement et de me concentrer sur les aspects naturalistes du séjour.

4. Quelles sont les principales difficultés du métier de guide naturaliste ?

Harle bièvre (Mergus merganser)

Harle bièvre (Mergus merganser) mâle en hivernage sur le lac du Bourget (Savoie).
Photographie : Jean-Baptiste Martineau

Jean-Baptiste Martineau : ce sont les oiseaux, qui ne sont jamais posés à l’endroit où l’on aurait voulu qu’ils soient ! Ce n’est pas un métier qui présente des difficultés techniques majeures, si l’on connaît suffisamment son domaine. Par contre, depuis quelques années, je suis confronté à une difficulté croissante : la dégradation de l’environnement et les effets du réchauffement climatique. Depuis au moins cinq ans, je suis sans cesse confronté à des événements météorologiques "inhabituels", qui deviennent de plus en plus fréquents : sécheresses, hivers décalés ou trop cléments, printemps trop chauds ou très pluvieux (comme ce fut le cas en 2018). Dans la mesure du possible, je fais en sorte que mes séjours coïncident avec les moments forts de la biologie des oiseaux, mais la nature est de plus en plus imprévisible. C’est un problème général car j’en ai discuté avec de nombreux guides qui sont tous d’accord pour dire qu’ils ont des difficultés croissantes à organiser leurs circuits. De novembre à mai, la météo est de plus en plus imprévisible : l’hivernage des canards en France par exemple est souvent perturbé par des conditions hivernales relativement clémentes dans le nord de l’Europe.

5. Quelles doivent être les principales qualités d'un guide naturaliste ?

Jean-Baptiste Martineau : il faut avoir du sang froid, de la retenue et du calme d’abord, être un minimum capable de gérer un groupe, c’est-à-dire faire en sorte que tout le monde se sente le plus à l’aise possible, être à l’écoute de chacun et essayer de répondre aux aspirations sans jugement. Je crois qu’il faut surtout avoir envie de transmettre sa passion, qui constitue le moteur principal et la qualité qu’il faut avoir et entretenir par tous les moyens ! Il faut par exemple être capable de continuer à s’émerveiller d’une espèce, même quand on la voit pour la millième fois ! Il faut aussi avoir quelque chose à raconter sur la nature et sur les oiseaux en particulier, savoir interpréter ou essayer d’interpréter leur comportement ou expliquer leur biologie. Avoir envie de voir les oiseaux ne suffit pas, il faut avant tout avoir envie que les autres fassent de belles observations et s’émerveillent.

6. Trouve-t-on toujours dans un groupe une ou deux personnes "difficiles à gérer" ?

Jean-Baptiste Martineau : pas toujours heureusement, mais on croise parfois des personnalités hautes en couleur ! Je ne vous cache pas que j’ai rencontré quelques phénomènes que je ne souhaite pas du tout revoir. Mais globalement, le public qui m’accompagne est très agréable. Certains hôteliers me le disent : c’est un plaisir pour eux que de recevoir des observateurs, qui constituent des groupes beaucoup plus conviviaux et agréables que la plupart des touristes.

7. Comment gérez-vous les rythmes différents des participants souhaitant voir le maximum d'espèces et celles souhaitant surtout faire des photos ?

Jean-Baptiste Martineau : normalement, les personnes qui veulent voir le maximum d’espèces ne sont pas déçues. Pour les photographes c’est plus compliqué, car il y a autant de façon de prendre des photos, autant d’attentes différentes que de photographes ! Pour la plupart d’entre eux, il n’y a aucun problème : la majorité des gens qui prennent des photos ont des attentes similaires à celles des observateurs, et ils prennent des photos lorsqu’une occasion se présente, et elle se présente toujours ! Par contre, il y a parfois des personnes qui veulent cocher seulement une ou deux espèces, ou des photographes avec des attentes particulières, qui voudraient faire de longs affûts par exemple, ce que je ne fais pas. Ces personnes peuvent donc être déçues, et je peux le comprendre : faire des milliers de kilomètres pour voir cinq espèces et n’en trouver que deux, c’est en effet frustrant. Mais quand il s’agit de nature sauvage, on ne peut pas être sûr à 100 % de voir ce que l’on veut. Il y a donc des attentes pour lesquelles ces séjours ne sont clairement pas adaptés. J’ai eu par exemple le cas d’une personne qui m’avait précisé vouloir photographier des Macareux moines (Fratercula arctica). Je lui ai dit que ça ne poserait aucun problème lors du voyage dans l’archipel écossais des Orcades que je proposais alors. Mais je n’avais pas compris qu’elle voulait photographier ces oiseaux tous les jours et que les autres espèces ne l’intéressaient pas ! Il aurait donc fallu organiser un voyage sur mesure. De même, un passionné qui voudrait seulement cocher une espèce un peu compliquée à observer comme le Grand Tétras (Tetrao urogallus) par exemple, risque fort d’être déçu, car aucun de mes séjours ne prévoit une prospection exclusivement axée sur cette espèce durant plusieurs jours d’affilée. Il faudrait organiser certains séjours sur mesure, en fonction des demandes, mais avec très peu de chances d’intéresser suffisamment de monde.

8. Auriez-vous une ou deux anecdotes amusantes ou insolites vécues lors de vos voyages guidés à nous raconter ?

Jean-Baptiste Martineau : quand on observe les oiseaux, on se retrouve souvent un peu en dehors des sentiers battus, ce qui permet de faire des rencontres ! Par exemple, en Écosse, tandis que nous observions la parade de la Bécassine des marais (Gallinago gallinago) depuis un cercle mégalithique au bord d’un loch, plusieurs individus, dont un homme portant un chapeau et une cape, sont arrivés et ont débuté une étrange cérémonie. Quelques personnes de mon groupe, piquées par la curiosité, se sont approchées, et ont été invitées à participer : elles ont dansé autour de pierres au son de l’accordéon sous le ciel chargé écossais, elles ont partagé un whisky rituel, et elles ont fini par comprendre qu’elles avaient été initiées à un rite néo-druidique célébrant le retour du printemps !
Les réactions des gens sont aussi parfois amusantes. Par exemple un participant, qui ne trouvait plus ses mots et qui voulait signaler un milan, s'est exclamé : "regardez ce truc, euh, ce machin : un aigle à queue de sardine !".

9. Vous accompagnez des groupes dans une dizaine de destinations en France (Forez, baie de Somme, Camargue, Cotentin, lac du Bourget) et en Europe (Algarve, Islande, Slovaquie, Estonie, Grèce et Pays-Bas) : avez-vous sélectionné vous-même ces destinations et pourquoi ?

Fuligule nyroca (Aythya nyroca)

Le Fuligule nyroca (Aythya nyroca) est un hivernant régulier sur le lac du Bourget (Savoie).
Photographie : Jean-Baptiste Martineau

Jean-Baptiste Martineau : j’ai choisi moi-même les destinations en France. Certaines sont fameuses comme la Camargue ou la baie de Somme, mais d’autres sont moins connues et méritent vraiment d’être découvertes pour observer les oiseaux, comme le Cotentin (lire Observer les oiseaux dans les havres du Cotentin) ou le lac du Bourget (lire Observer les oiseaux sur les rives du lac du Bourget). Dans tous les cas ce sont des endroits que j’apprécie vraiment. Pour l’Europe c’est un peu plus compliqué : il y a certains séjours que j’ai proposés et élaborés, d’autres que j’ai construits sur la proposition d’Escursia, et au moins un que j’ai repris et amélioré. C’est donc très variable, mais il y a un point commun : si je ne suis pas persuadé de l’intérêt ornithologique du voyage, je ne le fais pas. Il y a enfin d’autres destinations que j’ai mises de côté pour l’instant.

10. Au printemps, vous guidez par exemple un séjour en Slovaquie pour observer des espèces peu communes comme le Pic tridactyle, la Chouette de l’Oural, l'Aigle impérial ou l'Aigle pomarin : comment connaissez-vous les bons coins pour trouver "à coup sûr" (ou presque) des espèces difficiles à observer ? Faites-vous vous-même les repérages ou vous appuyez-vous sur des contacts locaux ? Cette phase de préparation d'un séjour (sites visités, espèces visibles...) est-elle longue ?

Chevêchette d'Europe (Glaucidium passerinum) en Slovaquie

Chevêchette d'Europe (Glaucidium passerinum) en Slovaquie en 2018.
Photographie : Jean-Baptiste Martineau

Jean-Baptiste Martineau : disons que c’est mon petit secret, qui est essentiellement basé sur cette citation de Paul Géroudet : "si vous voulez voir une espèce rare, allez là où elle est commune". Pour la Slovaquie, j’ai la chance assez exceptionnelle de pouvoir compter sur des professionnels locaux : des forestiers, des gardes de réserve, des chargés d’études ou des directeurs de réserve naturelle qui savent exactement où sont les espèces, et c’est peut-être le plus important, comment les approcher sans trop de perturbation. Par exemple, il a été possible, avec la personne chargée de son suivi, de s’approcher très près de l’aire de l’Aigle impérial (Aquila heliaca) qui est très tolérant à l’activité humaine (lire Étudier, observer et protéger l'Aigle impérial en Slovaquie). Par contre, dans le cas de l’Aigle pomarin (Aquila pomarina), qui est très sensible aux dérangements, les sites de nidification ne sont pas dévoilés.
Mais attention, travailler avec les experts locaux ne veut pas dire que les résultats sont garantis à tous les coups ! Cette année par exemple était particulièrement difficile, probablement à cause de la météo : les pics n’étaient pas du tout conciliants et les rapaces nocturnes n’ont pas niché ou étaient en retard. Lorsque je prépare mes séjours, j’utilise aussi beaucoup la documentation disponible, qui est parfois très importante. Dans certains cas, je sollicite les services des experts locaux pour me guider : c’est parfois indispensable comme dans le delta du Danube où, si vous n’avez pas quelqu’un qui vous emmène en bateau, vous ne pouvez pas vous déplacer. La préparation d’un voyage peut s’avérer assez simple si la documentation disponible est abondante ou si j’ai de bons contacts sur place, mais il y a des destinations que je n’ai jamais pu mettre en place faute de données fiables, comme l’Albanie. Je peux alors organiser un voyage exploratoire, avec un groupe réduit qui apprécie l’aspect "saut vers l’inconnu" : je vais sans doute le faire en 2019 pour ce pays.

11. D'une année sur l'autre, les espèces visibles dans une région donnée peuvent varier (aménagements, disparitions, nouvelles espèces...) : comment mettez-vous à jour vos circuits ?

Jean-Baptiste Martineau : de temps en temps il faut en effet modifier les séjours. Il y a également des hébergements qui se dégradent ou qui disparaissent, et l’on fait parfois des découvertes que l’on incorpore l’année suivante. Il faut bien comprendre qu’un séjour ornithologique n’est pas fixe et rigide : on est amené à improviser beaucoup en fonction de la météorologie, de la présence ou non des oiseaux, de l’avancement de la saison… Même l’heure à laquelle on arrive sur un site peut apporter des changements au programme : dans la mesure du possible, j’essaye d’avoir le soleil dans le dos, ce qui peut avoir des conséquences lourdes en termes de cheminement ! Je planifie plus de sites que ce que l’on visite réellement, ce qui me permet de m’adapter et de ne pas avoir à tout revoir chaque année, ce qui serait impossible. De temps en temps, il faut tout changer : le séjour dans le Cotentin (département de la Manche) avait par exemple perdu de son intérêt en 2014 du fait d’hivernants de plus en plus tardifs et de la baisse de la qualité des hébergements. Je l’ai donc entièrement révisé, reculé les dates et changé le parcours, et il constitue aujourd’hui à mon avis l’un des plus beaux circuits que je propose. Cette année, je vais modifier le séjour sur les rives du lac du Bourget (Savoie) qui était devenu moins attractif du fait d’un hivernage plus faible des anatidés et de la fermeture de certains sites, et je présenterai quelque chose d’entièrement nouveau en 2020.

12. Vous occupez-vous vous-mêmes des aspects logistiques (hébergements et transports) ? Est-ce compliqué ?

Trajet en bateau dans le delta du Danube (Roumanie)

Trajet en bateau dans le delta du Danube (Roumanie).
Photographie : Jean-Baptiste Martineau

Jean-Baptiste Martineau : c’est Escursia qui se charge de ces sujets, mais nous sommes globalement d’accord sur le type de prestation que nous recherchons (hôtellerie de campagne ou chambres d’hôtes, restauration de qualité, si possible avec des produits locaux). C’est le circuit qui décide des hébergements et jamais l’inverse. C’est parfois un peu compliqué, surtout en France, où trouver un hébergement correct ou un restaurant sympathique peut être une vraie galère !

13. Quelle est votre destination préférée en France pour guider des groupes et pourquoi ?

Jean-Baptiste Martineau : il y a tout d’abord le Forez, dans le département de la Loire, parce que c’est mon coin et que je n’ai pas à me déplacer beaucoup, ce qui est quand même confortable, et aussi parce que c’est une petite région d’une vraiment grande diversité : dans la même journée vous avez la possibilité d’observer des espèces aquatiques comme la Nette rousse (Netta rufina), le Grèbe à cou noir (Podiceps nigricollis) ou la Guifette moustac (Chlidonias niger) (lire Observer les oiseaux dans l'Écopôle du Forez et dans les environs), mais aussi des espèces plus montagnardes comme le Milan royal, le Grand Corbeau (Corvus corax) et le Bec-croisé des sapins (Loxia curvirostra) ! J’aime aussi le Cotentin, parce que c’est un séjour qui m’a donné beaucoup de fil à retordre, mais qui est devenu vraiment formidable. On profite d’ambiances et de paysages incroyables, et la liste des espèces est dingue, des Fous de Bassan (Morus bassanus) et des Pingouins tordas (Alca torda) aux Bruants des neiges (Plectrophenax nivalis) relativement faciles à trouver, en passant par les Bernaches nonnettes (Branta leucopsis) ou les limicoles, il y a vraiment de quoi se faire plaisir, avec en outre la possibilité de voir des phoques et des dauphins.
Je suis aussi "obligé" de citer la baie de Somme (lire Observer les oiseaux dans la baie et la basse vallée de la Somme) parce que trop de gens s’imaginent qu’il n’y a que le parc ornithologique du Marquenterre pour observer les oiseaux, alors que c’est un endroit d’une richesse inouïe. Je travaille sur place avec un hôtelier réellement hors norme, qui fournit peut-être les meilleures prestations, tous séjours confondus en France et en Europe.

14. Vous proposez en automne un séjour pour suivre la migration dans les montagnes du Soir (Haute-Loire), un secteur méconnu : quelles espèces peut-on voir, et avec quels effectifs ?

Pause-repas dans une auberge forestière en Haute-Loire

Pause-repas dans une auberge forestière en Haute-Loire.
Photographie : Jean-Baptiste Martineau

Jean-Baptiste Martineau : c’est un petit col de suivi de la migration situé dans le département de la Loire, où les espèces, même si elles ne passent pas avec des effectifs aussi importants que dans d’autres sites comme les falaises de Carolles (Manche) (lire Où observer les oiseaux dans la baie du Mont-Saint-Michel ?) ou le col d’Organbidexka (Pyrénées-Atlantiques), sont souvent visibles de près et relativement faciles à identifier, le tout dans un paysage de forêt automnale à couper le souffle. Le site est par exemple particulièrement bon pour observer le Milan royal, le Gros-bec cassenoyaux (Coccothraustes coccothraustes), l’Épervier d’Europe (Accipiter nisus), les Alouettes des champs (Alauda arvensis) et lulu (Lullula arborea). Ce séjour n’est en fait pas franchement axé sur la migration : c’est plutôt un séjour de découverte pour s’initier à l’ornithologie, où l’on prend le temps de profiter du paysage, des ambiances, de la gastronomie locale…

15. Avez-vous des projets de nouvelles destinations ?

Jean-Baptiste Martineau : je vais me "calmer" un peu sur les nouvelles destinations, car j’en ai mis en place beaucoup ces dernières années. Il y aura sans doute l’Albanie comme je le disais plus haut, et à plus longue échéance, des destinations plus lointaines.

Contact

Jean-Baptiste Martineau - Courriel : jb.martineau@free.fr - Page Facebook : www.facebook.com/JBornitho - Site web de l'agence de voyages naturalistes Escursia : www.escursia.fr

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