Le Vautour fauve (Gyps fulvus) mesure de 230 à 265 cm d’envergure. Son plumage est globalement brun-chamois et ses rémiges et ses rectrices (queue) sont brun foncé. Sa tête et son long cou sont recouverts d’un duvet blanc grisâtre. L’adulte a le bec jaunâtre et une collerette blanche, alors que chez le jeune, qui est globalement plus sombre, la collerette est brune et le bec grisâtre.

Il se nourrit principalement de charognes, et une fois un cadavre repéré, les autres individus se joignent à lui pour la curée, parfois rejoints ou précédés par d’autres nécrophages comme le Grand Corbeau (Corvus corax), le Gypaète barbu (Gypaetus barbatus) et les Vautours moine (Aegypius monachus) et percnoptère (Neophron percnopterus) (lire Buseu : observer quatre espèces de vautours).

Le Vautour fauve niche sur des falaises dans les zones accidentées et montagneuses de la péninsule ibérique et du nord-ouest de l’Afrique (lire Une petite colonie de Vautours fauves s’est installée en 2023 au Maroc, après près de quarante ans d’absence) jusqu’à l’ouest de la Chine en passant par l’Asie centrale et le Moyen-Orient. En Europe, il se reproduit principalement dans la péninsule ibérique, mais aussi en France, où il a été réintroduit dans plusieurs secteurs (Grands Causses, Baronnies, gorges du Verdon, Vercors, etc.), dans les Balkans, en Italie, en Croatie, en Grèce et en Autriche (recolonisation naturelle récente).  

Vautours fauves (Gyps fulvus)

Vautours fauves (Gyps fulvus) dans le département de l’Aube, dans l’est de la France, le 7 juin 2026.
Photographie : Thibault Jourdain 

Grâce à la forte croissance de sa population européenne depuis plusieurs décennies grâce aux mesures de protection prises et aux programmes de réintroduction menés, on assiste au printemps (et dans une moindre mesure en été et en automne) à une augmentation du nombre d’observations d’individus loin de leur aire de répartition normale de l’espèce, des oiseaux atteignant ainsi le nord et l’est de la France, la Belgique (lire Vautours affamés en Belgique : décret royal et mouvements), les Pays-Bas, l’Allemagne, la Scandinavie ou encore le Royaume-Uni et y restant quelques heures, quelques jours ou parfois plusieurs semaines. Ces grands mouvements de dispersion concernent essentiellement de jeunes individus, notamment entre leur première et leur quatrième année (lire Comment expliquer les mouvements printaniers de vautours dans le nord et l’ouest de l’Europe ?).

Au printemps, l’ensoleillement fort et les masses d’air instables contribuant à la formation d’ascendances thermiques (lire L’utilisation des ascendances thermiques et dynamiques par les oiseaux), ainsi que les vents fréquents soufflant du Sud ou du Sud-ouest, favorisent en effet les mouvements de jeunes oiseaux n’ayant pas encore de comportement reproducteur et plus susceptibles d’explorer de nouveaux territoires. Ils peuvent ainsi parcourir plus de 200 kilomètres en une seule journée sans pratiquement battre des ailes quand les conditions météorologiques sont favorables.  

Entre le 31 mai et le 9 juin 2026, une jeune Vautour fauve (collerette marron) a été observé en Moselle, tout d’abord dans le Domaine de Lindre (lire Le Domaine de Lindre, l’étang aux aigles pêcheurs), puis dans le village d’Harprich, qui accueille une belle population de Cigognes blanches (Ciconia ciconia) nichant sur les toits des maisons. Outre le fait que l’observation de ce grand rapace en Lorraine est inhabituelle, même si Marilou Morat a rappelé dans une publication du 10 juin 2026 sur le groupe Facebook « Oiseaux de France » qu’il y avait au moins un signalement par an de l’espèce dans l’est de la France, c’est surtout le comportement inhabituel de ce jeune, décrit dans cette intervention, qui a attiré l’attention des observateurs et des médias. 

Situations du village d'Harprich et du domaine de Lindre (Moselle)

Situations du village d’Harprich et du domaine de Lindre (Moselle).
Carte : Ornithomedia.com 

Il a en effet été vu, photographié et filmé en train de tuer et de se nourrir de cigogneaux âgés d’environ six à huit semaines dans leurs nids. Le nombre exact de nids visités, d’oiseaux blessés ou tués n’a en priori pas été précisé. Les images ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux, et cet oiseau a même été surnommé « Attila » par certains habitants. 

S’il est difficile de savoir si ces cigogneaux étaient déjà affaiblis ou même morts avant ces attaques, il est probable que ce vautour ait été attiré par leur absence apparente de mouvements, d’autant plus les jeunes cigognes adoptent souvent une stratégie d’immobilisation en cas de danger. 

Ces cas de prédation sur des oiseaux sont rarissimes chez le Vautour fauve, qui se nourrit habituellement de carcasses d’ongulés sauvages ou domestiques et qui ne possède pas les serres puissantes pour capturer des proies vivantes, même s’il existe de nombreuses discussions évoquant des attaques sur des ovins vivants dans les zones d’élevage (lire Les « attaques » de vautours : fantasmes et réalités). 

Outre l’hypothèse selon laquelle que ce Vautour fauve aurait pu être attiré par le grand nombre de cigogneaux semblant « amorphes » dans leurs nids dans le village d’Harprich, y voyant là une ressource exceptionnellement facile d’accès, d’autres facteurs ont pu contribuer à ce comportement inhabituel : un individu isolé, inexpérimenté, en situation d’errance et peut-être affamé, ne trouvant pas de cadavres d’ongulés disponibles.   

Par ailleurs, les vautours peuvent s’en prendre à des proies (parfois de grande taille) encore vivantes mais très vulnérables car malades, immobilisées ou blessées. En Afrique, signalons aussi que le Vautour oricou (Torgos tracheliotos) attaque parfois les colonies de flamants, tuant les adultes et les jeunes paniqués et mangeant les œufs. En Amérique du Nord. Le 14 août 1949, quatre Urubus à tête rouge (Cathartes aura) ont été vus attaquant (sans succès) un Grand Héron (Ardea herodias) posé sur son nid construit dans un arbre près du lac Pymatuning, dans le comté d’Ashtabula, dans l’Ohio (États-Unis). 

Reportage sur les attaques d’un Vautour fauve (Gyps fulvus) immature sur des cigogneaux en Moselle en mai et en juin 2026
Source : Rudy Schneider / France.tv

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