Les sous-espèces
américaines
Eider
du Canada (S. m. dresseri)
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Eider du Canada
(Somateria m. dresseri), Québec, Canada, mars 2003. Tous les critères
principaux sont visibles : voiles blanches, lobbes frontaux larges et arrondis
et calotte noire bordée de vert
photo : Yann Kolbeinsson |
L'élément
complexe avec cette sous-espèce est la gradation existante avec des oiseaux
borealis du Labrador.
De même Palmer (1976) met en avant l'existence d'oiseaux de l'ouest et du
sud-ouest du Groenland intermédiaires entre borealis et dresseri.
Nous suspectons que l'oiseau du type dresseri vu par MG à Donegal
(Irlande) en 1998 pourrait venir de l'un de ces secteurs géographiques.
Un dresseri classique ou "pur" peut être identifié
par ses grands lobes frontaux arrondis dont la couleur varie du gris olive à
l'orange vif (cette dernière couleur étant particulièrement
visible en hiver et au début du printemps).
Le profil du bec doit également être descendant, et le dessin
de la tête doit présenter une zone verte plus étendue que
chez mollissima et chez borealis, se prolongeant le long du bord
inférieur de la calotte noire (au-dessous de l'il). La ligne noire séparant
la tête blanche et les lobes frontaux est la plus mince de chez toutes les
sous-espèces, avec des bords plus parallèles (en raison de l'expansion
latérale des larges lobes frontaux). Les mâles présentent normalement
des voiles blanches. Il est très probable qu'il existe des oiseaux intermédiaires
ne présentant pas les critères typiques de dresseri.
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| Eider à
duvet européen (S. m. mollissima) immature, Fanad, Co.Donegal, Irlande,
juin 2004. Cette photo montre un mâle immature avec une zone pâle
bordant les lobes frontaux qui fait ressembler son bec à celui de dresseri.
Une observation attentive est nécessaire Photo : Martin Garner |
Pour identifier un dresseri
pur, il faut :
- des lobes frontaux bien larges, qui se prolongent clairement plus près
de il que chez mollissima.
- un profil de bec "descendant"
- du vert longeant le bord inférieur de la calotte, au-dessous de l'il.
- de longues tertiaires blanches (critère peut-être non essentiel
si tous les autres critères sont présents)
- une ligne lorale noire mince, aux bords parallèles ou plus épaisse
au milieu, ne s'effilant pas en un point unique comme dans chez mollissima
et borealis.
N.B.
: n'importe quel oiseau possédant des voiles blanches et des critères
apparents de borealis ou de dresseri doit être décrit avec force
détails et peut être considéré comme un oiseau d'origine
arctique ou néarctique.
Eider de la Baie d'Hudson (S. m. sedentaria)
La sous-espèce de la Baie d'Hudson niche uniquement sur les côtes
de la baie. Cette sous-espèce est normalement considérée
comme sédentaire, et il est donc peu probable de la voir dans le Paléarctique
occidental. Même si certains oiseaux se déplaçaient en dehors
de cette région, cette sous-espèce ne pourrait être distinguée
de la sous-espèce dresseri.
Eider du Pacifique (S. m. v-nigra)
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Eider du Pacifique
(S. m. v-nigra), Alaska, États-Unis, juin 2004. Il s'agît d'un de ces oiseaux
sans noir apparent sur le menton. Notez toutefois le long bec orangé avec
des lobes frontaux pointus, l'avancée de plumes arrondie à la base
du bec et la calotte noire profondément incurvée bordée de
vert. Les voiles blanches sont typiquement très usées à ce
moment de l'année.
Photo : René Pop |
C'est
le plus grand et le plus spectaculaire de tous les Eiders à duvet. Chez
les mâles, à partir des oiseaux de 1er hiver, la totalité
du bec est orange vif, devenant plus jaune en été. Le bec particulièrement
grand, orange vif avec des lobes frontaux pointus et fins, et la zone de plumes
à la base du bec la
plus arrondie de chez tous les sous-espèces, donnant l'impression que le
bec est trop lourd pour la tête; ce critère est visible chez les
mâles de tous les âges.
Sur des
dépouilles de S. m. v-nigra, on voit que la tête est plus
longue et que l'il est plus proche de oeil que chez les autres sous-espèces.
Les autres critères chez les mâles adultes incluent une zone verte
sous la calotte noire (comme chez dresseri), celle-ci ayant un bord inférieur
particulièrement incurvé, une marque en forme de V sous le menton
(très rare chez les autres sous-espèces d'Eider à duvet),
et les voiles blanches les plus visibles de toutes les sous-espèces.
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Dessous du menton
et gorge d'un S. m. v-nigra, sur l'un des trois oiseaux mangés par
Bruce MacTavish alors qu'il travaillait à Barrow, en Alaska
Photo : Bruce MacTavish |
Le
plus intéressant est que certains auteurs ont noté des v-nigra
au nord-ouest du Groenland (Palmer 1976); il serait possible que certains v-nigra
nichant au centre de l'Arctique canadien rejoignent des borealis migrant vers
l'est, mais cela reste à prouver. Des intermédiaires existent entre
borealis et v-nigra.
Pour identifier un v-nigra occasionnel, les critères suivants
doivent être notés :- la forme typique des lobes frontaux et de la
zone de plumes à la base du bec. - ce dernier doit être orange vif.
l est possible de distinguer un mâle immature v-nigra des autres
sous-espèces sur ces seuls critères, mais des notes détaillées
et des photos sont recommandées;
- les mâles adultes doivent présenter une zone verte verte nette
sous la calotte noire incurvée;
- des voiles blanches nettes;
- un V noir sur le menton (pas indispensable);
- une taille plus grande que les autres sous-espèces;
Oiseaux intermédiaires
Des
oiseaux ne présentant pas tous ces critères peuvent être des
oiseaux intermédiaires avec d'autres sous-espèces. Il convient toutefois
de les décrire avec attention et de transmettre vos données, même
s'ils ne seront pas acceptés forcément comme des occasionnels nordiques
ou néarctiques.
Bibliographie
- Andrews, I.J. & Naylor,
K.A. 2002. Records of species and subspecies recorded in Scotland on up to 20
occasions. Scottish Birds 23:61-116. SOC, Musselburgh.
- BWP / Cramp, S. &
Simmons, K.E.L. 1977. Handbook of the birds of Europe, the Middle East, and North
Africa: the birds of the Western Palearctic. Vol. 1: 595-604. OUP, Oxford.
- Donald, C. 1995. Eider
showing features of the race S.m.borealis. In Shetland Bird Report 1994, Shetland
Bird Club.
- Livezey, B. C. 1995.
Phylogeny and evolutionary ecology of modern seaducks (Anatidae: Mergini). Condor
97:233-255.
- Palmer, R.J. 1976.
Handbook of North American Birds Vol.3 Waterfowl (Part2). Yale.
- Pennington, M., Osborn,
K., Harvey, P., Riddington, R., Okill, D., Ellis, P. & Heubeck, M. 2004. The
Birds of Shetland. Christopher Helm, London.
Sites web à
visiter
- Birds of Ireland : www.birdsireland.com
- Photos d'Eiders à duvet de la sous-espèce dresseri : www.featheredfotos.com/photos.html
- Photos d'Eiders à
duvet borealis prises au large de Donegal (Paul Kelly) : www.irishbirdimages.com
Remerciements
Nous remercions spécialement
pour leurs conseils, informations et photographies : Chris Kehoe et Bernie 'crazy
facts' Zonfrillo, Martin Collinson, Lynn Gidding, George Gordon, Don Hodgers,
Paul Kelly, Bruce McTavish, Richard Millington, Killian Mullarney, Dick Newell,
Rene Pop, James Smith.
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