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Date de mise
en ligne: 17/06/10 - Visé par le Comité de Lecture
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Situation des secteurs visités lors du séjour en Jordanie |
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La Jordanie
est un petit pays du Moyen-Orient situé à la croisée de l'Europe,
de l'Asie et de l'Afrique, permettant d'observer des espèces
originaires de ces trois continents. Elle accueille aussi une grande
variété de nicheurs grâce à ses habitats variés (collines boisées,
déserts, côtes de la Mer Rouge, zones humides, ...).
Hellin de Wavrin a visité le sud du pays du 9 au 21 avril 2010,
alliant tourisme classique et ornithologie. Le rapport qu'il nous
a transmis reflète ainsi ce qu'il est possible d'observer facilement
à cette saison autour d'Aqaba, à Petra et dans le Wadi Rum.
A cause du nuage de cendres du fameux volcan islandais qui a entraîné
la fermeture de plusieurs aéroports européens, son séjour
a été prolongé de cinq jours aux frais du tour-opérateur,
mais il ne devait pas s'éloigner de l'hôtel dans l'attente d'un éventuel
vol de retour.
Cet
article a été soumis à notre Comité
de Lecture virtuel.
Pour participer à ce comité, vous pouvez nous
contacter.
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Abstract
Jordan is a
small Middle-Eastern country situated at the crossroads of Europe,
Africa and Asia, which means that birds from these three continents
can sometimes be spotted.
The country's remarkable variety of habitats, from rugged mountains
and evergreen woodlands to scrubby steppe and hot deserts, also
makes for a large variety of bird species. Jordan's Great Rift Valley
is something of a high-traffic crossroads on the main migration
routes for birds moving between Eastern Europe, Central Asia, Russia,
and Africa.
Hellin de Wavrin visited the South of the country from the 9th to
the 21th of April 2010, visiting the surroundings of Aqaba, Petra
and the Wadi Rum.
Autour d'Aqaba et de Petra
Aqaba Tala Bay
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Hypolaïs
pâle (Hippolais pallida), Jordanie, avril 2010
Photo: Hellin de Wavrin |
Le séjour principal
a eu lieu à Aqaba Tala Bay, ayant supposé au préalable que
cette nouvelle station représentait davantage la nature que la ville
d'Aqaba proprement dite, située une dizaine de kilomètres plus au
nord.
Rien de naturel malheureusement et les derniers terrains inoccupés
en bordure de mer avaient tous été nivelés au bulldozer en vue de
nouveaux aménagements.
Il n'existe plus une touffe de végétation sauvage dans ce paysage
de désert montagneux bordé par le Golfe d'Aqaba. Les rares arbres
et buissons sont tous dans les jardins des hôtels, accueillant quelques
migrateurs en halte. L'avifaune locale est réduite, cet oasis récent
étant isolé au milieu des étendues désertiques. Les
Moineaux domestiques (Passer domesticus) y sont toutefois
abondants, tout comme les Tourterelles maillées (Streptopelia
senegalensis). Quelques Hypolaïs pâles (Hippolais pallida)
chantaient, certaines étant peut-être locales.
Bien que non nicheur, le Faucon crécerelle (Falco tinnunculus)
était visible de temps en temps, et l'Hirondelle isabelline
(Ptyonoprogne fuligula) assez régulièrement.
Des Pigeons bisets (Columba livia) ont été
observés au-dessus des premières collines. Le Héron garde-bœufs
(Bulbucus ibis) a été vu une seule fois à Tala
Bay, puis un autre en vol traversant Aqaba.
Une migration peu abondante
Cette période de l'année était supposée correspondre
au pic de la migration. Or celle-ci semble peu importante en Jordanie,
la plupart des oiseaux transitant par l'ouest du Moyen-Orient semblant
passer plus à l'ouest, en Israël, au-dessus du Golfe de Suez
et du Sinaï.
C'était surtout net pour les rapaces. Malgré des vents plus
ou moins favorables, seul un Épervier d'Europe (Accipiter
nisus) a été noté. Un Elanion blanc (Elanus caeruleus)
le 13 avril et un Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) le
15 étaient sans doute de passage.
Les principaux migrateurs étaient le Moineau espagnol (Passer
hispaniolensis) dont quelques petites bandes étaient
notées tous les matins, l'Hirondelle rustique (Hirundo
rustica) et la Tourterelle turque (Streptopelia decaocto).
Cette dernière espèce migrait toute la journée, seule ou
par petits groupes de quatre ou cinq oiseaux au maximum.
Seules deux Bergeronnettes printanières (Motacilla flava),
l'une de la sous-espèce flava et une thunbergii,
ont été repérées.
Les oiseaux en halte dans les rares buissons des hôtels étaient
principalement des Fauvettes à tête noire (Sylvia atricapilla),
des Fauvettes babillardes (Sylvia curruca) et des Hypolaïs
pâles. Les 17 et 18 avril, j'ai noté un Pouillot véloce (Phylloscopus
collybita tristis), au dos gris, au sourcil bien marqué et au
ventre pâle, et dont les "tsiii" m'avaient longtemps interpellés
avant que je ne le vois dans une haie. Le 18, il y avait dans la
même haie deux Rousserolles verderolles (Acrocephalus palustris),
espèce considérée comme rare en Jordanie, probablement parce que
sous-détectée. Une des deux est restée jusqu'à la fin du
séjour.
Une Rousserolle effarvatte (Acrocephalus scirpaceus fuscus)
s'y tenait aussi. Cette sous-espèce se distingue de la sous-espèce
nominale par son croupion brun visible se distinguant des parties
supérieures grises et par son ventre nettement plus clair. Enfin,
pour bien finir le séjour en attendant l'avion, une Locustelle fluviatile
(Locustella fluviatilis) s'est montrée furtivement le 21
avril, au pied de la même haie. Elle était facilement reconnaissable
par sa silhouette, sa poitrine brune aux rayures floues et son ventre
clair contrastant avec les sous-caudales brunes marquées de demi-lunes
blanches.
De rares limicoles ont été notés, souvent venant du sud et s'arrêtant
sur l'estran en pleine journée. Il s'agissait d'espèces communes
comme le Chevalier gambette (Tringa totanus), le Chevalier
Sylvain (Tringa glareola), le Chevalier guignette (Actitis
hypoleucos) et le Chevalier aboyeur (Tringa nebularia).
Au bord de la mer, un groupe de cinq Grands Cormorans (Phalacrocorax
carbo) migrait le 15, un Pipit à gorge rousse (Anthus cervinus)
s'est posé le 19 et un Bihoreau gris (Nycticorax nycticorax)
immature est passé le 20.
Sur la côte de la Mer Rouge
Les oiseaux marins étaient très peu abondants et se cantonnaient
le long de la côte. Goélands à iris blanc (Larus leucophtalmus),
Sternes pierregarins (Sterna hirundo) et Sternes caspiennes
(Sterna caspia) étaient régulières, tandis que le
Goéland ichthyaète (Larus ichthyaetus) et le Goéland de la
Baltique (Larus fuscus fuscus) étaient plus rares.
Le 15, un Fou brun (Sula leucogaster) immature m'a survolé
à quelques mètres.
Aqaba
La traversée de la ville d'Aqaba permet de voir facilement les Corbeaux
familiers (Corvus splendens). Originaire d'Inde, cette espèce
est sans doute arrivée ici transportée par des bateaux. Elle ne
semble pas quitter la zone urbaine où elle est bien implantée.
En prenant la route vers le nord, toute la zone entre la ville d'Aqaba
et les premières montagnes est dénudée et les traces de bulldozers
sont omniprésentes. Seule végétation, quelques rares acacias isolés
subsistent. Bien qu'elle permette quelques observations sympathiques,
l'avifaune d'Aqaba et de la côte sud est peu diversifiée étant
donnée la rareté des habitats favorables.
Plus riche en végétation, Aqaba offre sans doute plus de possibilités
que la station de Tala Bay. Lors d'un passage ou un séjour dans
cette région il faudrait sûrement essayer de visiter l'Aqaba
Birds Observatory situé juste au nord-ouest de la ville. Il
s'agit de bassins de lagunage ("sewage works") et d'un
parc qui semblent accueillir une avifaune très riche. La visite
est recommandée sur le site web de l'ambassade de Jordanie et par
plusieurs sites internet. Étant situé le long de la frontière,
il est compris dans une zone militaire et son accès est soumis à
autorisation préalable. Celle-ci doit être demandée par e-mail à
l'adresse : aqaba@jssd-jo.org.
Je l'avais fait deux semaines à l'avance, mais cela n'a pas à
priori été suffisant. Dommage, ce site est sûrement
un très bon spot.
Autour de l'hôtel Beit Zaman
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Oliveraie
près de Petra, Jordanie, avril 2010
Photo: Hellin de Wavrin |
Le 10 avril,
départ en car vers Petra. En cours de route, quelques petits groupes
de Buses des steppes (Buteo buteo rufinus) en migration,
surtout dans la plaine au nord d'Aqaba, ont été vus.
Les Hirondelles isabellines étaient très abondantes partout
et les Tourterelles maillées omniprésentes.
J'ai aussi observé aussi de rares Tourterelles turques (Streptopelia
decaocto), un Traquet à capuchon (Oenanthe monaca), des
Linottes mélodieuses (Carduelis cannabina), un Milan noir
(Milvus migrans) et un Milan brun (Milvus lineatus),
ce dernier étant reconnaissable par ses couleurs rougeâtres
et les larges plages claires dans les ailes.
Par chance, l'hôtel choisi à Petra, le Beit Zaman, est situé
au milieu d'oliveraies mélangées de grenadiers qui forment une véritable
oasis au milieu des montagnes désertiques. Il domine la vallée qui
mène au site archéologique. Un après-midi et une matinée ont été
consacrés à leur prospection. Beaucoup d'hirondelles bien sûr ont
été observées, surtout des Hirondelles isabellines,
mais également des Hirondelles de rochers (Ptyonoprogne rupestris),
des Hirondelles rustiques, des Hirondelles rousselines (Hirundo
daurica) et quelques Hirondelles de fenêtre (Delichon urbica).
Des Martinets pâles (Apus pallidus) et mes premiers Martinets
noirs (Apus apus) de l'année ont été notés.
Des Buses des steppes, certaines en migration, et un Faucon crécerelle,
ont été notés. Outre les Moineaux domestiques,
un Moineau espagnol, des Linottes mélodieuses et des Verdiers d'Europe
(Carduelis chloris) ont été repérés.
Des Souimangas de Palestine (Nectarinia osea) étaient
présents ici et là, le bleu métallique des mâles resplendissant
au soleil.
Les Fauvettes à tête noire étaient bien représentées, suivies
en nombre par les Fauvettes babillardes (Sylvia currucea)
et quelques Fauvettes mélanocéphales (Sylvia melanocephala).
Un Hypolaïs pâle chantait.
Les Bulbuls d'Arabie (Pycnonotus xanthopygos) s'entendaient
et étaient visibles un peu partout. Parmi les autres espèces
vues on retiendra un Loriot d'Europe (Oriolus oriolus), un
Traquet oreillard (Oenanthe hispanica), une Pie grièche masquée
(Lanius nubicus), un Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros),
un Rougequeue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus), des
Tourterelles maillées, si abondantes dans tous les milieux en Jordanie,
et quelques Tourterelles turques.
Mais ce qui fut pour moi la plus grande surprise dans cet oasis
est la présence d'une population à priori nicheuse de Merles
noirs (Turdus merula) et de Mésanges charbonières (Parus
major).
Le site archéologique de Petra
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Traquet
deuil (Oenanthe lugens), Jordanie, avril 2010
Photo: Hellin de Wavrin |
Une journée
a été consacrée à la visite du site
archéologique de Petra, en formule individuelle. Encore quelques
Buses des steppes sont passées haut dans le ciel, tandis
qu'un couple de Faucons crécerelles nichait dans les parois rocheuses.
Un Corbeau à queue courte (Corvus rhipidurus) s'est montré
brièvement. Les Moineaux domestiques étaient très abondants,
de même que les Pigeons bisets. La plupart de ces derniers sont
malheureusement féraux. Comme toujours, les Tourterelles
maillées étaient nombreuses, à l'inverse des Tourterelles
turques. Une Tourterelle des bois (Streptopelia turtur) et
un Rougequeue à front blanc ont été repérés.
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Roselin
du Sinaï (Carpodacus synoicus) mâle, Monts d'Eilat (Israël)
Photo: Thomas Krumenacker / Galerie
de Thomas |
Un couple de
Bulbuls d'Arabie était présent dans quelques arbrisseaux.
Espèce particulièrement recherchée, un mâle de Roselin du
Sinaï (Carpodacus sinoicus) a été trouvé à
l'ombre dans les rochers qui bordent la vallée juste après le Siq
(la faille qui constitue le seul accès à la ville de Petra). Il
a malheureusement été aussitôt dérangé et a disparu.
Trois autres mâles ont été vus brièvement en vol un
peu plus loin.
Un couple de Traquets deuil (Oenanthe lugens) nourrissait
sa nichée dissimulée dans un muret en contrebas du chemin
principal.
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