Identification du Goéland
du Taïmyr
Ce taxon, généralement considéré comme la sous-espèce
orientale du Goéland d'Heuglin (Kennerley et al 1995, Hoogendoorn et al
1996), est assez répandu en Corée du Sud, particulièrement
en automne et peut-être encore plus au début du printemps. Il apparait
en plein hiver habituellement en petits groupes de 3 à 5 oiseaux dans des
bandes de 100 Goélands du Véga.
Il arrive au nord de la Mer Jaune à la mi-Septembre (Dierschke et Heintzenberg,
1994), un petit nombre arrivant en Corée du Sud en même temps. Les
effectifs culminent à la mi-octobre, avec par exemple en 2002 des bandes
'pures' de 15 à 30 oiseaux (comprenant des adultes, des juvéniles
et des 1er hiver) sur la côte occidentale.
Plus rare au coeur de l'hiver, le nombre d'oiseaux augmente encore en février
et en mars, suggérant que beaucoup d'individus hivernent au sud de la Corée;
C'est une hypothèse appuyée par Kennerley et al (1995), qui considèrent
que ce taxon est le plus nombreux du complexe "argenté" à
Hong-Kong.
Les avis restent divisés pour déterminer si les taimyrensis
en Corée sont représentés ou non presque entièrement
par des hybrides Véga X Heuglin (Carey in lit., 2001), ou si le taxon est
seulement très variable.
Les Goélands du Taïmyr sont les plus nombreux dans les ports, sur
les îles et autour des bateaux de pêche en mer, de plus petits nombres
étant notés dans les estuaires et sur les plages sablonneuses. On
les trouve rarement dans les zones humides en Corée du Sud.
Taimyrensis tend à être le taxon le moins commun dans les groupes
mixtes, car il est souvent harcelé par les autres laridés.
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10- Goéland du Taïmyr adulte en hiver (en arrière plan) et
Goéland du Véga, janvier.
Photo : Hyun-tae Kim
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Structure
Les Goélands du Taïmyr typiques semblent
assez compacts, avec des pattes courtes ou moyennement longues, un bec court présentant
un angle gonydal faible, et une tête arrondie.
Comparés aux Goélands du Véga, ils ont un dos plutot horizontal
et sont plus petits en comparaison directe. Ils ont une projection primaire légèrement
plus longue (au-delà de la queue), et ils semblent plus allongés
avec des ailes étroites en vol.
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11- Goéland du Taïmyr adulte, décembre. Photo : Hyun-tae Kim
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Plumage des juvéniles et des premiers hivers
Les juvéniles et les premiers hivers des formes occidentales ressemblent
fortement au Goéland brun (L. fuscus graellsi,), car ils apparaissent plutôt
foncés, avec des tertiaires très sombres sans points blancs et bordées
uniquement d'une frange blanche étroite.
En outre, ils présentent une bande foncée nette à travers
les grandes couvertures externes. Les tonalités brunes sont un peu plus
nettes que celles notées chez le Goéland du Véga (le gris
est absent). En décembre, les taimyrensis ont une poitrine et surtout une
tête plutôt pâles, et les scapulaires des 1er hiver ont souvent
le centre sombre.
La couleur du bec est invariablement sombre, tout noir en janvier, alors qu'à
ce moment les Goélands du Véga et mongol présentent du rose
au bec.
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12: 1er hiver de Goéland du Taïimyr (avec un adulte de Goéland
du Véga en hiver), janvier. Il est structurellement différent. Notez
les grandes couvertures sombres, le ton roussâtre du centre et des bordures
de certaines plumes, et le bec largement sombre.
Photo
: Hyun-tae Kim |
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13- 1er hiver de Goéland du Taïmyr, février.
Photo : Charlie Moores |
En vol, les premiers hivers présentent d'autres similitudes avec
le Goéland brun: ils ne possèdent pas de marque à la base
des primaires internes, mais une barre secondaire noirâtre et une barre
sombre (mais pas noire) à travers les grandes couvertures. Le croupion
est très blanc et les plumes de la queue ont une base plus blanche que
chez le Goéland du Véga.
Plumage des adultes en hiver
Les adultes "typiques" en hiver (qui constituent probablement moins
de la moitié des oiseaux identifiés comme des taimyrensis en Corée,
le reste étant sûrement des hybrides taimyrensis x vegae) ont les
parties supérieures gris foncé (c'est-à-dire légèrement
plus foncées que chez le Goéland du Vega et que chez la plupart
des Goélands mongols) et les pattes jaunâtres ou jaune brillant.
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14- Goéland du Taïmyr adulte en hiver (à droite) avec deux
adultes de Goélands du Véga, janvier.
Notez la taille plus petite que vegae de cet individu aux pattes plutôt
longues, et l'ampleur des stries de la tête (beaucoup plus étendues
que n'importe quel Goéland mongol à cette période de l'année).
Photo : Hun-tae Kim
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La mue primaire de beaucoup de Goélands du Taïmyr est souvent
plus tardive que chez les Goélands du Véga ou mongols (bien que
les variations au sein de ces taxa ne soient pas encore entièrement bien
définies) : en effet, en décembre, une forte proportion d'oiseaux
sont toujours en train de muer. Pendant ce mois, ils présentent également
de fines stries concentrées sur la nuque et autour des yeux, qui sont plus
clairs et plus jaunes que chez les Goélands du Véga. Le bec est
en général plutôt plus coloré que chez les autres taxa,
et l'orange-rouge du gonys déborde sur la mandibule supérieure.
La plupart des oiseaux ont quelques taches sombres près du gonys, et l'extrémité
du bec un peu plus pâle.
Des individus variables présentent certains critères rappellant
le Goéland du Véga : pattes roses, marques de la tête plus
nombreuses, ou mue primaire plus précoce que prévue. Ces oiseaux
sont très probablement en grande partie constitués de Goélands
du Taïmyr à pattes roses, de Goéland de Birula et occasionallement
d'hybrides Birula x Taïmyr.
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