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A la rencontre de l'Asie et de l'Afrique
| Situations
de quelques spots visités par Dave Trotter en décembre 2000 |
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Le Sultanat d'Oman se
situe au sud de la péninsule arabique. Le littoral de 1700 kilomètres
longe le Golfe d'Oman au Nord, la Mer d'Arabie à l'Est et l'Océan
Indien au Sud.
La partie nord du pays est dominée par la chaîne du Jebel Akhdar
qui atteint 3000 m d'altitude. Son versant au Nord-est borde une plaine fertile,
le Batinah, le long du Golfe d'Oman. Au Sud, les montagnes de Dhofar plongent
dans l'Océan Indien. En été, la mousson transforme les collines
du Sud qui se couvrent alors d'une végétation tropicale.
A l'intérieur du pays s'étend un vaste désert.
Le pays, au croisement de l'Asie et de l'Afrique, accueille des nicheurs appartenant
aux avifaunes indiennes et africaines. Durant les migrations et en hiver, Oman
sert d'étape à de très nombreuses espèces : pas moins
de 61 espèces de limicoles et 18 espèces de sternes ont déjà
été notées !
Dave Trotter a séjourné dans le pays en novembre-décembre
200, et il nous a transmis son rapport accompagné de nombreuses photographies.
Abstract
The Sultanate of Oman lies on the north-eastern corner of the Arabian peninsula
bordering the United Arab Emirates in the north, the Kingdom of Saudi Arabia in
the west and Republic of Yemen in the south-west. The 1700 km coastline faces
the Gulf of Oman in the north, the Arabian Sea in the east and the Indian Ocean
in the south.
The capital, Muscat, lying on the line of Capricorn is said to be the hottest
capital in the world with summer temperatures approaching 50°C in the shade.
However, from December through February the weather is 25°C in the daytime,
15°C at night. Usually the sun shines from a clear sky, but the winter months
can bring a few quick showers which are much needed and looked forward to.
The northern part of the country is dominated by the mountain range Jebel Akhdar
which includes the 3000m. high Jebel Shams. The north-eastern slopes of these
mountains form a fertile plain, the Batinah, along the Gulf of Oman.
This is where most of Oman's estimated 1.5 million people live and where Muscat
is located. In the south, the Dhofar Mountains slope towards the Indian Ocean.
In summer, the monsoon transforms the hills into extensive grasslands and the
mountain valleys take on a tropical look.
The temperature in Salalah, the capital of the southern region, is usually 10-15°C
cooler than Muscat at this time of the year. Between the two mountain ranges lies
a vast sandy and stony plain which in many places is rather batten and featureless.
This is where you experience the real desert. Being some 800 km wide the interior
acts as a barrier to many species of birds. Thus the resident birds in the north
are similar to those in Asia and India, while Dhofar is much more African in its
birdlife.
During migration times and in winter birdwatching can be very exciting. A quick
look at a map of this region reveals that eastern Arabia forms a land bridge between
Africa and Asia. Masses of birds pass through the country, especially in autumn,
and many stay to winter. Particularly interesting is the vast numbers and variety
of shore-birds and gulls and terns. No less than 61 species of waders and 18 species
of terns have been observed! Raptors are also well represented.
Dave Trotter has visited the country (mostly around Muscat and Salalah) in November-December
2000, and he has trasmitted us his report, with numerous beautiful photos.
See our map
of Oman.
Introduction
Voir notre carte
d'Oman.
Un pays varié
Le Sultanat d'Oman est un
pays situé au sud de la péninsule arabique, bordé par le
Golfe d'Oman, la mer d'Arabie et l'Océan Indien. La capitale Muscat, qui
se trouve sur le tropique du Capricorne, serait la capitale la plus chaude du
monde avec des températures estivales approchant 50°C à l'ombre.
Toutefois, de décembre à février, la température moyenne
est de 25°C la journée et de 15°C la nuit. Le ciel est habituellement
lumineux, mais en hiver quelques averses brèves peuvent arroser le pays.
La partie nord du pays est dominée par la chaîne du Jebel Akhdar
qui atteint 3000 m d'altitude. Elle domine la plaine fertile du Batinah, le long
du Golfe d'Oman. C'est la que vit majeure partie de la population du pays (environ
1,5 million de personnes).
Dans le sud, les montagnes de Dhofar qui culminent à environ 1 200m plongent
dans l'Océan Indien. En été, grâce à la mousson,
les collines verdissent miraculeusement et le paysage prend des allures tropicales.
La température à Salalah, la capitale méridionale, est d'environ
10 à 15°C à cette période de l'année. Entre ces
deux zones de montagne s'étend une vaste plaine pierreuse monotone.
Une zone de rencontre
Les oiseaux nicheurs dans le Nord du pays sont semblables à ceux présents
en Asie et en Inde, alors que ceux nichant dans la région du Dhofar appartiennent
plutôt à la zone africaine.
Durant les migrations et en hiver, une visiste du pays est souvent passionnante,
grâce à la fonction de pont que la pays joue entre entre l'Afrique
et l'Asie. Des quantités d'oiseaux traversent le pays, particulièrement
en automne, et beaucoup restent en hiver. On notera en particulier les grands
rassemblements de limicoles et de laridés sur les côtes.
Le Nord du pays
Les espèces
nicheuses communes de la région du Batinah incluent le Rollier indien (Coracias
benghalensis), les Guêpiers d'Europe (Merops apiaster) et de Perse (M. superciliosus).
Le Guêpier d'Orient (M. orientalis) niche dans la plus grande partie du
pays. Il y a de nombreux spots favorables le long du Batinah. La plupart de la
côte est constituée de plages sablonneuses où s'arrêtent
un grand nombre d'oiseaux en automne. Le littoral est interrompu à plusieurs
endroits par des lagunes (les khawrs) excellentes pour les échassiers,
les mouettes et les sternes.
Des îles rocheuses au large accueillent le Phaéton à bec rouge
(Phaethon aethereus), le Faucon concolore (Falco unicolor) et la Sterne bridée
(Sterna anaethetus).
Les lagunes d'Al Ansab
(une série de lagunes de décantation près de Muscat) constituent
un spot d'exception : pendant les migrations et en hiver, plus de 50 espèces
peuvent y être vues ici. Les anatidés incluent le Fuligule nyroca
(Aythya nyroca) commun en hiver, et des limicoles peuvent être vus la majeure
partie de l'année. La première donnée de reproduction de
l'Echasse blanche (Himantopus himantopus) en Oman a été constatée
à Lansab en 1987 et en 1989, avec au moins 30 poussins comptés.
Les marouettes ponctuée (Porzana
porzana) et de Baillon (P. pusilla) sont souvent vues le long des roselières,
tandis que la Guifette moustac (Chlidonias hybrida) chasse les insectes au-dessus
de l'eau. La Guifette leucoptère (C.
leucopterus) est présente à la fin du printemps.
Plusieurs sous-espèces asiatiques des Bergeronnettes printanière
(Motacilla flava) et grise (M. alba) sont notées au printemps. La Bergronnette
citrine (M. citreola) est commune et certains mâles peuvent être vus
en plumage nuptial avant leur départ à la fin mars. Le chant grinçant
de la Rousserolle stentor (Acrocephalus stentoreus) est souvent entendu dans les
roseaux. Fin avril à début mai est le moment idéal pour observer
le passage des fauvettes.
Les lagunes d'Al Ansab et la décharge voisine sont d'excellents endroits
pour les rapaces en hiver. Cinq espèces d'aigles peuvent alors être
vues en une demi-heure, avec en outre la présence des Vautours percnoptère
(Neophron percnopterus) et oricou (Torgos traheliotus).
Un autre superbe site
pour l'observation est la grande ferme expérimentale près de la
ville de Sohar. Des cultures irriguées et des étangs artificiels
attirent en effet de nombreux oiseaux migrateurs. Les Rolliers indiens sont particulièrement
communs ici et jusqu'à cent oiseaux peuvent être notés chassant
les sauterelles.
Les rapaces comprennent les Faucons sacre (Falco cherrug), pèlerin (F.
peregrinus) et quatre espèces de busards. Des groupes de Faucons crécerellettes
(F. naumanni ) ont déjà été observés. A proximité,
des paysages ouverts avec des acacias attirent beaucoup de passereaux pendant
la migration. Outre les 12 espèces de traquets recensés à
Oman, deux nouvelles ont été vues dans le secteur : le Traquet pie
oriental (Oenanthe picata) et le Traquet de Finsh (O. finschii). La Pie-grièche
isabelle (Lanius isabellinus) est commune au passage et en hiver, comme dans la
plupart du pays.
Les criques de la région bordées par la mangrove peuvent
permettre l'observation de l'Alcyon à collier blanc (Halcyo chloris) de
la sous-espèce endémique kalbaensis qui ne nidifie que dans une
zone très localisée autour du Khawr Kalba, à la frontière
avec les Emirats Arabes Unis.
La chaîne de montagnes du Jebel Akhdar n'est pas riche en oiseaux. Dans
les wadies (oueds) on peut toutefois trouver la Perdrix de Hey (Ammoperdix heyi),
l'Ammomane du désert (Ammomanes deserti) et le Traquet de Hume (Oenanthe
alboniger). Le Vautour oricou est présent à des altitudes plus élevées.
En été, un tour dans cette zone peut permettre d'échapper
à la chaleur accablante de la plaine côtière.
Le Centre
La vaste plaine centrale, recouverte
de sable et de cailloux accueille peu d'oiseaux. Le Sirli du désert (Altaemon
alaudipes) et le Corbeau brun (Corvus ruficollis) sont répandus, et quelques
points d'eau permanents attirent les gangas par centaines. La plupart sont des
Gangas tachetés (Pterocles senegallus) et couronnés (P. coronatus),
mais quelques Gangas à poitrine châtain (P. exustgus) peuvent se
joindrent à eux. Les Aigles royaux (Aquila chrysaetos) nichent en hiver
à l'intérieur du pays et l'Aigle des steppes (A. nipalensis) peut
également être vu. L'Outarde de McQueen (Chlamydotis mcqueenii) peut
être trouvée dans les wadis larges et peu profonds, mais elle est
rare.
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Oryx blancs
(Oryx leucoryx) réintroduits dans le Centre d'Oman
Source : www.omanet.om |
Il y a deux sites dans le
Centre d'Oman qui méritent particulièrement une visite. Le premier
est Yalooni, le centre de réintroduction de l'Oryx blanc (Oryx leucoryx).
Le secteur est aussi fréquenté par la Gazelle de montagne (Gazella
gazella). En raison des activités scientifiques dans ce secteur au cours
de la dernière décennie, l'avifaune y est maintenant mieux connue.
Les espèces les plus inattendues peuvent être vues ici, ce qui suppose
que les itinéraires de migration ne sont pas limités à la
côte. Souvent, des oiseaux complètement épuisés sont
vus sur le bord des routes et, avec des températures souvent au-dessus
de 40°C, nombre d'entre eux périssent.
Les vastes vasières côtières de Barr Al Hikman de Barr sont
situées au Centre-est du pays. Ce secteur a été peu étudié
étant donné son éloignement et les difficultés pour
approcher de près des oiseaux. Les seules voies d'accès dans le
secteur sont les chemins crées par les pêcheurs locaux des sabkhas
(un mélange dur du sable, de sel et de boue dur qui devient mouvant après
les marées imprévisibles). Ce site est d'un grand intérêt
pour l'hivernage des Bécasseaux de l'Anadyr (Calidris tenuirostris) et
falcinelle (Limicola falcinellus), qui n'a été constaté qu'en
1969.
Le Sud
La région méridionale
du Dhofar est très africaine dans sa faune et diffère fortement
du reste du pays. La mousson d'été couvre les collines et wadis
d'une abondante végétation tropicales. Le printemps voit l'arrivée
d'espèces africaines comme le Colombar waalia (Treron waalia), le Coucou
didric (Chrysococcyx caprius) et le Martin-chasseur à tête grise
(Halcyon leucocephala). Plusieurs khawrs le long de la côte sont bordés
de roselières et accueillent une grande variété d'oiseaux.
La Spatule blanche (Platalea leucorodia) et l'Ibis falcinelle (Plegadis falcinellus)
sont présents presque toute l'année, alors que le Jacana à
longue queue (Hydrophasianus chirurgus) est régulier en hiver. Les khawrs
reçoivent aussi la visite hivernale de nombreux anatidés dont la
Sarcelle de Coromandel (Nettapus coromandelianus). Les Cigognes blanches (Ciconia
ciconia) passent par centaines au-dessus des zones agricoles et la Cigogne d'Abdim
(Ciconia abdimii) est annuelle.
La mousson provoque une remontée des nutriments marins qui attirent les
poissons et les oiseaux. Le meilleur spot pour le seawatching est Mirbat, à
60 km à l'est de Salalah, et la période de juillet à septembre
peut être très productive. De grandes quantités de Fous masqués
(Sula dactylatra) longent alors la côte. Les autres oiseaux marins communs
incluent le Pétrel de Jouanin (Bulwaria fallax), les Puffins à pieds
pâles (Puffinus carneipes) er d'Audubon (P. lherminieri). Certaines de ces
espèces nichent sur les îles voisines de Kuria Muria, mais les sites
de reproduction du Pétrel de Jouanin n'ont jamais été trouvés.
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