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L’Ara chloroptère a niché à nouveau dans la forêt atlantique brésilienne en 2026, soit près de 200 ans après sa disparition
Le couple d’Aras chloroptères (Ara chloropterus) qui s’est reproduit avec succès en 2026 dans la réserve naturelle privée de la station Veracel (Brésil).
Photographie : Cetas Porto Seguro / Ibama
L’Ara chloroptère (Ara chloropterus) mesure de 85 à 95 cm de long pour une envergure de 100 à 125 cm. L’adulte a une grande tête rouge, avec des joues blanches nues, à l’exception de fines de fines lignes de plumes rouges. Les plumes du corps et de la queue sont également rouges, avec des traces jaunes vers le bas du ventre et quelques rectrices bleues. Ses rémiges sont également bleues tandis que les couvertures alaires sont vertes. Le bec est massif avec la mandibule supérieure rose chair et l’inférieure noire. Les pattes sont gris foncé et les iris noirs bordés de clair. Le juvénile a des couleurs plus ternes, un iris plus sombre et une queue plus courte. Ses cris sont stridents.
C’est une espèce très sociable, vivant en couples ou en groupes familiaux et formant des bandes plus importantes dans les dortoirs, dans les sites d’alimentation et sur les falaises riches en sels minéraux (lire La géophagie chez les perroquets). Elle vit dans les forêts tropicales humides, les forêts galeries, les savanes arborées, les zones marécageuses boisées et parfois les régions agricoles suffisamment pourvues en arbres. Elle dépend fortement des grands arbres pour la nidification et son alimentation (fruits).
Il est considéré comme étant de préoccupation mineure par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature, mais ce statut masque des déclins locaux parfois sévères, les principales menaces étant la déforestation et les captures illégales pour le commerce.
L’Ara chloroptère est actuellement présent de façon discontinue de l’est du Panama au nord-ouest et à l’est de la Colombie, à l’est du Pérou et de l’Équateur, au Venezuela, dans les trois Guyanes, au nord-est et à l’est de la Bolivie, au Brésil, au Paraguay et dans le nord-est d’Argentine.
Au Brésil, il vit principalement dans le bassin amazonien, mais aussi dans le Pantanal (lire Observer les oiseaux dans le Pantanal brésilien) et dans certaines zones du cerrado (savane boisée du nord-est du pays).
Il était aussi historiquement présent dans la forêt atlantique, où il a été mentionné dès 1500 dans une lettre de Pero Vaz de Caminha, mais il a disparu de cet habitat il y a près de 200 ans en raison de la destruction massive de son habitat, de la chasse et des captures.
Situation de la réserve naturelle privée de la station Veracel (Brésil). |
Dans un article publié en 2026 sur le site web de l’Instituto Brasileiro do Meio Ambiente (Ibama), on apprend que la première naissance dans la nature de deux poussins a été observée dans la forêt atlantique en avril de cette année, un résultat obtenu grâce à un projet de réintroduction lancé en 2022 par le Centro de Triagem de Animais Silvestres (Cetas) de Porto Seguro, situé dans le sud de l’État de Bahia.
Les individus utilisés dans le cadre de ce projet proviennent de dons de particuliers ou de saisies lors d’opérations de lutte contre le trafic d’espèces sauvages. À leur arrivée à Porto Seguro, ils sont identifiés par une micropuce et la pose d’une bague métallique, puis ils sont mis en quarantaine et font l’objet d’un examen clinique et comportemental. Des tests de santé sont menés, puis ils sont placés dans des volières où ils suivent un « entraînement » comprenant une préparation physique, une socialisation et une adaptation à leur milieu naturel, avec la fourniture de fruits indigènes et l’installation de nichoirs.
La zone choisie pour le lâcher du premier groupe d’oiseaux était un fragment de forêt atlantique d’environ 7 000 hectares en phase avancée de régénération. Elle comprend la réserve naturelle privée de la station Veracel, la plus grande de la forêt atlantique. Des mangeoires et des nichoirs y ont été installés pour faciliter l’installation des aras.
Le premier groupe a été relâché en 2024. Bien que des études indiquent que la période de reproduction de l’espèce peut atteindre cinq ans, on a observé que certains nichoirs étaient déjà occupés dès la première année suivant le lâcher. En 2026, des couples ont commencé à les défendre, signe d’un comportement reproducteur.
Selon Ligia Ilg, analyste environnementale à l’Ibama et coordinatrice du projet, le suivi a permis de repérer un couple qui restait de longues périodes dans l’un des nichoirs. L’équipe a opté pour une surveillance à distance afin de ne pas interférer avec le processus. La naissance de deux oisillons a ensuite été confirmée. Ces derniers ont été élevés avec succès, ont pris leur envol et ont commencé à chercher leur nourriture de manière autonome.
Cette expérience a contribué à dissiper l’idée reçue selon laquelle des aras élevés en captivité ne pouvaient pas retourner à la vie sauvage : leur comportement naturel peut en effet être rétabli grâce à un entraînement approprié et à une cohabitation avec d’autres individus de la même espèce.
Ce projet bénéficie du soutien de plusieurs institutions, dont la Police militaire de Bahia, chargée de la protection de la zone de réintroduction, le Laboratório de Etologia Aplicada da Universidade Estadual de Santa Cruz (UESC), qui encadre le dressage des animaux, la société Conservix, responsable de la construction des nids artificiels, la réserve naturelle privée de la Station (Estação) Veracel, qui mène des actions de sensibilisation à l’environnement, et l’organisation internationale World Parrot Trust, qui a financé la construction des volières.
Cigogne orientale (Ciconia boyciana) à Tokushima (Japon) en 2016.
Source : Epsilon Stella
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Source
Ibama (2026). Arara-vermelha-grande volta a se reproduzir na Mata Atlântica quase 200 anos após extinção no bioma. Date : 24/06. www.gov.br




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