Le Coucou gris (Cuculus canorus) est un oiseau discret, longiligne, de taille moyenne (environ 30 cm), aux longues ailes pointues et à la longue queue arrondie, connu pour son chant typique et son comportement parasitaire, qui consiste pour la femelle à pondre dans le nid d’une autre espèce afin que celle-ci assure la couvaison de l’œuf puis l’alimentation du jeune individu.

Le mâle adulte la tête, le dessus et la poitrine gris bleu, tandis que le ventre est blanc rayé de sombre. Dans cette forme de plumage, il ressemble superficiellement à l’Épervier d’Europe (Accipiter nisus), le principal prédateur des passereaux qu’il parasite. Thorogood et Davies ont montré que cette ressemblance était le résultat d’une stratégie adaptative appelée le mimétisme batésien, qui consiste à imiter une espèce dangereuse afin de se protéger des attaques des prédateurs. 

La femelle adulte a généralement un plumage très proche de celui du mâle, avec toutefois une nuance ocre sur la poitrine, mais il existe aussi une forme (lire notre article La phase des oiseaux, un terme à bannir) plus rare, entièrement brun-roussâtre rayée de noir (lire Pourquoi certaines femelles de Coucou gris sont-elles rousses ?).

La situation est moins claire chez les juvéniles, car les jeunes des deux sexes présentant des proportions variables de gris et de roux. Dans un article publié en 2019 dans le Journal of Ornithology, des ornithologues ont présenté les résultats de leur étude de la variation de couleur du plumage des jeunes en fonction de leur sexe au sein d’une population de coucous d’Europe centrale. Pour cela, ils ont déterminé génétiquement le sexe de 91 jeunes (poussins/juvéniles) et en se basant sur des photographies qui ont été analysées par un logiciel, ils les ont classés en cinq classes en fonction de leur proportion de roux. Ils ont constaté que les femelles juvéniles présentaient une plus forte proportion de plumes rousses que les mâles. Toutefois, cette différence n’est pas évidente si l’on se base sur une simple inspection visuelle, certains jeunes mâles présentant même un plumage intensément roux. Chez les adultes étudiés par contre, tous les mâles (n = 37) étaient gris, alors que cinq femelles sur 20 étaient rousses. Ainsi, contrairement aux femelles adultes, il n’est pas possible d’affirmer qu’un jeune globalement roux est bien une femelle.

Il serait intéressant de mener d’autres recherches sur la coloration du plumage des jeunes coucous afin d’examiner le processus de mue de leur plumage, et une analyse génétique détaillée serait nécessaire pour comprendre l’origine de la coloration des plumes de cette espèce.