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Séjour ornithologique hivernal dans les forêts tropicales et les savanes du Ghana
La passerelle suspendue parcourant la canopée (« canopy walkway ») de la forêt tropicale dans le parc national de Kakum (Ghana).
Photographie : daSupremo / Wikimedia Commons
Introduction
Le Ghana, situé en Afrique de l’Ouest, est un pays d’environ 238 500 km² bordé au nord par le Burkina Faso, à l’est par le Togo, à l’ouest par la Côte d’Ivoire et au sud par l’océan Atlantique. Reconnu pour sa stabilité politique relative et sa démocratie consolidée, il bénéficie d’un climat tropical caractérisé par une saison des pluies et une saison sèche, qui influencent fortement la dynamique des écosystèmes et la disponibilité des ressources pour la faune.
Ce pays présente une grande variété d’habitats naturels qui contribuent à sa richesse ornithologique: les forêts tropicales humides du sud, du type guinéen, abritent en particulier une diversité impressionnante d’oiseaux, mais les mangroves et les lagunes le long de la côte et les savanes et les zones boisées sèches du nord contribuent aussi à son intérêt ornithologique. Plus de 1 000 espèces nicheuses, migratrices et hivernantes ont déjà été notées dans le pays, et une visite de plusieurs sites naturels emblématiques, comme les parcs nationaux de Mole et de Kakum, permettra d’en observer une partie significative.
Mark Bonello et cinq autres observateurs (Daniel Bonnici, Edward Bonavia, Adin Vella et Nicholas et Raymond Galea) ont parcouru les forêts tropicales, les lagunes et les mangroves du sud et les savanes du centre du Ghana du 28 janvier au 12 février 2023, et nous vous proposons une version française de son rapport richement illustré.
Abstract
Ghana, located in West Africa, is a country of approximately 238,500 km² bordered to the north by Burkina Faso, to the east by Togo, to the west by Côte d’Ivoire, and to the south by the Atlantic Ocean. Known for its relative political stability and consolidated democracy, it enjoys a tropical climate characterized by a rainy season and a dry season, which strongly influence ecosystem dynamics and resource availability for wildlife.
The country boasts a wide variety of natural habitats that contribute to its rich birdlife: the southern rainforests, of the Guinean type, are home to an impressive diversity of birds, while the mangroves and coastal lagoons, as well as the savannas and dry woodlands of the north, also contribute to its ornithological interest. More than 1,000 breeding, migratory, and wintering species have already been recorded there, and a visit to several iconic natural sites, such as Mole and Kakum National Parks, will allow for the observation of a significant number of them.
Mark Bonello and five other birders ((Daniel Bonnici, Edward Bonavia, Adin Vella et Nicholas and Raymond Galea) traveled through the rainforests, lagoons, and mangroves of southern Ghana and the central savannas from January 28 to February 12, 2023, and we are pleased to offer you a French version of his richly illustrated report.
Préparatifs du séjour
Emplacements des principaux sites visités au Ghana. |
Pour visiter le Ghana, il est probable que vous ayez besoin d’un visa. Avant de le retirer auprès de l’ambassade ghanéenne de votre pays, un formulaire doit être rempli en ligne. Pour cela, une lettre d’invitation de votre guide de voyage est requise, ainsi que les noms et adresses de deux personnes de référence. Une copie de votre billet d’avion, les noms des lodges où vous séjournerez, le certificat de vaccination contre la fièvre jaune et une photo d’identité sont également exigés. Une fois ces documents soumis en ligne, un rendez-vous avec l’ambassade sera fixé, et le visa est ensuite délivré moyennant paiement.
Climat et restrictions sanitaires
Le Ghana étant un pays tropical, la chaleur était constante en journée, avec des températures descendant autour de 25 °C en soirée.
Pour visiter le pays, vous devez impérativement être en possession du certificat international de vaccination contre la fièvre jaune. Bien que le Ghana soit l’un des pays les plus sûrs d’Afrique de l’Ouest, il vous sera demandé de présenter à la fois ce certificat et le certificat Covid. Cela dit, au moment de notre visite en 2023, il n’était plus nécessaire de fournir de résultats de tests PCR ou antigéniques rapides dans les aéroports, les restrictions liées au Covid ayant été levées.
Le dernier conseil sanitaire consiste à commencer un traitement antipaludique (malarone ou équivalent). Nous avons commencé à prendre de la malarone deux jours avant le départ et avons continué à raison d’un comprimé par jour, au petit-déjeuner ou au dîner, pendant les trois semaines suivantes.
Hébergement et routes
Carte du Ghana et emplacements des sites visités durant le séjour (cliquez sur la carte pour l’agrandir). |
Les lodges choisis pour notre séjour étaient étonnamment confortables, tous équipés de la climatisation et d’eau chaude, à l’exception du Frenchmen’s Lodge à Ankassa et du lodge de la forêt de Bobiri, qui ne disposaient ni de l’un ni de l’autre. Le Frenchmen’s Lodge ne bénéficiait également d’aucune réception téléphonique ni connexion Wi-Fi, tandis qu’à Bobiri, l’électricité était fournie par un générateur qui s’arrêtait à 20 h.
Les habitants étaient très accueillants et la nourriture bonne. Le poisson et le riz constituent l’alimentation de base, mais dans le Hans Cottage Hotel, nous avions la possibilité de choisir nos plats à partir du menu.
Il convient de noter qu’il est préférable d’apporter son propre gel douche et shampooing, ceux-ci n’étant fournis dans aucun des lodges où nous avons séjourné.
D’une manière générale, les routes au Ghana sont correctes, bien que l’on puisse rencontrer des embouteillages occasionnels et des nids-de-poule, en particulier sur la route menant au parc national de Mole. Hormis les fréquents contrôles de police, les trajets effectués souvent à bord d’un fourgon Toyota Hiace, ont été globalement confortables. Il est conseillé de garder son passeport à portée de main, car il peut être demandé à certains postes de contrôle.
Équipement optique et photographique
Malgré la chaleur, la plupart d’entre avons choisi de porter des pantalons plutôt que des shorts, afin de limiter autant que possible les piqûres d’insectes. Nous avons également utilisé des sprays à base de DEET pour protéger la peau exposée et repousser les moustiques. Les vestes et les bottes en caoutchouc n’étaient pas nécessaires, et je recommanderais plutôt de se couvrir avec des vêtements légers; de cette manière, le transport des appareils photo, longues-vues et jumelles est plus aisé.
Les participants s’approchant d’une zone rocheuse pour observer le Cossyphe à calotte blanche (Cossypha albicapillus). |
Les jumelles sont bien entendu indispensables, le modèle 10×42 étant le choix le recommandé : elles rendent en effet l’observation des oiseaux plus simple et plus agréable dans tous les types d’habitats. J’ai également emporté un appareil photo hybride Sony équipé d’un objectif Sony 200-600 mm. Trois d’entre nous ont en revanche opté pour l’utilisation d’une longue-vue.
Inutile de préciser que l’eau est aussi importante que tout le reste : nous nous sommes donc assurés d’en avoir une grande quantité dans le minibus, ainsi que deux bouteilles dans nos sacs à dos.
Pour l’observation nocturne, une lampe torche est indispensable et constitue également un outil très efficace pour repérer les mammifères : sa lumière se réfléchit en effet dans leurs yeux, ce qui facilite leur détection. En complément, nous avions emporté une caméra thermique, qui nous offrait une vision nocturne efficace (lire Utiliser une caméra thermique de vision nocturne pour étudier et observer les oiseaux).
Guide utilisé
Nous avions emporté un exemplaire du guide de terrain Field Guide to the Birds of Ghana, que nous consultions de temps à autre. En complément, on trouve sur le site web Cloudbirders, un excellent compte rendu rédigé par Sjoerd Radstaa, qui se concentre sur les familles d’oiseaux présentes au Ghana ainsi que sur les meilleurs sites pour observer les espèces cibles les plus importantes.
Notre guide
Mon camarade Edward avait lu des éloges sur le guide Kalu Afasi dans le livre « Birding Without Borders: An Obsession, a Quest, and the Biggest Year in the World » de Noah Strycker, qui le recommandait vivement comme guide ornithologique au Ghana. Après l’avoir contacté, Kalu a accepté de nous guider et nous a proposé un itinéraire qui devait nous permettre d’approcher les 400 espèces d’oiseaux en 14 jours. Il est toujours avantageux de visiter un pays avec un guide qui le connaît bien, ce qui permet de gagner un temps précieux. Cela est d’autant plus vrai au Ghana, où se déplacer aurait été compliqué sans sa connaissance du terrain.
Le Picatharte de Guinée (Picathartes gymnocephalus) était l’une des espèces les plus attendues lors de ce séjour au Ghana. |
Kalu mérite une section à part dans ce rapport pour le programme parfaitement exécuté qu’il a élaboré afin de nous permettre d’observer toutes les espèces que nous lui avions demandées, ce qui nous a effectivement conduits à près de 400 espèces en seulement 14 jours. Nous lui avions transmis une liste d’espèces « cibles », comprenant entre autres le Grébifoulque d’Afrique (Podica senegalensis), le Picatharte de Guinée (Picathartes gymnocephalus), le Pluvian fluviatile (Pluvianus aegyptius), l’Onoré à huppe blanche (Tigriornis leucolopha) et le Grand-duc à aigrettes (Ketupa poensis). Au total, nous avons vu 408 espèces (dont 16 uniquement entendues). Kalu s’est occupé de toute la logistique et des hébergements ; il nous a même fourni un chauffeur qui nous a conduits dans un Toyota Hiace équipé de la climatisation, que nous utilisions la plupart du temps. Heureusement, ce véhicule a bien fonctionné et ne nous a causé aucun retard. Nous avons remis à Kalu 1 600 € à notre arrivée. Malheureusement, il n’est pas possible à Malte (mon point de départ) de changer des euros en monnaie ghanéenne, et nous avions donc prévu d’emporter des espèces pour les changer à l’aéroport. Ce plan ne s’est toutefois pas concrétisé, et Kalu a gentiment proposé de payer nos boissons. Nous avons également utilisé des euros dans une boutique de souvenirs locale, où nous avons acheté des masques africains et divers objets artisanaux. En définitive, nous n’avons pas eu besoin d’utiliser de monnaie locale.
Le Ghana, un bon pays pour observer les oiseaux des forêts pluviales du type guinéen
Lorsqu’on envisage de visiter l’Afrique de l’Ouest, peu de pays offrent des hébergements corrects, une bonne nourriture et des infrastructures permettant des déplacements généralement confortables et pratiques comme le Ghana : cela fait de ce pays un candidat de premier plan pour découvrir les spécialités des forêts tropicales du type guinéen, et plus précisément haut-guinéen.
Des pays tels que le Sénégal, la Sierra Leone , le Liberia et la Côte d’Ivoire sont politiquement plus instables et moins développés pour l’écotourisme, bien qu’ils abritent une avifaune remarquable : cela rend le Ghana d’autant plus important et en fait le pays le plus accessible de la région ouest-africaine.
Les espèces les plus intéressantes à cibler ici sont celles des forêts de Haute-Guinée, qui s’étendent de façon fragmentée à travers la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Liberia, la Sierra Leone (lire Sierra Leone 2009-2010) et le Ghana. Ce sont également les espèces que nous avons cherché à observer durant ce voyage. L’itinéraire s’est donc concentré donc sur des fragments de forêts pluviales, et a été combiné avec un passage dans les savanes du nord, dans le parc national de Mole.
Il est également possible d’inclure l’extrême nord du pays, en particulier si vous disposez de 20 jours ou plus, afin d’y rechercher des spécialités sahéliennes telles que le Crécerelle renard (Falco alopex), l’Alecto à bec blanc (Bubalornis albirostris) et le Choucador à ventre roux (Lamprotornis pulcher). Toutefois, l’extrême nord du Ghana nécessite deux à trois jours supplémentaires, et la plupart des observateurs préfèrent consacrer un autre voyage à ces espèces, le Sénégal constituant alors une option intéressante. Notre itinéraire s’est donc concentré sur les espèces des zones forestières. Cette stratégie nous a permis d’observer la majorité de nos espèces cibles ; néanmoins, nous n’avons pas réussi à voir le Grébifoulque d’Afrique, malgré plusieurs jours supplémentaires consacrés à la station d’épuration des eaux de Brimsu, sans jamais parvenir à apercevoir un seul individu.
L’itinéraire suivi
Glaréoles auréolées (Glareola nuchalis) |
- Jour 1 – 29 janvier 2023 : route vers les Shai Hills (collines de Shai), observation et route vers un étang près de Mankessim (localisation : 5.27068° N 1.00024° W), avant de rejoindre le Hans Cottage Hotel.
- Jour 2 – 30 janvier 2023 : route vers le parc national de Kakum, où nous avons observé sur la passerelle suspendue de la canopée (« canopy birdwalk »), puis nous avons roulé vers la station d’épuration des eaux de Brimsu, avant de retourner vers le parc national de Kakum pour chercher le Râle à gorge grise (Canirallus oculeus) et les oiseaux nocturnes, puis retour vers l’hôtel.
- Jour 3 – 31 janvier 2023 : promenade à Embekampa, puis route vers Odumase Abrafo (localisation : 5°20’50.3”N 1°22’19.6”W).
- Jour 4 – 1er février 2023 : observation des oiseaux dans la forêt de Wassa, puis route vers un étang le long de la route Takoradi-Elubo (district municipal d’Ahanta West). Visite de la mangrove d’Ebi avant d’arriver au Frenchman Lodge dans la forêt d’Ankassa.
- Jour 5 – 2 février 2023 : Kalu a réservé un pick-up pour nous conduire aux étangs de la forêt d’Ankassa tôt le matin. Déjeuner au lodge, puis retour en forêt d’Ankassa dans l’après-midi.
- Jour 6 – 3 février 2023 : exploration à pied de la forêt d’Ankassa afin de découvrir un secteur différent de celui de la veille. Retour pour notre dernière nuit au Frenchman Lodge.
- Jour 7 – 4 février 2023 : visite du site de Half Assini. Route vers Brenu Beach, puis déplacement vers Elmina, où nous avons observé les oiseaux dans une mangrove. Nuit au Hans Cottage Hotel.
- Jour 8 – 5 février 2023 : début de la journée par une promenade à l’extérieur du parc national de Kakum, puis route vers Twifu Praso pour observer la Glaréole auréolée (Glareola nuchalis), avant de visiter un dortoir de Picathartes de Guinée dans la forêt de Bonkro. Route vers la forêt de Bobiri.
- Jour 9 – 6 février 2023 : observation des oiseaux dans la forêt de Bobiri, puis route vers le parc national de Mole en passant par la rivière Volta Blanche pour rechercher le Pluvian fluviatile.
- Jour 10 – 7 février 2023 : observation des oiseaux dans le parc national de Mole.
- Jour 11 – 8 février 2023 : observation des oiseaux dans le parc national de Mole.
- Jour 12 – 9 février 2023 : observation des oiseaux dans le parc national de Mole, puis retour vers la forêt de Bobiri dans l’après-midi.
- Jour 13 – 10 février 2023 : observation des oiseaux à Bobiri le matin, puis route vers Atewa.
- Jour 14 – 11 février 2023 : ascension des monts Atewa à la recherche du Guêpier à moustaches bleues (Merops mentalis), puis route vers Accra où nous avons observé les oiseaux dans une zone marécageuse proche de la lagune de Sakumono, avant de rejoindre l’aéroport.
Jour 1 : les Shai Hills et un étang couvert de nénuphars à Mankessim
Étang couvert de nénuphars près de Mankessim (Ghana). |
Après le petit-déjeuner, nous avons pris la route vers la réserve des Shai Hills, une zone située dans la région du Grand Accra, le long de la route de Tema à Akosombo. Le site est caractérisé par une végétation de savane basse et sèche. L’observation des oiseaux s’y fait le long d’une piste en terre qui longe une falaise, ornée de pierres sculptées, dominant le chemin que nous empruntions.
Nous y avons observé nos premiers Touracos (Tauraco persa) et violet (Musophaga violacea). De bruyants Perroquets youyous (Poicephalus senegalus) ont été repérées presque immédiatement, volant régulièrement en petits groupes. Le site était également très animé par la présence de rapaces, notamment un Épervier shikra (Tachyspiza badia), un Faucon lanier (Falco biarmicus) observé en vol le long de la paroi rocheuse, ainsi que deux Aigles huppards (Lophaetus occipitalis), d’abord perchés sur un arbre avant de prendre leur envol et de planer au-dessus des prairies des Shai Hills.
Des Calaos à bec noir (Lophoceros nasutus) ont été vus perchés dans un arbre, tandis qu’un groupe de Guêpiers carmins (Merops nubicoides) a été observé au loin. Les Shai Hills nous ont permis d’observer les premiers mammifères du voyage, les Cercopithèques diane (Cercopithecus diana) et blanc-nez (C. petaurista). Toutes ces espèces ont été vues le long de la route circulant autour des collines.
En revanche, l’observation de la Chevêchette du Cap (Glaucidium capense) et du Traquet couronné (Thamnolaea coronata) a été moins aisée.
Chevêchette du Cap (Glaucidium capense). |
Un sentier très rocailleux, accessible après avoir rejoint la partie nord de la réserve en véhicule, mène à une grotte (localisation : 5,92870° N, 0,07381° E), où il est possible d’observer le second, une espèce que l’on a de grandes chances de ne rencontrer qu’ici lors d’un séjour au Ghana.
Nous avons vu notre première Chevêchette du Cap dans une zone boisée et accidentée (localisation : 5,99470° N, 0,11293° E), après environ 30 minutes de marche, durant laquelle nous avons fait s’envoler notre première Poulette de roche (Ptilopachus petrosus).
Parmi les autres espèces notables observées dans les Shai Hills figuraient l’Outarde à ventre noir (Lissotis melanogaster), le Bagadais casqué (Prionops plumatus), l’Œdicnème du Sénégal (Burhinus senegalensis) et le Barbican bidenté (Lybius bidentatus).
Satisfaits de nos observations, nous avons ensuite rejoint un étang couvert de nénuphars situé à Mankessim (localisation : 5,27068° N, 1,00024° W) afin de conclure la journée, où nous avons ajouté à notre liste le Râle à bec jaune (Zapornia flavirostra), le Jacana à poitrine dorée (Actophilornis africanus) et l’Anserelle naine (Nettapus auritus). Nous y avons également observé le Coucal du Sénégal (Centropus senegalensis), le Cormoran africain (Microcarbo/Afrocarbo africanus), le Vanneau éperonné (Vanellus spinosus) et le Capucin nonnette (Spermestes cucullata).
Jour 2 : le parc national de Kakum
Une célèbre passerelle suspendue parcourant la canopée de la forêt tropicale a été installée dans le parc national de Kakum. Elle offre d’excellentes opportunités d’observer les oiseaux à la cime des arbres, une expérience inoubliable pour tout ornithologue. La zone agricole d’Antikwaa et la forêt de Twifo, où l’on peut observer les oiseaux le long depuis une piste en terre traversant la forêt, méritent aussi largement une visite.
Depuis le Hans Cottage Hotel, il faut environ 20 minutes pour atteindre l’entrée du parc et environ une heure pour rejoindre Antikwaa. Certains itinéraires combinent le parc de Kakum avec un parcours sur la rivière Pra, mais nous avons préféré visiter la station d’épuration des oiseaux de Brimsu dans l’espoir d’observer le Grébifoulque d’Afrique.
L’observation à l’intérieur du parc est relativement simple. Il est en effet facilement accessible et une aire de stationnement est disponible juste avant l’entrée. Kalu Afasi s’était chargé d’acheter les billets à l’avance, ce qui nous a permis de ne pas perdre de temps sur place. Une fois passée la boutique de souvenirs, des escaliers taillés dans la pierre mènent progressivement à la passerelle installée dans la canopée. Celle-ci est sûre, et nous n’avons rencontré aucun problème en marchant sur les ponts en bois. Il n’est pas rare d’apercevoir du personnel effectuant des travaux d’entretien sur la structure, mais cela ne doit pas être source d’inquiétude.
Cette passerelle nous a permis de belles observations, notamment de la Tourtelette demoiselle (Turtur brehmeri), du Perroquet à calotte rouge (Poicephalus gulielmi), du Touraco à gros bec (Tauraco macrorhynchus), du Calao siffleur (Ceratogymna fistulator), du Coucou foliotocol (Chrysococcyx cupreus), du Bias écorcheur (Megabyas flammulatus) et du Martin-chasseur marron (Halcyon badia). Nous avons également fait quelques observations du Martinet de Sabine (Rhaphidura sabini), du Gymnogène d’Afrique (Polyboroides typus) et du Baza coucou (Aviceda cuculoides).
Après le déjeuner, nous sommes retournés dans le parc, mais sans emprunter la passerelle.
Calao pie (Anthracoceros albirostris) observé depuis la passerelle suspendue dans la canopée du parc national de Kakum (Ghana). |
Nous avons cette fois exploré le sous-bois et nous avons obtenu de bonnes vues du Picumne de Verreaux (Sasia africana), de l’Eurylaime (Smithornis) à flancs roux (Smithornis rufolateralis) et du Nasique de Kemp (Macrosphenus kempi). Au crépuscule, nous avons également observé un Grand-duc à aigrettes (Ketupa poensis) et repéré un Anomalure de Pel (Anomalurus pelii) à l’aide d’une caméra thermique.
Juste avant de retourner dans le parc de Kakum pour une sortie nocturne, nous avons eu le temps d’explorer la forêt de Twifo, s’étendant au sud, où nous avons observé le Râle à gorge grise. L’observation y est toutefois assez difficile, et la plupart des espèces présentes sont également observables à Kakum, où la passerelle de la canopée offre des vues bien meilleures.
Lors de notre dernier jour dans le parc, nous avons visité les deux zones agricoles situées de part et d’autre du parc. Le secteur agricole d’Abrafo nous a permis d’observer le Pririt de Blissett (Platysteira blissetti), l’Akalat de Puvel (Illadopsis puveli) et la Nigrette à calotte grise (Nigrita canicapillus). À Antikwaa, nous avons observé le seul Sarothure perlé (Sarothrura pulchra) du voyage et réalisé notre première observation du Guêpier noir (Merops gularis).
Jour 3 : la forêt de Wassa
La forêt de Wassa est située à environ 10 km à l’ouest du parc national de Kakum. Une route asphaltée la traverse et facilite l’observation des oiseaux; toutefois; il est fortement recommandé de pénétrer à l’intérieur de la forêt, l’expérience y étant bien plus enrichissante que de rester le long de la route principale.
Séjournant toujours au Hans Cottage Hotel, il nous a fallu environ 30 minutes pour rejoindre la forêt de Wassa. Nous avons stationné le véhicule le long de la route (localisation : 5°17’36.9”N, 1°30’10.8”W). Nous avons commencé par observer les oiseaux et avons repéré l’Hyliote à dos violet (Hyliota violacea), le Barbican hérissé (Tricholaema hirsuta) et le Camaroptère à sourcils jaunes (Camaroptera superciliaris).
Malimbe à queue rouge (Malimbus scutatus) dans la forêt de Wassa (Ghana). |
C’est à l’intérieur de la forêt que l’on rencontre les espèces les plus intéressantes, notamment le Calao pygmée (Lophoceros camurus) et le Barbion à croupion rouge (Pogoniulus atroflavus). L’une de nos sorties s’est toutefois terminée de manière douce-amère, lorsque nous avons réalisé un peu tard que nous étions attaqués par des fourmis, ce qui nous a obligés à retirer une partie de nos vêtements pour nous en débarrasser.
Une fois cet épisode passé, nous avons suivi un sentier (localisation : 5°17’23.1”N, 1°30’45.9”W) pendant environ 45 minutes. Ce sentier nous a permis de faire des observations remarquables, notamment la Tourtelette améthystine (Turtur afer), le Colombar à front nu Treron calvus), l’Irrisor à cimeterre (Rhinopomastus badius), le Barbion à gorge jaune (Pogoniulus subsulphureus), le Barbican à narines emplumées (Gymnobucco peli), le Pic à raies noires (Chloropicus lugubris) et le Bulbul gracile (Eurillas gracilis). L’observation sur ce sentier devient nettement plus exigeante et peut devenir fatigante et éprouvante avec la chaleur, surtout à l’approche de la mi-journée.
Sur le chemin du retour vers le véhicule, nous avons également observé un nid de Malimbes à queue rouge (Malimbus scutatus), le Pririt à collier (Platysteira cyanea) et nos premiers Calaos siffleurs (Bycanistes fistulator).
Nous avons combiné la visite de la forêt de Wassa avec un arrêt à un lac situé dans la mangrove d’Ebi, le long de la route d’Agona à Elubo (localisation : 4.89122° N, 1.89049° W), avant de poursuivre notre route vers la forêt d’Ankassa. Cette halte s’est révélée très productive, avec l’observation du Grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis), de l’Anserelle naine et du Dendrocygne veuf (Dendrocygna viduata). La Ptéronette (ou Canard) de Hartlaub (Pteronetta hartlaubii) a quant à lui été observé sur un autre lac situé le long de la même route.
Jour 4 : la forêt d’Ankassa
Coucou à poitrine rouge (Cuculus solitarius) dans la forêt d’Ankasa (Ghana). |
Située à seulement 20 minutes en voiture de la frontière avec la Côte d’Ivoire, la forêt d’Ankassa accueille une très grande diversité d’espèces, dont certaines n’ont été observées que dans ce site au cours de ce voyage. C’est également l’un des meilleurs endroits pour tenter d’apercevoir la rare Pintade à poitrine blanche (Agelastes meleagrides), une performance que nous n’avons malheureusement pas réussie. Nous avons passé trois journées complètes sur place, durant lesquelles nous avons principalement observé les oiseaux le long de la piste en terre qui traverse la forêt. Plusieurs mares jalonnent cet itinéraire et offrent des opportunités pour rechercher l’Onoré rayé ou le Grébifoulque d’Afrique, deux espèces que nous avons là encore manquées.
Le lodge était moins confortable que le Hans Cottage Hotel, ce qui est compréhensible étant donné qu’il est situé en pleine forêt. Il ne disposait pas d’eau chaude, mais était équipé de la climatisation. Dans l’une des chambres, le lavabo de la salle de bain n’était pas correctement fixé au mur et s’est détaché, ce qui nous a obligés à changer de chambre.
Kalu a loué un pick-up qui nous a permis de pénétrer profondément dans la forêt en empruntant une piste boueuse et accidentée, pour laquelle un véhicule 4 × 4 est normalement indispensable. En roulant, nous avons observé deux Blongios de Sturm (Ixobrychus sturmii), avant de nous garer au camp des rangers, situé à environ 7 km de l’entrée du parc. Nous avons ensuite poursuivi à pied plus profondément dans la forêt, notant au passage un Pigeon à nuque bronzée (Columba iriditorques) sur une ligne électrique traversant la zone forestière.
Guêpier noir (Merops gularis). dans la forêt d’Ankasa (Ghana). |
Au-delà de ce point, des mares situées sur la gauche offrent de bonnes chances d’observer le Martin-pêcheur à ventre blanc (Corythornis leucogaster), le Martin-pêcheur à poitrine bleue (Halcyon malimbica) et la Ptéronette de Hartlaub, que nous avons tous pu voir. Une clairière enfoncée dans la forêt nous a permis de faire de belles observations du Coucou à poitrine rouge (Cuculus solitarius), de plusieurs Touracos géants (Corythaeola cristata), ainsi que d’un très farouche Circaète du Congo (Dryotriorchis spectabilis), qui s’est envolé d’une branche dès qu’il nous a repérés.
Après le déjeuner, nous sommes retournés dans la forêt en tout-terrain et avons observé à peu près dans le même secteur, ajoutant à notre liste le Barbican à taches jaunes (Buccanodon duchaillui), le Pic barré (Campethera maculosa) et l’Échenilleur bleu (Cyanograucalus azureus). Sachant que cette zone servait également de dortoir à la Chevêchette à pieds jaunes (Glaucidium tephronotum), nous avons réussi à l’attirer à l’aide de son chant. Nous avons finalement clôturé la journée par l’observation d’un couple de Râles à pieds rouges (Himantornis haematopus), repérés en nous précipitant vers leurs cris caractéristiques émis lorsqu’ils se regroupent pour la nuit.
Le lendemain, nous avons garé notre minibus à l’entrée principale du parc et avons observé les oiseaux à pied, en dépassant le camp des rangers par la droite. Le pont situé à l’entrée principale est un excellent endroit pour observer le Gobemouche de Cassin (Muscicapa cassini), que nous avons pu noter. À Ankassa, l’observation des oiseaux est relativement simple, puisqu’elle se fait essentiellement le long de l’unique route traversant la forêt. Nous y avons ajouté plusieurs espèces intéressantes, notamment l’Alèthe à huppe rousse (Alethe diademata), l’Akalat à tête noire (Illadopsis cleaveri), le Rougegorge de forêt (Stiphrornis erythrothorax) et le Bulbul moustac(Bleda syndactylus), avant de retourner passer notre dernière nuit au Frenchman’s Lodge.
Jour 5 : la plage de Brenu et les marais salants d’Elmina
Observation des oiseaux marins depuis la plage de Brenu (Ghana). |
Située à environ 170 km à l’ouest d’Accra, le long de la côte sud du Ghana, la plage de sable de Brenu offre l’opportunité d’observer plusieurs espèces de sternes et d’autres oiseaux marins. Il ne faut pas s’attendre à une grande diversité, mais ce site permet de compléter utilement une liste d’observations avec quelques espèces marines. Elmina est une ville qui s’étend à l’arrière d’une vaste baie et qui s’élève progressivement en une série de petites collines. Le château Saint-Georges, perché au sommet d’une colline et dominant les marais salants, demeure un rappel poignant du passé. Ses murs blancs, évoquant une villa méditerranéenne, ont autrefois servi de prison à environ 200 esclaves au XVIᵉ siècle, dans l’attente des navires négriers qui les emmenaient définitivement loin de leur pays natal.
Après un petit-déjeuner matinal au Frenchman’s Lodge, nous avons pris la route vers la Brenu Beach. Le trajet est long (environ trois heures et demie), et à notre arrivée, la chaleur était déjà bien installée. Nous avons fait un détour par Half Assini, où Kalu nous a montré un couple nicheur de Souimangas carmélites (Chalcomitra fuliginosa).
Brenu Beach est le seul site où nous avons consacré du temps à l’observation en mer. Une longue-vue s’avère très utile ici, car la plupart des oiseaux sont observés à grande distance. Les Sternes caugek (Thalasseus sandvicensis) et d’Afrique (T. albididorsalis) étaient toutes deux présentes. Des Hirondelles rustiques (Hirundo rustica) tournaient autour de nous, rendant la séance d’observation maritime particulièrement agréable, avant que nous ne nous installions pour le déjeuner. Nous avons également ajouté à notre liste l’unique Hirondelle d’Éthiopie (Hirundo aethiopica) du voyage, ainsi qu’un Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus), avant de quitter les lieux pour rejoindre les marais salants d’Elmina.
Dans ces derniers, nous avons vu plusieurs espèces familières en Europe, notamment l’Échasse blanche (Himantopus himantopus), le Pluvier argenté (Pluvialis squatarola), le Bécasseau minute (Calidris minuta), le Chevalier stagnatile (Tringa stagnatilis) et le Héron cendré (Ardea cinerea). Nous y avons également réalisé nos premières observations du Gonolek de Barbarie (Laniarius barbarus) et du Vautour charognard (Necrosyrtes monachus).
Avant le crépuscule, nous avons rejoint la station d’épuration de Brimsu pour une dernière tentative d’observer le Grébifoulque d’Afrique, mais nos efforts n’ont pas été récompensés. Nous avons ensuite repris la route vers le parc national de Kakum, où nous avons eu le temps de faire de l’observation nocturne, ce qui nous a permis d’ajouter le Grand-duc tacheté (Ketupa leucosticta) à notre liste, avant de regagner le Hans Cottage Hotel.
Jour 6 : la forêt de Bonkro, à la recherche du Picatharte de Guinée
Un voyage au Ghana n’est pas complet si l’on ne se rend pas sur l’un des dortoirs connus du Picatharte de Guinée (lire Le Picatharte de Guinée, le gardien des ancêtres). Celui que nous avons choisi se trouvait dans la forêt de Bonkro, ce qui représentait environ trois heures de route depuis le Hans Cottage. Après le petit-déjeuner, nous avons pris un peu de temps pour revisiter le parc national de Kakum. L’itinéraire que nous avons emprunté passe par la rivière Pra afin d’observer la Glaréole auréolée. Elle était facile à repérer, et il y en avait même beaucoup, principalement posés sur de gros rochers. Quelques individus se sont approchés de notre point d’observation, nous offrant d’excellentes occasions de les photographier. Nous n’y avons pas passé beaucoup de temps, car rien d’autre d’intéressant n’était présent.
Après environ 20 minutes, nous avons repris notre route vers le site à Picathartes de Guinée. Nous nous sommes arrêtés dans un village (localisation : 6.14732°N, 1.34532°W), et deux habitants nous ont accompagnés jusqu’au dortoir, défrichant le chemin à travers la forêt pour nous faciliter le passage. Le site dispose de deux bancs en bois, où nous avons attendu patiemment le fameux oiseau.
Peu de temps après, un premier individu est apparu, bientôt rejoint par un second. Ils nous ont offert des vues exceptionnelles, à seulement deux mètres, sautillant autour des rochers où sont fixés leurs nids. Nous avons passé près de deux heures à les photographier, en espérant que d’autres apparaissent, mais seuls ces deux individus se sont montrés.
Après avoir savouré cette expérience unique, nous sommes retournés à notre minibus et avons pris la route vers la forêt de Bobiri pour y passer la nuit.
Jour 7 : la forêt de Bobiri
L’observation des oiseaux dans le sanctuaire aux papillons de Bobiri (« Bobiri Butterfly Sanctuary ») permet d’explorer le sous-bois de façon assez confortable, car la forêt n’est pas aussi dense que celle de Wassa. La piste qui mène finalement au lodge facilite l’accès aux zones d’intérêt, comme un dortoir de Perroquets jacos (Psittacus erithacus), une espèce en déclin. C’est également l’occasion d’observer des oiseaux que l’on aurait pu manquer à Ankasa ou à Kakum, comme l’Engoulevent à deux taches (Veles binotatus).
Épervier de Hartlaub (Tachyspiza erythropus) mangeant une proie dans la forêt de Bobiri (Ghana). |
Le lodge de la forêt de Bobiri n’est pas climatisé et l’électricité y est coupée vers 20 h. Cela ne pose pas de problème, car la température fraîche de la nuit permet de dormir agréablement, à condition de ne pas être dérangé par les cris des Damans du Cap (Procavia capensis). Nous avons passé deux nuits dans ce lodge : la première, comme halte entre le site aux picathartes et le trajet vers le parc national de Mole (environ 8 heures de route depuis Bobiri), et la deuxième, sur le chemin du retour du parc de Mole vers la chaîne d’Atewa.
Bobiri est également un bon site pour observer les rapaces. Nous avons pu voir un Autour à longue queue (Urotriorchis macrourus), une Buse d’Afrique (Buteo auguralis) et un Épervier de Hartlaub (Tachyspiza erythropus) mangeant une proie.
Parmi les autres oiseaux remarquables observés à Bobiri, on peut citer les Calaos pygmée et à huppe blanche (Tockus albocristatus), le Barbican bidenté, le Barbu de Veillot (Lybius vieilloti), l’Indicateur de Wilcocks (Indicator wilcocksii), l’Échenilleur bleu et le Serin d’Abyssinie (Serinus citrinelloides).
L’observation au crépuscule et durant la nuit nous a permis de repérer un Engoulevent à deux taches et un Galago de Demidoff (Galagoides demidoff).
Jour 8 : le parc national de Mole via le lac Volta
Situé au centre du pays, le parc national de Mole protège les plus grandes savanes du Ghana. Nous y avons consacré trois journées complètes, et il est possible d’y observer plus de 100 espèces différentes. Nous promener dans un milieu plus ouvert que la forêt tropicale a été agréable et un changement bienvenu, et nous avons pu noter 171 espèces, dont la plupart étaient nouvelles pour nous. Nous avons observé principalement depuis le véhicule, avec de courtes marches pour approcher certains oiseaux plus furtifs.
Choucador à longue queue (Lamprotornis caudatus) dans le parc national de Mole (Ghana). |
Le parc de Mole accueille notamment l’Engoulevent à balanciers (Caprimulgus longipennis), le Pluvier/Gravelot de Forbes (Thinornis forbesi), le Cochevis modeste (Galerida modesta), la Veuve nigériane (Vidua interjecta) et le Camaroptère à tête grise (Camaroptera brachyura).
Le trajet de la forêt de Bobiri au parc de Mole via le lac Volta pour observer le Pluvian fluviatile a duré environ huit heures. L’observation se faisait principalement depuis les vitres du fourgon, mais nous avons tout de même réussi à découvrir quelques espèces nouvelles. Au fur et à mesure que le paysage passait des forêts luxuriantes du sud à la sécheresse de la savane, l’avifaune changeait également.
Nous avons pu noter le Rollier varié (Coracias naevia), l’Effraie des clochers (Tyto alba) et le Busautour des sauterelles (Butastur rufipennis) se nourrissant d’insectes fuyant un brûlis. Le long de la rivière White Volta à Daboya, deux Pluvians fluviatiles étaient présents, offrant de belles opportunités de photos. Les habitants locaux lavaient leurs vêtements tandis que leurs enfants jouaient autour, sans prêter beaucoup d’attention aux oiseaux.
Le lodge du parc de Mole est confortable, toutes les chambres disposent de la climatisation, et le restaurant de l’hôtel, donnant sur la piscine, nous a permis de prendre les petits déjeuners, déjeuners et dîners. En dehors des zones de savane, les environs de l’administration de l’hôtel permettent d’observer l’Astrild queue-de-vinaigre (Glaucestrilda caerulescens), le Cossyphe de Heuglin (Cossypha heuglini), le Barbican à poitrine rouge (Lybius dubius) et les Souimangas éclatant (Cinnyris coccinigaster) et minule (C. minullus). Les Malimbes à tête noire (Textor melanocephalus) et minule (T. luteolus) peuvent être vus dans le grand arbre à côté de la piscine.
Le lac visible depuis la plateforme de l’hôtel vaut également le détour : nous y avons observé nos seules Rhynchées peintes (Rostratula benghalensis) du voyage. Les Éléphants de savane (Loxodonta africana), les Coucals du Sénégal et les Aigrettes garzettes (Egretta garzetta) sont également présents régulièrement.
Chevêchette perlée (Glaucidium perlatum) dans le parc national de Mole (Ghana). |
Une autre zone importante dans le parc de Mole est l’ancienne piste d’atterrissage de Larabanga, car elle offre les meilleures chances de voir l’Engoulevent à ailes barrées (Caprimulgus longipennis) et le Francolin à gorge blanche (Pternistis albogularis). Nous avons pu observer l’Engoulevent à balanciers et le Grand-duc du Sahel (Bubo cinerascens), mais n’avons qu’entendu le francolin.
Nos journées dans le parc de Mole commençaient par un trajet vers les zones de savane accompagnés d’un garde du parc. Certains oiseaux, comme le Camaroptère à tête grise, sont difficiles à repérer car très furtifs, tandis que les zones ouvertes sont propices à l’observation du Pluvier de Forbes, du Cochevis modeste et parfois de la rare Alouette bourdonnante (Amirafra rufocinnamomea), que nous n’avons malheureusement pas vue.
Les autres espèces observées incluent la Perruche à collier (Psittacula krameri), le Cossyphe à calotte neigeuse (Cossypha niveicapilla), le Choucador à longue queue (Lamprotornis caudatus), la Chevêchette perlée (Glaucidium perlatum) et l’Amarante masqué (Lagonosticta larvata).
Les rapaces sont abondants dans le parc de Mole, en particulier le Bateleur des savanes (Terathopius ecaudatus) et le Vautour à tête blanche (Trigonoceps occipitalis). Parmi les autres rapaces observés figurent les Circaètes cendré (Circaetus cinerascens) et de Beaudouin (C. beaudouini) et le Pygargue vocifère (Haliaeetus vocifer).
Jour 9 : les monts Atewa
Guêpier nain (Merops pusillus) dans les monts Atewa (Ghana). |
Les monts Atewa comprennent de grandes parois sablonneuses à cause de l’exploitation minière. Une végétation dense et épaisse les borde, rendant l’accès plus compliqué, mais les mares boueuses attirent les oiseaux, ce qui facilite l’observation depuis le sentier.
Nous sommes arrivés dans l’après-midi, et une grande partie de la zone peut être explorée facilement à pied. Les petites mares boueuses sont fréquentées par des tisserins, des pipits et des choucadors qui s’y baignent pour se rafraîchir pendant la journée. Nous avons pu observer le Cossyphe à ailes bleues (Cossypha cyanocampter), la seule observation de cette espèce pour le voyage. L’espèce ciblée ici, cependant, était le Guêpier à moustaches bleues, que l’on trouve sur les hauteurs. Le lendemain, nous avons pris le petit-déjeuner, rempli nos bouteilles d’eau et nous sommes préparés à gravir les monts Atewa pour atteindre le guêpier. Il nous a fallu environ une heure et demie pour atteindre l’endroit où se trouvait l’espèce, en nous arrêtant de temps en temps pour observer d’autres oiseaux, notamment le Camaroptère à dos gris, et nous avons remarqué une Bondrée apivore (Pernis apivorus) en vol.
J’avais choisi de laisser mon appareil photo dans le fourgon pour faciliter la montée, mais ce n’était pas nécessaire et j’ai regretté cette décision, car les guêpiers se sont montrés magnifiquement à seulement quelques mètres de nous.
Jour 10 : la lagune de Sakumo
Aigrettes ardoisées (Egretta ardesiaca) sur la lagune de Sakumo (Ghana). |
La lagune de Sakumo, d’une superficie d’environ 1 km², se situe à seulement 50 minutes de l’aéroport d’Accra en voiture. On peut observer les oiseaux depuis le sentier, puis il est possible de s’approcher avec précaution pour obtenir de meilleures vues.
Nous avons visité la lagune lors de notre dernier jour, juste avant de nous rendre à l’aéroport. C’était le seul endroit où nous avons observé le Râle des prés (Crecopsis egregia) et l’Aigrette ardoisée (Egretta ardesiaca). L’endroit offrait en général d’excellentes opportunités photographiques : de nombreux Vanneaux éperonnés et autres limicoles étaient facilement visibles.
Les Aigrette ardoisées ont été observés en train de se nourrir, utilisant leur technique de chasse caractéristique. Nous n’avons pas eu le temps de couvrir la zone correctement, car nous devions prendre notre vol, mais le site vaut le détour pour la grande quantité de limicoles, même si la plupart d’entre eux migrent ensuite vers l’Europe.
Liste des espèces d’oiseaux observées
Vous pouvez télécharger la liste des oiseaux observés au format PDF.
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Compléments
Ouvrages recommandés
- Field Guide to the Birds of Ghana: Second Edition (2022) de Nik Borrow (Auteur) et Ron Demey (Auteur)
- The Birds of Ghana: An Atlas and Handbook (2014) de Francoise Dowsett-Lemaire (Auteur), Robert J. Dowsett (Auteur)
- Birds of Africa South of the Sahara: A Comprehensive Illustrated Field Guide de Ian Sinclair, Peter Ryan
- Birding Without Borders: An Obsession, a Quest, and the Biggest Year in the World (2017) de Noah Strycker (Auteur)
Source
Mark Bonello (2023). Ghana Trip Report 28thJanuay – 12thFebruary – Tropical Forests and Savannah. Cloudbirders. www.cloudbirders.com






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