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Date de mise en ligne : 17/07/07
| Situation d'Anzeinde, Vaud (Suisse) |
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Le 8 juillet 2007, nous avons participé à une visite ornithologique guidée par Jean-Marc Fivat de Birdline Tours dans le secteur d'Anzeinde (ou Anzeindaz), canton de Vaud (Suisse).
Notre but était de découvrir certaines espèces de haute montagne (pourtant communes dans leur habitat) que nous n'avions jamais observées auparavant, comme le Chocard à bec jaune, la Niverolle alpine ou le Venturon montagnard, mais aussi d'autres plus difficiles à découvrir comme le Pic tridactyle.
Le secteur est aussi connu pour être l'un des meilleurs de Suisse pour voir le Gypaète barbu, dont un couple a niché non loin de là, à Derborence.
Hélas, le temps très mauvais pour un mois de juillet ne nous aura pas permis d'atteindre tous nos objectifs. Nous tenions toutefois à vous présenter ce bon spot de haute montagne, situé finalement assez près de Lausanne, et qui pourrait intéresser plusieurs observateurs francophones désireux de compléter leur "liste alpine".
Nous remercions Joël Bruezière (www.eyesonsky.com) pour nous avoir transmis des photos d'oiseaux d'altitude.
Abstract
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July 8 2007, we participated in a birding trip leaded by Jean-Marc Fivat (Birdline Tours) in the sector of Anzeinde (Anzeindaz), in the canton of Vaud (Switzerland). Our aim was to discover some quite common high mountain species we never saw before, like Yellow-billed Chough, Snowfinch and Citril Finch, but also some rarer species such as the Three-toed woodpecker.
The sector also is known to be the one of the best in Switzerland to watch the Bearded Vulture, on pair breeding not far from Anzeinde, in the nearby high Derborence valley.
Alas, an exceptionally bad weather for a month of July didn't allow us to see all the expected species, but we wanted to introduce you this very good spot for whom willing to watch as many alpine birds as possoble during one trip.
We also advise you to discover the nearby natural reserve of Derborence and its pair of Bearded Vultures.
Découvrir les oiseaux de haute montagne autour d'Anzeinde
Accès
Carte autour d'Anzeinde: 1) forêt, 2) zone à prairies, 3) éboulis et falaises, 4) prairies à Niverolles alpines, 5) lapiez favorables au Lagopède alpin, 6) réserve naturelle de Derborence
Carte: Ornithomedia.com
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Depuis Lausanne, rejoindre la station d'altitude de Villars-Ollon, puis Solalex. De Solalex à Anzeindaz il faut compter une heure de marche d'abord dans la forêt puis par un sentier entre les éboulis et les alpages qui longe le torrent l'Avançon. Pour ceux qui veulent éviter cette marche, le trajet de Solalex à Anzeindaz peut être fait avec le taxi du Refuge Giacomini (www.anzeindaz.com).
Laissez votre véhicule au parking, puis rejoignez à pied le hameau d'Anzeinde (possibilité de se faire conduire en véhicule tout-terrain pour un prix raisonnable) en longeant le torrent (l'Avançon). Continuez la visite jusqu'au Col des Essets (2029 m d'altitude).
Au cours de cette promenade, vous traverserez ou longerez successivement différents habitats: une vieille pessière mixte, des prairies alpines, des éboulis rocheux, une zone de névés et de lapiez. Vous aurez également une très bonne vue sur les monts environnants comme la Tête Ronde (3035 m) et le Sommet des Diablerets (3210 m).
Pour augmentez vos chances de voir le Gypaète barbu, il vous faudra rejoindre de l'autre côté du Pas de Cheville la réserve naturelle de Derborence. Si la distance n'est pas grande (7 km) à vol d'oiseau depuis Anzeinde (trois à quatre heures de marche par le Pas de Cheville, avec une dénivellation de 550 m), il vous faudra, si vous prenez en véhicule redescendre jusqu'au bassin lémanique, rejoindre la ville de Sion puis remonter jusqu'au hameau de Derborence. Cette réserve, très riche d'un point de vue ornithologique, accueille en particulier un couple de Gypaètes barbus (Gypaetus barbatus).
1- La forêt
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La forêt de montagne entre Solalex et Anzeinde abrite le Pic tridactyle
Photo : Ornithomedia.com |
La promenade est conseillée entre le début du mois de juin et le début du mois de juillet. L'automne (septembre-octobre) est un peu meilleur pour le Cassenoix moucheté (Nucifraga caryocatactes), quand cette espèce est plus bruyante et plus active. Située entre les réserves naturelles de Taveyanne, du Vallon de Nant et de Derborence, à la frontière entre les Cantons de Vaud et du Valais, la région d'Anzeinde est une zone naturelle renommée pour sa richesse floristique et faunistique. On y trouve plus de 1000 espèces végétales, soit presqu'un tiers des espèces suisses, comme la Primevère auricule (Primula auricula), la Gentiane à feuilles courtes (Gentiana brachyphylla), la Violette à deux fleurs (Viola biflora) ou la Bugle pyramidale (Ajuga pyramidalis).
La promenade débutera peu après le parking de Solalex par la traversée d'une vieille forêt d'épicéas mêlés de quelques hêtres. A son orée, il est possible de voir ou d'entendre les Grives draines (Turdus viscivorus) et litornes (Turdus pilaris).
La forêt d'Anzeindaz est vraiment intéressante, car elle est quasi-naturelle du fait de la nature escarpée du terrain, et les grands et vieux épicéas y abondent. C'est le domaine de tout un cortège de passereaux forestiers comme le Pinson des arbres (Fringilla coelebs), le Bec-croisé des sapins (Loxia curvirostra), les Mésanges noires (Parus ater), huppées (P. cristata) et nonettes (P. montanus alpestris) et le Roitelet huppé (Regulus proregulus).
Un attroupement de ces petits oiseaux devra attirer l'attention de l'observateur, car il pourrait bien révéler la présence d'une Chevêchette d'Europe (Glaucidium passerinum).
Au cours de la montée, notamment au printemps, le Pic noir (Dryocopus martius) fera entendre son tambourinement puissant, et son chant territorial (un "krukrukru!" roulé) peut résonner toute l'année.
Il est aussi assez fréquent d'entendre le cri mécanique et dur du Cassenoix moucheté, finalement assez discret mais qu'on peut surprendre en vol ou perché au sommet d'un épicéa. Attention à ne pas confondre son cri avec celui du Geai des chênes (Garrulus glandarius), également présent.
Mais la vedette de cette forêt, c'est le Pic tridactyle (Picoides tridactylus), assez discret mais nicheur ici, et peu farouche si on a la chance de le repérer. Pour cela, il faut essayer d'entendre le faible tambourinage (proche de celui d'une Sittelle torchepot) qu'il fait sur le tronc des épicéas pour se nourrir. Juin est un bon mois pour essayer de le voir, car c'est la période où les jeunes quittent le nid et sont alors assez bruyants.
2-
Les prairies avant Anzeinde
La montée continue, et bientôt vous traverserez une zone où les arbres sont plus rabougris, un habitat patrouillé par le Cassenoix moucheté, et fréquenté par le Merle à plastron (Turdus torquatus) de la sous-espèce alpestris au plumage joliment écaillé de blanc.
Les arbres sont ensuite de moins en moins nombreux, dispersés dans les prairies. C'est l'habitat du Venturon montagnard (Serinus citrinella) assez commun mais parfois difficile à voir posé.
Sur les rochers et cailloux, le Traquet motteux (Oenanthe oenanthe) se montre par contre facilement.
3- Les falaises et éboulis au pied de la Tête ronde
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Les prairies alpines sont bordées de plusieurs falaises, comme ici sur les contreforts de l'Argentine, domaine du Tichodrome échelette
Photo : Ornithomedia.com |
Sur la gauche de la montée, le long des flancs couverts d'éboulis de la Tête Ronde, c'est le domaine de la Perdrix bartavelle (Alectoris graeca) difficile à voir (plus aisée à entendre). Avec la longue-vue, scannez les falaises, à la recherche des petits groupes de Bouquetins des Alpes et de Chamois.
Le Gypaète barbu (Gypaetus barbatus), venu de la vallée voisine (Derborence), peut aussi être vu le long des parois, notamment par beau temps.
Le hameau d'Anzeinde
L'ascension continue le long du torrent jusqu'au hameau d'Anzeinde, où niche le Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros).
En hiver, l'Accenteur alpin (Prunella collaris), le Chocard à bec jaune (Pyrrhocorax graculus) et la Niverolle alpine (Montifringilla nivalis) se rapprochent des quelques habitations.
4- Les prairies alpines en sortie d'Anzeinde
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Le groupe dans les prairies autour d'Anzeinde
Photo : Ornithomedia.com |
Le sentier continue à travers les prairies alpines ponctuées de gros rochers, dans un terrain vallonné. C'est l'habitat de la Niverolle alpine, mais aussi du Merle à plastron et surtout du Pipit spioncelle (Anthus spinoletta), abondant et qui vous accompagnera jusqu'au Col des Essets.
Des groupes de Chocards seront fréquemment observés, maîtrisant parfaitement l'espace aérien.
Ouvrez l'oeil, un Tichodrome échelette (Tichodroma muraria), nicheur sur les falaises proches (contreforts du massif de l'Argentine ou de la Tête Ronde), pourrait fort bien traverser le
secteur.
5- Lapiez et névés
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L'habitat du Lagopède alpin (lagopus mutus)
Photo : Ornithomedia.com |
Le sentier monte ensuite vers une zone plus sauvage, très rocheuse et traversée de nombreuses crevasses et failles (il s'agît de lapiez, des fissures superficielles résultant de l'érosion) qui rend la progression plus lente si vous quittez le sentier. La flore alpine est ici très riche, avec notamment des massifs de Rhododendrons ferrugineux (Rhododendron ferrugineum) et une diversité remarquable de fleurs (souvent petites mais aux couleurs éclatantes).
Dans les parties hautes, c'est le domaine du Lagopède alpin (Lagopus mutus), très difficile à voir, et il nous faudra grimper jusqu'à la limite du col pour apercevoir un mâle en vol. Mais il est fréquent de trouver ses crottes sur le sol.
Cet oiseau, vestige de la dernière ère glaciaire, partage cet habitat avec le Lièvre variable (Lepus timidus), autre relique pas plus facile à voir...
Dans la zone très rocheuse qui domine le lapiez, ponctuée de plusieurs névés (plaques de neige de relativement grande dimension qui subsistent une partie de l'été),
retentit du chant mélodieux de l'Accenteur alpin.
Levez les yeux, car outre les Chocards à bec jaune, le Grand Corbeau (Corvus corax) est fréquent, poursuivant parfois l'Aigle royal (Aquila chrysaetos) qui n'est pas rare dans le secteur non plus.
6- Le réserve naturelle de Derborence
De l'autre côté du Pas de Cheville, la réserve naturelle de Derborence, au-dessus du hameau de Derborence, est située à l'est d'Anzeindaz.
Elle englobe l'une des dernières forêts vierges de montagne de Suisse, domaine du Pic tridactyle, un lac qui s'est formé en 1749 à la suite de l'éboulement d'un des piliers rocheux des Diablerets et des plaines inondables d'importance nationale.
Elle accueille surtout l'un des rares (sinon le seul) couples de Gypaètes barbus de Suisse, où l'espèce a été réintroduite récemment.
Contacts
Pour participer à des sorties ornithologiques en Suisse, vous pouvez contacter Lionel Mamaury (lionel.maumary@oiseau.ch)
ou Jean-Marc Fivat (photo@jmfivat.ch).
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Voyage / Observations ou par e-mail à david.bismuth@ornithomedia.com.
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