La parade du Paradisier superbe
Le Paradisier superbe (Lophorina superba)
Le Paradisier superbe (Lophorina superba) vit en lisière de forêts tropicales en Nouvelle-Guinée entre 1000 et 2250 m d'altitude.
Les 26 et le 27 octobre 1985, D.W. et C. B. Frith ont observé la parade nuptiale de cette espèce à 1 500 m d'altitude dans les Monts Adelbert (Papouasie Nouvelle-Guinée). Ils ont également assisté aux parades d'oiseaux captifs dans le Baiyer River Sanctuary (Westerrn Highlands, Papouasie Nouvelle-Guinée) afin de détecter d'éventuelles différences.
Ils ont publié un article en 1987 dans la revue australienne Emu, et nous vous proposons ci-dessous une traduction d'une partie de l'article.
Ils ont déterminé deux phases dans la parade du mâle:
La
phase initiale de la parade (Initial Display Activity ou IDA)
Figure 1- Phases de la parade du Paradisier superbe (Lophorina superba): Phase initiale (A, B et C), Phase de haute intensité (D)
Schéma: Ornithomedia.com d'après D.W. et C.B. Frith |
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Elle a été observée sept fois et consiste en une posture allongée tenue cinq secondes, avant que des mouvements de la coiffe, du plastron et de la touffe de plumes au-dessus des narines ne débutent. Le mâle s'accroupit légèrement, avec les côtés du plastron aplatis contre ses flancs, la coiffe tenue en arrière, les ailes et la queue en position de repos, la tête et le bec pointés vers le haut, les yeux fixés sur la femelle, et la touffe de plumes nasales vers l'avant. Cette pose est suivie d'extensions répétées, soudaines, et croissantes vers l'avant des côtés du plastron, la tête et le bec pointant toujours vers la femelle, et les plumes nasales toujours dressées.
Accompagnant les mouvements du plastron, la coiffe est portée vers l'avant, un mouvement accentué par le fait que l'oiseau baisse en même temps sa tête, présentant sa coiffe iridescente à la femelle.
L'alternance des "flashs" du plastron et des agitations de la coiffe s'accélère au fur à mesure que cette phase progresse. Les ailes et la queue sont tenues normalement.
La
phase de haute intensité (HID)
Le plastron est orienté vers l'avant et sa surface augmente, les plumes près des narines sont érigées et se divisent en deux bouquets, et la coiffe est placée vers l'avant et s'étend latéralement pour former un demi-cercle complet au-dessus de la tête et des flancs (jusqu'à la limite supérieure du plastron, parfois au-delà).
Sur
les côtés du plastron, des plumes noires latérales s'étalent vers l'intérieur pour rencontrer les plumes du corps, formant un cercle noir complet rompu seulement au niveau du plastron chatoyant. Il est difficile de repérer si ces plumes sont issues de la coiffe et s'étendent vers le bas pour rejoindre celles du plastron, ou si plus probablement elles correspondent à celles des ailes abaissées ou des flancs.
Juste en dessous de la partie centrale de la coiffe, au-dessus des yeux et du bec, deux ronds bleu-vert chatoyants forment de faux yeux, par un probable arrangement des plumes de la coiffe et de celles proches des narines. Le bec fermé n'est pas visible, et les yeux peuvent à peine être aperçus juste en dessous des "faux yeux". Le bec reste fermé (dessin D de la figure 1).
Le mâle effectue ensuite de petits pas de danse.
Danses et chants
Le 26 octobre 1985, les auteurs ont entendu un mâle entre 08h00 et 10h00 h appelant dans un ravin. Il s'est déplacé d'arbre en arbre vers les points culminants. Trente secondes plus tard, il a chanté à nouveau par intermittence en retournant dans le ravin. A 11h30, les vocalises sont devenues plus fréquentes. A 11h35, le mâle a été vu volant à moins de 2 m du sol puis s'est posé dans un peuplement de jeunes arbres en émettant des cris puissants.
Le mâle est passé en phase initiale pendant 15 à 20 secondes en se dirigeant vers une femelle qui s'était perchée tout près. Elle s'est ensuite envolée sous le mâle, qui a entamé la phase de haute intensité pendant 35 secondes. A cette occasion, elle s'est approchée dans une posture accroupie de soumission avec les ailes légèrement abaissées.
Le mâle est resté dans la posture HID jusqu'à ce que la femelle s'approche. Il a ensuite entamé une danse autour d'elle, se déplaçant rapidement, en demi-cercles, la femelle accentuant sa position de soumission. Pendant la danse, leurs becs se sont presque touchés. Elle lui a toujours fait face, évitant de l'avoir derrière elle... Ils ont ensuite copulé pendant moins de 5 secondes, et la femelle s'est envolée; Il a repris la phase initiale pendant 15 à 20 secondes avant de s'envoler. Il a ensuite été entendu par intermittence dans le sous-bois.
Pendant la parade, le mâle exposait son plumage iridescent au soleil. La lumière semble jouer un rôle important dans le jeu de la séduction
Différences avec un oiseau captif
Figure 2- Mâle captif de Paradisier superbe (Lophorina superba) en phase de haute intensité. Notez le bec ouvert et l'absence des deux taches bleus au dessus des yeux
Schéma: Ornithomedia.com d'après D.W. et C.B. Frith |
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Le 9 décembre 1977, C. B. Frith a observé un mâle adulte isolé dans une volière de 2,4 m de haut occupée par d'autres espèces de paradisiers dans le Baiyer River Sanctuary. A 8h10, le mâle a entamé une danse sur un perchoir horizontal à 1,6 m de haut, avec le plastron et la coiffe déployés et la tête légèrement vers le bas. Il se déplaçait de long en large sur plus de 20 cm dans chaque direction en battant vigoureusement des ailes, en gardant une pose accroupie et en émettant en rythme des cliquetis bruyants.
A 8h15, il a entamé une parade légèrement différente: il s'est accroupi, a déployé sa coiffe et étalé son plastron vers le bas.
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Il existe des similitudes entre la parade du Paradisier superbe et celle du Paradisier de Stéphanie (Astrapia stephaniae)
Photo: Ian Merrill |
Le plastron et la coiffe formaient une "fraise" au-dessus de la tête. Au début, le bec était largement ouvert, et une fois que la parade a débuté, il a lancé de temps en temps un cliquetis sonore. La touffe de plumes à la base des narines était dressée vers l'avant. Les deux points bleus iridescents au-dessus des yeux étaient absents, contrairement à ce qui est visible dans la nature.
Ce comportement était, comme à l'état sauvage, précédé d'une phase initiale, mais le mâle était accroupi.
Les appels et la danse de cette espèce évoquent ceux du genre Parotia, La pose lors de la phase initiale est également similaire à celle du genre Parotia (Frith et Frith, 1981).
L'ouverture du bec, les appels, les mouvements verticaux de la queue et les plumes érigées près des narines sont des éléments que l'on retrouve chez les Ptiloris sp., tandis que les battements d'ailes et les plumes nasales dressées sont notés également chez certains Parotia et chez le Paradisier de Stéphanie (Astrapia stephaniae).
Une vidéo
Voir une vidéo de la parade du Paradisier superbe, par D. Attenborough, BBC Wolrdlwide:
www.youtube.com/watch?v=6gAxbxxmYZ8
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