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Le bassin de récupération des eaux pluviales de Servon (Seine-et-Marne), une réalisation attractive pour les oiseaux
Vue du bassin de récupération des eaux pluviales de la Zone d’Aménagement Concertée (ZAC) du Noyer aux Perdrix à Servon (Seine-et-Marne) en décembre 2025.
Photographie : Ornithomedia.com
Introduction
Les bassins de rétention des eaux pluviales sont des ouvrages d’ingénierie hydrologique conçus pour capter et stocker temporairement les eaux de pluie excédentaires issues des surfaces imperméabilisées (toitures, voiries, parkings, aménagements urbains, etc.) afin de maîtriser leur ruissellement, d’atténuer les crues et de réduire les risques d’inondations en aval des réseaux urbains : ils jouent aussi un rôle essentiel dans la lutte contre la pollution des milieux aquatiques en permettant une décantation des polluants avant un rejet progressif ou une infiltration contrôlée dans le sol.
Depuis les années 1980, les bassins de retenue et de stockage ont connu un développement continu en Europe, s’inscrivant dans des politiques de gestion intégrée des eaux pluviales qui visent à concilier résilience urbaine et protection des milieux naturels. En France, la croissance du nombre de ces ouvrages a été particulièrement forte, accompagnant celle des surfaces des zones commerciales et résidentielles : on en recense ainsi désormais plusieurs dizaines de milliers sur le territoire national, et leur nombre continue d’augmenter au rythme des nouvelles normes d’aménagement et de la prise en compte de la gestion durable des eaux pluviales dans les plans locaux d’urbanisme.
Au-delà de leur fonctionnalité hydraulique, ces bassins peuvent devenir des milieux propices au développement de la biodiversité. En effet, ces points d’eau temporaires ou semi-permanents peuvent être accueillants pour la flore et la faune. C’est notamment le cas pour les oiseaux, qui y trouvent dans certains cas des conditions favorables pour s’y nourrir, se reposer ou s’y reproduire.
Un bon exemple est celui du bassin de récupération des eaux pluviales de la Zone d’Aménagement Concertée (ZAC) du Noyer aux Perdrix, situé à Servon (Seine-et-Marne), où la diversité ornithologique est remarquable pour un site de petite taille, illustrée par le séjour en décembre 2025 d’un Pouillot brun. Nous remercions Stéphane Thomin, qui visite ce site régulièrement depuis 2020, pour ses informations et ses photographies.
Abstract
Stormwater retention basins are hydrological engineering structures designed to capture and temporarily store excess rainwater runoff from impervious surfaces (roofs, roads, parking lots, urban developments, etc.) in order to control runoff, mitigate flooding, and reduce the risk of downstream inundation within urban drainage networks. They also play an essential role in combating pollution of aquatic environments by allowing pollutants to settle before gradual discharge or controlled infiltration into the soil.
Since the 1980s, retention and storage basins have undergone continuous development across Europe, as part of integrated stormwater management policies aimed at reconciling urban resilience with the protection of natural environments. In France, the growth in the number of such structures has been particularly significant, accompanying the expansion of commercial and residential areas: there are now several tens of thousands across the national territory, and their number continues to increase in line with new planning standards and the incorporation of sustainable stormwater management into local urban development plans.
Beyond their hydraulic function, these basins can become environments conducive to the development of biodiversity. Indeed, these temporary or semi-permanent water bodies can provide suitable habitats for flora and fauna. This is particularly true for birds, which may find favorable conditions there for feeding, resting, or breeding.
A good example is the stormwater collection basin of the (Zone d’Aménagement Concertée (Joint Development Zone) du Noyer aux Perdrix, located in Servon (Seine-et-Marne), where the ornithological diversity is remarkable for such a small site, as illustrated by the presence in December 2025 of a Dusky Warbler. We thank Stéphane Thomin, who visits regularly this site since 2020, for his information and photographs.
Les étapes de la création d’un bassin de rétention des eaux pluviales
La conception d’un bassin de rétention des eaux pluviales débute par une évaluation hydrologique du site, qui permet de déterminer les volumes d’eau à gérer, la topographie, la nature des sols et les points d’entrée des ruissellements.
Ensuite viennent les études techniques et environnementales, visant à définir l’implantation optimale, le dimensionnement (surface et profondeur) et les matériaux à utiliser, tout en intégrant les contraintes écologiques et paysagères. Le terrassement et les travaux de génie civil créent la cuvette du bassin, qui peut être enterrée, semi-enterrée ou à ciel ouvert, avec des pentes adaptées à la sécurité et à l’accès de la faune et de la flore (lire Jean-François Noblet nous explique comment neutraliser les pièges mortels pour les oiseaux).
Enfin, l’installation des dispositifs d’arrivée et de sortie des eaux (grilles, buses et canaux de déversement) et la mise en place d’un revêtement étanche ou perméable selon les objectifs complètent l’ouvrage : le bassin est alors prêt à capter les eaux de ruissellement lors d’épisodes pluvieux, à les stocker temporairement pour prévenir les inondations et à favoriser la décantation des polluants avant rejet ou infiltration contrôlée dans le milieu récepteur.
Des ouvrages qui peuvent être attractifs pour la flore et la faune sous certaines conditions
Les bassins de rétention, au-delà de leur rôle hydraulique, peuvent être attractifs pour la flore et pour la faune en fonction de plusieurs facteurs :
- localisation et contexte paysager. Un bassin situé dans un milieu ouvert, connecté ou peu éloigné d’autres zones humides, boisées ou bocagères, ou proche de corridors écologiques, favorise sa colonisation par des plantes et des animaux.
- Surface et profondeur. Un bassin d’une surface minimum et de profondeur différente offre des conditions favorables à différentes plantes et invertébrés aquatiques, amphibiens et oiseaux.
- Variations saisonnières du niveau d’eau. Les fluctuations naturelles du niveau d’eau (inondation temporaire après la pluie, puis baisse progressive) reproduisent le régime des zones humides naturelles, stimulant la germination des plantes et la reproduction et le nourrissage de la faune.
- Végétation plantée et spontanée. La plantation de végétaux adaptés (roseaux, joncs, graminées, plantes aquatiques, etc.) et la colonisation spontanée par des végétaux transportés par le vent et les animaux ou déjà présents dans le sol créent des zones de refuges, de nourriture et de nidification pour la faune. Une végétation diversifiée améliore aussi la qualité de l’eau en piégeant les nutriments et en stabilisant les berges, ce qui attire insectes pollinisateurs, amphibiens et oiseaux.
- Gestion écologique de l’entretien. Des pratiques durables, telles que la fauche tardive, l’éco-pâturage, la création de prairies fleuries ou la plantation d’arbustes autour des bassins permettent d’augmenter la diversité des habitats et de réduire les perturbations humaines, favorisant ainsi la présence d’une faune variée.
Ces éléments peuvent transformer un simple bassin en une zone humide fonctionnelle qui peuvent attirer une diversité parfois remarquable d’invertébrés, d’amphibiens, de reptiles et d’oiseaux. Il existe plusieurs exemples de bassins devenus des sites ornithologiques d’un grand intérêt, comme l’Eric Singleton Bird Sanctuary en Australie.
Le bassin de récupération des eaux pluviales de la ZAC du Noyer aux Perdrix de Servon (Seine-et-Marne)
Situation de Servon (Seine-et-Marne). |
Ce bassin de rétention est implanté au sein de la ZAC (Zone d’Aménagement Concerté) du Noyer aux Perdrix, située sur la commune de Servon, dans le département de Seine-et-Marne (Île-de-France). Cette ZAC, qui s’étend sur environ 36 hectares et dont les travaux qui se sont échelonnés de 2008 à 2020, est composée de zones bâties accueillant des activités économiques et paysagères et d’un secteur aménagé pour la gestion des eaux pluviales.
Le maître d’ouvrage du bassin était la Métropole du Grand Paris, avec une implication de la ville de Servon et de l’AFTRP (Aménageur Foncier Territorial de la Région Parisienne). La maîtrise d’œuvre était composée du cabinet Artemise, d’Urbatec et de BET Environnement.
La création du bassin de rétention, qui était intégrée à la dernière tranche opérationnelle, remonte à la fin des années 2010, mais des études complémentaires et des révisions techniques ont été menées jusqu’en 2024 pour optimiser le fonctionnement hydraulique du bassin, notamment en raison de problématiques de nappe perchée et de capacité d’infiltration.
La surface totale de la zone naturelle dédiée à la gestion des eaux pluviales couvre environ 5 200 m², dont environ 3 400 m² pour le bassin de rétention lui-même. Celui-ci a été dimensionné pour capter et retenir les eaux pluviales générées par l’imperméabilisation du sol de la ZAC, avec une conception qui permet de réduire les débits en excès vers les réseaux publics ou vers le milieu récepteur. Lorsqu’il est totalement rempli, on peut atteindre une surface de 25 000 m² (100 m x 250 m).
Il a été créé pour collecter les eaux des pluies centennales (= capacité à capter un important épisode pluvieux sans rejet excessif), avec un débit de fuite limité pour ne pas surcharger les réseaux communaux. Son niveau d’eau varie davantage en fonction des périodes de pluie et de sécheresse ou suite à un gros orage, qu’en fonction des saisons. Quand il fait sec en été pendant plusieurs semaines, l’étang disparaît et il ne reste alors qu’un fossé central rempli d’eau boueuse entouré par une zone sèche et craquelée, mais à la fin des mois de juillet 2021 et 2024, il était aussi plein autant que lors d’un hiver pluvieux, probablement suite à de gros orages. En hiver, le niveau d’eau est toujours assez haut, inondant partiellement la végétation riveraine.
Le bassin est bordé d’une zones enherbée plantée d’arbres et d’arbustes parcourue par un sentier et équipée de panneaux didactiques sensibilisant à la biodiversité. Il constitue ainsi un espace vert ouvert pour la promenade et offre des conditions favorables pour la faune locale et les oiseaux migrateurs.
Un dysfonctionnement hydraulique, lié à la nappe perchée et à une capacité d’infiltration insuffisante, avait été identifié, ce qui a conduit à relancer des études techniques entre 2021 et 2024 afin d’ajuster les calculs et proposer des solutions techniques pour améliorer son efficacité.
Par ailleurs, même si la fréquentation quotidienne est faible, les dérangements de la faune par les promeneurs, leurs chiens et les amateurs de moto-cross et de quad sont encore trop nombreux. Stéphane Thomin a aussi vu un drone survoler le site et même un braconnier (signalé à la Brigade Intercommunale Environnementale) tirant au fusil un soir, tandis que son fils en a repéré un autre chassant les passereaux à la glu.
La mairie de Servon ne semble pas désirer protéger ou réglementer davantage le site, ni même y apposer une quelconque signalétique, car ce n’est pas un parc urbain mais une zone de liberté pour les promeneurs. La police est quand même intervenue en mai 2025 pour arrêter les rodéos à moto sur la rue de Périgny qui aboutit à l’étang et qui empruntaient aussi souvent sur le chemin autour de l’étang. Toutefois, cela n’a pas empêché des quads et des motos de traverser à plusieurs reprises le bassin à sec durant l’été 2025.
Par ailleurs, l’étang est en train de se refermer du fait de la croissance régulière de la typhaie et de la saulaie, et depuis l’été 2025, à cause de la Jussie rampante (Ludwigia peploides) qui se répand rapidement sur la berge nord-est : il est donc probable que la physionomie de l’étang change complètement d’ici deux à trois ans si aucun travail d’entretien n’est entrepris.
Accès et point d’observation
Carte du bassin de rétention des eaux pluviales de la ZAC du Noyer aux Perdrix de Servon (Seine-et-Marne). |
Pour rejoindre en voiture depuis Paris le bassin de rétention des eaux pluviales de la ZAC du Noyer aux Perdrix de Servon, on peut emprunter l’autoroute A4 direction Metz-Nancy, prendre la sortie vers la N104 (Francilienne) en direction de Melun/Sénart, continuer sur cette nationale, prendre la sortie Servon, puis suivre la direction de Servon centre/ZAC du Noyer aux Perdrix. Le bassin se situe en bordure de la ZAC : Il n’est pas clôturé et est bordé d’un sentier, ce qui permet une observation facile, dans le respect de la faune et de la flore.
La ville de Servon n’est pas directement desservie par une gare SNCF et il faut donc combiner RER et bus pour l’atteindre. L’option la plus simple est de prendre le RER A depuis Paris en direction de Boissy-Saint-Léger, de descendre à cette gare, de prendre un bus local du réseau Île-de-France Mobilités en direction de Servon/Brie-Comte-Robert, de descendre à un arrêt proche de la ZAC du Noyer aux Perdrix (arrêts “ZAC”, “Noyer aux Perdrix” ou centre de Servon selon la ligne), puis marcher ensuite 5 à 15 minutes.
Des odonates, des amphibiens, des reptiles et des mammifères
Selon la plateforme collaborative faune-iledefrance.org, dix espèces d’odonates (libellules, agrions et demoiselles) étaient recensées au 2 mai 2025.
Côté amphibiens, les Grenouilles verte (Pelophylax kl. esculentus) et rieuse (P. idibundus) sont présentes, ainsi que le Triton crête (Triturus cristatus) : Stéphane Thomin a d’ailleurs vu une Mouette rieuse (Chroicocephalus ridibundus) en avaler un.
Parmi les reptiles, le Lézard des murailles ( Podarcis muralis) et la Couleuvre helvétique (Natrix helvetica) ont été vu plusieurs fois.
Le Ragondin (Myocastor coypus) s’aventure régulièrement dans le bassin, parfois en famille, a priori depuis le fossé qui alimente l’étang, voire de plus loin. Le Renard roux (Vulpes vulpes) et le Lapin de garenne (Oryctolagus cuniculus) visitent les alentours.
Plus de 150 espèces d’oiseaux ont déjà observées
Le bassin de rétention des eaux pluviales de la ZAC du Noyer est un site recensé sur ebird, et l’on constate ainsi que 153 espèces d’oiseaux y ont été observées jusqu’à présent, dont certaines rares aux niveaux régional et national, et l’on se dirige vers la barre de 160. Stéphane Thomin le visite régulièrement depuis 2020, en fin de semaine mais aussi le matin et/ou en fin d’après-midi durant la semaine car il passe à proximité pour se rendre à son travail.
Cette richesse ornithologique importante pour un site de petite taille est assez remarquable et pourrait s’expliquer par sa situation géographique et son caractère accueillant (végétation dense et variations du niveau d’eau).
Les oiseaux nicheurs
Le Canard colvert (Anas platyrhynchos), la Gallinule poule-d’eau (Gallinula chloropus) et la Foulque macroule (Fulica atra) sont des nicheurs communs et réguliers. Les Corneilles noires (Corvus corone) et d’autres prédateurs se délectent parfois de leurs œufs, que l’on retrouve parfois percés et vidés sur le chemin entourant l’étang. Le Grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis) tente de se reproduire tous les ans, avec plus ou moins de succès.
La Bernache du Canada (Branta canadensis) peut être vue à tout moment de l’année, mais elle ne niche pas sur le bassin.
La Sterne pierregarin (Sterna hirundo) est régulière à la belle saison, et des couples ont déjà été vus se posant sur un nid vide de foulques, paradant ou mimant une couvaison.
Le Héron cendré (Ardea cinerea) chasse les grenouilles du printemps à l’automne.
Depuis 2024, Stéphane Thomin observe chaque année le Phragmite des joncs (Acrocephalus schoenobaenus) et la Rousserolle effarvatte (A. scirpaceus) dans les massettes (Typha sp.) et dans la phragmitaie bordant l’étang. Le premier n’est peut-être que de passage, mais il a vu et entendu des jeunes, probablement locaux, de la seconde espèce en août 2025 pendant plusieurs jours, qui me semblent être des oiseaux locaux.
Le Bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus) niche aussi dans les massettes.
Le 10 mars 2014, Stéphane a noté brièvement une femelle de Gorgebleue à miroir (Luscinia svecica), mais en 2025, il a contacté cette espèce plusieurs fois du 5 avril au 9 ma : il y avait au moins un couple, voire deux à chaque extrémité de l’étang. Un mâle a chanté discrètement et a fait un petit vol de parade bas au-dessus des massettes et de la saulaie, alors que la femelle était très discrète. À partir de la mi-avril, les oiseaux étaient devenus quasiment invisibles et muets. Il a posé un enregistreur durant la nuit et il a découverte que le mâle a chanté quatre fois au milieu de la nuit du 17 avril au 8 mai. L’espèce a été revue pour la dernière fois le 9 mai : un sujet à suivre donc en 2026.
L’Hypolaïs polyglotte (Hippolais polyglotta) niche probablement dans la végétation le long de la voie ferrée voisine.
Le Faucon crécerelle (Falco tinnunculus) est bien visible et doit se reproduire dans les environs. Le Faucon hobereau (Falco subbuteo) y chasse les odonates, et la Buse variable (Buteo buteo) recherchent des proies dans les champs voisins.
Une impressionnante diversité de migrateurs
Le bassin de rétention des eaux pluviales de la ZAC du Noyer est surtout intéressant durant les passages : ainsi, 22 espèces de limicoles ont déjà été vues sur l’étang ou sur ses berges, tandis que le Pluvier doré (Pluvialis apricaria) le survole mais ne s’y pose pas. La Bécassine des marais (Gallinago gallinago) (également hivernante), les Chevaliers culblanc (Tringa ochropus), guignette (Actitis hypoleucos) et aboyeur (T. nebularia), ainsi que le Petit Gravelot (Charadrius dubius) sont les plus réguliers. Certains jours, six à sept espèces peuvent être présentes simultanément.
Les effectifs sont modestes, mais Stéphane a déjà compté jusqu’à 30 Bécassines des marais, 4 Bécassines sourdes (Lymnocryptes minimus), 23 Combattants variés (Calidris pugnax), 8 Chevaliers guignettes, 12 Chevaliers sylvains (T. glareola), 16 Chevaliers aboyeurs, 9 Chevaliers gambettes (T. totanus), 4 Échasses blanches (Himantopus himantopus) et 14 Grands Gravelots (C. hiaticula).
Plusieurs de ces limicoles sont rares ou peu communes en Île-de-France, comme la Bécassine sourde, l’Échasse blanche, l’Avocette élégante (Recurvirostra avosetta), le Courlis corlieu (Numenius phaeopus), le Chevalier arlequin (T. erythropus), le Tournepierre à collier (Arenaria interpres) et les Bécasseaux cocorli (Calidris ferruginea), de Temminck (C. temminckii) et minute (C. minuta).
Stéphane et son fils ont repéré une Marouette ponctuée (Porzana porzana) les 10 et 11 octobre 2020, et cette espèce a été enregistrée la nuit du 17 au 18 avril 2025. Le Râle d’eau (Rallus aquaticus) a été contacté une dizaine de fois entre avril et septembre.
Le Héron pourpré (Ardea purpurea) et la Spatule blanche (Platalea leucorodia) ont déjà été vus aux passages.
Les trois espèces de guifettes ont été observées une oud eux fois seulement en cinq ans, y compris une Guifette leucoptère (Chlidonias leucopterus) qui est restée 15 minutes le 24 août 2024.
Des groupes de plusieurs dizaines de Mouettes rieuses sont posées régulièrement sur le bassin, notamment après la saison de nidification. La Mouette mélanocéphale (Ichthyaetus melanocephalus) est moins commune, avec un effectif maximum compté inférieur à cinq individus. La Mouette pygmée (Hydrocoloeus minutus) a été notée cinq fois au printemps.
Les Goélands leucophée (Larus michahellis) et brun (L. fuscus) se posent parfois mais ils sont farouches et restent quelques minutes au maximum. Les Goélands cendré (L. canus) et argenté (L. argentatus) ont été observés une seule fois chacun.
Il n’y a pas de poisson dans l’étang, donc le Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) n’a jamais été noté. En revanche, le Busard des roseaux (Circus aeruginosus) et la Bondrée apivore (Pernis apivorus) passent pendant les migrations.
La végétation qui borde le bassin et qui pousse sur la butte qui longe la ligne TGV voisines est intéressante pour observer les passereaux de passage. Le Pouillot véloce (Phylloscopus collybita) est visible presque toute l’année, en particulier pendant la migration d’automne.
La Rousserolle verderolle (Acrocephalus palustris) a été contactée une fois en juin 2024, et la Rémiz penduline (Remiz pendulinus) a été observée deux fois durant l’automne 2025 (deux oiseaux le 18 octobre et au moins 3 le 2 novembre) dans la typhaie qui a pris beaucoup d’ampleur au cours des dernières années et qui est donc devenue favorable à cette espèce.
Une Fauvette pitchou (Curruca undata) est restée dans la friche proche de l’étang du 11 novembre 2022 au 18 janvier 2023 au moins, et la dernière rareté recensée est un Pouillot brun (P. fuscatus) découvert dans la végétation de l’étang le 13 décembre 2025 et contacté jusqu’au 16 décembre au moins.
Des hivernants peu nombreux
Des groupes de Canards colverts peuvent stationner sur le bassin en hiver, mais le Canard siffleur (Mareca penelope) a aussi déjà été vu, et un Canard pilet (Anas acuta) est présent en ce mois de février 2026. Des groupes de Mouettes rieuses restent très peu de temps sur l’étang.
Un autre bassin à visiter à proximité : l’Espace Naturel de la Motte
L’ancien bassin de décantation des eaux de la sucrerie Béghin-Say de Lieusaint (Seine-et-Marne), situé à moins de 500 mètres de la gare RER de Lieusaint-Moissy (ligne D) et à 8 km au sud du bassin de Servon, sur les communes de Lieusaint et de Moissy-Cramayel (voir sa localisation), est devenu une zone humide d’un grand intérêt ornithologique et a été classé en Espace Naturel, dit de la Motte (voir la vidéo ci-dessous). L’Établissement Public d’Aménagement de l’Opération d’Intérêt National de Sénart, y a réalisé des aménagements pour transformer cette zone de 17 hectares en un lieu de promenade (création de chemins piétonniers et de passerelles en bois, observatoire ornithologique et points de vue panoramique et panneaux pédagogiques).
Grâce à ses belles roselières, plusieurs espèces de passereaux paludicoles et de canards y nichent, et les migrateurs sont également variés.
Une vidéo sur l’Espace Naturel de la Motte à Lieusaint (Seine-et-Marne)
Vidéo filmée par un drone de l’Espace Naturel de la Motte à Lieusaint (Seine-et-Marne).
Source : Drone Air
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Compléments
À lire sur le web
Le site web collaboratif Faune Île-de-France : www.faune-iledefrance.org
Ouvrages recommandés
- Le Guide Ornitho de L. Svensson et al
- Les oiseaux d’Île de France de G. Lesaffre
- Balades nature autour de Paris d’Alain Breugnon
Sources
- ARRA (2026). Végétalisation et biodiversité des bassins de gestion des eaux pluviales. www.arraa.org
- Grand Paris Aménagement (2025). Compte-rendu annuel à la collectivité locale Servon (Exercice 2024) – ZAC du Noyer aux Perdrix. www.loreedelabrie.fr
- Marilou Hayes et Jérôme Guay (2024). Le potentiel écologique des bassins de rétention des eaux pluviales en contexte routier. Québec. ecologicalconnectivity.com
- Anja Svane Kolath, Camilla S. Pedersen,Uffe L. Gangelhof et Sara Egemose (2021). Biodiversity and Sediment Contamination in Wet Stormwater Ponds Depending on Design and Catchment Characteristics. Sustainability. www.mdpi.com
- Artemise Paysage (2020). ZAC du Noyer aux Perdrix, Servon. artemise-paysage.fr
- Claude Pouey (2018). Enquête publique relative à la demande d’autorisation d’exploiter un entrepôt de stockage de matières et produits combustibles sur la commune de Servon. Préfet de Seine-et-Marne. www.seine-et-marne.gouv.fr













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