Une « Colline inspirée » : orchidées, chauves-souris et reptiles

Situation de la colline de Sion-Vaudémont (Meurthe-et-Moselle)

Situation de la colline de Sion-Vaudémont (Meurthe-et-Moselle).
Carte : Ornithomedia.com

Culminant à 540 mètres d’altitude, la colline calcaire de Sion-Vaudémont est le point culminant du plateau lorrain. De nombreux fossiles d’encrines (ou lys de mer) datant du Jurassique, appelées « étoiles de Sion », y ont été trouvés.
Ce promontoire constitue depuis longtemps un site militaire stratégique : les restes d’un oppidum gallo-romain ont été découverts, et les ruines du donjon du château des Comtes de Vaudémont y sont visibles. C’est également un très ancien site religieux : les Celtes, les Leuques puis les Gallo-romains avaient choisi cette hauteur comme lieu sacré en l’honneur de leurs dieux, puis elle est devenue un lieu de pèlerinage et de prière chrétien.
La colline domine le pays du Saintois, une région naturelle composée d’anciennes plantations d’arbres fruitiers, de prairies d’élevage, de cultures et de boisements de feuillus (sur les versants des reliefs).
Avant 1950, toutes les pentes de la colline étaient cultivées ou couvertes de vergers de mirabelliers, mais des forêts d’Érables sycomores (Acer pseudoplatanus) et de Frênes communs (Fraxinus excelsior) occupent désormais le terrain.
Le plateau sommital est occupé par une pelouse calcaire où vivent plusieurs animaux et plantes à affinités méditerranéennes inattendus en Lorraine, qui apprécient le microclimat chaud, ensoleillé et sec de la colline. Citons par exemple l’Éphippigère de la vigne (Ephippiger ephippiger), une sauterelle originaire du sud-ouest de la France, les Orchis bouc (Himantoglossum hircinum) et pyramidal (Anacamptis pyramidalis), l’Anémone pulsatille (Pulsatilla vulgaris) ou le Thym serpolet (Thymus serpyllum).

Vue de la colline de Sion-Vaudémont (Meurthe-et-Moselle)

Pelouses calcaires et boisements sur la colline de Sion-Vaudémont (Meurthe-et-Moselle) (cliquez sur la photo pour l’agrandir).
Photographie : Ketounette / Wikimedia Commons

Plusieurs bâtiments abritent des colonies de chauves-souris inscrites à l’annexe II de la directive Habitats-Faune-Flore : le Petit Rhinolophe (Rhinolophus hipposideros), le Grand Rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum) et le Grand Murin (Myotis myotis). Un bâtiment appelé “La ferme” a été inscrit au réseau Natura 2000 sous la dénomination de “gîtes à chiroptères de la Colline inspirée, pelouses et érablières de Vandeléville”.
Parmi les reptiles présents, citons la Coronelle lisse (Coronella austriaca), la Vipère aspic (Vipera aspis), la Couleuvre à collier/helvétique (Natrix natrix), les Lézards des souches (Lacerta agilis) et des murailles (Podarcis muralis), l’Orvet fragile (Anguis fragilis).
Du fait de l’intérêt écologique de ses pelouses calcaires sèches et de ses anciens vergers de hautes tiges, la colline a été incluse dans l’Espace Naturel Sensible des Coteaux de Vandeléville.
La commune de Vaudémont a confié la maîtrise foncière d’environ 17 hectares de pelouses calcaires au Conseil général de Meurthe-et-Moselle afin de mettre en place une gestion agricole respectueuse de la faune et la flore (périodes de pâturage adaptées, débroussaillage des arbustes envahissant les versants…). Le site étant très fréquenté, des aménagements légers ont été créés pour canaliser les visiteurs. Le Conseil général de Meurthe-et-Moselle a également installé des nichoirs à chauves-souris, des bâches de protection du sol et des lucarnes d’accès dans plusieurs bâtiments.

Accès

Carte de la colline de Sion-Vaudémont (Meurthe-et-Moselle)

Carte de la colline de Sion-Vaudémont (Meurthe-et-Moselle) et emplacement du site de suivi de la migration. En rouge, circuit de découverte possible.
Carte : Ornithomedia.com

Depuis Nancy, prendre l’autoroute A330 en direction d’Epinal/Besançon, continuer sur la E23/N57 et prendre la sortie D913 « Vézelise – Colline de Sion-Vaudémont ». Une fois à Vaudémont, suivre la route de Saxon-Sion. Le site de suivi de la migration est situé en bord de route un kilomètre après le village, juste avant le monument Barrès.
Deux parcours de découverte et d’interprétation des paysages et des patrimoines de la colline de Sion sont proposés aux visiteurs à partir de sentiers de randonnée. Le Conseil Département de Meurthe-et-Moselle a publié un livret de découverte (qui peut être téléchargé au format PDF) qui agrémentera votre découverte de la colline de Sion.
La Cité des Paysages, installée dans le couvent du Monastère-ermitage des Clarisses propose des objets d’archéologie, de géologie (dont les « étoiles de Sion ») et des œuvres artistiques.

Restauration et hébergement

Il y a plusieurs restaurants sur la colline de Sion, comme « l’Abri du Pèlerin », à côté de la basilique Notre-Dame de Sion, ainsi que « l’Auberge de la colline » et « l’Écurie » à Vaudémont.
La Cité des Paysages, située dans le village de Sion, peut accueillir des groupes. On peut aussi résider dans les chambres d’hôtes « Les Hauts de Sion » dans le village de Saxon-Sion, ou louer un appartement dans un village voisin comme Favières, Haroué ou Goviller.
Durant la période de suivi de migration (du 15 septembre au 15 novembre), l’association Lorraine Association Nature met à un gîte à la disposition des volontaires à Hammeville, à vingt minutes en voiture (voir ci-dessous).

Le suivi de la migration « Objectif Migr’à Sion »

Observateurs sur la colline de Sion-Vaudémont

Observateurs sur la colline de Sion-Vaudémont (Meurthe-et-Moselle) (cliquez sur la photo pour l’agrandir).
Photographie : Edouard Lhomer

L’association Lorraine Association Nature (LOANA) réalise différentes études, mène des actions de protection en faveur du Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus), des pies-grièches, du Milan royal (Milvus milvus) (lire Guillaume Leblanc et le nourrissage du Milan royal en Lorraine), du Grand-duc d’Europe (Bubo bubo) et de la Cigogne noire (Ciconia nigra), mais aussi pour la conservation des vieux vergers. Elle rédige des rapports sur la Trame verte et bleue (= réseau de continuités écologiques terrestres et aquatiques), gère des chantiers nature et sensibilise le grand public.
Elle organise également depuis dix ans le suivi quotidien du passage des oiseaux migrateurs durant la période postnuptiale (du 15 septembre au 15 novembre) sur la colline de Sion-Vaudémont. Les comptages débutent au lever du soleil et se terminent à 13 heures, sauf si les conditions météorologiques sont trop défavorables. 
Le camp de migration est ouvert à tous et accueille des bénévoles pour aider les membres de l’association. Par ailleurs, un camp de baguage géré par l’association Hirrus est installé à proximité entre septembre et mi-octobre.
La colline de Sion-Vaudémont a été choisie comme site de suivi car elle est le point culminant du plateau lorrain, elle a une forme d’entonnoir, elle permet de repérer et de compter dans de bonnes conditions les migrateurs (principalement des passereaux forestiers) qui viennent y chercher un abri et bénéficier d’ascendances thermiques afin de poursuivre leur périple, et elle est visitée par de nombreux touristes qui peuvent ainsi être sensibilisés.
Des jumelles (prêt possible) et un chapeau/casquette et vêtements chauds et imperméables sont nécessaires (les conditions météorologiques peuvent être rudes). 
Les participants devront saisir leurs données dans la base de données www.migraction.net, mais aussi sensibiliser les visiteurs au suivi migratoire et à la protection des oiseaux. 
Un gîte est mis à la disposition des volontaires restant au moins une semaine. Une participation financière de 7 euros par jour, couvrant le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner, est demandée. La possession d’un permis de conduire est un plus, mais il y a des possibilités de covoiturage. L’association pourra venir chercher les personnes ne disposant pas de véhicule à l’arrêt de bus de Vézelise (un village desservi par un train depuis la gare de Nancy).

Un important passage de passereaux et de pigeons

Pigeons ramiers (Columba palumbus)

Pigeons ramiers (Columba palumbus) en migration au-dessus de la colline de Sion-Vaudémont (Meurthe-et-Moselle) (cliquez sur la photo pour l’agrandir).
Photographie : Edouard Lhomer

La colline de Sion constitue un très bon site de suivi de la migration postnuptiale, avec en moyenne 260 000 oiseaux (et parfois plus de 350 000) de 90 espèces comptés chaque année. En 2018, 266 165 oiseaux (93 espèces) ont été observés pendant 60 jours (309 heures). Le rapport complet peut être téléchargé.
Le Pigeon ramier (Columba palumbus) est l’espèce la plus nombreuse, avec de 100 000 à 200 000 individus notés durant chaque suivi, essentiellement entre le 07 octobre et le 15 novembre. La migration de cette espèce s’effectue par vagues successives, souvent après des conditions météorologiques particulières, par exemple l’arrivée d’un front froid.
Le Pinson des arbres (Fringilla coelebs) est la seconde espèce la plus représentée, avec environ 80 000 (80 119 en 2018) individus vus chaque année, principalement entre le 5 octobre et le 2 novembre. 
L’Étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris) est généralement le troisième sur le podium, avec environ 5 000 oiseaux chaque année (4 666 individus en 2018), mais les fluctuations interannuelles sont importantes. Le passage de l’année dernière a été important durant la première quinzaine de novembre, avec un pic de passage le 6 novembre 2018 suite à un déblocage météorologique. Des dortoirs de plusieurs centaines d’oiseaux se forment en septembre et en octobre à proximité de la colline de Sion-Vaudémont, et il faut donc faire attention à ne pas les compter parmi les migrateurs.
Le Pinson du Nord (Fringilla montfringilla) est également bien représenté (2 216 individus en 2018), avec un pic de passage à la fin du mois d’octobre. Ses mouvements sont complexes et liés aux conditions météorologiques et à la fructification des hêtres (lire Un dortoir de près de cinq millions de Pinsons du Nord en Slovénie durant l’hiver 2018-2019). Cette espèce est toutefois en déclin, à cause probablement du changement climatique.
Les effectifs de Grosbecs casse-noyaux (Coccothraustes coccothraustes) comptés chaque année varient énormément (7 708 oiseaux en 2018 contre 463 en 2016 et 1 442 en 2018), en fonction des variations de fructification des érables, des charmes et des frênes (lire L’automne 2017 et l’afflux des Gros-becs cassenoyaux en Europe de l’Ouest). C’est aussi le cas d’autres passereaux au régime spécialisé, comme le Bouvreuil pivoine (Pyrrhula pyrrhula) (27 en 2018) et le Bec-croisé des sapins (Loxia curvirostra). Avec 364 individus comptabilisés, la saison 2018 a été une année record pour cette dernière espèce, essentiellement au cours de la première décade de novembre.

Mésange bleue (Cyanistes caeruleus)

Mésange bleue (Cyanistes caeruleus) en migration au-dessus de la colline de Sion-Vaudémont (Meurthe-et-Moselle) (cliquez sur la photo pour l’agrandir).
Photographie : Antoine Peultier

La colline de Sion-Vaudémont est le principal site français d »observation de la migration de l’Accenteur mouchet (Prunella modularis) : en 2018, 1 049 oiseaux ont été comptés, avec un pic atteint au début du mois d’octobre, un chiffre dans la moyenne depuis 2010. Cette espèce est peu détectée parce qu’elle migre de façon « rampante » et nocturne. 
Après la nette diminution des effectifs en 2015 et 2016, qui pourrait être liée à de la surmortalité due au virus Usutu (lire Des oiseaux touchés par le virus Usutu en Europe : situation et conseils), une hausse significative du nombre de Merles noirs (Turdus merula) comptés (551) a été constatée en 2018. 
Certaines années, on peut assister à des afflux de milliers de Mésanges bleues (Cyanistes caeruleus), noires (Periparus ater) et charbonnières (Parus major), ainsi que de Roitelets huppés (Regulus regulus), liées  au succès de leur reproduction, aux conditions climatiques et aux ressources alimentaires disponibles, mais cela n’a pas été le cas en 2018, avec respectivement 1 376, 3, 938 et 9 individus comptés seulement.
En 2018, les autres passereaux les plus nombreux ont été la Grive musicienne (Turdus philomelos) (1 308), le Tarin des aulnes (Carduelis spinus) (1 197), le Pipit farlouse (Anthus pratensis) (1 093), l’Hirondelle de fenêtre (Delichon urbicum) (1 067), la Linotte mélodieuse (Linaria cannabina) (1 016), l’Alouette des champs (Alauda arvensis) (907), la Grive mauvis (Turdus iliacus) (651), l’Hirondelle rustique (Hirundo rustica) (581), l’Alouette lulu (Lullula arborea) (572), le Chardonneret élégant (Carduelis carduelis) (567), la Bergeronnette grise (Motacilla alba), et les Grives litorne (Turdus pilaris) (468) et draine (Turdus viscivorus) (438).
Des passereaux migrateurs plus rares peuvent être observés depuis la colline, comme le Merle à plastron (Turdus torquatus), le Sizerin flammé (Acanthis flammea), les Pipits rousseline (Anthus campestris) et de Richard (A. richardi), les Bruants ortolan (Emberiza hortulana), fou (E. cia) et des neiges (Plectrophenax nivalis), le Cassenoix moucheté (Nucifraga caryocatactes), le Pouillot à grands sourcils (Phylloscopus inornatus) et le Grand Corbeau (Corvus corax).
Parmi les raretés vues en 2018, citons un Bec-croisé perroquet (Loxia pytyopsittacus) parmi des Becs-croisés des sapins le 15 novembre, un Bouvreuil trompetant (Pyrrhula pyrrhula pyrrhula) le 2 novembre (lire L’invasion des bouvreuils » trompetants » ou « trompetteurs »), deux Pipits spioncelles (Anthus spinoletta) le 2 novembre et le 6 novembre, et un Pouillot à grands sourcils le 13 octobre. 

La migration des autres oiseaux

Milans royaux (Milvus milvus)

Milans royaux (Milvus milvus) en migration au-dessus de la colline de Sion-Vaudémont (Meurthe-et-Moselle) (cliquez sur la photo pour l’agrandir).
Photographie : Edouard Lhomer

Même si les chiffres ne sont pas comparables à ceux des cols pyrénéens, plusieurs espèces de rapaces sont notées chaque année entre le 15 septembre et le 15 novembre depuis la colline, les Milans royaux (Milvus milvus) étant généralement les plus nombreux avec environ 350 oiseaux (420 en 2018). Les autres espèces notées régulièrement sont le Milan noir (Milvus migrans), la Bondrée apivore (Pernis apivorus), les Busards cendré (Circus pygargus) et des roseaux (C. aeruginosus), le Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus), les Faucons hobereau (Falco subbuteo), pèlerin (F. peregrinus) et crécerelle (F. tinnunculus), l’Épervier d’Europe (Accipiter nisus), l’Autour des palombes (Accipiter gentilis) et la Buse variable (Buteo buteo).
Des espèces plus rares ont déjà été repérées, comme le Faucon kobez (Falco vespertinus) (un oiseau de première année le 20 septembre 2019), le Pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla) (un de première année et un de seconde année le 7 octobre 2017), l’Aigle pomarin (Aquila pomarina) (un le 1er septembre 2011 et un équipé d’une balise Argos le 6 octobre 2011), le Circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus) (un le 22 août 2017) et le Hibou des marais (Asio flammeus) (un le 4 octobre 2017, 5 le 5 octobre 2011 et six le 30 septembre 2010).
Précisons que l’Aigle criard (Aquila clanga) estonien « Tönn », équipé d’une balise satellitaire, est passé en 2011 à cinq kilomètres de la colline.
Le Grand Cormoran (Phalacrocorax carbo) passe chaque année, principalement en octobre : avec 1 497 individus comptabilisés, la saison 2018 a été bonne, mais le passage automnal réel de cette espèce, qui s’étale du début juillet au mois de décembre, est sûrement sous-estimé.
La Cigogne noire (Ciconia nigra) est notée chaque année, avec en moyenne une vingtaine d’oiseaux (mais quatre seulement en 2018), tandis que la Cigogne blanche (C. ciconia) est irrégulière (maximum de 80 oiseaux en 2016).
En fin de période de suivi, on peut observer de petits groupes (quelques centaines d’individus au total) de Grues cendrées (Grus grus), la plupart des oiseaux passant plus au nord, en direction du lac du Der-Chantecoq (Marne/Haute-Marne). Après une année 2017 record (4 196 oiseaux), cette espèce s’est montrée timidement en 2018 (725 oiseaux).   

Cigogne noire (Ciconia nigra)

Cigogne noire (Ciconia nigra) en migration au-dessus de la colline de Sion-Vaudémont (Meurthe-et-Moselle)(cliquez sur la photo pour l’agrandir).
Photographie : Edouard Lhomer

Pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla) immature

Pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla) immature en migration au-dessus de la colline de Sion-Vaudémont (Meurthe-et-Moselle) le 7 octobre 2017 (cliquez sur la photo pour l’agrandir).
Photographie : Edouard Lhomer


Un cortège intéressant d’oiseaux nicheurs 

Fauvette grisette (Sylvia communis)

La Fauvette grisette (Sylvia communis) est nicheuse et migratrice sur la colline de Sion-Vaudémont (Meurthe-et-Moselle) (cliquez sur la photo pour l’agrandir).
Photographie : Edouard Lhomer

Grâce à une mosaïque de vergers, de pâturages, de cultures et de bois, le pays du Saintois, qui s’étend au pied de la colline de Sion, accueille encore les nidifications des Pies-grièches à tête rousse (Lanius senator) et grise (L. excubitor), deux espèces devenues rares ailleurs en Lorraine. Avec 15 territoires recensés en 2014, le Saintois est l’un des bastions régionaux de la première, et on peut par exemple la rechercher entre les villages de Sion et de Chaouilley. Un couple de Pies-grièches grises nichait en 2014 dans le secteur de Juvaincourt, à 10 km de la colline.
Le Torcol fourmilier (Jynx torquila), le Bruant zizi (Emberiza cirlus), la Chevêche d’Athéna (Athene noctua) et la Huppe fasciée (Upupa epops), également emblématiques des milieux semi-ouverts, sont plus communs. 
Le Milan royal, qui fait son grand retour dans le sud de la Lorraine, est bien implanté, et une nidification d’un couple de Cigognes noires est soupçonnée dans le secteur.
Les pelouses calcicoles du sommet de la colline accueillent l’Alouette lulu (Lullula arborea), la Caille des blés (Coturnix coturnix) et le Bruant proyer (Emberiza calandra). La Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio), les Bruants jaune (E. citrinella) et zizi (E. cirlus), les Fauvettes grisette (Sylvia communis), à tête noire (S. atricapilla) et babillarde (S. curruca) et le Moineau friquet (Passer domesticus) se reproduisent dans les milieux arborés clairs.
Les forêts de feuillus qui couvrent les versants sont le domaine entre autres du Pouillot siffleur (Phylloscopus sibilatrix), de la Tourterelle des bois (Streptopelia turtur), du Loriot d’Europe (Oriolus oriolus) et des Pics noir (Dryocopus martius), épeiche (Dendrocopos major), mar (D. medius), épeichette (D. minor) et vert (Picus viridis).
À la fin du printemps et en été, des Vautours fauve (Gyps fulvus) et moine (Aegypius monachus) peuvent faire de rares apparitions (lire Les mouvements printaniers de vautours dans le nord de l’Europe). 

L’hiver, une saison calme

Le pays du Saintois étant pauvre en zones humides, les espèces hivernantes sont peu nombreuses : on peut alors rechercher des sédentaires comme le Milan royal et la Pie-grièche grise, tandis que des bandes d’Alouettes des champs (Alauda arvensis), de Vanneaux huppés (Vanellus vanellus) et d’Etourneaux sansonnets se nourrissent dans les cultures et les pâtures.

D’autres bons sites ornithologiques à proximité

À l’est de la colline de Sion, les étangs et les gravières qui se succèdent dans la vallée de la Moselle, en particulier entre Crévéchamps et Charmes, méritent une visite au printemps et en hiver.
La réserve naturelle régionale de la Moselle Sauvage, qui couvre 380 hectares entre Bayon et Chamagne, protège l’un des derniers tronçons de rivière avec un lit « mobile » du nord-est de la France. La forêt alluviale, les bancs de graviers et les berges sablonneuses accueillent une faune et une flore diversifiées. Le Petit Gravelot (Charadrius dubius), le Chevalier guignette (Actitis hypoleuca) et l’Hirondelle de rivage (Riparia riparia) sont des nicheurs typiques, et le Castor d’Europe (Castor fiber), réintroduit en 1984, est désormais bien présent
Le Gobemouche à collier (Ficedula albicollis) niche sur les versants de la vallée de la Moselle à environ 20 km à l’est de la colline, par exemple dans les forêts de Rambervilliers, de Charmes, de Fraize et de Souche-Thaon (lire Chercher le Gobemouche à collier en Lorraine).