Cas de deux oiseaux vus
en Isère en février 2005 (sous réserve
d'homologuation régionale)
| Situation
du lac de Paladru (Isère) |
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Récemment élevé
au rang d'espèce, l'identification du Goéland pontique (Larus cachinnans),
originaire notamment des bords des la Mer Caspienne, fait l'objet d'une recherche
accrue de la part des observateurs d'Europe de l'Ouest, notamment en hiver.
Toutefois son identification reste délicate, et les confusions avec le
Goéland leucophée (Larus michaellis) sont relativement faciles.
Vincent Palomares en afait l'expérience au début du mois de mars
2005 sur le lac de Paladru (Isère), où il a pu identifier deux Goélands
pontiques (premier hiver et second hiver), bien sûr sous réserve
d'homologuation régionale, parmi des Goélands leucophées.
Dans cet article, présentation des photos et des commentaires de Vincent
Palomares (palomares88@yahoo.fr).
Lire aussi notre article
Identification du Goéland
pontique
et Les
goélands adultes en hiver dans les dortoirs.
Abstract
Recently
considered as a new species, the Caspian Gull (Larus cachinnans) is a quite difficult
to distinguish from others Gulls species, particularly from the Yellow-legged
Gull (Larus michahellis). This article deals with the discovery by Vincent Palomares
and several others birders (Nicolas Bazin, Edouard
Dansette and G. Bruneau - together
or separataly fllowing the days) of a 1st winter and a 2nd
winter Caspian Gull amongst several Yellow-legged Gull on the Paladru Lake, Isère
(near Grenoble) at the beginning (5 to 8) of March 2005.
Lieu et historique des observations, et critères
Lieu et historique des observations
Le 5 mars 2005, deux observateurs (Vincent Palomares et Nicolas Bazin), observaient
attentivement les nombreux goélands rassemblés sur la berge sud
du lac de Paladru dans l'Isère, à Charavines. Le temps était
gris (ce qui explique la qualité moyenne des clichés) avec des averses
intermittentes de neige, et de la glace s'était formé à la
surface de l'eau.
Le lac de Paladru est un lac alpin, dépourvu de vasières et sans
aucune
végétation aquatique sur ses bordures, sauf au niveau du marais
de La Verronière, à l'extrémité nord du lac. Sa vocation
est surtout touristique (voile, voilier, baignade, pêche...). De faibles
effectifs d'oiseaux d'eau hivernent sur place : de 200 à 300 Grèbes
huppés (Podiceps cristatus), et de 200 à 300
Goélands leucophées (Larus michaellis). Parmi ceux-ci, deux Goélands
pontiques (un de premier hiver et un de second hiver) sont repérés,
et des images sont prises.
Ayant aperçu trop brièvement le Goéland pontique second hiver
(H2), Vincent et Nicolas ont
décidé d'y retourner le lendemain, avec Edouard Dansette et G. Bruneau.
Toutefois, la présence ce jour-là d'un troublant Goéland
leucophée de second hiver l'a quelque peu perturbé.
Le mardi 8 mars, Vincent est retourné
sur place seul, a retrouvé le Goéland pontique H2 et a confirmé
son identification.
Grâce à Vincent Palomares, nous vous proposons une présentation
des photos commentées de ces goélands.
A noter que les Goélands pontiques H1 et H2 restent soumis à une
homologation régionale.
Les critères généraux pour distinguer un Goéland
pontique d'un leucophée
Lire
nos articles
Identification
du Goéland pontique et Les
goélands adultes en hiver dans les dortoirs.
Vincent Palomares scrute régulièrement les bandes de goélands,
notamment Leucophées en dortoir dans l'Est de la France, dans l'espoir
d'y trouver un Goéland pontique. Il nous rappelle ici les critères
utiles pour distinguer un Goéland pontique d'un leucophée. Il est
important de préciser que c'est seulement l'association de tous
ces critères qui permettent d'identifier de manière rigoureuse cette
espèce.
Tous plumages
: "jizz" (allure générale) assez typique, avec une tête
en forme de poire, de longues pattes (tibias plus longs que chez le leucophée),
oeil sombre assez petit, et placé plus haut et plus en avant sur la tête
que chez le leucophée, bec plus fin, semblant long et un peu tombant, avec
la
mandibule inférieure sans angle goniaque très marqué et donc
davantage parrallèle à la mandibule supérieure, et une longue
projection primaire.
Critères supplémentaires pour un Goéland pontique H1
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Goéland
pontique (Larus cachinnans) H1:
1- tête très claire
2- manteau gris et scapulaires devenant grises
3- couvertures sus-alaires brunes, devenant plus calires à leur extrémité
4- bec typique de Goéland pontique. Notez qu'il est assez fort sur cet
oiseau, laissant supposer qu'il s'agît d'un mâle
Critère non visible sur la photo : pattes rose pâle
Photo : Vincent Palomares |
- Tête et parties
inférieures très blanches, contrastant avec la présence d'un
demi-collier davantage brun sale que chez un leucophée au niveau de la
nuque. A noter que le Goéland leucophée peut aussi présenter
un tête assez blanche en H1 mais avec toujours une zone plus sombre autour
de l'oeil.
- Manteau gris et scapulaires devenant grises, avec des marques noires en forme
d'ancre marine.
- Couvertures sus-alaires (grandes couvertures notamment) brunes devenant plus
claires à leur extrémité, formant une sorte de barre pâle.
- Sous-alaires plus claires que chez une majorité de Goélands leucophées
(et argentés) de même âge. Certains oiseaux peuvent toutefois
présenter des sous-alaires claires et donc semer le trouble...
- Bec typique de Goéland pontique, rappelant un peu parfois le Goéland
railleur (les mâles peuvent l'avoir plus fort et plus court ; c'est le cas
du H1 de cet article, qui doit être un mâle), devenant légèrement
pâle à sa base (en général noir chez le Goéland
leucophée).
- Pattes typiques de Goéland pontique, rose pâle.
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Goéland
pontique (Larus cachinnans) H1:
1- tête très claire
2- couvertures sous-alaires claires
Photo : Vincent Palomares
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Critères supplémentaires
pour un Goéland pontique H2
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Goéland
pontique (Larus cachinnans) H2 typique :
1- bec paraissant plus fin et plus long que chez le leucophée, rose pâle
sur les 2/3 basaux
2- manteau et une partie des couvertures grises, plus clairs que les leucophées
3- tête en forme de poire et front fuyant
Photo : Vincent Palomares |
- Tête, parties inférieures
et couvertures sous-alaires blanches (critère également présent
chez une minorité de Goélands leucophées). Présence
encore à cet âge de traces sombres à la nuque.
- Rémige primaire externe P10 qui présente très souvent un
miroir blanc (absent chez le leucophée H2).
- Scapulaires et manteau très gris d'une tonalité plus claire que
chez les leucophées H2.
- Couvertures moyennes devenant très grises également.
- Barre caudale sombre étroite et délavée.
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