Identification du Goéland
pontique
Récemment élevé
au rang d'espèce, le Goéland pontique (Larus cachinnans) bénéficie
d'une attention croissante de la part des observateurs, notamment en hiver
où il apparaît alors en Europe de l'Ouest.
Toutefois son identification reste délicate, surtout dans un dortoir hivernal
de plusieurs milliers d'oiseaux ....
Cet article précisant les critères d'identification de l'espèce
sur le terrain a été rédigé par Valéry
Schollaert, guide nature de la société Le Voyage d'Ornithologie.
Abstract
Recently
considered as a new species, the Caspian Gull (Larus cachinnans) is a quite difficult
to distinguish from others Gulls species, particularly from the Herring Gull (Larus
argentatus) and the Yellow-legged Gull (Larus michahellis). This article deals
with the identification keys of this species in winter at different stages : adult,
1st winter and 2nd winter, in comparaison with the Herring Gull and the Yellow-legged
Gull.
Introduction et critères généraux
Introduction
A chaque fois qu'un nouveau taxon (nom
scientifique que l’on donne à une espèce que l’on vient de décrire) est
élevé au rang d'espèce, le problème de son identification sur le terrain est posée.
Il y a quelques années, le Goéland leucophée (Larus michahellis) a été séparé
du Goéland argenté.
L'identification des adultes semblait délicate, et de nombreux ornithologues ont
laissé de côté l'identification des immatures.
A noter aussi que ces changements taxonomiques sont perçus comme des complications
par la plupart des ornithologues alors qu'en fait, généralement, cela simplifie
l'identification; En effet, avant que le Goéland pontique, considéré il y a peu
comme une sous-espèce du Goéland leucophée, ne soit considéré comme une espèce,
comment auriez-vous réagis face à un de ces goélands ? Ce n'était ni un argenté
(oeil noir et un bec paraissant trop long), ni un leucophée (œil noir, arcade
sourcilière bien trop peu marquée, pattes plutôt roses, manteau trop pâle et un
bec trop long.) …
De nombreux observateurs peu expérimentés étaient alors " bloqués " et ne savaient
pas comment identifier certains goélands, même adultes, du type " argenté - leucophée
". Avec ce changement taxonomique, les choses sont plus claires :
Il y a trois grands goélands à manteau gris chez nous : l'Argenté (Larus argentatus),
le Leucophée (L. michahellis) et le Pontique (L. cachinnans).
Les Goélands argenté et le leucophée sont fréquents en France et visibles toute
l'année. Le Pontique est moins fréquent, et s'observe surtout d'octobre à mars.
Généralités
Avant
d'entrer dans les détails des plumages spécifiques des différentes classes d'âge,
voici des généralités valables dans tous les cas;
Par rapport aux Goélands leucophée et argenté, et même par rapport au Goéland
brun par ailleurs nettement plus petit, le Goéland pontique est svelte, avec des
longues pattes, un long cou, un bec plutôt long (accentué par le culmen peu arqué,
et l'épaisseur relativement réduite), des longues projections alaires et un front
long et aplati.
Ces critères seuls suffisent généralement à identifier cette espèce.
Avec de l'expérience, ils semblent relativement évidents.
Néanmoins, il faut se méfier des variations individuelles, du vent, de la position
de l'oiseau et des conditions d'observations.
La forme peut permettre dans un premier temps de repérer l'oiseau, une étude du
plumage étant alors nécessaire. L'inverse est également possible.
Remarques (V. Palomares) :
- Les oiseaux pris en photo sont en plumage "typique", et il existe
des oiseaux intermédiaires ou abérrants.
- Il existe des différences de plumage entre sexes et entre taxons (exemple :
Goéland argenté argentatus à manteau plus sombre que les argenteus
et avec pas mal de blanc sur les primaires, etc... avec parfois les pattes jaunâtres
!).
|
|