Le
faucon pèlerin (Broché)
de René-Jean Monneret
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La technique de chasse du Faucon pèlerin
Une technique
éprouvée
Le Faucon pèlerin
(Falco peregrinus) est connu pour sa technique de chasse en piqué, pouvant
dépasser le vitesse de 200 km/heure. Loiseau ressemble alors à
un triangle de plumes profilées, avec ses pattes repliées contre
sa queue et ses ailes à demi déployées. À cette vitesse,
le coup quil assène de sa patte à moitié refermée
suffit habituellement à estropier ou à tuer sa proie, quelle que
soit sa taille.
Mais la technique de chasse de cette espèce comporte trois
phases : le vol de placement, le piqué «ailes-fermées», et l'approche terminale
de la proie.
Dans cet article, nous vous proposons une présentation animée de
cette technique, basée sur les observations de René-Jean
Monneret présentée sur le site
perso de Marie-Christine Dehayes.
Nous l'illustrons par des photos extraordinaires de chasse prises par Grégoire
Duffez dans l'Ouest de la France.
Abstract
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Peregrine Falcons are raptors
- which means they are birds which hunt and kill for food. They are very well
adapted to the hunt, with strong, sharp, curved beaks for tearing flesh, large,
keen eyes for viewing prey at great distances, and sharp, powerful claws (called
talons) for clutching, and grasping their quarry.
Other birds, such as pigeons, blackbirds, ducks, and pheasants, are the falcons's
usual prey. Peregrines' incredible speed is the primary weapon used to kill their
prey during the hunt. When they get ready to strike, they close their talons and
strike the bird in a plunging dive, usually knocking the bird unconscious with
a single blow. The force of the initial strike is so severe that the bird is usually
killed on impact. As the victim falls through the air the falcon circles back
and picks its prey out of the air with its claws. If the bird survives the initial
blow, the Peregrine will break its neck with a quick strike of its powerful beak
to the birds spine.
In this article, we describe you the technics of hunting of the Peregrine Falcon,
and presents you some extraordinary photos taken in Western France by Grégoire
Duffez of a Peregrine catching a Wood Pigeon.
La technique de chasse du Faucon pèlerin
René-Jean
Monneret
est un spécialiste du Faucon pèlerin qu'il a étéudié
pendant près de 40 ans. Il est l'auteur d'une monographie renommée,
Le
Faucon pèlerin.
Les animations ci-dessous sont basées sur ses notes et schémas exposées
dans le site
perso de Marie-Christine Dehayes.
Les différentes phases de la chasse
Le
vol de chasse du Faucon pèlerin (Falco peregrinus) comporte typiquement
3 phases, le vol de placement, le piqué «ailes-fermées», l'approche terminale
de la proie. Il est entrepris aussi bien d'un poste d'affût que d'un «vol d'amont»
à hauteur variable. Du départ à l'approche finale, la distance parcourue s'échelonne
entre quelques centaines de mètres à plusieurs kilomètres, pour un changement
d'altitude généralement compris entre 100 et 600m
Animation : Ornithomedia.com, d'après R.-J. Monneret
Le vol de
chasse du Faucon Pèlerin (Falco peregrinus) comporte typiquement 3 phases, le
vol de placement, le piqué «ailes-fermées», l'approche terminale de la proie.
Il est entrepris aussi bien d'un poste d'affût que d'un «vol d'amont» à hauteur
variable. Du départ à l'approche finale, la distance parcourue s'échelonne entre
quelques centaines de mètres à plusieurs kilomètres, pour un changement d'altitude
généralement compris entre 100 et 600m.
Le vol de placement
Le vol de placement est un vol battu caractéristique.
Les mouvements d'ailes de grande amplitude sont énergiques et cadencés. Sauf quand
l'angle de l'attaque dépasse d'amblée 20 à 30°, auquel cas il se résume à quelques
battements d'ailes «nerveux», le vol de placement se développe, le plus souvent,
sur de grandes distances - plusieurs centaines de mètres voir plusieurs kilomètres.
La direction initiale du vol paraît indépendante de la situation de l'oiseau convoité.
Pendant cette phase, la vitesse du faucon atteint certainement des vitesses de
l'ordre de 80 à 100km/h, à plusieurs reprises, nous avons en effet observé des
femelles refaire le handicap de 200 à 300m sur des ramiers traversant une vallée,
alors qu'au départ de la poursuite le pigeon volait entre 50 et 100m au-dessus
du site.
Le
piqué «ailes-fermées »
Les
différentes étapes du piqué
Animation : Ornithomedia.com, d'après R.-J. Monneret
Le piqué
«ailes-fermées » est une chute plus ou moins oblique de plusieurs centaines de
mètres, à plus d'un kilomètre.
L'angle de la trajectoire avec l'horizontale est en général, compris entre 20
et 40°. Durant cette séquence, la vitesse n'est pas constante. Elle subit des
accélérations, quand le faucon colle ses ailes le long du corps, et des ralentissements,
quand il les écarte plus ou moins, pour corriger sa trajectoire.
C'est durant cette phase de l'attaque que le faucon atteint sa vitesse maximale.
Elle est largement fonction de la hauteur initiale de la descente, de sa longueur
et de l'angle de la trajectoire avec le sol. Celle-ci n'est pas rectiligne et
présente l'allure d'une courbe dont la première partie est orientée vers le sol
(comme si, au départ, le faucon «visait» à côté et sous sa cible) puis vers la
proie dans les dernières dizaines de mètres avant le contact. Le piqué terminal et la capture
Lors
du piqué secondaire, le faucon bascule sur le dos et pivote à 90 ° en arrière
et vers le bas
Dessin : Ornithomedia.com, d'après R.-J. Monneret
La fin
de trajectoire devient rectiligne et proche de l'horizontale, mais bien souvent
plus ou moins montante - tant que l'oiseau attaqué ne détecte pas l'approche du
rapace.
- Dans ce cas, la proie est selon les cas, «liée», c'est-à-dire directement saisie
avec les serres, ou «buffetée», c'est-à-dire percutée avec les serres tendues
en avant. Dans ce cas le faucon « ressource » dans une «chandelle» verticale,
à partir de laquelle il pique de nouveau vers l'oiseau, en train de tomber, pour
s'en saisir définitivement.
- Si le faucon est repéré, la proie fait un brusque écart, vers le bas, le haut
ou latéralement, après quoi elle tente d'échapper en direction du sol. Le faucon
exécute alors un virage très court, donc très bruyant, pour enchaîner par un,
voir plusieurs, piqués «secondaires» (si la première tentative est infructueuse
et si l'espace disponible le permet). Lors du piqué
secondaire, le faucon bascule sur le dos et pivote à 90 ° en arrière et vers le
bas. La trajectoire du chien
À l'instar du chien qui
court vers son maître en mouvement selon une trajectoire connue sous le nom de
«courbe du chien», le faucon suivrait une trajectoire similaire. Cette hypothèse
est plus vraisemblable, encore qu'une étude plus fine faite par V.A. Tucker, semble
montrer qu'à la différence de celle du chien, la trajectoire du faucon ne serait
pas directement dirigée vers la proie, mais latéralement, selon un angle proche
de 40°.
Mais pourquoi cette bizarrerie ? Comme tous les rapaces diurnes, les faucons ont
une mobilité oculaire réduite et disposent de 2 foveas (voir notre article sur
la vue
des oiseaux) :
- la fovea latérale destinée à la vision binoculaire,
- la fovea profonde destinée à la vision monoculaire.
La première, orientée vers l'avant à 15° de part et d'autre de l'axe de la tête,
ne permet pas une vision précise au-delà de 40m.
La seconde, située dans l'axe principal de l'œil, est orientée à 40° vers l'avant
par rapport à l'axe de la tête. D'une acuité exceptionnelle (10 millions de cellules
visuelles au mm carré, associés à un système optique performant), elle sert à
l'observation à grande distance, ce qui, pour ce faire, oblige le faucon à tourner
la tête à 40° sur le côté. Ce comportement est particulièrement évident quand
le faucon observe un oiseau situé loin au dessus de lui.
Aérodynamisme
LLes études en soufflerie
montrent que la flexion latérale de la tête augmente de 50% les forces de
frottement aérodynamiques. De sorte que, pour conserver un coefficient aérodynamique
et une vitesse maximale, le faucon doit maintenir sa tête dans l'axe du corps,
ce qui implique que pour garder la proie «à vue», il doit piquer «à côté» à 40°
par rapport à la direction de celle-ci.
Il ne s'agirait donc plus d'une simple trajectoire de poursuite, type «courbe
du chien», mais d'une trajectoire de type «spirale logarithmique».
Un peu de mathématiques
Lors
des derniers mètres, la proie est attaquée dans l'"angle mort"
de son
champ visuel
Dessin : Ornithomedia.com, d'après R.-J. Monneret
Le temps le plus court que
met un objet, accéléré par la seule pesanteur, pour aller d'un point A à un point
B plus bas que A n'est pas le segment de droite AB, mais une courbe qui part de
A, selon la ligne de plus grande pente, pour ensuite s'incurver vers B. Il s'agit
d'une courbe «brachistochrone».
On comprend que pour atteindre une proie le plus vite possible, à grande vitesse,
les trois contraintes - visuelles, aérodynamiques et physiques– conduisent le
faucon à «piquer à côté», tout en conservant «le bon œil» sur sa proie (vision
binoculaire et trajectoire directe n'étant utilisées que dans les dernières dizaines
de mètres de l'approche).
La vitesse maximale théorique du piqué
Les vitesses maxima possibles
atteintes lors du piqué «ailes fermées» sont sujettes à controverse. On a parlé
de plus de 400km/h ou plus modestement de 150 km/h. Théoriquement, les facteurs
dont dépend la vitesse d'un faucon en piqué sont au nombre de cinq :
- La masse de l'oiseau,
- Son volume,
- Son coefficient aérodynamique,
- L'angle de sa trajectoire avec le sol.
- La longueur de cette trajectoire. Pour un même coefficient aérodynamique et un
même volume, plus un objet est massif, plus la force que son poids oppose aux
forces de frottement aérodynamiques est importante. Plus un oiseau est massif,
plus il vole vite et plus il est susceptible de piquer à grande vitesse.
Le coefficient aérodynamique dépend de la forme générale de l'objet soumis à la
résistance du fluide dans lequel il se déplace, de son volume, de sa longueur,
de sa texture et de sa capacité à conserver sa forme à grande vitesse. Un objet
allongé a un meilleur coefficient aérodynamique qu'un objet sphérique de même
diamètre. Un objet présentant de faibles aspérités a un meilleur coefficient qu'un
objet de forme irrégulière. Un objet qui garde sa forme pénètre mieux dans l'air
qu'un objet qui se déforme.
Pour ce qui est du faucon pèlerin (falco peregrinus), forme et rigidité du plumage
– absence de vibrations - contribuent à lui donner un coefficient aérodynamique
performant. Des études menées en soufflerie, sur des reproductions de faucons
en matériaux synthétiques et sur des carcasses congelées, montrent que le coefficient
aérodynamique est de l'ordre de 0,05 à 0,08 pour le Faucon pèlerin, alors qu'il
n'est que de 0,12 pour la Buse à queue rousse, par exemple. Ces études montrent
en outre que le coefficient aérodynamique du faucon s'améliore avec le gain de
vitesse.
Il se pourrait également que pour accélérer, le faucon tende le cou en avant au
lieu de le conserver replié, ce qui aurait pour effet d'améliorer son coefficient
aérodynamique. Cette hypothèse n'est pas absolument avérée, car les piqués d'attaque
se déroulent toujours très loin de l'observateur, mais c'est en tout cas ce qui
semble se produire quand le faucon accélère en donnant l'impression de “s'allonger”
sur sa trajectoire.
Un faucon de 1 kg, qui conserverait sa posture de «recherche de vitesse maximale»
sur toute la longueur d'une descente à 45°, pourrait théoriquement atteindre une
vitesse de 100m/s (360km/h) après 20s de chute et 130m/s (460km/h) après 35 secondes.
À cette vitesse, le coup quil assène de sa patte à
moitié refermée suffit habituellement à estropier ou à
tuer sa proie, quelle que soit sa taille. Si la proie est trop lourde, le Faucon
pèlerin la laisse tomber au sol et la dévore sur place. Il capture
les oiseaux légers au vol, ou il les abat et les retrouve ensuite.
Malgré sa réputation de bon chasseur, le Faucon pèlerin manque
souvent sa cible. Le succès de chaque piqué dépend de lhabileté
du faucon, de la proximité dun refuge pour sa proie et de lagilité
de celle-ci. Comme tous les prédateurs, le Faucon pèlerin sattaque
dabord aux proies faciles : les individus aberrants ou faibles.
Vitesses atteintes sur
le terrain
Sur un site des Baléares, Matthias
Kestenholz et Coll., au moyen d'un radar de conduite de tir, a enregistré les
vitesses de 36 et 51m/s (130 et 184km/h), sous des angles maximum de 42°, pour
des hauteurs de chutes variant de 250 à 350m.Ces mesures concernaient un faucon
pèlerin de la sous-espèce brookei (F.P; brookei).
- Au Colorado, V.A. Tucker et Coll., grâce à un système de triangulation associé
à un ordinateur, a mesuré des vitesses variant de 40 à 70m/s (144km/h à 252km/h)
pour des angles de chute compris entre 20 et 30° seulement. Ces mesures concernaient
les attaques de chasse d'un tiercelet de faucon pèlerin (f. peregrinus) partant
d'un poste d'affût situé 450m au-dessus du plateau.
- D'autres mesures faites par T.J. Cade et V.A. Tucker sur un tiercelet dressé
de Faucon Gerfaut (falco rusticolus) de 1kg, piquant de 500m de haut, sous un
angle de 62°, montrent que la vitesse maximum (58m/s = 208km/h) a été atteinte
après seulement 150m de perte de hauteur, pour un déplacement horizontal d'une
centaine de mètres. Après quoi le faucon a peu à peu réduit sa vitesse pour rejoindre
le fauconnier (courbes ci-dessous).
Une chasse en photos
Le 16 octobre, Grégoire Duffez a été témoin d'une
d'un Faucon pèlerin sur un Pigeon ramier dans l'Ouest de la France.
La distance photographique était importante, et pourtant, grâce à
son équipement (un Canon EOS 400D + 400mm 5.6L), les images sont d'une
grande précision. Il a pu en particulier saisir la technique du piqué
secondaire (quand l'oiseau est sur le dos) juste avant l'attaque, un document
rare !
Faucon
pèlerin en phase de piqué terminal
Photo : Grégoire Duffez
Piqué
secondaire du Faucon pèlerin sur le dos, juste avant l'attaque
Photo : Grégoire Duffez
Attaque
: notez la distance de prise de vue
Photo : Grégoire Duffez
Attaque
zoomée : le Faucon pèlerin vient de heurter sa proie ...
Photo : Grégoire Duffez
..
Et il continue un peu sa trajectoire pour attraper sa proie étourdie
Photo : Grégoire Duffez
Les proies
Les proies de ce chasseur cosmopolite diffèrent beaucoup dune
région à lautre, et même dune aire de nidification
à lautre. Dans certaines parties des îles de la Reine-Charlotte
en Colombie-Britannique, il se nourrit presque exclusivement de Guillemots à
cou blanc, petits oiseaux marins qui y nichent par milliers. Sur la côte
est du Labrador, les Faucons pèlerins se nourrissent de Guillemots à
miroir, un autre oiseau marin commun, et de petits mammifères (souris et
campagnols). À Rankin Inlet, sur la rive ouest de la Baie dHudson,
loiseau se nourrit surtout de lemmings et doiseaux de rivage. Dans
le Sud du Canada, les Faucons pèlerins mangent une variété
doiseaux qui vivent dans les terres humides, y compris des Mouettes de Franklin,
des Guifettes noires, des chevaliers, des Grèbes à cou noir, des
Pics flamboyants, des Sarcelles à ailes vertes et des Marouettes de Caroline.
Dans les villes, les Faucons pèlerins mangent certes des pigeons, mais
ceux-ci ne représentent jamais plus de 20 % de leur alimentation.
Sources
- Site perso de Marie-Christine
Dehayes : http://perso.orange.fr/marie-christine.dehayes - Site perso de R. Ferréol : http://mapage.noos.fr/rferreol
- Portail www.oiseaux.net
- Kestenholz M., Schweitze Volgelwarte Sempach, communication personnelle.
- Lovvorni, J.R., Liggins G.A., Borstad M., Calisal S.M. and Mikkelsen A. “Hydrodynamic
drag of diving birds : effects of body size, body shape and feathers at steady
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- Monneret R.J. (1973)”Techniques de chasse du faucon pèlerin falco peregrinus
dans une région de moyenne montagne”, Alauda, Vol. XLI, n°4-1973, 403-412.
- Monneret R.J. “Le faucon Pèlerin” Delachaux&Nielstle
- Tucker, V. A. (1987). Gliding birds: the effect of variable wing span.
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- Terrasse J.F. 1970 -Techniques de chasse du faucon pèlerin falco peregrinus
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during diving and pull out. J. Exp. Biol. 201, 403–414.
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with straight and turned heads, and a lower value for the parasite drag coefficient.
J. Exp. Biol. 203, 3733–3744.
- Tucker, V. A., Tucker, A. E., Akers, K. and Enderson, J. H. (2000). Curved flight
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- Tucker, V. A.(1995). An optical tracking device for recording threedimensional
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of a gyrfalcon (Falco rusticolus). J. Exp. Biol. 201, 2061–2070.