Brèves
Une Mésange azurée a été la « vedette » du début de l’année 2026 en Norvège
Mésange azurée (Cyanistes cyanus) en Russie.
Photographie : Larisa Artemyeva / Wikimedia Commons
La Mésange azurée (Cyanistes cyanus) ressemble globalement à une Mésange bleue (C. caeruleus), mais elle est beaucoup plus claire et sans trace de jaune. Ses parties supérieures sont bleu pâle, y compris la queue. Une grande barre alaire blanche est visible, et sa queue est également nettement bordée de blanc. Ses parties inférieures sont blanchâtres, avec une petite tache bleu foncé sur la poitrine. Sa calotte et ses joues sont blanches, un demi-collier bleu foncé est visible sur la nuque, et une ligne noire traverse l’œil. Les deux sexes sont semblables. Le juvénile est plus terne, avec la tête et les parties inférieures de couleur grisâtre, et plus de gris que de bleu sur le manteau et les ailes. La Mésange azurée peut s’hybrider avec la Mésange bleue : les oiseaux issus de ce croisement sont appelés des Mésanges de Pleske (lire En savoir plus sur la Mésange de Pleske).
Aire de répartition de la Mésange azurée (Cyanistes cyanus) et situation du village d’Ørland, dans le comté de Trøndelag (Norvège). |
La Mésange azurée niche dans les forêts tempérées, les jardins et les buissons le long des zones humides et des cours d’eau, de la Russie à l’Asie centrale, et huit sous-espèces sont reconnues. Deux populations isolées sont présentes dans le nord de l’Ukraine et le sud du Bélarus (lire Voyage ornithologique au Bélarus en mai 2009) et au centre de la Chine (sous-espèce berezowskii). Espèce principalement sédentaire, on signale toutefois parfois des mouvements irréguliers, parfois importants, qui ont occasionnellement conduit à la colonisation de zones situées en dehors de son aire de reproduction habituelle. Dans les années 1870 et 1880, son aire de répartition s’est ainsi étendue vers le nord-ouest, jusqu’en Russie européenne, avant de se réduire à nouveau pour des raisons encore inexpliquées. Dans la région de Moscou, elle est par exemple rare et en déclin depuis le début du XXIe siècle, à cause de la dégradation de son habitat et peut-être aussi de la succession d’hivers froids et neigeux. Deux intéressants cas de nidification ont toutefois été décrits en 2014 et en 2017 dans des bâtiments dans la ville de Tver, à 150 km au nord de la capitale.
Dans le reste de l’Europe, l’espèce est très rare et occasionnelle. En Finlande, le pays où elle est la plus « régulière », près de cinquante données ont été confirmées depuis 1973, un couple ayant niché cette année-là à Turku (lire Observer les oiseaux dans le nord de la Finlande), suite à un mouvement vers l’Ouest qui s’est déroulé entre 1968 et 1979. Un couple mixte avec la Mésange bleue avait été découvert en 1975. L’installation de l’espèce dans le pays était même envisagée à la fin des années 1970, mais le nombre de données a progressivement diminué depuis. Toutefois, en 2010, 13 oiseaux ont été recensés, et un possible cas de reproduction a été signalé en 2010 sur l’île Hailuoto, au large d’Oulu (lire Observer les oiseaux dans les environs d’Oulu). Sur la page Facebook du BirdLife Suomen Rariteettikomitea, on apprend que 15 Mésanges azurées avaient été capturées et baguées en décembre 2019 (voir une photo).
En Suède, au moins trois oiseaux ont été observés, et un au Danemark en 1964.
Curieusement, en Norvège, l’espèce n’avait jamais été documentée jusqu’à la découverte d’un oiseau le lundi 5 janvier 2026 dans se nourrissant dans une mangeoire dans un jardin du village d’Ørland, dans le comté de Trøndelag. L’information a été diffusée au sein de la communauté ornithologique nationale, et le lendemain matin, les premiers observateurs étaient déjà sur place bien avant le lever du soleil, à la recherche de la rareté. Entre 80 et 100 personnes étaient présentes durant la journée de mardi et ont pu la voir et la photographier. Jeudi, elle était encore visible au même endroit, et plusieurs centaines d’observateurs venus de tout le pays sont venus au cours de la première semaine. Sur la page Facebook de BirdLife Norge, des commentaires ont toutefois rappelé que sans analyse, il n’était pas possible d’affirmer que cet oiseau était génétiquement pur. Il est resté en Norvège jusqu’à la fin de l’hiver 2026, puis il est peut-être retourné vers l’Est ou a éventuellement formé un couple mixte avec une Mésange bleue.
Cette première donnée nationale a fait l’objet d’articles dans plusieurs grands médias (journaux et chaînes de télévision) du pays, comme Dagbladet, le troisième plus gros quotidien norvégien.
En France, l’espèce est rarissime, avec seulement deux données confirmées d’après le Comité d’Homologation National : un oiseau à Villars-les-Dombes (Ain) en 1907 et un bagué (une bague rouge sur la patte gauche et une bague bleu clair plus petite sur la patte droite) le 20 avril 2020 à La Treille, dans le XIe arrondissement de Marseille (Bouches-du-Rhône) (lire Une mystérieuse Mésange azurée baguée observée à Marseille en avril 2020). Fait intéressant, une Mésange de Pleske a séjourné durant l’hiver 2020-2011 dans un jardin à Grans, également dans les Bouches-du-Rhône (lire Michel Carré et la visiteuse venue de l’Est).
Mésange azurée (Cyanistes cyanus) dans un jardin dans le village d’Ørland, dans le comté de Trøndelag (Norvège), le 20 février 2026.
Source : Besøkssenter våtmark Ørland
Réagir à notre article
Compléments
Ouvrages recommandés
- Le Guide Ornitho de L. Svensson et al
- Finding birds in Lapland de David Gosney
- Carte routière : Norvège Nord de Cartes Kümmerly + Frey
- Petit Futé Norvège (2017) de Petit Futé
Sources
- Nicklas Iversen (2026). Asurmeis. Date : 19/02. Naturrformidleren. naturformidleren.no
- Ingrid Lindgaard Stranden (2026). Sølvi våknet til gårdsplassen full av folk. NRK. Date : 08/01. www.nrk.no
- Birdguides (2007). Rare Western Palearctic birds: Azure Tit. Date : 16/02. www.birdguides.com




Aucun commentaire sur ce sujet
Participer à la discussion !