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Les "Galapagos du Nord"
| Situation
des îles Pribilof |
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Perdu au coeur de la
Mer de Béring, à mi -chemin entre la côte alaskane et le chapelet
des Aléoutiennes, l'archipel des Pribilof constitue un site unique dans
l'hémisphère nord de part leur situation particulière et
de par leur étonnante richesse biologique.
Cinq îles
constituent l'archipel : St Paul (et un rocher, le Sea Lion Rock), St George,
Otter et Walrus. Seules les deux premières sont accessibles pour les ornithologues
(70 km les séparent), les trois autres (de taille plus réduite)
étant réservées à la recherche scientifique.
Pour l'ornithologue, l'intérêt des Pribilof est double : les raretés
et le spectacle des nicheurs. La situation particulière de l'archipel permet
en effet d'observer durant quasiment toute l'année (et plus particulièrement
à la fin mai et en août) les migrateurs nord-américains et
nord-asiatiques. Chevalier de Sibérie (Tringa brevipes), Bécasseau
à cou roux (Calidris ruficollis), Gravelot mongol (Charadrius mongolus),
mais aussi Crabier chinois (Ardeola bacchus) - une donnée - et autres Bécasseaux
à queue pointue (Calidris acuminata) constituent des hôtes plus ou
moins réguliers voir quasi-annuels sur ces îles.
Guillaume
Bouteloup,
qui a séjourné sur cet archipel très peu connu des observateurs
européens, nous propose une présentation de ses richesses ornithologiques.
Abstract
In the Middle of the Bering sea, half way between Alaskan coast and the Aleutians,
the Pribiliof's archipelago is a unique site in the northern hemisphere due to
his particular geographical situation and the biomass quantity that this situation
implies.
The archipelago is made
of 5 islands : St Paul, St George, Otter, Walrus and Sea Lion's rock. The two
first ones are accessible for birders (50 miles separates them), the three others
(of smallest size) are reserved for scientific interests. For birders, Pribilofs'
goals are doubles : rarities and nesting birds. The particular situation of those
islands allows to bird nearly all year around (especially end May and August)
North Americans and Asiatic migrants. Grey tailed Tattler, Red-necked Stint, Mongolian
Plover but also Chinese pond Heron (one sighting) and other Sharp tailed Sandpiper
are among the most famous or regular rarities that have been seen on those islands.
Guillaume
Bouteloup proposes
us to discover this spot very unknown by the European birders.
Présentation des îles Pribilof
Historique
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Otarie à
fourrure des Pribilof (callorhinus ursinus)
Photo : Budd Christman / National Oceanic & Atmospheric Adminstration |
Les îles Pribilof
(souvent également appelées Fur Seal Islands, ou archipel Kotovi
en russe) sont constituées de quatre îles au large de l'Alaska en
mer de Béring, à environ 200 milles au nord d'Unalaska et à
200 milles au sud du cap Newenham, le point le plus proche sur le continent nord-américain.
Les principales îles sont St Paul (appelée ainsi du nom du Saint
du jour où elle a été découverte) et St George. Les
îlots Otter et Walrus sont proches de St Paul. Les îles ont été
découvertes la première fois en 1767 par Joan Synd, et ont été
explorées en 1786 par Gerasim Pribilof, qui a découvert les immenses
rookeries (colonies) d'Otaries à fourrure des Pribilof (Callorhinus ursinus).
Autrefois russes, les îles sont passées sous contrôle américain
en 1867. De
1870 à 1890, le gouvernement des États-Unis a loué les Pribilof
à la North American Commercial Company. De 1890 à1910, cette société
a détenu le monopole sur de la chasse aux mammifères marins, mais
les débouchés de la fourrure se sont peu à peu taris. Après
le Fur Seal Act de 1966, la chasse commerciale a été interdite,
et seuls les peuples Indiens, Aléouts, et Esquimaux peuvent aujourd'hui
prélever des otaries.
600 000 otaries et
deux millions d'oiseaux
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Colonie de Mouettes
des brumes (Rissa brevirostris).
Photo : Naomi Bargmann / Guillaume Bouteloup |
Les îles Pribilof
accueillent environ 600 000 Otaries à fourrure en été, où
elles se rassemblent en colonies ou rookeries.
Outre ce spectacle extraordinaire, plus de deux millions d'oiseaux nichent sur
les falaises. Pour les amateurs, une promenade sur St Paul est l'une des plus
belles expériences ornithologiques du continent nord-américain.
La meilleure période pour se rendre dans l'archipel est la migration de
printemps, de la mi-mai à la mi-juin, quand aux nicheurs se joignent un
grand nombre d'oiseaux migrateurs réguliers ou accidentelles asiatiques
rares; la migration d'automne a lieu de juillet à août.
En fait, il est possible d'observer des raretés n'importe quand en étéP,
et même en plein hiver (comme la Bergeronnette grise les années passées).
Et d'après le National Audubon Society's Field Guide to North American
Birds, les colonies d'oiseaux marins de l'archipel sont peut-être les plus
spectaculaires au monde.
St Paul, l'île la plus connue
Carte
de St Paul et situation des principales colonies d'otaries et d'oiseaux :
1 et 2- grandes colonies d'oiseaux marins
3- rookerie Zapadni-Tolstoï
4- Reel Point (mammifères marins)
5- rookerie Lukanin-Kitovi
6- rookerie Polovina
7- rookerie de Northeast Point |
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St Paul (environ 18 km de long
pour 10 de large) est l'île la plus visitée, en raison d'un réseau
routier relativement développé et d'une logistique disponible variée
(village de 800 âmes, hôtel, location de véhicules, bibliographie,
programmes touristiques
). D'un point de vue avifaunistique, cette île
compte une liste d'espèces plus longue que les autres, qui s'explique essentiellement
par une fréquentation plus importante par les ornithologues. Mêmes
si ceux ci sont peux nombreux à venir chaque année, la grande majorité
d'entre eux ne se rendent que sur St Paul, alors que St George présente
pourtant le même potentiel. L'île est relativement plate et bordée
de petites falaises ou bien de plages de sables ou de galet, accueillant la majorité
de la population mondiale d'Otaries à fourrure des Pribilof (ou Phoques
à fourrure nordique) avec plusieurs centaine de milliers d'individus.
St George (15 km sur
10) est par contre moins développée, la communauté locale
compte moins d'autochtones et les routes sont très peu nombreuses : le
"quad" (moto à quatre roues) est donc utile (sur les sentiers
uniquement), et la marche est plutôt recommandée (elle limite la
destruction du milieu, très fragile). En plus des raretés qui y
sont potentiellement observables, l'île regroupe certainement la plus importante
densité d'oiseaux marins de l'hémisphère nord : plus de 2
millions d'entre eux arrivent dès la fin de l'hiver pour s'y reproduire.
C'est alors un spectacle saisissant et inoubliable qui s'offre à l'ornithologue
de passage.
Informations pratiques
| Archipel
des îles Pribilof |
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L'avion est le seul moyen
de se rendre sur les Pribilof, et Peninsula Airlines (Pen Air pour les intimes)
est la principale compagnie qui dessert l'archipel (prix moyen du billet : 800$
au départ d'Anchorage en Alaska). Le coût d'un aller entre les 2
îles principales est d'environ 60$.
Le principal problème réside dans le climat imprévisible
et assez difficile. La brume est présente pendant la plus grande majorité
de l'année, le soleil fait de rare apparition. Il est donc fréquent
que les avions de liaison ne puissent pas atterrir en raison d'une visibilité
réduite (malgré les 5 heures de vol à partir d'Anchorage),
et ce plusieurs jours d'affilé. Il en est de même pour le retour,
et il est donc indispensable d'envisager ces deux éventualités.
Chaque île dispose de son hôtel (plus de 100$ la nuit). Le camping
sauvage est autorisé et gratuit, mais ne laissez aucune trace. Les bouteilles
de gaz de type réchaud sont interdites dans les avions, et il faut donc
prendre des mesures adaptées (expédition par barges ou nourriture
adaptée
).
Il n'est possible de louer un véhicule (environ 100$ la journée)
que sur St Paul. N'hésitez pas à discuter avec les autochtones,
très accueillants et toujours prêt à vous aider pour leur
demander de vous déposer quelque part sur l'île.
Il est bien entendu recommandé d'acheter quelques menus objets souvenir
et autres afin de contribuer au développement de ces petites communautés,
très amicales et qui ne voient pas systématiquement qu'un portefeuille
derrière chaque touriste.
Les températures dépassent rarement les 12-13°C au coeur de
l'été, il faut donc prévoir des vêtements chauds et
imperméables (pluie et vent fort sont souvent au programme).
Il est aussi très aisé de se perdre dans la brume, une boussole
est donc indispensable.
Les meilleures périodes sont comme nous l'avons dit plus haut de mai à
août pour les nicheurs et la dernière semaine de mai et les deux
dernières semaines d'août pour les migrateurs et autres raretés.
En période de nidification, le seawatching est peu productif, étant
donné la sur-fréquentation des eaux du large par les pélagiques
: nombre de confusions sont possibles et 99,9% des observations se rapporteront
en fait aux nicheurs locaux. L'observation en mer n'est donc à tenter que
si vous avez le temps (plus d'une semaine) ou que si la période est vraiment
favorable (peu de nicheurs encore sur place, ou encore des hivernants au large,
comme les canards marins). Toute l'année, il est possible de tomber sur
une rareté, et même en dehors des périodes les plus favorables
: restez donc sur vos garde et appréciez le spectacle avec respect !
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