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Happy Island: vasières, bassins et bois
Description générale
Carte 4- Happy Island
Carte: Ornithomedia.com |
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Le golfe de Bo Hai est parsemé de petites îles, dont l'île surnommé Happy Island, îlot sableux et plat d'environ 2 km sur 4 km.
L'île est orientée selon un axe nord-sud. Sa forme, celle d'une ellipse qui serait resserrée en son centre, pourrait évoquer celle d'un haricot.
Toute proche du continent, elle peut être atteinte lors d'une traversée en ferry d'environ un quart d'heure seulement.
Les vasières
Les vasières trouvent leurs origines dans la configuration fermée du golfe de Bo Hai et dans les apports éoliens loessiques en provenance de la Chine du Nord jusqu'aux déserts mongols (Gobi et Takla-makan).
La mer, peu profonde autour de l'île, découvre à marée basse d'immenses vasières. Le point d'observation privilégié est situé sur la digue littorale vers l'extrémité sud-ouest de l'île, à une bonne demi-heure de marche le long de la plage à partir du campement.
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Happy island, pour l'observation des laridés et nombreux limicoles, malheureusement toujours à distance
Photo: Jacques-André Leclercq
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Des milliers de limicoles s'y nourrissent, à grande distance malheureusement, et c'est à la faveur de la marée montante, que l'on découvre au télescope dans les flots de milliers de Barges rousses (Limosa lapponica), de Courlis cendrés (Numenius arquata) et de Pluviers argentés (P. squatarola), des espèces plus remarquables comme le Bécasseau d'Anadyr C. tenuirostris (centaines), le Bécasseau à cou roux (dizaines), des Bargettes du Terek (dizaines), des Gravelots mongols (dizaines), …
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Cliché document de deux Mouettes reliques (Larus relictus) de deuxième année, dont une vingtaine d'oiseaux se trouvaient sur les vasières. Cette mouette est l'une des plus rares au monde
Photo: Jacques-André Leclercq
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Nous n'aurons pas la chance de trouver le Bécassin asiatique (Limnodromus semipalmatus), pourtant présent en très petit nombre durant notre séjour.
Cette immense plage de sablo-vaseuse constitue également un lieu unique pour l'observation des laridés rares, dont la délicate Mouette de Sanders (L. saundersi) (3 individus), et la mythique Mouette relique (Larus relictus) (6 individus) .
Autre espèce rare sur le plan mondial, l'Aigrette de Chine (Egretta eulophotes) (un individu observé deux fois) fut un hôte très apprécié durant notre séjour.
A noter que, selon le témoignage d'observateurs finlandais habitués de l'île, les conditions d'observation des limicoles se sont dégradées ces dernières années: les oiseaux sont plus éloignés et moins nombreux. Le mouvement naturel des bancs de vase, lié à la dérive littorale, en serait une explication plausible. On pourrait aussi s'interroger sur les incidences de l'accroissement des apports sédimentaires liés à l'érosion des sols qui sévit en Chine du Nord, notamment du fait de l'agriculture intensive.
Sur le chemin du retour, le cadavre frais d'un Courlis nain dans la laisse de mer fut une singulière découverte pour cette espèce réputée rarissime sur l'île.
Les bassins
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Bruant roux (Emberiza rutila) mâle, rencontré seulement sur Happy island et en très petit nombre
Photo: Jacques-André Leclercq
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Près d'un tiers de la surface de l'île est aménagé en vastes bassins gagnés sur les vasières. Ces bassins sont exploités pour l'élevage intensif de crevettes. On peut y observer en petits nombres le Chevalier stagnatile (Tringa stagnatilis, les Bruant roux, rencontré seulement sur Happy island et en très petit nombre.Bécasseaux cocorli (C. ferruginea), à queue pointue et à cou roux. Un Bécasseau à long doigts, rare sur l'île y fut observé brièvement.
Les digues sont également fréquentées par des centaines de Bruants (essentiellement Bruants nains (E. Pusilla), masqués, auréole (Emberiza aureola), roux (E. rutila), de Pipits à dos olive et des Bergeronnettes printanières (Motacilla flava) de quatre sous-espèces (simillima, taivana, plexa, macronyx).
Les bois
Deux bosquets bas, aérés par une clairière, et constitué d'un talus et d'un fossé humide se distinguent dans la végétation de physionomie essentiellement arbustive de l'île.
Celui jouxtant le temple bouddhiste est de loin le plus intéressant, à un petit quart d'heure de marche du campement. Sillonné par de nombreux sentiers, il concentre migrateurs de toutes plumes, et " birders " de tous poils et surtout de toutes origines.
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Bois sur Happy Island
Photo: Jacques-André Leclercq
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Happy Island, vue sur le temple, et derrière, le bois magique, là où se concentrent les passereaux!
Photo: Jacques-André Leclercq
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Pouillot de Schwarz (Phylloscopus schwarzi): certains jours, les buissons en étaient remplis!!
Photo: Jacques-André Leclercq
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On y retrouve la majorité des passereaux observables sur l'île, en effectifs fluctuant selon la migration et les chutes de migrateurs ("fall" en anglais) : pouillots, gobemouches, robins, grives, bruants, rousserolles, coucous…
Les pouillots sont omniprésents dans ce bois et 11 espèces différentes y ont été rencontrées. Pouillots à grands sourcils et Pallas sont de loin les plus communs et leurs cris retentissent partout et sans arrêts. Egalement omniprésent, avec toutefois une abondance très variable selon les jours (jusqu'à des centaines en une journée), les Pouillots brun et de Schwarz (Phylloscopus schwarzi) ponctuent également le calme ambiant par leur cri dans la végétation, aussi bien ligneuse qu'herbacée.
Très proche du Schwarz, mais beaucoup plus rare, un Pouillot de Milne-Edwards en courte halte de migration fut repéré par son cri diagnostique, une note faible et brève répétée en série lente, chaque son étant graduellement de plus en plus rapproché. Il s'en distingue en outre du Schwarz par de discrètes stries sur la gorge et la poitrine.
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Pouillot à pattes sombres (Phylloscopus tenellipes)
Photo: Jacques-André Leclercq
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Le Pouillot à pattes sombres (P. (trochiloides) plumbeitarsus), actuellement encore considérée comme une sous-espèce du Pouillot verdâtre était totalement absent de l'île, jusqu'au matin où il y en avait dans tous les buissons, totalisant des centaines d'oiseaux.
Particulièrement charismatique, le Pouillot de Temminck est présent, sans être commun. Le Pouillot à pattes claires (P. tenellipes) est rare, de surcroît très discret, mais sera régulièrement repéré grâce à ses cris fins, qui pourraient évoqués un bruit d'enclume très atténué.
Le Pouillot boréal (P. borealis) s'est montré lui aussi de manière très inégale durant notre séjour, passant de la rareté à l'abondance. La sous-espèce observable en Chine se différencie des populations occidentales par une teinte légèrement plus brune, moins vert-olive. Le cri que nous avons entendu est également moins dur, se rapprochant de celui du Pouillot à pattes claires. Nettement plus rares, les Pouillot du Sitchouan (P.sichuanensis) et de Blyth (P.reguloides) n'ont été repérés qu'une ou deux fois seulement.
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Le Gobemouche mugimaki (Ficedula mugimaki) ne fut observé que deux fois sur l'île pendant notre séjour.
Photo: Jacques-André Leclercq
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Les gobemouches constituent un autre groupe particulièrement attractif sur l'île. Gobemouches brun (Muscicapa daurica) et de la Taïga (Ficedula (parva) albicollis )sont généralement communs, de même que le magnifique Gobemouche à croupion jaune (Ficedula zanthopygia), en nombres toutefois plus modestes.
Le Gobemouche mugimaki (F. mugimaki) autre espèce à la coloration attrayante, fut rencontré à trois reprises.
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Un Gobemouche à tâches grises (Muscicapa griseisticta), proche parent du Gobemouche brun, assez rare.
Photo: Jacques-André Leclercq
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Enfin, Gobemouches à tâches grises (Muscicapa griseisticta) et fuligineux (M. sibirica) n'ont été représentés que par quelques individus.
Très attendu par tous, le sublime Robin de Sibérie (Luscinia cyane) est d'observation aisée, et ses effectifs sur l'île fluctuent énormément, de 1 à 50 oiseaux par jour. Les nombreux individus contactés étaient tous des mâles. Parfois furtive, l'espèce semble apparaître un peu partout, dans les buissons bas, les broussailles dunaires ou les arbres bas des petits bois.
Plus rare, mais tout aussi convoité, le Robin à flancs roux (Tarsiger cyanurus) n'est représenté que par quelques individus. Il faut le rechercher dans les bois sous le couvert de la végétation basse. Il se signale parfois par ses cris.
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Rossignol siffleur (Luscinia sibilans)
Photo: Jacques-André Leclercq
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Le Rossignol siffleur (L. sibilans) sautille sur le sol et picore la litière par de brèves "révérences" en restant toujours à couvert. Il n'est cependant pas farouche et permet de belles observations rapprochées. Son comportement peut évoquer un curieux Rouge-gorge à hautes pattes. Enfin, Calliope de Sibérie (Rossignol calliope) et Gorgebleue à miroir (Luscinia svecica) ont été régulièrement contactées sur l'ensemble des sites prospectés, mais toujours en faibles effectifs.
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Grive obscure (Turdus obscurus), parfois observée en petites bandes
Photo: Jacques-André Leclercq
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Discrètes et mobiles, les Grives nous ont parfois donné du fil à retordre. Cinq espèces ont pu être observées, les Grive de Naumann (Turdus naumanni eunomus), obscure (T. obscurus) et dorée (Zoothera dauma) ayant été les plus régulières sur nos chemins, bien que peu communes.
La très belle Grive de Sibérie (Zoothera sibirica) ne fut observée qu'en fin de voyage avec 4 oiseaux seulement , et la Grive de verreaux (T. mupinensis), pendante asiatique de notre Grive musicienne, ne fut aperçue que deux fois.
Une Grive de Féa (T. feae) fut observée à plusieurs reprises par nos collègues anglais mais manquera finalement à notre liste.
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Une belle rencontre sur l'île d'Happy : la Chouette brune (Ninox scutula)! Etrange et charismatique oiseau...L'espèce est régulière sur l'île, dans le même bosquet chaque année!
Photo: Jacques-André Leclercq
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Les bruants sont également omniprésents, et surtout représentés par les cinq espèces les plus communes, avec par ordre les Bruants masqué, nain, auréole, roux (E. rutila) et de Tristram (Emberiza tristrami).
Citons quelques observations de Bruants à sourcils jaunes (E. chrysophrys,) deux mentions de Bruant élégant (seulement deux femelle) (E. elegans), et trois Bruants à oreillons (Eurystomus orientalis).
Les bosquets bas (pouillots, robins, Chouette brune (Ninox scutulata), …), la clairière (Dollarbird (Eurystomus orientalis), coucous …), les lisières (bruants, rousserolles …), le talus et le fossé constituent les secteurs les plus attractifs pour l'avifaune.
Les observations sont de qualité, mais la densité des branches constitue souvent un réel obstacle pour le photographe.
Un autre bois, de taille plus modeste, existe dans les zones broussailleuses situées plus à l'ouest. Hormis sur sa lisière, nous n'y avons réalisé que peu d'observations.
Les abords des logements se caractérisent par des arbres assez bas, regroupés en bosquets, plus où moins denses. Ils permettent également des observations très variées
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