|
L'île du plus petit oiseau du monde
| Cuba
occupe la moitié des terres immergées des Antilles |
 |
Plus connue pour sa musique
et son leader Fidel Castro que pour sa faune, Cuba est pourtant d'une richesse
remarquable et abrite des espèces uniques, que ce soit le Crocodile de
Cuba, le Solénodon de Cuba (un mammifère très rare), la plus
petite grenouille du monde, des orchidées ou 22 espèces d'oiseaux
endémiques dont l'oiseau le plus petit du monde, le Colibri d'Helen.
Environ 70 000 Flamants des Caraïbes y nichent, soit la plus grande colonie
de l'hémisphère occidental.
S'étirant sur 1 200 kilomètres et composée de plus de 4 000
îles, Cuba présente la plus large diversité de paysages des
Antilles, des mangroves aux déserts côtiers en passant par les forêts
tropicales d'altitude. On y trouve entre autres une région marécageuse
très étendue (la Cienaga de Zapata) de plus de 70 000 ha.
Nous remercions particulièrement Jon Gallagher et Colin Bushell (Toucantours)
pour nous avoir transmis leurs superbes clichés.
Et nous vous conseillons pour votre futur voyage ornitho sur Cuba la société
Amaziliatours,
qui vous accompagnera en français !
Abstract
Cuba has a remarkable avifauna, ranging from Bee Hummingbird, the world's smallest
bird, to several very rare species, and including some 22 endemic species : Cuban
Green Woodpecker Xiphidiopicus percussus - Fernandina`s Flicker Colaptes fernandinae
- Cuban Trogon Priotelus temnurus - Cuban Tody Todus multicolor - Cuban Parakeet
Aratinga euops - Bee Hummingbird Mellisuga helenae - Bare-legged Owl Otus lawrencii
- Cuban Pygmy-Owl Glaucidium siju - Blue-headed Quail-Dove Starnoenas cyanocephala
- Zapata Rail Cyanolimnas cerverai - Gundlach`s Hawk Accipiter gundlachi - Giant
Kingbird Tyrannus cubensis - Cuban Vireo Vireo gundlachii - Cuban Solitaire Myadestes
elisabeth - Zapata Wren Ferminia cerverai - Cuban Gnatcatcher Polioptila lembeyei
- Zapata Sparrow Torreornis inexpectata - Yellow-headed Warbler Teretistris fernandinae
- Oriente Warbler Teretistris fornsi - Cuban Grassquit Tiaris canora - Red-shouldered
Blackbird Agelaius assimilis - Cuban Blackbird Dives atroviolacea.
And Cuba is also the home of the most important colony of Red Flamingoes (Phoenicopterus
ruber ruber) in the Americas, and a very important stop-over of neaotropical migrants
(Warblers, Ducks and Waders).
In addition to tall itsendemic species, Cuba is the only island in the Caribbean
where Sandhill Cranes are found, and then only in a handful of coastal areas.In
these article, we present you all the main birding spots and protected areas,
from the Cayo Coco island in the North to the Cienaga de Zapata in the South-West,
and from the pine forests of the Sierra del Rosario in the West to the ones of
the Alejandro de Humboldt National Park in the extreme East, where Ivory-billed
Woodpeckers could still survive.
Cuba is currently unique in having hardly any public transport and very few hotels,
restaurants and shops. However, a trip can be reasonably pleasant and cheap if
a car is hired.
All the spots are situated on our map
of Cuba.
Présentation de Cuba
L'île
 |
| Vue
des forêts de pins depuis le mirador de Soroa, au nord de l'île. Photo
: Jon Gallagher |
Cuba est baignée
au nord par l'océan Atlantique et au sud par la mer des Caraïbes.
Seulement le quart de son territoire (qui totalise plus de 5 700 km de côtes
pour 110 860 km² de superficie, soit environ environ la moitié de
la surface des Caraïbes) est occupé par des zones montagneuses. Des
plaines favorables à l'élevage et à la culture de la canne
à sucre couvrent la majeure partie de l'île. Trois ensembles montagneux
peu élevés s'en détachent : la Cordillère de Guaniguanico,
à l'ouest, ne dépasse guère 700 m; la Sierra de Escambray,
au centre, atteint une altitude moyenne de 1 140 m; au sud-est, enfin, les montagnes
de la région de l'Oriente (Sierras Maestra et de Cristal) accueillent le
point culminant de l'île, le Pico Turquino (1 972 m).
La fosse des Caïmans,
profonde de 7 200 m, sépare Cuba de la Jamaïque. Elle correspond à
la frontière entre les plaques tectoniques nord-américaine et caraïbe,
ce qui explique les tensions sismiques enregistrées dans cette partie du
globe. Outre l'île principale, la République cubaine englobe l'Isla
de la Juventud (2 200 km²) et près de 4 200 îlots et récifs
coralliens en majeure partie inhabités.
Histoire ornithologique
La tradition ornithologique cubaine remonte à 1870 avec les travaux de
Juan Gundlach qui a écrit le premier ouvrage sur les oiseaux de l'île,
Ornitología Cubana, et dont le nom a été immortalisé
dans les noms scientifiques et communs de plusieurs espèces comme l'Épervier
de Gundlach et le Viréo de Cuba. Au 20ème siècle, Thomas
Barbour, James Bond, Orlando Garrido, Florentino García Montaña
et d'autres ont amélioré la connaissance de la distribution, de
la taxonomie et de la biologie des oiseaux cubains. Au total, 355 espèces
ont été notées dont 23 endémiques et 165 espèces
qui nichent en Amérique du Nord et qui hivernent ou traversent Cuba durant
leur migration. En dépit de cette histoire d'exploration et d'étude,
Cuba est peu étudiée par rapport à l'Amérique du Nord.
Les détails de la biologie de reproduction de beaucoup d'espèces
résidentes demeurent inconnus et les données quantitatives sur la
distribution et l'abondance des espèces migratrices sont rares.
Des activités humaines négatives
 |
Le
Pic de Fernandina (Colaptes fernandinae) est menacé par les défrichements
Photo : Jon Gallagher |
Seules 15 à 20% des
terres sont aujourd'hui restées dans leur état naturel, et l'expansion
des cultures de cacao, de café et de tabac sont des menaces sérieuses
sur la forêt tropicale, de même que la production de charbon de bois
la culture sur brûlis. Dans le marais de Zapata, les brûlis, les assèchements,
les défrichements et les prédateurs introduits sont de graves menaces
pour les oiseaux endémiques. Plusieurs espèces autrefois répandues
sur l'île sont devenues rares en raison de la destruction des forêts
: c'est le cas de l'Épervier de Gundlach (Accipiter gundlachii), de la
Colombe à tête bleue (Starnoenas cyanocephala), de la Conure de Cuba
(Aratinga euops), du Colibri d'Helen (Calypte helenae), du Pic de Fernandina (Colaptes
fernandinae), du Tyran géant (Tyrrannus cubensis) et du Solitaire de Cuba
(Myadestes elisabeth). L'Ara de Cuba (Ara cubensis) et le Pic à bec d'ivoire
(Campephilus principalis) ont disparu suite à ces défrichements,
même si certains pensent que le pic survit dans certaines forêts du
sud de l'île.
L'Amazone de Cuba (Amazona leucocephala) également présente aux
Bahamas et sur les îles Caymans) a récemment été placée
sur la liste des oiseaux menacés, après avoir été
classée en danger critique. La Conure de Cuba est en danger critique avec
environ 1 300 oiseaux. Elle niche dans les palmiers, et est très affectée
par les ouragans qui dévastent son habitat.
Outre ces deux psittacidés endémiques, Cuba est la seule île
des Caraïbes où il est possible de voir une sous-espèce locale
de la Grue du Canada, dans quelques secteurs côtiers.
En outre, il existe plusieurs espèces non endémiques rares comme
le Dendrocygne des Antilles (Dendrocygna arborea), le Pluvier siffleur (Charadrius
melodus) uniquement hivernant, le Pigeon simple (Columba inornata) avec 100 couples,
la Colombe de Gundlach (Geotrygon caniceps), l'Amazone de Cuba (Amazona leucocephala)
et la Paruline de Bachman (Vermivora bachmani) espèce probablement éteinte
qui ne faisait qu'hiverner à Cuba. Les réserves de Cuba ne bénéficient
que d'une protection théorique, des coupes sauvages ayant lieu de temps
en temps. En outre, leur surface est souvent trop faible pour assurer une protection
efficace.
Les 22 endémiques "stricts" de Cuba
Pic poignardé (Xiphidiopicus percussus) - Pic de Fernandina (Colaptes fernandinae)
- Trogon de Cuba (Priotelus temnurus) - Todier de Cuba (Todus multicolor) - Conure
de Cuba (Aratinga euops) - Colibri d'Helen (Mellisuga helenae) - Petit-duc de
Cuba (Otus lawrencii) - Chevêchette de Cuba (Glaucidium siju) - Colombe
à tête bleue (Starnoenas cyanocephala) - Râle de Zapata (Cyanolimnas
cerverai) - Épervier de Cuba (Accipiter gundlachi) - Tyran géant
(Tyrannus cubensis) - Viréo de Cuba (Vireo gundlachii) - Solitaire de Cuba
(Myadestes elisabeth) - Troglodyte de Zapata (Ferminia cerverai) - Gobemoucheron
de Cuba (Polioptila lembeyei) - Bruant de Zapata (Torreornis inexpectata) - Paruline
de Fernandina (Teretistris fernandinae) - Paruline d'Oriente (Teretistris fornsi)
- Sporophile petit-chanteur (Tiaris canora) - Petit Carouge (Agelaius assimilis)
- Quiscale violet (Dives atroviolacea).
Deux endémiques
particulièrement menacés
 |
Le
Bruant de Zapata (Torreornis inexpectata) est l'un des oiseaux les plus rares
de Cuba
Source : Nash
Travel Inc. |
- Le Troglodyte de Zapata
(Ferminia cerverai) : des enquêtes récentes suggèrent que
cette espèce pourrait être plus commune que l'on ne le croyait précédemment.
Toutefois, elle reste en danger car son aire de distribution et sa population
sont très réduites. Le troglodyte n'est connu que dans les zones
septentrionales et centrales du marais de Zapata. Il était pourtant considéré
comme commun au moment de sa découverte en 1926. Une étude réalisée
le long des rios Hatiguanico et Guareira en 1998 ont permis de découvrir
24 individus dans trois nouvelles localités.
- Le Bruant de Zapata (Torreornis inexpectata) : cette espèce est confinée
à trois secteurs distincts. La destruction de son habitat continue dans
toute son aire de répartition, et les populations dans deux de ces secteurs
semblent diminuer. L'espèce est donc en danger. Le nom vernaculaire de
Bruant de Zapata est inadapté pour une espèce présente dans
trois régions séparées et non pas confinée aux marais
de Zapata. La sous-espèce nominale possède une population stable
de 250 oiseaux dans un petite secteur de la Cienaga de Zapata, la sous-espèce
varonai est commune sur l'île de Cayo dans l'archipel de Camagüey,
et la sous-espèce sigmani totalise 110 à 200 oiseaux nicheurs sur
une petite portion de la côte à Guant, au Sud-est de l'île.
Une zone d'hivernage
essentielle
Cuba est très riche en migrateurs neotropicaux en hiver. Au cours d'une
étude menée en 1991 par des ornithologues canadiens dans différents
spots de l'île, 82 espèces dont 32 migratrices ont été
notées. Cayo Coco et le marais de Zapata sont plus riches en espèces
de passage que les forêts de montagne.
La forêt semi-décidue humide de plaine est la plus importante pour
les espèces de passage. Les forêts sèches sont moins attractives.
Les cinq espèces migratrices les plus fréquemment notées
sont le Moqueur chat (Dumetella carolinensis), la Paruline bleue (Dendroica caerulescens),
la Paruline noir et blanc (Mniotilta varia), la Paruline flamboyante (Setophaga
ruticilla) et la Paruline couronnée (Seiurus aurocapillus).
Cuba est un une zone d'hivernage importante pour un grand nombre d'individus et
d'espèces. L'île accueille en hiver une moindre diversité
d'hivernants que la péninsule du Yucatán du Mexique ou que le Belize,
mais l'île accueille certains oiseaux en plus grand nombre.
Informations pratiques
Cuba est une île magnifique,
encore peu fréquentée avec peu de moyens de transport public et
d'hôtels, de restaurants et de magasins. Toutefois, il est facile de louer
une voiture et il est intéressant de manger et de loger chez l'habitant
(casas particulares) à petit prix. Les habitants sont très agréables,
même si leur liberté n'est pas totale ...
Les routes sont bonnes et plutôt vides (excepté des charrettes, des
vieilles voitures et quelques camions). Le carburant est facile à trouver.
Il est possible de tout payer en dollars, et presque tout est payant (de préférence
en dollars, d'ailleurs il n'y a aucun lieu de change en devise locale). Emportez
des petites coupures.
Le seul petit problème est d'obtenir un visa. Vous pouvez le faire à
l'aéroport, mais depuis l'Europe vous devez prouver que vous avez réservé
au moins 4 nuits dans un hôtel.
Il est assez difficile d'aller sur les spots ornithos avec les transports en commun.
Le vélo peut être une solution, mais du temps et une bonne santé
sont nécessaires. Et certains spots ne sont pas accessibles par ce moyen
de locomotion.
Éléments utiles :
- Visa obligatoire (ambassade ou agences de voyages)
- Aucune vaccination obligatoire. Pas de prophylaxie particulière
- Infrastructure : réseau routier très correct, conditions d'hébergement
satisfaisantes
- Langue : Espagnol
- Heure locale : GMT - 5
- Électricité: 110 volts, prises américaines
- Monnaie : Peso cubain et dollar US
Le climat est tropical. La saison sèche s'étale de décembre
à avril.
Il convient de ne pas oublier ses jumelles, sa longue-vue, un ou deux bons guides
ornithologiques, une crème anti-moustiques, des vêtements et des
chaussures imperméables, et un chapeau.
|
 |