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Pratique | Identification

Distinguer les Macreuses noire et à bec jaune : critères et difficultés

Alors qu'un mâle de Macreuse à bec jaune a été découvert au début du mois de février 2025 depuis la plage de Cabourg (Calvados), nous recensons les critères permettant de distinguer sur le terrain cette espèce de la Macreuse noire, à laquelle elle était autrefois rattachée.
26/02/2025 | Validé par le comité de lecture

Introduction

En Europe, la Macreuse noire (Melanitta nigra) se reproduit en Islande, au nord des îles Britanniques, en Scandinavie et en Sibérie et hiverne le long du littoral, principalement dans les mers Baltique et du Nord et dans l’océan Atlantique, généralement à une distance du rivage comprise entre 0,5 et 2 km, où elle peut plonger jusqu’à six mètres de profondeur pour capturer des mollusques et des crustacés. En France, la population hivernante est variable selon les années, comprise par exemple entre 16 000 et 37 000 individus pour la période 2010-2013. Le littoral normand, en particulier les baies du Mont-Saint-Michel et des Veys, la côte occidentale du Cotentin, le rivage du pays d’Auge et l’estuaire de la Seine, accueillent plusieurs milliers d’individus (près du tiers du total hexagonal) entre la fin de l’été et le mois d’avril, les premiers départs vers les sites de nidification ayant lieu dès le début du mois de février.
Dans les grandes troupes de Macreuses noires, les observateurs attentifs et chanceux peuvent avoir la chance de repérer des espèces plus rares, comme la Macreuse à bec jaune (M. americana), qui niche en Sibérie orientale et en Amérique du Nord. Autrefois considérée comme une sous-espèce de la Macreuse noire, elle a été élevée au rang d’espèce distincte il y a une vingtaine d’années : un individu a ainsi été découvert au début du mois de février 2025 depuis la plage de Cabourg (Calvados), où il était encore présent le 23 au moins.
Après une présentation des Macreuses noire et à bec jaune et des arguments ayant conduit à l’élévation de cette dernière au rang d’espèce distincte, nous présentons les critères permettant de distinguer les mâles adultes et de premier hiver et les femelles, en rappelant les difficultés que l’on peut rencontrer sur le terrain. Nous remercions Louis Boulesteix (site web : www.nature-images.fr), Quentin Gantier, Thomas Marchal et Camille Montégu pour nous avoir aidés à illustrer cet article.

Abstract

In Europe, the Common Scoter (Melanitta nigra) breeds in Iceland, the northern British Isles, Scandinavia and Siberia and winters along the coast, mainly in the Baltic and North Seas and the Atlantic Ocean, usually between 0.5 km and 2 km from the shore, where it can dive to depths of up to six metres to catch molluscs and crustaceans. In France, the wintering population varies from year to year, for example, between 16,000 and 37,000 individuals for the period 2010-2013. The Normandy coastline, particularly the bays of Mont-Saint-Michel and Les Veys, the western coast of the Cotentin, the shores of the Pays d’Auge and the Seine estuary, harbour several thousand individuals (nearly a third of the total in France) between the end of summer and April, with the first departures to nesting sites taking place at the beginning of February.
In the large flocks of Black Scoters, attentive and lucky birders may have the chance to spot rarer bird species, such as the Black Scoter (M. americana), which nests in eastern Siberia and North America. Formerly considered a subspecies of the Common Scoter, it was elevated to the rank of a distinct species about twenty years ago: an individual was discovered at the beginning of February 2025 from the beach of Cabourg (Calvados), where it was still present on at least the 23rd.
After a presentation of the Common and Black Scoters and the arguments that led to the elevation of the latter to the rank of distinct species, we present the criteria for distinguishing adult and first-winter males from females, recalling the difficulties that can be encountered in the field. We thank Louis Boulesteix (website : www.nature-images.fr), Quentin Gantier, Thomas Marchal and Camille Montégu for helping us illustrate this article.

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Sources

    • Martin Collinson, David T. Parkin,Alan G. Knox, George Sangster aet Andreas J. Helbig (2006). Species limits within the genus Melanitta, the scoters. British Birds. Volume : 99. Pages : 183–201. Avril. www.researchgate.net
    • Martin Garner (2005). Focus On: identifying Black Scoters in all plumages. Birdguides. Date : 21/12. www.birdguides.com

 

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