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  Les Goélands du Véga, ... | Identification du Goéland du Véga
 
Identification du Goéland du Véga (incluant birulai)

Avant d'analyser plus en détail le système taxonomique présenté par Yesou (2002), il est nécessaire de décrire en détail l'aspect et la distribution typiques des principales formes des "goélands de type argenté" apparaissant en Corée du Sud, à savoir ceux généralement les Goélands du Véga, de Taïmyr et mongol.
On décrira la distribution de chaque taxon en Corée du Sud, sa structure générale, et l'aspect des plumages d'hiver des juveniles, de premier hiver et d'adulte en hiver.
Il est important de préciser qu'il reste encore beaucoup à apprendre sur ces taxa (qui nichent et hivernent dans de vastes régions sauvages). Plusieurs critères classiquement utilisés pour identifier les individus du complexe argentatus-cachinnans-fuscus en Europe de l'ouest (couleurs des pattes, du manteau et pattern des primaires) semblent être moins pertinents pour séparer les laridés dExtrême-Orient, qui néanmoins présentent des patterns juvénile, de premier hiver et de plumage nuptial distincts.

Le plus répandu

Le Goéland du Véga est le plus répandu et le plus abondant des 3 formes en Corée du Sud (et au Japon). Si on inclut la forme birulai, c'est également probablement le plus variable dans l'aspect. Les principales arrivées d'automne ont lieu de la mi à la fin octobre, avec une effectif significatif hivernant sur place (des concentrations de 1 000 oiseaux sont notées à plusieurs endroits, même en décembre et en janvier).
La plupart des retours vers le Nord ont lieu de la mi-février à mars. De petits nombres restent en avril et au début de mai. Le Goéland du Véga fréquente surtout les ports, les rivages rocheux, les estuaires et en plus petits nombres les vasières et les fleuves. Les oiseaux utilisent une grande variété de techniques d'alimentation, récupérant le plus souvent les poissons autour des bateaux de pêche, ou les péchant à la surface de l'eau.

Image 1 Image 1- Goélands du Véga, Pohang, février.
Photo :
© Charlie MOORES
Image 2 Image 2- Goéland du Véga 1er hiver avec des Goélands à queue noire, Pohang, janvier.
Photo :
© Charlie MOORES

Structure

Le Goéland du Véga est typiquement le moins bien proportionné des formes apparaissant en Corée du Sud, avec des pattes courtes, un corps massif, avec une tête assez grosse et un long cou, une poitrine forte mais un ventre "plat". Certains observateurs trouvent qu'il a une tête plutôt petite. Celle-ci est en général plutôt plate, avec un arrière arrondi. Son bec est moyen à long, avec un gonys bien marqué, et souvent un crochet visible au but de la mâchoire supérieure.
Les oiseaux posé ont typiquement un dos "pentu", avec l'arrière du corps orienté vers le bas, et les ailes légèrement pendantes touchant presque le sol. Ces ailes ont une projection primaire assez courte dépassant tout juste de la queue (légèrement plus long que chez le Goéland à manteau ardoisé (L. schistisagus)), même si certains individus semblent avoir des ailes plus longues.
Les oiseaux plus grands peuvent également aparraître plus puissants, se rapprochant par leur structure du Goéland à manteau ardoisé ou des grands Goélands argentés d'Amérique.
En vol, Le Goéland du Véga semble avoir des ailes plus courtes et plus larges que les Goélands mongol et de Taïmyr.


Plumage des juvéniles et premiers hivers

Les juvénile et les premiers hivers sont très variables, certains apparaisant globalement sombres tandis que d'autres semblent clairs.

Image 3 Image 3- 1er hiver de Goéland du Véga en janvier. Pâle et avec des ailes longues, ce qui semble être structurellement plus proche de la sous-espèce birulai que de vegae.
Notez les grandes couvertures barrées, les tertiaires échancrées, et la large bande terminale noirâtre de la queue.

Photo : © KIM Hyun-tae

Des oiseaux plus pâles (appartenant sûrement en grande partie aux populations les plus septentrionales ou à la sous-espèce birulai) peuvent ressembler quelque peu à un Goéland de Thayer (L. thayeri) pâle, avec une tonalité gris-brun claire plus sombre autour de l'oeil; le manteau et les couvertures alaires présentent des franges nettes; et les tertiaires ont un centre sombre.
Ils présentent des barres nettes sur les grandes couvertures, qui souvent blanchissent en plein hiver et semblent très usées en février. Beaucoup des oiseaux les plus pâles semblent élancés.


Image 4 Image 4- 1er hiver de Goéland du Véga (avec un Goéland à manteau ardoisé de 2ème hiver).
Plutôt grossièrement marqué et foncé, cet individu mal proportionné apparaît structurellement plus près de vegae.
Photo : © KIM Hyun-tae

Des oiseaux progressivement plus foncés peuvent ressembler beaucoup au Goéland d'Amérique. Ils ont une teinte générale brun foncé sur une grande partie des parties supérieures (en décembre et en janvier), avec en octobre-novembre des couvertures sous-caudales pâles. Le front, les lores, le menton et la gorge sont légèrement plus pâles.
Les parties supérieures sont également plus nettement marquées, avec des scapulaires au centre sombre et souvent des tertiaires sombres visibles sur l'aile fermée : on note ainsi une large frange blanchâtre de taille variable entaillée de marques brunes.

En vol, les 1er hiver présentent une barre secondaire très foncée et une zone pâle à travers les primaires internes. Le 1er hiver montre également un croupion brun clair (ou même blanchâtre) et un dessus de la queue barré ou tacheté qui contraste fortement avec une queue noirâtre à base blanche (bien que quelques oiseaux puissent montrer une bande terminale noire sensiblement plus étroite, proche de celle du Goéland mongol).
Les plumes les plus externes de la queue peuvent montrer une sorte "d'échelle" pâle et sombre, notamment à leur base. Le dessus des ailes semble plutôt brunâtre uniforme.
A noter que très peu d'individus présentent une barre sombre au travers des grandes couvertures : ceci est peut être lié à une variation au sein du taxon du Goéland du Véga, à une mauvaise identification de Goélands d'Amérique, ou au résultat d'une hybridation entre Véga, d'Heuglin, mongol, à manteau ardoisé ou Goéland d'Amérique.
La plupart des oiseaux montrent des becs sombres avec une partie distale rose foncé sale, qui devient de plus en plus nette en janvier.

Image 5 Image 5- Goéland de la Véga 1er hiver présentant des caractéristiques mal définis, en décembre.
Cet individu montre plusieurs caractéristiques de smithsonianus : queue complètement noirâtre (avec seulement des bordures extérieures noir et blanc), barre sombre à travers une partie des grandes couvertures, longue projection primaire au-delà de la queue et tertiaires échancrées.
Photo : © Nial Moores

Plumage des adultes

Les adultes en hiver semblent plutôt sales, avec des parties supérieures gris sombre; certains sont d'aspect pâle et sont souvent généralement considérés comme des birulai (selon Kennerley et al, 1995 et Hoogendoorn et al, 1996).
De tels oiseaux montrent des parties supérieures gris froid, et semblent structurellement plus près du Goéland du Taïmyr, car ils sont plutôt compacts; la tête est arrondie et les dos horizontal. Les pattes sont d'un rose net.
La tête est souvent finement striée, sans le regard sombre de la plupart des vegae. Ils sont rares en Corée du Sud, avec probablement moins d'un oiseau sur 250.

Image 6 Image 6- birulai adulte, Song Do, février.
Photo : ©
Charlie Moores
Image 7 Image 7- Goéland du Véga adulte, Pohang, février.
Photo : ©
Charlie Moores
Image 8 Image 8- birulai adulte (au premier plan), janvier.
Bien que la plupart des individus présentant des caractères "mixtes" soient considérés comme des hybrides taimyrensis X vegae/birulai, cet oiseau présente une tête striée dont les marques se prolongent sur les côtés de la poitrine; Il ressemble ainsi à un vegae mais plus compact (se rapprochant de la structure d'un taimyrensis).
Il montre également un manteau plus pâle que vegae ou taimyrensis. Selon Yesou (2002), cet oiseau devrait être identifié comme un birulai à pattes jaunes. Photo : ©
Hyun-tae Kim

Selon Yesou (2002), il y a peu de variations dans la coloration du manteau chez le Goéland du Véga, même s'il affirme que les populations les plus au Nord (nichant sur les îles de Nouvelle-Sibérie, qui se situent à l'intérieur de l'aire de distribution attribuée à birulai) sont ceux qui ont le manteau le plus pâle, tandis que les populations les plus orientales sont les plus foncées. La plupart des oiseaux considérés actuellement comme des birulai se rapportent vraisemblablement à ces populations nordiques.
Comme cela a été noté par Kennerley et al (1995) et Yesou (2002), il semble y avoir grande variation dans l'extension du noir sur les primaires externes quand l'aile est étalée; bien qu'étendu, le noir se prolonge très rarement sur les couvertures externes des ailes chez les adultes (à la différence du Goéland mongol).
Sur le dessus des ailes, il y a un contraste fort entre les couvertures très pâles et larges, les rémiges inférieures gris foncé et la large queue blanche. Ce contraste est souvent un peu plus marqué que pour la plupart des Goélands mongols.
Au coeur de hiver (décembre-janvier), la plupart des vegae présentent des rayures gris-brun sur une grande surface, des motifs sombres sur la nuque, sur les côtés de cou, et souvent sur le bas de la poitrine. Certains oiseaux semblent avoir le "capuchon" des Goélands de Thayer et d'Amérique.
Sur une bande de 150 Goélands du Véga observée à la mi-janvier 2003, un oiseau sur 4 ou 5 présentait ce capuchon.

Image 9 Image 9- Goéland du véga adulte, janvier. Photo © KIM Hyun-tae.
Notez les ailes longues, la poitrine massive et l'allure puissante.
Photo : © KIM Hyun-tae


La majorité des oiseaux présentent des taches foncées sur la couronne et autour de l'oeil. Beaucoup ont la tête qui blanchit en février, et sont vraisemblablement des Véga acquérant leur plumage nuptial. Ils montrent alors un phénotype proche du Goéland mongol, et la couleur de leur manteau peut être similaire (Yesou 2001 ; obs. pers.), et beaucoup d'oiseaux atypiques ont une structure qui les rend très difficile à identifier.
La majorité des adultes de Goélands du Véga ont les yeux sombres en hiver. Sur 100 oiseaux observés à la mi-décembre 2002, 50 avaient les yeux sombres, 20 étaient intermédiaire et 30 pâles. A la mi-Janvier 2003 (à un endroit différent), 80 oiseaux sur 100 avaient les yeux sombres, 15 étaient intermédiaire, et seulement 2 avaient les yeux clairement jaunâtres ou blanchâtres.
Tous possèdent un cercle oculaire rouge foncé. La couleur du bec des adultes en hiver est généralement jaune pâle, avec une tache orange-rouge sur le gonys, et avec occasionnellement des marques noirâtres (qui sont à dire vrai rarement aussi étendues que chez certains Goélands mongols). La couleur typique des pattes des Goélands du Véga (c'est-à-dire ceux qui montrent la structure typique décrite ci-dessus : manteau gris, tête fortement striée et yeux foncés) est rose.
Yesou (2002) déclare que le Goéland du Véga est polymorphique, et peut avoir des pattes jaunes; toutefois ce caractère est moins abondant en allant de l'Ouest vers l'Est. Les Véga les plus répandus au Japon et en Corée se rapportent à la population la plus orientale.




 
  Suite de l'article
 
Introduction
Identification du Goéland du Véga (incluant birulai)
Identification du Goéland du Taïmyr
Identification des Goélands d'Heuglin et de Baraba
Identification du Goéland mongol
Les quatre types du Goéland mongol
Discussion : Goélands à manteau sombre et à pattes jaunes
Discussion : le cas du Goéland mongol


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