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Gulls of Europe, Asia and North America (février 2003)
de K. Malling Olsen, H. Larsson (Illustrations)
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  Les goélands adultes en hiver ... | Identification en dessins
 
Identification en dessins

Goéland argenté (Larus argentatus argenteus) Goéland argenté (Larus argentatus argenteus) adulte en hiver
1- tête très striée de sombre, au moins jusqu'à décembre
1- dos gris assez pâle. la sous-espèce argentatus d'Europe du Nord est d'un gris un peu plus sombre
3- grosses taches blanches aux rémiges
Dessin : Ornithomedia.com
Goéland leucophée (Larus cachinnas michahellis) Goéland leucophée (Larus cachinnans michahellis) adulte en hiver
1- tête peu striée de sombre, avec la nuque blanche (au moins jusqu'en décembre)
2- petites taches blanches aux rémiges
3- la teinte du gris du manteau est un peu plus foncée que celle du Goéland argenté (Larus argentatus argenteus)
Dessin : Ornithomedia.com
Goéland pontique (Larus cachinnans) Goéland pontique (Larus cachinnans) adulte en hiver
1- bec plus fin que celui de Larus cachinnas michahellis)
2- iris noir (critère qui ne concerne que 50% des individus)
3- tête arrondie, presque toute blanche
4- gris du manteau assez soutenu
5- grands taches blanches aux rémiges, plus grandes que chez le Goéland argenté, surtout pour les P9 et P10
Dessin : Ornithomedia.com
Goéland brun graellsii (Larus fuscus graellsii) Goéland brun graellsii (Larus fuscus graellsii) adulte en hiver
1- manteau gris ardoise, contrastant bien avec les rémiges sombres. Notez les taches blanches de celles-ci plus grandes que chez intermedius et fuscus
Dessin : Ornithomedia.com
Goéland brun intermedius(Larus fuscus intermedius) Goéland brun intermedius (Larus fuscus intermedius) adulte en hiver. Attention, cette sous-espèce est parfois vraiment indiscernables defuscus (cf Laurent Raty). Toutefois, on peut noter :
1- le manteau grisgénéralement plus sombre que L. fuscus graellsii, contrastant moins nettement avec les rémiges sombres
Dessin : Ornithomedia.com
Goéland brun fuscus (Larus fuscus fuscus) Goéland brun fuscus (Larus fuscus fuscus) adulte en hiver
1- manteau pratiquement noir, ne contrastant pas avec les rémiges sombres. Il se distingue alors du Goéland marin (Larus marinus) par sa taille très inférieure. Projections primaires très longues et taches blanches ("miroirs") des primaires très limitées ou inexistantes
Egalement (V. Schollaert) :
- Silhouette svelte et élégante (un peu comme un petit pontique à pattes courtes)
- Pattes plus courtes
- Tête plus ronde (impression d'oiseau "gentil")
- Bec plus étroit
Dessin : Ornithomedia.com
Goéland marin (Larus marinus) Goéland marin (Larus marinus) adulte en hiver
1- grandes taches blanches aux rémiges
2- bec fort et puissant. La taille est nettement supérieure à celle des autres goélands
3- manteau noir
Dessin : Ornithomedia.com


Réflexions utiles (source : Valéry Schollaert)

Le problème du Goéland brun fuscus ne peut être compris que si l'on comprend bien sa taxonomie.
En fait, comparé à un graellsii typique, fuscus est très facile à identifier. Mais intermedius n'est autre qu'un cline (une gradation) de graellsii vers fuscus. En pratique (et en simplifiant un peu) les
intermedius occidentaux sont quasi identiques à des graelsii, et les
orientaux quasi indiscernables des fuscus.
Raisonnablement, on peut donc seulement dire si un goéland est du type "graellsii" ou "intermedius", mais un oiseau peut aussi être un hybride (d'une ou plusieurs générations) avec l'autre. Pour fuscus, c'est différent car les fuscus et graellsii/intermedius sont allopatriques. Cela signifique que les aires de répartitions de ne chevauchent pas, et donc l'hybridation limitée ou inexistante
(possible, mais pas prouvée selon le nouveau Gulls of Europe, Asia and North America de K. Malling Olsen
). Cela fait dire à certains qu'il y a deux espèces (graellsii et fuscus) qui appartiennent évidemment alors à la même super-espèce.
Dans les deux cas, on sait au moins que l'hybridation est possible en
cas de contact, et même probablement qu'un échange génétique entre les
deux populations (hydribes fertiles) pourrait avoir lieu. Dans tous les cas, cet échange génétique avait encore lieu dans un passé proche (au sens taxonomique). Cela implique que plus les graellsii/intermedius sont orientaux plus ils ont un patrimoine génétique proche de fuscus (je parle en moyenne
sur la population, pas individu par individu ).
Il y a donc des intermedius orientaux au phénotype vraiment très proche de fuscus, peut-être même indiscernables! En plus, si l'hybridation n'est pas prouvée, elle n'est sûrement pas exclue non plus. Et si les hybrides peuvent éventuellement se reproduire, même occasionnellement, comment avoir le certitude absolue de l'identité
d'un individu isolé?
Comme souvent, dans le cas de populations proches, le concept "fermé" d'espèce ou de sous-espèce de permet pas une vision bien précise de la réalité des populations d'êtres vivants, le monde du vivant en
perpétuel évolution ayant des frontières floues et peu encline à entrer dans des classements mathématiques...


Remarque de Laurent Raty (source : Aves)

Les ornithologues néerlandais ont semble-t-il cessé de distinguer intermedius de graeellsii. Les raisons avancées par le CSNA (comité d'homologation des Pays-Bas) pour supporter leur traitement systématique de ce groupe étaient (Sangster et al. 1998) : "Lesser Black-backed Gull (graellsii) and Baltic Gull (fuscus) are specifically distinct based on qualitative differences in morphology and differences in moult, foraging and breeding behaviour (Barth 1968, Strann & Vader 1992). There is no evidence that the form 'intermedius' is diagnosably distinct from graellsii; 'intermedius' is, therefore, considered conspecific with graellsii." Cette position était bien sûr basé sur l'idée que le cline était limité aux deux taxons graellsii et intermedius, tandis que le passage d'intermedius à fuscus était supposé abrupt.
Depuis cette époque, certains "gull-watchers" se sont mis à regarder de plus
près les Goélands bruns en Europe occidentale, en particulier les oiseaux
bagués couleur au nid en Scandinavie... Et on s'est peu à peu rendu compte
qu'à peu près tous les caractères supposés indiquer un fuscus se rencontraient aussi chez certains oiseaux nés dans l'aire de répartition
d'intermedius (parfois même à une fréquence relativement élevée). Je suis tout prêt à revoir cette position si on me présente des évidences convaincantes... Mais, pour le moment, le seul "critère de terrain" auquel,
personnellement, je ferais encore réellement entièrement confiance, est
bien visible sur cette photo : www.birdingzeeland.nl/foto/open_foto.asp?fotoid=916 ..ça, oui, c'est un fuscus... ;-)
A cela se sont ajoutés les résultats d'analyses génétiques, principalement
celles de Crochet et al. (2002) et de Liebers & Helbig (2002), montrant que
les ADN mitochondriaux des trois sous-espèces sont extrêmement similaires. Ils diffèrent principalement par le fait que ceux d'intermedius et de graellsii sont plus uniformes que celui de fuscus (perte de diversité indicative d'une expansion de population rapide et récente) et présentent un peu d'introgression provenant du G. argenté. (C'est vrai que quand vous voyez un oiseau présentant les carcatères de graellsii, vous ne pouvez jamais être sûrs qu'il n'a pas un grand-père intermedius... Mais vous ne pouvez probablement pas plus être certains qu'il n'a pas une grand-mère argenteus).
Selon le scénario développé par Liebers & Helbig (2002), les ancêtres des
Goélands bruns pourraient avoir été séparés en deux populations isolées lors
de la dernière grande glaciation du Würm (quelque part entre -60,000 et -15,000 ans) : une population orientale, subsistant dans un refuge sibérien et qui aurait donné naissance au groupe heuglini actuel, et une population occidentale, subsistant dans un refuge atlantique, qui serait à l'origine du groupe fuscus actuel. Il n'y a pas place dans ce scénario pour l'isolation d'un troisième groupe. Graellsii et intermedius seraient alors simplement le résultat d'une colonisation rapide de l'Europe occidentale par des oiseaux de type fuscus, vers le sud et l'ouest à partir de la Fennoscandie.
En conséquence de tout ça, comme je le disais ci-dessus, le CSNA a fini par revoir sa position (Sangster et al. 2003) : "Recent studies of mitochondrial DNA variation in gulls indicate that fuscus, graellsii and intermedius share the same main haplotype, with no significant differences in haplotype frequency (Crochet et al. 2002;
Liebers & Helbig 2002). These studies, and increased awareness of plumage
variation (Johnsson 1998; Yésou 2002), do not support a specific distinction between fuscus and graellsii (incl. intermedius). Therefore, the taxa fuscus,
graellsii
and intermedius are considered to comprise a single species (cf
Crochet et al. 2002, Liebers & Helbig 2002, Yésou 2002)." Pour autant que je sache, plus personne aujourd'hui ne traite graellsii et fuscus comme des espèces distinctes.


Bibilographie utile

- Crochet P.-A., Lebreton J.-D. & Bonhomme F. (2002) : Systematics of large
white-headed gulls: patterns of mitochondrial DNA variation in western
European taxa. The Auk 119 (3) : 603 - 620.
- P.Yésou : Les goélands du complexe Larus agentatus-cachinnans-fuscus: où en est la systématique? Ornithos 10-4, pp.144-181.




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