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Un afflux sans précédent de Puffins boréaux au nord-est du Canada en 2016 et 2017

Plus de 5 000 oiseaux par an ont été observés au large de la Nouvelle-Écosse, contre quelques dizaines en moyenne !

| Non soumis au comité de lecture

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Un afflux sans précédent de Puffins boréaux au nord-est du Canada en 2016 et 2017

Puffin boréal (Calonectris borealis) au large de Madère (Portugal) en 2012.
Photographie : Marc Fasol

Le Puffin boréal (Calonectris borealis) est un oiseau de taille moyenne (envergure : environ 120 cm)  qui se reproduit sur les îles du nord-est de l'Atlantique, principalement sur les archipels des Açores, de Madère et des Canaries. Il ressemble étroitement au Puffin cendré ou de Scopoli (C. diomedea) qui niche en Méditerranée, et auquel il était encore récemment rattaché (lire Distinguer les Puffins cendré (de Scopoli) et boréal). Il se nourrit de petits poissons, qu'il peut pêcher à plus de 2 000 km de ses sites de nidification durant l'élevage des jeunes !

A la fin de la période de nidification, la plus grande partie des oiseaux migre vers l'Atlantique Sud, une petite proportion seulement hivernant dans le nord. Quelques oiseaux sont vus chaque année, entre mai et octobre surtout, au large des côtes atlantiques du Canada, mais entre juin et décembre 2016 et 2017, un nombre inhabituellement élevé de Puffins boréaux a été observé dans les eaux de Nouvelle-Écosse, du Labrador et de Terre-Neuve. Dans un article publié en 2018 dans la revue Northeastern Naturalist, des biologistes ont utilisé les données du site collaboratif Ebird, d'observateurs suivant une procédure définie, et d'ornithologues à bord de bateaux affrétés par le Canadian Wildlife Service. Le Puffin boréal étant connu pour se rassembler dans les secteurs où l'eau de surface est plus froide et plus riche en chlorophylle A (la principale forme de chlorophylle), les auteurs ont également voulu vérifier si des conditions météorologiques particulières auraient pu expliquer cet afflux.

Principales zones d'observation de l'afflux de Puffins boréaux au nord-est du Canada en 2016 et 2017

Principales zones d'observation de l'afflux de Puffins boréaux au nord-est du Canada en 2016 et 2017.
Carte : Ornithomedia.com

Leur analyse a confirmé l'augmentation régulière du nombre d'observations de Puffins boréaux au large du Canada depuis 2007 et les pics de 2016 et de 2017 : en Nouvelle-Écosse par exemple, plus de 5 000 oiseaux ont été comptés annuellement ces deux années, contre 840 seulement en 2015 ! La plus grande partie d'entre eux a été vue au-dessus du plateau continental, ce qui n'était pas le cas des années précédentes pour cette espèce. Il s'agissait surtout de subadultes, mais aussi probablement de femelles sur le point de pondre. Des femelles suivies depuis leur site de nidification des îles Berlangas (Portugal) (lire Observer les océanites le long des côtes continentales du Portugal) ont déjà atteint les Grands Bancs de Terre-Neuve en avril-mai pour assimiler les nutriments nécessaires à la formation de la coquille de leur œuf. Par ailleurs, des oiseaux nichant aux Açores ont été notés jusqu'au Bonnet flamand (une zone d'eau peu profonde) durant la période d'élevage de leurs jeunes. En 2016, la productivité des eaux de l'archipel portugais était faible, ce qui pourrait les avoir poussés à s'aventurer jusqu'au Canada. Certains de ces Puffins boréaux pourraient aussi être des jeunes inexpérimentés visitant l'ouest de l'Atlantique Nord avant de rejoindre le Brésil pour y passer l'hiver.

En 1988, un afflux important de cette espèce avait été noté, avec un pic en août, mais la quasi totalité des individus avaient été observés sur le banc de Georges et pas sur le plateau de Nouvelle-Écosse, comme en 2016 et en 2017.Il faut préciser que l''irruption de ces deux années n'a pas concerné les autres espèces de puffins. L'augmentation régulière des populations de lançons (Ammodytes sp.) au large des côtes du nord-est de l'Amérique du Nord, la progression constante de la température des eaux du golfe du Maine, une zone traditionnelle de stationnement de l'espèce, et surtout des eaux canadiennes côtières plus froides et donc plus productives que celles situées plus au large, pourraient expliquer le phénomène de 2016 et de 2017.

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Source

Carina Gjerdrum, John Loch et David A. Fifield (2018). The Recent Invasion of Cory's Shearwaters into Atlantic Canada. Northeastern Naturalist. Volume : 25. Numéro : 4. Pages : 532-544.  www.researchgate.net

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