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 Le cerveau et l'intelligence des oiseaux

Les oiseaux, des "têtes de linotte" ?

Corneille noire (Corvus corone)
La Corneille noire (Corvus corone) et les autres corvidés ont des capacités d'adaptation et d'apprentissage remarquables
Photo : Joël Brueière / www.eyesonsky.com
Dans le langage populaire, les insultes comme ''cervelle d'oiseau'' ou ''drôle d'oiseau'' contribuent à ancrer l'idée que ces animaux sont de petits êtres légers et simples. Mais Idem en science, estime une équipe de chercheurs, qui propose une nouvelle nomenclature pour désigner l'anatomie des cerveaux d'oiseaux et pour en finir avec les préjugés.
Les exemples de comportements complexes et de formes d'intelligence sont nombreux. Le Corbeau calédonien (Corvus moneduloides) fabrique par exemple ses outils pour attraper sa nourriture, comme un primate prend une brindille pour attraper les termites.

Dans cet article, nous vous proposons une présentation de la structure du cerveau des oiseaux (nomenclatures classiques et nouvelles), une approche de son fonctionnement, et une évocation de la proportion de l'intelligence et des comportement instinctifs chez nos amis ailés.

Abstract

Like all animals, birds need a control centre and a set of communication channels to ensure that there system runs smoothly. As in most more complicated animals this is usually called a brain and a nervous system.
Birds have a similar basic plan to their nervous system as the rest of the vertebrates.
The brain of a bird weighs about 10 times as much as a brain of a reptile of the same weight, but slightly less than that of a mammal of the same weight. However, there is considerable variation between birds of similar size. There is therefore quite a range in the intelligence of birds, with game birds at the bottom of the list and Woodpeckers, Owls and Parrots at the top.
A bird's brain is different to a mammalian brain in that the complex folds found in the cerebral cortex of mammals are missing and the cerebral cortex itself is much smaller proportionally than in mammals. Instead the corpora striata, a more basic part of the cerebral hemispheres is proportionally larger and better developed. It is this portion of a bird's brain which is used to control instinctive behaviour - feeding, flying, reproduction etc. The mid-brain is also well developed as this is the part of the brain primarily concerned with sight, while the olfactory lobes are reduced as would be expected given that bird's in general have little use of the sense of smell.
Beside this description of the brain of birds and the way it works, we will discuss about their intelligence : the respective places of instinct and reflexion in their life, their ability to learn and to recall are some of the subjects we will speak about.
See our schematic of the structure of the birdbrain (classical view).
See our schematic of the structure of the birdbrain (modern view).
See our schematic of the song circuit.


Le cerveau des oiseaux

Oiseaux et reptiles

En raison de l'existence d'ancêtres communs, les cerveaux des reptiles et des oiseaux sont assez semblables. Toutefois, les oiseaux ont des hémisphères cérébraux et un cervelet relativement plus grands. En outre, les
oiseaux ont de plus grands lobes optiques et de plus petits bulbes
olfactifs (Husband et Shimizu, 1999).


Description générale

Voir notre schéma de la structure du cerveau des oiseaux (nomenclature classique).

Structure du cerveau des oiseaux
Structure du cerveau des oiseaux (agrandir le schéma) dans la nomenclature classique
Dessin : Ornithomedia.com

Les oiseaux sont, après les mammifères, les vertébrés dont l'encéphale est le plus développé par rapport à la taille de l'animal.
Le cerveau des oiseaux comprend :
- La médulla (non illustrée dans notre schéma) : partie du tronc cérébral contennant des neurones qui contribuent au contrôle de la fréquence cardiaque, de la respiration, et de la tension artérielle.
- Le lobe optique (partie du mésencéphale) : relativement grand chez les oiseaux comparativement aux autres vertébrés (ce qui refléte l'importance de la vision pour la plupart des oiseaux).
- Le cervelet (cerebellum) : impliqué dans la coordination de l'activité des muscles; relativement grand (reflétant ainsi le besoin d'une coordination précise de l'activité des muscles pendant le vol).
- Le cerebrum (zone orange-rouge sur notre schéma) : composé des deux hémisphères cérébraux et du bulbe olfactif.
- Le bulbe olfactif est relativement petit chez la plupart des oiseaux (suggérant un odorat faible, mais quelques espèces ont toutefois un odorat bien développé).

Le cerebrum

Le cerebrum comprend différentes parties, dont :
- le cortex : lisse et peu développé chez les oiseaux. Il s'agît d'une couche superficielle. C'est le centre de l'intelligence et de l'apprentissage
- le corps strié ou corpus striatum (au-dessus du cortex) : c'est un ensemble de cellules nerveuses qui régit le comportement instinctif
- l'hyperstriatum, ou corps strié supérieur : c'est une partie du corps strié, qui semble influer sur le degré d'intelligence des oiseaux
- le bourrelet sagittal : protubérance de l'hyperstriatum qui joue un rôle pour l'apprentissage

Nomenclatures classique et nouvelle

Voir notre schéma de la structure du cerveau des oiseaux, utilisant la nomenclature classique.
Voir notre schéma de la structure du cerveau des oiseaux (nouvelle nomenclature).

Un ensemble de neurologistes, l'Avian Brain Nomenclature Consortium (Jarvis et al 2005) a proposé de revoir la nomenclature des parties du cerveau des oiseaux afin de mieux dépeindre les capacités cognitives de ceux-ci. Les scientifiques affirment que la nomenclature traditionnelle vieille d'un siècle est périmée et ne reflète pas les résultats des dernières études qui révèlent mieux l'intelligence des oiseaux.
La vieille terminologie, qui était basée sur l'hypothèse que le cerveau des oiseaux était plus primitif que celui des mammifères, a perturbé une approche scientifique correcte.
La nomenclature révisée des noms des éléments du cerveaux des oiseaux a pour but de remplacer le système développé au 19ème siècle par Ludwig Edinger, le père de la neuro-anatomie comparative. Edinger utilisait des préfixes tels que "paleo" ("le plus ancien") et "archéo" (archaïque) pour désigner certaines structures du cerveau aviaire, et "néo" (nouveau) pour décrire les structures les plus évoluées, en particulier dans le cerveau des mammifères.
Selon sa théorie, le cerveau des oiseaux se composait presque entièrement de ganglions basaux, une structure impliquée seulement dans le comportement instinctif, la capacité d'apprentissage (située dans le neocortex) caractérisant elle essentiellement les mammifères. Cependant, d'après Jarvis, "nous devons nous débarrasser de l'idée que les mammifères, et les humains en particulier, sont au sommet de l'évolution. Nous devons également comprendre que l'évolution n'est pas linéaire, mais un processus complexe. Ainsi, nous ne pouvons pas automatiquement compter décrire une structure du cerveau humain en la comparant à celle d'autres espèces vertébrées".
Jarvis et al. affirment que les prétendues régions "primitives" des cerveaux des oiseaux sont en fait des régions complexes homologues à celles des mammifères. Ces régions contrôlent le traitement sensoriel, les commandes motrice et sensori-motrice comme le néocortex des mammifères. Des études ont également prouvé que les régions des cerveau des deux classes de vertébrés sont comparables dans leur fonctionnement génétiques et biochimiques. Le néocortex et les secteurs relatifs du cerveau des mammifères sont dérivés d'une région du cerveau embryonnaire appelée pallium, qui signifie "manteau" ou "bâche". Edinger estimait cependant que la majeure partie de cette région dans le cerveau des oiseaux faisait partie du ganglion basal. En conséquence, il leur a donné des noms qui finissaient par le suffixe "striatum", terme désignant le ganglion basal.
En raison des études récentes, le groupe de chercheurs recommande des changements : renommer l'archistriatum en arcopallium (pallium arqué), ou renommer la région regroupant le paleostriatum primitivum et le paleostriatum ventral situé au-dessous du pallium en pallidum (domaine pallidal ou pâle) (voir notre schéma).



  Suite de l'article
 
Le cerveau des oiseaux
Le fonctionnement du cerveau : cas du chant

Intelligence et instinct



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