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Date de mise en ligne: 17/04/09 - Soumis au Comité de Lecture
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Sites visités du 15 au 26 mars 2009 |
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Les oiseaux
ont de tout temps occupé une place très importante
en Égypte, en témoignent par exemple les dieux Horus
à tête de faucon et Rê à tête d'Ibis à
l'époque des pharaons.
Si le pays est célèbre pour ses sites archéologiques,
il présente aussi une grande variété d'habitats
naturels: côtes méditerranéennes et de la Mer
Rouge, déserts rocailleux et sablonneux, zones humides d'eau
douce et saumâtre, cultures dans la vallée et le delta
du Nil... qui accueillent près de 470 espèces d'oiseaux,
dont 150 nicheuses; certaines parmi ces dernières ne peuvent
d'ailleurs être observées qu'en Égypte pour
tout le Paléarctique occidental, comme l'Oedicnème
du Sénégal, le Coucal du Sénégal ou
le Souimanga du Nil.
Jean-Paul Rapaille a effectué un séjour dans le pays
du 15 au 26 mars 2009 dont le but premier n'était pas l'ornithologie,
mais la découverte de la culture et de l'histoire égyptiennes; il
a toutefois pu observer de nombreuses espèces. Son séjour
était composé de deux parties: une croisière sur le
Nil du 16 au 21 mars (de Louxor à Assouan et retour), suivi d'un
court séjour à Hurghada sur la Mer Rouge du 22 après-midi au 25.
Abstract
Egypt is best
known for its antiquities. One can encounter antiquities almost
anywhere, but the most visited sites are those in Cairo and Upper
Egypt. However, the country is also blessed with a wide range of
habitats each with its own unique plant and animal life. Egypt`s
natural heritage is as rich as her cultural heritage. Egypt is blessed
with a wide range of habitats each with its own unique plant and
animal life. There are substantial marine and coastal resources
(Mediterranean, Red Sea); vast desert wilderness (Western Desert,
Eastern Desert, the Sinai); expansive wetlands (Nile River, lakes)
and fertile agricultural lands. As for birds, over 470 species have
been recorded. Two-thirds of these are migrants, only one third
are resident and found in Egypt year round. Resident birds of interest
are Saharo-Sindian species, African species not found elsewhere
in the Western Palaearctic and Red Sea birds.
Jean-Paul Rapaille
stayed in the country from the 15th to the 26th of March 2008 to
discover archeological sites, with a Nile cruise from Luxor to Aswan
from the 16th to the 21th of March and a short stop-over in Hurghada
(on the Red Sea) from the 22nd to the 25th of March: but he also
watched several interesting bird species.
Les oiseaux de la vallée du Nil et de la région d'Hurghada
Un séjour essentiellement archéologique
Les observations
ornithologiques ont été faites soit lors de la visite des sites
archéologiques, soit lors de trajets en bateau sur le Nil
en cours de journée, soit lors de moments libres. Toutefois, à deux
occasions,Jean-Paul a pu consacrer du temps à l'observation: deux
heures de promenade dans la campagne aux alentours de Louxor et
une matinée en compagnie d'un ornithologue local à Assouan.
Près de 100 espèces d'oiseaux observées
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Prairies le long du Nil
Photo: Jean-Paul Rapaille |
Pendant ces
dix jours, Jean-Paul a eu l'occasion d'identifier près de 100 espèces,
quelques individus n'ont pu être identifiés toutefois.
Les abondances signalées dans la liste des espèces observées
ne reflètent que ses constatations personnelles et ne sont pas généralisables.
Avec plus de temps consacré à l'observation, il lui aurait été possible
de voir d'autres espèces moins fréquentes; un séjour dans le désert
aurait ainsi été un plus pour chercher certaines espèces comme les
gangas.
Le plus grand étonnement de Jean-Paul: voir des canards (Canard
siffleur, Canard souchet, Fuligule morillon, par exemple) sous une
température de 25°C alors qu'avant de partir, il les observait
en Belgique sous des températures nettement plus froides.
Autre étonnement: le peu d'Ouettes d'Egypte (Alopochen aethiopicus)
vues alors qu'elles sont nombreuses (NDLR: mais férales)
en Belgique.
De belles observations d'espèces typiques ont été
réalisées néanmoins, comme l'Alcyon pie (Ceryle
rudis), le Souimanga du Nil (Atreptes metallicus) ou
le Guêpier d'Orient (Merops orientalis).
Les photos de Jean-Paul (complétées par celles d'autres
auteurs) ont été prises avec un simple appareil-photo digital Coolpix
4500, exceptée celles de l'Alcyon pie réalisée avec le même appareil
placé sur une longue-vue Optolyth TB80.
Deux bons guides
Si vous souhaitez prendre contact avec des personnes locales susceptibles
de vous aider à préparer votre voyage et à vous servir de guide,
voici deux références:
- Mamdouh KAMEL (téléphone portable: 0020-101678571);
c'est le guide de la croisière, très sympathique et très compétent
pour les visites. Il a de bonnes connaissances naturelles et peut
prendre en charge l'organisation d'un voyage ornithologique dans
toute l'Egypte
- Mohamed ARABI (téléphone: 0020-123240132), surnommé
"The birdman of Aswan " par une Anglaise lors du séjour.
Il est très compétent en ornithologie et connaît parfaitement
sa région. Pour en savoir plus, lire : www.touregypt.net/featurestories/aswanbirding.htm
Comme ailleurs dans le pays, les prix sont à négocier.
Les spécialités de la vallée du Nil
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Sphinx et pyramides sont le domaine du Traquet à tête
blanche et du Grand-duc ascalaphe
Photo: Damien Bismuth |
En se rendant
en Égypte, la plupart des touristes rêvent de visiter
les pyramides, la Vallée des Rois ou les temples de Karnak
et d'Abu Simbel.
Mais outre ses richesses culturelles, l'Égypte est également
un pays où il est possible de découvrir des espèces
africaines que l'on ne rencontre nulle part ou difficilement ailleurs
dans le Paléarctique occidental (lire Les
limites du Paléarctique occidental)
comme l'Oedicnème du Sénégal (Burhinus senegalensis),
le Coucal du Sénégal (Centropus senegalensis),
le Gravelot pâtre (Charadrius pecuarius), la Rynchée
peinte (Rostratula benghalensis) ou le Souimanga du Nil (Anthreptes
metallicus) qui atteignent dans le pays la limite septentrionale
de leur aire de répartition.
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Le Caire, bien que surpeuplée, accueille plusieurs espèces
remarquables
Photo: Damien Bismuth |
Le Caire lui-même
offre de multiples opportunités ornithologiques. Le zoo de
Giza constitue une halte pour de nombreux migrateurs et le Souimanga
du Nil et le Héron gardeboeufs (Bubulcus ibis) y nichent.
Les bassins de décantation de Gebel Asfar près de
l'aéroport international accueillaient une belle variété
de limicoles et régulièrement la Rynchée peinte
et le Gravelot pâtre, mais aussi le Martin-chasseur de Smyrne
(Halcyon smyrnensis) et parfois l'Engoulevent du désert
(Caprimulgus aegyptius): ils auraient hélas été
sévèrement détériorés au cours
des dernières années.
Près du Gezira Sports Club nichent des populations férales
de Perruches à collier (Psittacula krameri) et alexandre
(Psittacula eupatria).
Le Dr Ragab's Pharaonic Village, sur Jacob Island, est un parc recréant
un village égyptien du temps de pharaons: parmi les papyrus
nichent notamment la Talève sultane de la sous-espèce
africaine (Porphyro porphyrio madagascariensis) et des populations
férales de Tisserins manyar (Ploceus manyar) et de
Bengalis rouges (Amandava amandava).
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Les cultures le long du Nil sont le terrain de chasse de l'Elanion
blanc
Photo: Damien Bismuth |
Autres espèces
communes dans l'agglomération cairote: Milan d'Égypte
(Milvus aegyptius aegyptius), Guêpier d'Orient (Merops
orientalis), Hirondelle de Savigny (Hirundo rustica savignii),
Bulbul des jardins (Pycnonotus barbatus), Prinia gracile
(Prinia gracilis), Corneille mantelée (Corvus cornix cornix)
et Tourterelle maillée (Streptopelia senegalensis). L'Oedicnème
du Sénégal niche sur les toits de la ville.
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Vanneaux éperonnés (Hoplopterus spinosus)
Photo: Jean-Paul Rapaille |
Le long du Nil,
le Héron gardeboeufs (Bubulcus ibis) et le Vanneau
éperonné (Hoplopterus spinosus) sont abondants et l'Elanion
blanc (Elanus caeruleus) est facile à voir. La Rousserolle
stentor (Acrocephalus stentoreus) fréquente les nombreuses
roselières.
Les pyramides de Sakkara et les mastabas de Ti et de Mereruka, les
grandes pyramides et le Sphinx sont aussi intéressantes pour
les oiseaux, avec la présence du Grand-duc ascalaphe (Bubo
ascalaphus), du Traquet à tête blanche (Oenanthe
leucopyga) et de l'Hirondelle isabelline (Hirundo fuligula).
Dans les environs immédiats niche l'Oedicnème du Sénégal.
Non loin de la vallée du Nil, le Wadi Natrun, entre le Caire
et Alexandrie, est une oasis s'étendant autour d'une lagune
d'eau saumâtre célèbre pour ses monastères
coptes; les lacs et marais du wadi sont riches en limicoles et constituent
le meilleur spot pour le Gravelot pâtre. Les cultures accueillent
notamment le Guêpier de Perse (Merops persicus) et
l'Agrobate roux (Cercotrichas galactotes).
La vaste oasis du Fayoum est aussi excellente pour l'observation:
c'est surtout un secteur important pour l'hivernage des canards,
des grèbes et des limicoles.
Louxor (l'ancienne Thèbes) est connu pour ses temples et
ses tombes, mais c'est aussi un très bon spot pour la Talève
sultane, l'Oedicnème du Sénégal, le Souimanga
du Nil et la Rynchée peinte. Les berges de Crocodile Island,
couvertes d'une végétation abondante, sont le domaine
du Blongios nain (Ixobrychus minutus), du Bengali rouge et
du Guêpier de Perse.
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La Vallée des Rois
Photo: Damien Bismuth |
Les Vallées
des Rois et des reines, les environs des temples mortuaires de la
Reine Hatshepsut et de Ramsès III, du Ramesseum et du Colosse
de Memnon sont aussi intéressantes: Roselin githagine (Rhodopechys
githaginea), Martinet pâle (Apus pallidus) et Guêpier
d'Orient (Merops orientalis) sont quelques-uns des espèces
typiques faciles à voir.
Autour des impressionnants temples d'Edfu et de Kom Ombo, il faut
chercher l'Elanion blanc, l'Oedicnème du Sénégal
et la Talève sultane.
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Les berges d'Elephantine Island sont favorables aux hérons
et à la Talève sultane
Photo: Damien Bismuth |
Assouan est
une zone touristique importante d'un grand intérêt
ornithologique. Sur le Nil, près d'Assouan, en faisant une
croisière autour des îles Elephantine et Kitchener,
on peut voir de nombreux hérons de différentes espèces
dont le Héron strié (Butorides striatus). Les
canards sont nombreux en hiver et l'Ouette d'Egypte est régulière.
Les Milans d'Égypte cerclent au-dessus de la berge occidentale
du Nil, et les Vautours oricou (Torgos tracheliotos) et percnoptère
(Neophron percnopterus) ont déjà été
vus parmi eux.
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Il est possible d'observer sur les berges du vaste lac Nasser
des espèces africaines tropicales comme le Tantale ibis
Photo: Damien Bismuth |
Abu Simbel est
riche en temples, mais c'est surtout le lac Nasser proche qui retiendra
l'attention de l'observateur, car plusieurs espèces tropicales
peuvent être observées sur ses berges: Pélican
gris (Pelecanus rufescens), Tnatale ibis (Mycteria ibis),
Bec-en-ciseaux d'Afrique (Rynchops flavirostris), Tourterelle
rieuse (Steptopelia roseogrisea) et Bergeronnette pie (Motacilla
aguimp). Le Crocodile du Nil est aussi présent dans les
anses tranquilles ...
Les alentours du temple de Philaea, reconstruit sur une île
du lac, est un bon spot pour le Souimanga du Nil et la Prinia gracile.
L'Engoulevent du désert est parfois visible dans les lumières
du spectacle de sons et lumières d'Abu Simbel...
Les
oiseaux autour d'Hurghada
Carte autour d'Hurghada: 1) Jardins de l'hôtel Andreas,
2) Jardins de l'hôtel Sheraton, 3) Décharge d'Hughada
(situation approximative), 4) Bassins de décantation
de Ras Shukheir (situation approximative)
Carte: Ornithomedia.com |
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Le long de la
côte égyptienne sur la Mer Rouge se trouvent plusieurs
îles et îlots où nichent des espèces marines
remarqaubles comme les Goélands à iris blanc (Larus
leucophthalmus) et de Hemprich (Larus hemprichii), les
Sternes à joues blanches (Sterna repressa) et voyageuse
(Thalasseus bengalensis).
Hurghada est une grande station balnéaire où il est
possible de voir une grande partie des espèces typiques de
la Mer Rouge. Les Goélands à iris blanc et d'Hemprich
peuvent être vus dans les marinas des hôtels et dans
le port, et l'Aigrette des récifs (Egretta gularis)
pêche sur les plages tôt le matin ou le soir; il est
d'ailleurs recommandé de faire un tour sur ces plages avant
l'arrivée des joggers et des promeneurs, vous y verrez sûrement
des choses intéressantes (Gravelot de Leschenault, ...).
Les Sternes à joues blanches, voyageuses et caspiennes (Sterna
caspia) sont faciles à voir depuis la côte, souvent
perchées sur les bouées. La Sterne huppée (Sterna
bergii) est plus rare. Un Balbuzard pêcheur (Pandion
haliaetus), nicheur sur les îlots proches, peut passer
devant le front de mer...
Les jardins des hôtels, comme celui du Sheraton, sont excellents
au printemps et en automne, le matin et le soir, pour observer les
passereaux migrateurs: mais pour des raisons de sécurité,
il n'est pas toujours simple d'observer...
Les rapaces (Aigles des steppes, pomarins, Buses des steppes ...)
sont nombreux au-dessus de la ville en période de migration:
au nord de la station balnéaire, un petit massif montagneux nommé
Gebel Zeit créé en effet des ascendances thermiques
intéressantes pour ces grands voiliers.
Au nord d'Hurghada, la décharge attire des milliers de Goélands
à iris blanc et de Corbeaux bruns (Corvus ruficollis).
Pour y accéder depuis l'aéroport, se diriger vers
l'ancienne ville; repérez une statue à deux visages,
continuez sur 4 km sur le boulevard intérieur, la décharge
est à environ 1 km de là.
Les bassins de décantation de Ras Shukheir ("Ras Shukheir
sewage farm") au nord de la ville sont très riches en
oiseaux migrateurs (passereaux, limicoles et rapaces attirés
par ces concentrations de proies).
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Goélands à iris blanc (Larus leucophtalmus) Hurghada,
mars 2009
Photo: Jean-Paul Rapaille |
Au large Hurghada
s'étend un ensemble d'îles et d'îlots, d'origine
corallienne, souvent plates et de petite taille (la plus grande,
Shadwan, a une surface de 65 km²), où nichent de nombreux
oiseaux: cet archipel accueille la plus grande population mondiale
de Goélands à iris blanc (plus de 3 000 couples).
Au moins 15 espèces nichent ou ont niché sur cet archipel:
Fou brun (Sula leucogaster), Phaéton à bec
rouge (Phaethon aethereus), Héron strié (Butorides
striatus), Aigrette des récifs (Egretta gularis),
Spatule blanche (Platalea leucorodia), Balbuzard pêcheur,
Faucon concolor (Falco concolor), Gravelot à collier
interrompu (Charadrius alexandrinus), Goéland de Hemprich,
Sterne caspienne, Sterne huppée, Sterne voyageuse, Sterne
bridée (Sterna anaethetus) et Sterne à joues
blanches.
Ces îles et îlots constituent aussi parfois une halte
pour les rapaces migrateurs qui ont traversé le Golfe de
Suez.
Leur végétation est éparse, adaptée
à une forte salinité, mais les îles de North
Qeisum, Abu Mingar, Ashrafi et Shadwan ont aussi de petits secteurs
de mangroves.
Les récifs coralliens de l'archipel sont le domaine d'une
superbe faune sous-marine: la liste des centres de plongée
d'Hurghada est disponible sur www.scubatravel.co.uk/redsea/hurghadaop.html
La faune de l'archipel subît hélas plusieurs menaces:
dérangements, pollution aux hydrocarbures, chats introduits,
pêche à la dynamite, malgré des mesures de protection
récentes.
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