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  Observer les oiseaux sur Saint-Pierre et Miquelon


Date de mise en ligne: 07/04/09 - Soumis au Comité de Lecture

Situation de Saint-Pierre et Miquelon (France)
Situation de Saint-Pierre et Miquelon (France)

L'archipel de Saint-Pierre et Miquelon est situé à une vingtaine de kilomètres au sud de la province canadienne de Terre-neuve, à une latitude de 47°, soit à peu près celle de Nantes. C'est tout ce qui reste de l'ancien empire français en Amérique du Nord. L'archipel est composé de trois îles principales: Saint-Pierre, la plus petite des trois, mais qui abrite 90% de la population, Miquelon et Langlade, reliées par un isthme de sable. Il compte également plusieurs petites îles et îlots non habités.
Le climat est océanique, froid et humide, modéré toutefois par le Gulf Stream.
Les côtes sont variées, rocheuses et sablonneuses, l'intérieur est occupé principalement par des tourbières, des étangs, et quelques espaces boisés.
Même si le Grand Pingouin a disparu au 17ème siècle, l'avifaune y est toujours variée et intéressante, et 336 espèces y ont été observées jusqu'à aujourd'hui. On peut y rencontrer des espèces nicheuses et hivernantes typiques de l'Est du Canada, et de par sa position géographique, des oiseaux occasionnels y sont vus chaque année.
Pascal Asselin, responsable du forum www.spmaviavis.com, nous propose un article sur les bons spots de l'archipel basé sur un texte de Roger Etcheberry rédigé pour www.fatbirder.com qu'il a traduit, actualisé et adapté. Nous remercions Roger Etcheberry pour son travail de relecture et pour ses photos. Merci aussi à Patrick Boez pour ses clichés.

Cet article a été soumis à notre Comité de Lecture virtuel (En savoir plus)


Abstract

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The French Saint-Pierre and Miquelon islands lie about 15 miles (25 km) off the southern coast of Newfoundland, Canada. The area of the main islands is 242 square km, 215 square km of which are the Miquelon and Langlade islands connected by the sandy Isthmus of Langlade. The island of Saint-Pierre, only 26 square km, has almost 90 percent of the total population and is the administrative and commercial centre.
The climate is cold and windy, and winters are harsh and long although somewhat moderated by the Gulf Stream.
Birdlife is rich and diverse, and 336 birds species have been observed so far. Pascal Asselin, webmaster of www.spmaviavis.com, adapted and updated a text from Roger Etcheberry initially written for www.fatbirder.com.
See our map with the good birding spots.


Introduction et informations pratiques

Carte

Voir notre carte de l'archipel avec les bons spots d'observation.

Historique

Les îles de Saint-Pierre et Miquelon sont situées à une vingtaine de kilomètres au sud de la province canadienne de Terre-neuve.
C'est un vestige de l'ancien empire français établi en Amérique du Nord. Déjà en 1536, lors de son premier voyage dans l'archipel, Jacques Cartier avait noté plusieurs bateaux français en pêche dans les parages.
Mais c'est à partir de 1687 que le territoire fût habité, principalement par des pêcheurs. Anglais et français se le disputèrent jusqu'en 1816; dès lors différents statuts administratifs y furent en vigueur jusqu'au dernier en date, celui de Collectivité Territoriale, qui succéda à celui de département en 1986. Dès le début, les hommes se préoccupèrent des oiseaux, pour la nourriture qu'ils constituaient bien sûr, mais aussi parce qu'ils indiquaient que la terre était proche. On peut retrouver dans la littérature maritime, la description par le basque Martin de Hoyarsabal en 1579, de plusieurs oiseaux dont probablement le Fou de Bassan (Sula bassana), le Grand Pingouin (Pinguinus impennis) aujourd'hui éteint, et d'autres alcidés. Ceci laisse à penser qu'il arrivait aux marins de naviguer près des côtes.
Pour en savoir plus sur l'histoire de l'archipel ou sur d'autres aspects, visitez le site web www.grandcolombier.com.

Une grande diversité géographique

Le Cap de Miquelon
Le Cap de Miquelon
Photo: Roger Etcheberry

Avec leur 242 km², les îles de Saint-Pierre et Miquelon n'occupent pas un grand espace sur une mappemonde, mais elles furent désignées comme "un musée géologique naturel" par le géologue Aubert De la Rüe qui les étudia dans les années 1930 et 1940. En effet, ce petit archipel d'origine volcanique présente une grande diversité géologique, avec par exemple le Cap de Miquelon au nord formé de roches recristalisées ( sous l'effet de la pression et de la température) et Langlade, au sud, principalement composée de sédiments.

Habitats naturels

Forêts de résineux
Forêts de résineux sur les pentes du Morne de la Grande Montagne, le point culminant de l'archipel
Photo: Roger Etcheberry

Tourbières, étangs et même petits lacs occupent de larges espaces; les forêts de résineux (c'est la seule forêt boréale française!), constituées surtout de Sapins baumiers (Abies balsamea), sont limitées aux vallées des cours d'eau et à quelques zones abritées.
L'isthme de 12 km qui relie aujourd'hui Miquelon à Langlade par un double tombolo déroule de belles plages de sable et s'ouvre dans sa partie Nord, pour former une large lagune saumâtre d'un intérêt incontestable, le Grand-Barachois.

Cordon dunaire sur Miquelon
Cordon dunaire sur Miquelon
Photo: Roger Etcheberry

Mais cette formation sableuse, qui supporte aussi la route reliant les deux îles, semble aujourd'hui vouloir inverser son cours et l'on s'inquiète de plus en plus de l'érosion que l'océan lui fait maintenant subir. Parmi les causes, on pense évidemment au réchauffement climatique qui fait monter le niveau de la mer et ralentit la formation hivernale du "pied de glace" sur les côtes.
Une partie des terrains de l'Isthme est devenue la propriété du Conservatoire du Littoral à partir de 2005 (www.dune-miquelon-langlade.net/fr/).
Miquelon présente quant à elle des côtes basses qui contrastent avec les escarpements de Langlade et du nord de Saint-Pierre, mais elle est coiffée au nord par un cap aux falaises particulièrement pittoresques.

La flore

Dès 1816, la flore des îles a fait l'objet de recensements; certaines plantes ont disparu, une bonne centaine d'autres ont été introduites, ce qui a conduit à un nombre actuel d'environ 600 plantes vasculaires ainsi que 177 espèces de mousses. Pour en savoir plus sur cette flore, mais aussi sur les insectes, les crustacés, les poissons, ... visitez le site web de Daniel Abraham http://danart.free.fr/naturespm.

Les mammifères

Lièvre arctique (Lepus arcticus)
Lièvre arctique (Lepus arcticus)
Photo: Roger Etcheberry

S'agissant d'îles, il y a très peu de mammifères terrestres indigènes, excepté peut-être le Renard roux (Vulpes vulpes) mais son origine demeure incertaine. Le Campagnol des champs (ou de Pennsylvanie) (Microtus pennsylvanicus), présent uniquement à Saint-Pierre, a été introduit, de même que les Lièvres d'Amérique (Lepus americanus) et arctique (Lepus arcticus). Le Cerf de Virginie (Odocoileus virginianus) a été importé en 1953 sur Miquelon-Langlade où il s'est remarquablement adapté et s'est répandu au-delà de l'espace réduit qui lui semblait propice au départ, au point même de résister à la pression de la chasse. Cela n'est pas sans poser aujourd'hui d'inquiétants problèmes pour la végétation.

Phoques gris (Halichoerus grypus)
Phoques gris (Halichoerus grypus), Grand Barachois (en arrière-plan, l'observatoire et le centre d'interprétation)
Photo: Roger Etcheberry

Les mammifères marins sont bien représentés. Les phoques sont omniprésents autour des îles, même dans le port de Saint-Pierre mais c'est dans le Grand Barachois que l'on pourra observer une importante colonie de Phoques gris (Halichoerus grypus) et de Phoques communs (Phoca vitulina).
Nul besoin d'aller très loin en bateau pour avoir une chance de voir dauphins, globicéphales, orques ou rorquals: une sortie découverte avec le Yacht-Club ou même la traversée de Saint-Pierre vers Langlade ou Miquelon peuvent suffire pour voir plusieurs espèces selon le moment de l'année.
La Tortue-luth (Dermochelys coriacea) peut constituer la "cerise sur le gâteau" d'une sortie en mer.
Pour en savoir plus sur les mammifères marins de l'archipel, consultez le site web www.lebaleineau.com.

L'avifaune

Les oiseaux sont plutôt bien représentés malgré un déclin certain des passereaux au cours des dernières décennies. La première publication concernant l'avifaune des îles date de 1951: elle émane de Burleigh et de Peters qui, alors qu'ils effectuaient une étude ornithologique sur la grande île voisine de Terre-Neuve, passèrent trois jours sur l'archipel en 1945 et y notèrent 35 espèces.
Presque vingt ans plus tard, Austin Cameron, à l'occasion de séjours plus longs en 1963 et en 1964, répertoria quant à lui 118 espèces.
68 furent rajoutées à liste en 1972 par le Docteur L. M. Tuck et par Michel Borotra, ce dernier étant le premier originaire des îles à s'adonner à l'observation aviaire.
Le "virus" prit ensuite quelques autres, à commencer par Roger Etcheberry, infatigable naturaliste toujours aussi passionné aujourd'hui qui, entre autres activités, compile les observations réalisées par un groupe d'une dizaine d'observateurs réguliers. C'est ainsi que la liste de 1972 passa à 217 espèces en 1976 (Etcheberry et Borotra), à 248 en 1982 (Etcheberry), à 268 en 1985 (Etcheberry et Desbrosse) pour atteindre 336 aujourd'hui. Ce dernier chiffre comprend des espèces exceptionnelles comme la Frégate superbe (Fregata magnificens), le Tyran des savanes (Tyrannus savana), la Bergeronnette lugubre (Motacilla lugens), ...

Hafang des neiges (Bubo scandiaca)
Le Hafang des neiges (Bubo scandiaca) est un visiteur hivernal rare mais régulier, ici sur Saint-Pierre
Photo: Pascal Asselin

L'hiver est une saison où la neige et à la glace remodèlent le paysage en lui donnant un autre charme, mais l'activité aviaire y est évidemment réduite. Harfang des neiges (Bubo scandiaca), Mergule nain (Alle alle), ou autres oiseaux d'hiver peuvent toutefois constituer une attraction supplémentaire.
NDLR: toujours l'hiver, dans les mangeoires et les jardins, il est possible d'admirer une belle variété de visiteurs: Gros-bec errant (Coccothraustes vespertinus), Mésange à tête brune (Poecile hudsonicus), Bruant chanteur (Melospiza melodia), Roselin pourpré (Carpodacus purpureus), Durbec des sapins (Pinicola enucleator), Jaseur boréal (Bombycilla garrulus), ...

Gros-becs errants (Coccothraustes vespertinus)
Les Gros-becs errants (Coccothraustes vespertinus) visitent l'hiver les jardins de l'archipel
Photo: Pascal Asselin

La liste complète des espèces est téléchargeable au format pdf sur le site web
www.patrickboez.com. La liste des espèces hivernantes est visible sur www3.ns.sympatico.ca.
Sur son site web, Patrick Boez propose également un annuaire illustré des espèces de l'archipel.
Les rapports saisonniers sont visibles sur le forum www.spmaviavis.com, où les passionnés peuvent partager leurs découvertes.
Vous pouvez également visiter le site perso de Pascal Asselin, qui y décrit certains évènements ornithologiques remarquables comme l'arrivée en 2005 de nombreux Martinets ramoneurs suite à un ouragan: http://pagesperso-orange.fr/iles-et-ailes/

Protection

On peut regretter que l'archipel n'ait pas signé le traité nord-américain sur les oiseaux migrateurs; mais l'instauration d'un réglement local de la chasse a constitué un réel progrès, même si des ajustements peuvent encore être apportés afin de mieux coller avec ce qui prévaut chez nos voisins canadiens par exemple (quotas, périodes, ..).
L'intérêt ornithologique du nord de Miquelon et de l'îlot du Grand Colombier avait fait de ces deux endroits de sérieux candidats au classement en ZICO (Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux), mais le projet n'a pas été mené à son terme. Aujourd'hui, des inventaires ZNIEFF (Zone Naturelle d'Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique) sont en cours afin de classer différentes parties de l'archipel. Le Grand Colombier, pourrait même être classé comme réserve naturelle.
L'association locale SPM Frag'îles, assistée par des instances professionnelles (Direction de l'agriculture et de la forêt, Muséum d'Histoire Naturelle de Paris,…) soutient des actions de protection des zones concernées.

Côté pratique

Venir à Saint-Pierre et Miquelon depuis l'Europe ne présente pas de difficultés insurmontables, mais son accès n'est pas aussi simple que d'aller à la Martinique ou en Guadeloupe par exemple, notamment du point de vue budgétaire. Pour plus de détails, vous pouvez consultez le site de la compagnie de transport aérien locale et incontournable qui vous prendra en charge depuis plusieurs villes canadiennes (passeport nécessaire): www.airsaintpierre.com/fr.
N'oubliez pas non plus de prendre une "petite laine" car les températures s'envolent rarement: elles dépassent à peine les vingt degrés en été, mais plafonnent souvent à quinze degrés. Le printemps est court et l'arrière-saison est souvent assez douce. Le brouillard est fréquent, mais un chapeau et de la crème solaire sont utiles car lorsqu'il est là, même voilé par la brume, le soleil brûle!
Les terrains sont souvent humides et des bottes en caoutchouc sont de rigueur. Prenez aussi un anti-moustiques efficace: divers petits diptères sévissent en été mais ils ne transmettent pas de maladies infectieuses, il faut juste s'attendre aux traditionnelles démangeaisons.
- Pour les voyages inter-îles (sauf Langlade): SPM Express (www.spmexpress.net) ou Air St-Pierre (www.airsaintpierre.com/fr)
- Pour la traversée entre St-Pierre et Langlade et l'hébergement: www.st-pierre-et-miquelon.info/fr/
- Visitez la galerie de photos (paysages et plantes notamment) de Roger Etcheberry sur www.panoramio.com/user/1936179
- Contacts ornithologiques locaux dans la section "contacts" de www.spmaviavis.com.

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Introduction et informations pratiques
Les bons spots sur Saint-Pierre
Les bons spots sur Langlade
Les bons spots sur Miquelon
  Pratique


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