Par Valéry Schollaert
(www.valeryschollaert.com)
Deux espèces
de gravelots de grande taille sont régulières au Moyen-Orient mais
très rares en France et dans les pays limitrophes: il s'agit du Gravelot
de Leschenault Charadrius leschenaultii et du Gravelot mongol Charadrius
mongolus. Ils migrent de leurs sites de nidification asiatiques vers leurs
aires d'hivernage sur les côtes de l'Océans Indien, en Asie comme
en Afrique, et parfois même sur les côtes atlantiques de l'Afrique
noire.
Exceptionnellement,
ils s'égarent en Europe occidentale où leur identification est particulièrement
délicate.
Le but de cet
article est de pointer les critères sur lesquels se focaliser, les photos
servant ici de référence. Notons que le Gravelot asiatique Charadrius
asiaticus, beaucoup plus rare, n'est pas pris en compte ici.
Abstract
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Two large species
of Plovers are regular in the Middle-East but very rare in France and in the bordering
countries : the Greater Sand Plover (Charadrius leschenaultii) and the Lesser
Sand Plover (Charadrius mongolus). They migrate from their asian breeding grounds
towards their wintering areas on the coasts of the Indian Ocean (Asia and Africa),
and sometimes even on the atlantic coasts of Africa.
Exceptionally, they reach Western Europe where their identification is sometimes
not easy at all. Indeed, while an isolated bird is watched on a coast, without
any elements of comparison, it can be extremely difficult to identify.
The aim of this article, written by Valéry
Schollaert (www.valeryschollaert.com),
is to point the criteria on which to focus, based on photographs. The case of
the Caspian Plover (Charadrius asiaticus), much rarer and very different, is not
aborded here.
Les Gravelots de Leschenault Charadrius leschenaultii et mongol Charadrius
mongolus
Les sous-espèces du Gravelot mongol : une complication
Exceptionnellement,
un Gravelot de Leschenault Charadrius leschenaultii ou un Gravelot mongol
Charadrius mongolus s'égare en Europe occidentale où son
identification est particulièrement délicate. En effet, alors qu'ils
s'observent souvent côte à côte en migration et en hivernage,
un oiseau isolé, sans point de comparaison, est extrêmement difficile
à identifier.
La situation est rendue encore plus complexe par l'existence de plusieurs sous-espèces
pour chacune des deux espèces concernées.
Au sein des sous-espèces
du Gravelot mongol, Charadrius mongolus atrifrons, avec son front noir
en plumage nuptial, est parfois considéré comme une espèce
à part entière. Ceci ne repose néanmoins sur aucune étude
génétique. La séparation du rare C. m. atrifrons des
autres sous-espèces dont C. m. pamirensis, semble impossible en
plumage internuptial ou juvénile.
C. m. pamirensis est la sous-espèce commune au Moyen-Orient et illustrée
dans cet article.
Le Gravelot asiatique non abordé ici
Le but de cet article est
de pointer les critères sur lesquels se focaliser, les photos servant ici
de référence. Notons que le Gravelot asiatique Charadrius asiaticus,
beaucoup plus rare encore, n'est pas pris en compte ici. Il est bien différent
des espèces dont il est question avec notamment, un bec fin et pointu,
un grand sourcil et des ailes qui dépassent la queue au posé. Son
jizz rappelle les pluviers Pluvialis.
Attention au Gravelot
à collier interrompu !
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Gravelot à
collier interrompu (Charadrius alexandrinus). en plumage nuptial, Oman. Notez
(1) le collier blanc distinctif
Photo : Valéry Schollaert |
Parmi nos gravelots réguliers,
le Gravelot à collier interrompu (Charadrius alexandrinus) est celui qui
ressemble le plus à nos deux espèces rares. Le Gravelot à
collier interrompu a toujours un collier blanc qui traverse toute la nuque, alors
que les deux autres ont la nuque de même couleur que le manteau ou à
peine plus claire. Néanmoins, il faut se méfier d'un Gravelot à
collier interrompu qui rentre le cou et cache ainsi le blanc de sa nuque ! En
effet, à part ce détail, le plumage juvénile de ce dernier
ressemble à s'y méprendre à celui des deux autres. Les différences
de forme et, si la comparaison est possible, de taille, sont par contre essentielles
à l'identification.
S'il y a un autre gravelot
pour comparer un oiseau suspect, la taille peut aider. Le Gravelot à collier
interrompu est une petite espèce, proche du Petit Gravelot (Charadrius
dubius) en taille et donc nettement plus petite que le Grand Gravelot (Charadrius
hiaticula).
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Gravelot
à collier interrompu (Charadrius alexandrinus) juvénile. Le collier
blanc (1) est le critère essentiel permettant de distinguer le juvénile
de ceux des Gravelots mongol et de Leschenault
Photo : Gorfin Uri / Israeli
Birds |
Identification du
Gravelot mongol
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Gravelot mongol
(Charadrius mongolus) en plumage internuptial, Oman.
Notez (1) le bec court, (2) les pattes courtes
Photo : Valéry Schollaert |
Le Gravelot mongol est de
taille comparable ou généralement supérieure à celle
d'un Grand Gravelot. Le Gravelot de Leschenault, quant à lui, est considérablement
plus grand que toutes les autres espèces citées ici.
L'aspect général
de l'individu observé est important. Plutôt rondelet, compact et
"court", le Gravelot mongol, avec ses pattes foncées, va réellement
rappeler un Gravelot à collier interrompu en plus grand et plus massif.
Le bec du Gravelot mongol est plus épais dans le cas des sous-espèces
mongolus et pamirensis mais d'autres sous-espèces comme atrifrons
présentent un bec peu épais prêtant dès lors à
confusion. Dans tous les cas, le bec du Gravelot mongol est court, environ égal
à la distance base du bec/il. Notez que les pattes de cette espèce
paraissent généralement mal proportionnées, " trop courtes".
Sa tête est très arrondie.
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Gravelot
mongol (Charadrius mongolus) en plumage internuptial, Oman.
Notez (1) le bec court, environ égal à la distance base du bec/il
Photo : Valéry Schollaert |
Identification du
Gravelot de Leschenault
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Gravelot de
Leschenault (Charadrius leschenaultii) en plumage internuptial, Oman.
Notez (1) le bec long, (2) les pattes longues, (3) le front abrupt
Photo : Valéry Schollaert |
A l'inverse, le Gravelot
de Leschenault est bien proportionné, plus élégant que les
Gravelots mongol et à collier interrompu, avec des pattes "normalement"
longues, voire très longues et un bec qui dépasse en longueur la
distance entre la base du bec et l'arrière de l'il.
Attention cependant à la sous-espèce C. l. columbinus qui
présente un bec particulièrement court.
Notez le front abrupt, paraissant former un angle avec le sommet de la calotte.
Rappel des critères importants
Ces différences de forme entre les deux espèces constituent la meilleure
façon de les distinguer et il est donc particulièrement important
de bien analyser les photos présentées dans cet article. La littérature
donne d'autres critères, généralement peu valables.
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Gravelot de
Leschenault (Charadrius leschenaultii) en plumage internuptial, Oman.
Notez (1) le bec long, (2) les pattes longues, (3) la projection primaire légèrement
supérieure à celle du Gravelot mongol (critère peu fiable
sur le terrain)
Photo : Valéry Schollaert |
Voici une petite liste de
critères classiques, commentée suite à de nombreuses observations
de terrain, au Kenya, en Tanzanie, en Afrique du Sud, en Egypte et à Oman,
pays où ont été prises toutes les photos qui vous sont présentées
ici.
- Les doigts dépassent
la queue en vol chez le Gravelot de Leschenault : c'est vrai, mais c'est très
difficile à voir sur le terrain.
- La couleur des pattes est différente : ce critère n'est absolument
pas utilisable. Le Gravelot mongol est souvent illustré avec des pattes
noires et le Gravelot de Leschenault avec des pattes plus claires, mais de nombreux
Gravelots. mongols ont des pattes assez claires et certains Gravelots de Leschenault
des pattes noires !
- La projection primaire du Gravelot de Leschenault légèrement supérieure.
C'est exact et cela fait donc apparaître un peu plus de noir au bout de
l'aile. Mais c'est une différence tellement légère que sans
une comparaison directe, je pense qu'on ne peut pas s'y fier.
- La barre alaire plus marquée chez le Gravelot de Leschenault. A mon avis,
inutilisable sans une grande expérience.
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Gravelot
mongol (Charadrius mongolus) en plumage internuptial, Oman.
Notez (1) le bec court, (2) les pattes plus courtes que celles du Gravelot de
Leschenault. La couleur de ces dernières est un critère peu fiable
Photo : Valéry Schollaert |
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Gravelot
mongol (Charadrius mongolus) en plumage internuptial, Oman.
Notez (1) le bec court, environ égal à la distance base du bec/il
Photo : Valéry Schollaert |
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Gravelot
mongol (Charadrius mongolus) en plumage internuptial, Oman.
Notez (1) le bec court, (2) les pattes plus courtes que celles du Gravelot de
Leschenault
Photo : Valéry Schollaert |
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Gravelot
mongol (Charadrius mongolus) en plumage internuptial, Oman.
Notez (1) le bec court, environ égal à la distance base du bec/il
Photo : Valéry Schollaert |
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Gravelot
de Leschenault (Charadrius leschenaultii) en plumage internuptial, Oman.
Notez (1) le front abrupt, (2) le bec long
Photo : Valéry Schollaert |
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Gravelot
de Leschenault (Charadrius leschenaultii) en plumage internuptial, Oman.
Notez (1) le front abrupt, (2) le bec long, (3) les pattes longues
Photo : Valéry Schollaert |
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Gravelot
de Leschenault (Charadrius leschenaultii) en plumage internuptial, Oman.
Notez (1) le bec long, (2) le front abrupt
Photo : Valéry Schollaert |
Conclusion
Identifier un gravelot égaré
n'est pas facile et idéalement, avoir une photo pour confirmer l'identification
plus tard facilitera les choses. Néanmoins, en étudiant bien le
"jizz" de l'oiseau, surtout si une espèce commune comme le Grand
Gravelot permet une estimation de taille par comparaison directe, il sera possible
d'obtenir une identification précise dans la plupart des cas.
Remerciements
Merci à Frédéric
Vanhove et Myriam Reyntens pour avoir relu et commenté l'article.
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