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Un endroit extraordinaire
| Situation
du sanctuaire national d'Ampay |
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Situé dans le
départment de l'Apurímac, au sud-est du Pérou, le sanctuaire
national d'Ampay couvre 3 635 hectares. Son principal objectif est la protection
de la plus grande forêt de Podocarpus glomeratus du Pérou. Cet arbre
est le seul conifère natif du pays, et il constitue le coeur d'un écosystème
unique, riche en plantes épiphytes, en reptiles, en insectes, en amphibiens
et en oiseaux.
Le sanctuaire protège également une série de lacs glaciaires
et de torrents alimentés par le glacier du mont Ampay qui domine la région.
Cette zone protégée abrite deux oiseaux endémiques, 25 ou
26 colibris, et de nombreuses espèces très rares et peu
connues.
Valère Claverie (valere.claverie@tiscali.fr)
y a séjournée en avril 2005, dans le but d'assister les scientifiques
locaux. Il nous a transmis de très nombreuses photos de cet endroit pratiquement
inconnu.
A noter que Valère recherche une personne pour réaliser en 2006
une traversée naturaliste du Pérou (téléchargez
la fiche de présentation du trajet compressée au format zip - 1,3
Mo).
Abstract
Located in the department
of Apurímac (Peru), covering an area of 3,635 hectares, the Ampay national
sanctuary protects the largest forests of intimpa trees (Podocarpus glomeratus)
in the Peruvian highlands. The intimpa is Peru's only native only conifer species,
and the dense forests shelter many species of wildlife, largely birds. The sanctuary
also features a series of glacial lakes and crystal-clear streams flowing down
from the majestic snow-capped peak of Mount Ampay, which dominates the region
and lends its name to this protected area.
Directly above the city
of Abancay, this isolated cloud forest is one of Peru's more interesting areas.
There is still much to be discovered in the area, and recently described forms
include Apurimac Tapaculo and Apurimac Thistletail. The most easily found specialty
of the forest is the Apurimac Spinetail. The is a good variety of hummingbirds,
including Violet-throated Starfrontlet, Sword-billed Hummingbird and Mountain
Velvetbreast. Blue-mantled Thornbill can also be found in higher areas. Rust-and-yellow
Tanager is common in the scrubby slopes below the true forest, where Black-tailed
Trainbearer, Golden-billed Saltator, Rusty-fronted Canastero and Creamy-crested
Spinetail. In the more humid parts, Rufous-eared Brush-Finch and Undulated Antpitta
and among the possibilities.
The "south slope" of the same valley, also easily accessible from Abancay,
is very dry and home to a completely different set of birds. The specialty here
is Pale-tailed Canastero, and other birds include White-bellied Hummingbird and
Mitred Parakeet.
Valère Claverie (valere.claverie@tiscali.fr)
has stayed in the area in April 2005 to help Peruvian biologists and he has transmitted
us numerous photos. He is presently searching a birder to visit the country in
2006 (download
the description of the planned itinery in 2006 - Zip format - 1,3 Mo).
Une grande richesse botanique
| Carte
du sanctuaire d'Ampay, au nord de la ville d'Abançay |
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Le Sanctuaire National d'Ampay
est situé au sud du mont Ampay, dans la cordillère de Vilcabamba,
au sud-est Pérou. Il fait partie de la province d'Abancay, dans le département
d'Apurímac.
Il a été créé le 23 juillet 1987 sur une superficie
de 3 635 ha, puis étendu aux terrains communaux de Patibamba qui comprennent
1 081 ha de forêts naturelles et 2 532 ha de pâtures.
Il a pour objectif principal
de protéger la forêt d'Intimpas (Podocarpus glomeratus) et les communauté
végétales qui en dépendent, ainsi que les formations géologiques
d'un grand intérêt scientifique. La recherche scientifique, le tourisme
écologique, l'éducation et la culture sont aussi des axes importants.
Un château d'eau
Le sanctuaire est découpé par des petites vallées suspendues
et est ponctué de lacs glaciaires (Angasccocha, Willcaccocha, Tornoccocha,
Isossocha et Uspaccocha), alimentés seulement pendant la saison des pluies
et la fonte des neiges. Le glacier d'Ampay joue un rôle important dans le
contrôle des eaux souterraines et superficielles.
Tois rivières principales (Apurímac, Pachachaca et Mariño)
traversent la zone.
La réserve contraste fortement avec le canyon de l'Apurimac très
aride situé au nord.
Influence de l'altitude
sur la végétation
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Zones typiques de végétation
andine suivant l'altitude: 1) savane et zone buissoneuse sèche - 2) forêt
tropicale / zone buissoneuse sèche - 3) forêt subandine sèche
- 4) forêt andine - 5) haute forêt andine à palmiers / zone
buissoneuse humide - 6) prairie alpine (puna) - 7) zone à affleurements
rocheux et prairie - 8) glacier (étage nival)
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Pour les trois quart sud
des latitudes péruviennes, les précipitations qui parviennent jusqu'au
Andes sont issues de l'Atlantique et ont traversées tout le continent d'Est
en Ouest. La présence du courant froid (courant de Humbolt) sur la cote
pacifique interdit toute pénétration d'humidité depuis l'Ouest,
on ne trouve qu'une humidité atmosphérique sur la cote mais elle
ne précipite jamais.
Les précipitations d'Est parviennent sur les trois quart sud des Andes
péruviennes uniquement pendant la saison des pluies (décembre à
mars). Le reste de l'année est sont bloquées par les sommets Est
de la cordillère (voir schéma ci-dessus).
Il existe cependant des exceptions,
si une ouverture existe dans cette barrière de hauts sommets elle permettra
le cheminement d'humidité, celle-ci suivra un itinéraire à
travers des vallées avant de rencontrer un sommet qui par effet de foehn
va précipiter cette humidité. C'est ce phénomène qui
se passe ici et du fait que les zones qui entourent le massif soit très
sèches, beaucoup d'espèces (animales et végétales)
s'y trouvent piégées. On trouve notamment au nord l'imposant canyon
de l'Apurimac, très sec, il sépare le massif d'un possible échange
avec le reste du versant est de la cordillère (au nord car orienté
nord ouest / sud est) qui lui est très humide puisqu'on y trouve de la
jungle étalée sur le relief (jusqu'à presque 4000 mètres
d'altitude), on dit forêt haute contrairement au bassin amazonien qui lui
privé de relief est appelé forêt basse.
L'étagement andin
L'Ampay est découpée
en zones écologiques étagées suivant l'altitude et ayant
des caractéristiques propres de température, de pluviosité
et d'humidité atmosphérique et donc de végétation
:
- Étage sub-montagnard (moins de 2500 m) : forêt subtropicale (Ñacchero)
humide, puis zone buissoneuse sèche. L'emprise agricole et urbaine est
forte est très forte à cette altitude, d'où une forte diminution
des peuplements végétaux indigènes.
- Forêt andine
(2 800 à 3 800 m d'altitude) : température moyenne annuelle de12,
4 ºC et précipitations annuelles de 1119 mm. C'est la zone à
Intimpas (Podocarpus glomeratus) et essences associées. Couvre une surface
de 1 480 ha dans le sanctuaire, dont 598 de Podocarpus glomeratus.
- Zone sub-alpine subtropicale très humide ou puna (3 900 à 4 500
m) : température moyenne annuelle de 3,8ºC et précipitations
annuelles de 850 - 980 mm. Buissons et pâtures naturelles. Pendant la saison
humide, on note de forts brouillards. Couvrent 2 145 ha dans le sanctuaire.
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Zone
de puna ou prairie alpine au dessus de 4 300 m
Photo : Marie Forget |
- Prairie alpine (4 300
et 4 950 m) : températures moyennes annuelles de 3,2ºC, précipitations
annuelles de 890 mm. Présence d'affleurements rocheux et végétation
principalement herbacée.
- Etage nival (5000 à 5235 m) : glacier de l'Ampay. Température
annuelle moyenne de 1.5ºC et précipitations annuelles de 600 mm.
Le glacier couvre 103 ha et est en recul (réchauffement climatique ?).
Une grande diversité
botanique
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Forêt
andine à Podocarpus
Photo : Valère Claverie |
La flore du sanctuaire est
constituée d'approximativement 1 500 espèces, dont 340 entre 2 900
à 3 500 m d'altitude. A cet étage humide domine l'Intimpa (Podocarpus),
symbole de la réserve et de la ville d'Abancay. Cette essence couvre 600
ha, soit 19% de la réserve, avec une densité de 60 arbres par hectare,
et forme la base d'un écosystème unique comprenant un grand nombre
de plantes endémiques.
La zone supérieure est
dominée par une couverture principalement herbacée (Stipa, Festuca,
Calamagrostis Wernería, ...).
Par rapport à sa faible superficie, la richesse florale est considérable;
ainsi, dans le Parc National du Huascarán (360 000 ha), 20 espèces
d'orchidées ont été recensées (Smiths, 1988), tandis
que dans l'Ampay (3 635 ha) ont été trouvées plus de 30 espèces.
L'Itimpa
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Itimpa
(Podocarpus glomeratus)
Photo : Valère Claverie |
La présence d'un
peuplement unique d'Intimpas (Podocarpus glomeratus) a été la principale
raison de la création du sanctuaire de l'Ampay. Cet arbre fait partie de
l'ordre des conifères (c'est le seul représentant natif du Pérou
de cet ordre) et de la famille des Podocarpacées. Il peut atteindre jusqu'à
3 m de diamètre pour les spécimens anciens. Son écorce externe
est de couleur marron.
La caractéristique principale des Podocarpacées et particulièrement
des Intimpas est leur système de ramification pyramidal, les axes latéraux
étant moins développés que l'axe principal. Sa couleur verte
sombre est typique.
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Itimpa
(Podocarpus glomeratus)
Photo : Valère Claverie |
Les jeunes tiges ont une
écorce ridée longitudinalement.
Les feuilles sont simples et coriaces, lancéolées, d'une longueur
de 3 à 6 cm.
Les individus femelles produisent des fleurs isolées globulaire insérées
aux branches, tandis que les pieds mâles présentent des fleurs fasciculées.
Les fruits sont des drupes portées par les pieds femelles.
Le processus de pollinisation et de fécondation se produisent de novembre
à janvier.
La Conure mitrée (Aratinqa mitrata) apprécie particulièrement
les fruits de l'Intimpa, produisant des lésions et leur chute prématurée.
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Sous-bois
dans la forêt andine
Photo : Valère Claverie |
L'Intimpa est associé
à un cortège végétal typique : Vallea stipularis,
Escallonia myrtiloides, Clusia sp., Duranta mandonii, Prunus rigide, Cestrum conglomeratum,
Hydrocotyle ranunculoides, Duranta pentlandii et Solanum sp. Mycianthes
oreophylla, Styloceras laurifolia, Escallonia resinosa, Escallonia herrerae et
Lupinus platiphyllus sont plus rares.
La forte humidité de l'environnement permet à la forêt d'abriter
une grande diversité de plantes épiphytes (tillandsias et orchidées),
fougères, mousses et champignons.
Dans les années 60, un premier inventaire de la forêt d'Intimpas
a permis de constater qu'approximativement 1 200 ha étaient en bon état
de conservation, contre 900 ha seulement en 1996.
Plus de 60 autres espèces d'arbres croissent dans la forêt andine,
qui, étant entourée de zones beaucoup plus sèches constitue
un "vivier" de spéciation, d'où une grand originalité.
L'agriculture et les coupes illégales sont responsables de cette diminution.
Par ailleurs, le développement urbain de la ville d'Abancay a également
entraîné l'utilisation d'essences rares (Podocarpus glomeraturs,
Styloceras laurifolia, Junglans neotropica, Cedrela lilloi, Myrciantes oreophylla
entre autres) pour la construction de logements.
La destruction des arbres a eu de nombreuses implications négatives, comme
la diminution des plantes épiphytes (Bromeliacées, Orchidacées,
Piperacées, Ptéridophytes, Briophytées). Tillandsia est l'une
de ces broméliacées qui constituent de vrais petits écosystèmes
pour des insectes, des araignées, des amphibiens et des oiseaux, et sa
disparition en entraînerait d'autres en cascade.
Les forêts arbustives
au-delà de 3700 m
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Au-dessus
de la forêt à Podocarpus s'étend une zone buisonneuse humide
Photo : Valère Claverie |
Les forêts mixtes
arbustives au-dessus des 3 700 m sont celles qui ont le plus souffert, suite à
l'ouverture du milieu pour l'agriculture sur les pentes et dans les dépressions
; la végétation naturelle ne subsiste plus que dans les ravins abrupts.
Un fort taux d'endémisme végétal
L'isolement de l'Ampay, similaire à celui d'une île continentale
(Mac Arthut et Wilson, 1967) explique le fort taux d'endémisme (Galiano,
1995).
Les espèces endémiques les plus remarquables sont : Bomarea ampayesana
(Alstroemeriacées), Pleurothallis vargasii (Orchidacées),
Lupinus ampaiensis, L, tetracorcephorus (Fabacées), Nasa limata,
N Vargasii (Loasacées) et Begonia octopetala ovatoformis (Begoniacées).
Le degré d'endémisme atteint plus de 15%.
Une région encore méconnue
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Pose
de filets par un ornithologue péruvien dans la réserve d'Ampay pour
mieux connaître l'avifaune et les chauve-souris locales
Photo : Valère Claverie |
Parmi les études
réalisées sur la flore de l'Ampay, on peut mentionner les explorations
effectuées par César Vargas en juin 1937, juin 1938 et février
1939, avec les botanistes Stork et Horton.
En janvier 1941, novembre 1942 et janvier 1950, Vargas a exploré de nouveau
l'Ampay, mais aussi le Ñacchero et d'autres lieux de l'Apurímac,
et a publié les résultats de ses recherches dans le rapport "Comunidades
Vegetales de Abancay y Alrededores " (1957).
En 1985, Galiano, Tupayachi et Ricalde ont mené une expédition dans
l'Ampay et le Ñacchero et ont collecté un grand nombre de spécimens
botaniques et faunistiques.
Les principales études sur la faune de l'Ampay ont été réalisées
de 1968 à 1987, et sont encore incomplètes.
La forêt abrite au moins un oiseau endémique, le Synallaxe de Coursen
(Synallaxis courseni) décrit par Blake en 1971.
L'évaluation de la diversité biologique du Sanctuaire National d'Ampay
est loin d'être achevée, notamment au niveau ornithologique, et la
pose de pièges et de filets est necessaire.
En 1995 a été découverte une grenouille (Gastrotheca ochoai)
dans une plante épiphyte du genre Tillandsia dans la zone du Ñaqcchero
(forêt humide submontagnarde).
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