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Volcans et oiseaux
| 'LIslande
est située au Nord-Ouest de l'Europe, en bordure du Cercle Arctique. |
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Terre de feu et de glace,
de volcans et de glaciers, l'Islande est devenue une destination très prisée,
tant pour la beauté de ses paysages que pour la chaleur de l'accueil de
ses habitants. A seulement 3 heures d'avion de Paris, le dépaysement est
garanti.
Ses décors, sans cesse en renouvellement font considérer l'Islande
comme le pays au monde, après le Népal, qui offre le plus de variétés
dans ses paysages, ses couleurs, ses ambiances
Plaines alluviales, cours
d'eau tumultueux, falaises escarpées, zones volcaniques actives, avec failles,
géothermie et la plus grande calotte glaciaire d'Europe, le "Vatnajökull",
8 300 km² de glace opaque et bleutée.
Alors que le Grand Pingouin y a disparu au 19ème siècle, l'Islande
offre aux voyageurs actuels la possibilité d'observer une belle variété
d'oiseaux nordiques nicheurs : limicoles, canards et oies, oiseaux marins, migrateurs
nords-américains, mais aussi rapaces prestigieux comme le Faucon gerfaut
(Falco rusticolus) et le Pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla).
André Boussard (an.boussard@orange.fr),
accompagné de trois amis, y a effectué un séjour ornithologique
du 11 juin au 2 juillet 2003. Il nous livre son rapport.
Abstract
Iceland is a place of great physical beauty, with a tumultuous history to match
its sublime geography--the violent, elegant sagas of the Vikings seem of a piece
with the abundance of active volcanoes, great glaciers, and shining fjords. The
island brims with bird life. The fluting songs of Icelandic Whimbrels (Numenius
phaeopus) (mix with the mournful notes of European Golden Plovers (Pluvialis apricaria)
to provide unforgettable accompaniment to a landscape that was the last home of
the Great Auk, a landscape that seems to have been built by giants.
Towering seabird cliffs, as at Látrabjarg, the westernmost point of the
island, are breathtaking in scope and hold hundreds of thousands of alcids : Atlantic
Puffin (Fratercula arctica), Common Guillemot (Uria aalge) and Thick-billed murres
(Uria lomvia), Black Guillemot (Cepphus grylle), and Razorbill (Alca torda) hold
court on the cliffs next to fulmars (Fumarus glacialis) and Kittiwakes (Rissa
tridactyla), with Great Skuas (Stercorarius skua) and Parasitic Jaegers (Stercorarius
parasiticus) patrolling above.
Great numbers of waterfowl, of some sixteen species, nest on and around the Myvatn,
a lake unrivaled in Europe.
Seventy Northern nesting species can be watched in Summer, some mostly Palearctic
in distribution, such as White-tailed Eagle (Haliaeetus albicilla), Redwing (Turdus
illiacus), Common Redshank (Tringa totanus), European Golden Plover, Pink-footed
Goose (Anser brachyrhynchus), while others reach the eastern limit of their Nearctic
range here: Common Loon (Gavia arctica), Barrow's Goldeneye (Bucephala islandica),
and Harlequin Duck (Histrionicus histrionicus). To see these birds with newly
hatched young is a peerless experience.
The national bird is
the Gyrfalcon (Falco rusticolus), known locally as falki or valur, and pale birds
are relatively widespread in the North.
Iceland's endemics, several of which are being considered for status as separate
species, include taxa of Black-tailed Godwit (Limosa limosa islandica), Common
Redpoll (Carduelis flammae islandica), Merlin (Falco columbarius islandica), and
Winter Wren (Troglodytes troglodytes islandica).
For those interested, birers can also visit famed waterfalls, churches, museums.
Iceland is virtually pollution-free and has a friendly population, outstanding
cuisine, and modern infrastructure.
André Boussard (an-boussard@wanadoo.fr),
with three others birders, have visited the island between the 11th of June and
the 2nd of July 2003, and he gives us a report of his trip.
Introduction
Une île spectacle
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| Vue de l'Eyiafjördur
au Nord de l'Islande. Photo : André Boussard. |
Nous étions prévenus.
Trois éléments conditionnaient le plaisir et la réussite
d'un voyage en Islande.
L'un tient au pays lui-même.
Cette île dont la surface est égale au cinquième de la France
est " l'image du monde à sa naissance " (J.P. Biard). Jeune,
elle est née géologiquement il y a 60 millions d'années au
début du tertiaire.
Ses décors, façonnés
par l'activité volcanique et le froid, sont spectaculaires : cours d'eau
tumultueux, falaises escarpées, volcans, failles, geysers, glaciers dont
le Vatnajökull, le plus grand d'Europe avec 8 300 km².
Seul 1% de sa surface
est cultivé, 20% couverts d'herbages, 2% de lacs, 12% de glaciers, 40%
de sables, le reste n'étant que zones désertiques de volcans, champs
de laves et cendres.
Ce pays rude doit au
mélange des courants froids du Groënland et des courants chauds du
Gulf Stream un climat doux en hiver et frais en été.
Des oiseaux partout
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Macareux moines
(Fratercula arctica), Ile de Grimsey, Cercle arctique (Islande).
Photo : André Boussard. |
Ne vous est-il pas déjà
arrivé, à la fin d'une journée harassante, peu fructueuse,
de rêver d'un endroit où les oiseaux seraient si nombreux que vous
ne sauriez plus où donner de la lunette ? Un rêve ? Non, l'Islande
est cet endroit.
Imaginez ! Pour les
seules falaises du pourtour de l'Ile se retrouvent environ 8 millions de couples
d'alcidés : Macareux moine (Fratercula arctica), Guillemot de Troïl
(Uria aalge), de Brünnich (Uria lomvia), à Miroir (Cepphus grylle),
Pingouin Torda (Alca torda), mais aussi des Fulmars boréaux ((Fumarus glacialis)
et de Mouettes tridactyles (Rissa tridactyla).
A Latrabjarg (au Nord-Ouest),
les falaises hautes de 20 à 30 mètres abritent sur 14 kilomètres
(!) des centaines de milliers de ces oiseaux, merveilleux champ d'expérience
pour la digiscopie, voire la photo proche, tellement ils craignent peu notre présence.
Un chemin qui serpente sur la crête vous offrira un spectacle total . Au
bruit lancinant des coups de butoir des flots contre la roche se mêlent
les piaillements, cris, invectives de cette multitude. De plus, mêlée
aux odeurs du large, celle de la fiente partout présente, chauffée
par le soleil, vous donne la troisième sensation.
L'Islande n'a que 124
oiseaux réguliers et seulement 71 sont nicheurs. Faute de niches écologiques
favorables, en raison de l'absence de vraies forêts et d'une pauvreté
en insectes, seuls 7 passereaux sont représentés dans les nicheurs.
Il faut signaler l'existence
de 13 sous espèces endémiques, conséquence de l'isolement
de l'Islande. Leurs caractéristiques spécifiques concernent la taille,
la coloration ou des détails morphologiques.
Contraintes climatiques
Autre élément
important pour l'observation des oiseaux : le temps qu'il fait. L'année
2003, nous a-t-on dit, n'a pas été tellement différente des
autres
nous n'avons pas été vraiment gênés et
avons plutôt été gratifiés d'un soleil généreux.
De toute façon,
il se vérifie que les islandais ont raison quand ils vous disent "le
temps ne te plaît pas ? Attend un quart d'heure. Il va changer".
L'intendance
Troisième élément
essentiel : l'intendance. Pour bien profiter de ce pays exceptionnel, un voyage
en Islande ne s'improvise pas sur place.
La saison de visite possible s'étale de juin à juillet pour les
ornithos, la saison touristique se prolongeant jusqu'à fin août malgré
l'augmentation des précipitations. En septembre, l'hiver commence à
s'installer.
Les conséquences
en sont :
- la difficulté
de se loger (il faut réserver).
- l'impossibilité
de disposer de place sur les ferries ou les avions des lignes intérieures
(pour l'Ile de Grimsey au bord du Cercle arctique, le "Twin Oter" ne
prend que 16 passagers et pas tous les jours). Il faut donc réserver, dès
janvier pour juin - juillet (eh oui !).
Il faut louer la voiture depuis la France (Nouvelles Frontières est l'agence
la mieux placée).
Un pays cher
Dans les petites surfaces
(il y a en partout) on trouve beaucoup de choses mais les prix sont élevés.
Les légumes et les fruits sont islandais, cultivés sous serres,
grâce à l'utilisation de la géothermie.
Les restaurants ne sont
pas abordables pour la plupart d'entre nous, il faut donc s'organiser en conséquence.
Les dates : L'idéal
me paraît être du 20 juin au 15 juillet, au-delà la saison
de nidification a pris fin pour beaucoup d'espèces et les colonies risquent
d'être désertées.
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