Discussion et compléments
Rappel : l'origine de la couleur
des oiseaux
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La couleur
de la gorge du Colibri à gorge rubis (Archilochis colubris) change en fonction
de l'inclinaison de la lumière. Photo : Sylvain Gosselin
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Il convient
de rappeler que la coloration des oiseaux est surtout due à des pigments
(mélanines et carotenoïdes), mais aussi à la diffraction de
la lumière dans les plumes chargées de mélanine qui provoque
les iridescences (Cas du Paon bleu ou des colibris). Les teintes bleues sont ainsi
normalement produites par un effet optique et non pas biochimique ; en pratique,
la présence de cette teinte ne dépend que de la manière avec
laquelle la
lumière est réfléchie sur les plumes. C'est de cette manière
que naissent les effets des plumages métalliques et bronzés.
Les multples nuances dépendent en final des quantités et concentrations
en différentes substances colorantes et de l'existence de zones réfléchissantes
de la lumière..
Voir notre article sur les
plumes des oiseaux.
Leucisme ou albinisme partiel ?
Certains observateurs préfèrent réserver le terme d'albinos
aux oiseaux entièrement dépigmentés (avec les yeux rouges
et parties nues du corps rosées), du fait de l'absence de la synthèse
de la tyrosinase. Ils ne reconnaissent pas la notion d'albinisme partiel, qu'ils
regroupent sous le vocable de leucisme.
Origine génétique
Chez les Merles noirs (Turdus merula), on observe assez souvent des individus
(presque toujours des mâles) avec diverses parties du corps tachées
de blanc. Ce caractère lié au sexe et certaines descendances d'individus
leuciques laissent supposer une origine génétique.
Le rôle de l'inhibition du gène responsable de la synthèse
de la tyrosinase sur l'albinisme a été démontré.
Par ailleurs, on a fait une observation intéressante qui privilégie
l'hypothèse d'un dysfonctionnement des gènes dans l'apparition de
ce défaut : parmi les Hirondelles rustiques (Hirundo rustica) de la région
de Tchernobyl en Ukraine, 13 % d'entre
elles présentent
des taches blanches. Il a été démontré que celles-ci
étaient dues à une mutation génétique provoquée
par le rayonnement nucléaire consécutif à la catastrophe
nucléaire de 1995.
Origine alimentaire
L'hypothèse alimentaire a été développée par
plusieurs auteurs. L'idée de base est que la moindre privation alimentaire
au moment de la pousse des plumes provoque une "trace de faim" sur les
plumes, souvent soulignée par une zone blanche de largeur proportionnelle
à la durée de la privation. Cette privation peut être quantitative
ou qualitative ou être provoquée par la présence de certains
produits chimiques, ce qui entraîne une baisse de la pression sanguine et
donc une mauvaise arrivée de sang dans le follicule
en croissance.
Cette explication explique la symétrie observée dans les marques,
ainsi que leur aspect : chez les jeunes, chez lesquels les rémiges poussent
à peu près en même temps, une bande alaire blanche continue
apparaît, tandis que chez les adultes, pur qui la mue est étalée
sur beaucoup plus de temps, seules quelques plumes sont touchées (si la
privation est de courte durée).
Il faut signaler que le lien entre trace de faim et privation de nourriture est
remis en cause par certains auteurs. Ils trouvent cependant un lien entre une
sous-nutrition et l'apparition de zones blanches sur les ailes et manque de barbes
sur les rémiges.
Des chercheurs ont démontré que la carence en lysine, un acide aminé,
se traduit par une croissance générale nettement plus faible et
la présence de plumes blanches ou de barres alaires blanches semblables
à celles observées dans la nature. Le rajout de lysine dans l'alimentation
des oiseaux concernés empêche l'apparition de dépigmentation.
Un déficit important de l'activité (mais pas forcément de
la quantité) de la tyrosinase, enzyme responsable de la fabrication de
la mélanine, dans les plumes des oiseaux carencés en lysine, a ainsi
été constaté.
Toutes les familles sont touchées
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Moineaux domestiques (Passer domesticus)
normal et leucique. Les passereaux sont "souvent" touchés. Photo
: Bob Talbot /
www.st-abbs.fsnet.co.uk |
Albinisme
et leucisme concernent toutes les familles d'oiseaux, mais à des degrés
divers.
ainsi, certaines d'entre elles sont particulièrement "touchées",
comme les anatidés ou les rallidés. L'albinisme est d'ailleurs favorisé
dans les élevages (cas du Cygne tuberculé mutant albinos immutabilis,
dont le plumage est entièrement blanc même chez les poussins et les
juvéniles) : la fréquence élevée de reproduction entre
des individus apparentés augmente l'apparition de des mutations.
On rencontre aussi un taux assez élevé d'oiseaux leuciques ou albinos
chez les passereaux. Par contre, chez les rapaces, ces phénomènes
sont rares.
Confusion possible dans l'identification
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| Goéland
argenté (Larus argentatus) leucique (ou partiellement albinos?) : une confusion
avec un Goéland bourgmestre est facile. Photo : Olivier
Cousson |
Des oiseaux atteints d'albinisme
partiel ou de leucisme peuvent provoquer une confusion chez l'observateur : une
Corneille noire peut ainsi être prise pour une Corneille mantelée,
un Martinet noir (Apus apus) pour un Martinet des maisons (Apus affinis), un Goéland
argenté pour un Goéland bourgmestre, ou un Merle noir pour un Merle
à plastron (Turdus torquatus) ...
En cas de doute, rappelez-vous que la taille, la silhouette, la forme du bec,
le comportement général dun oiseau, la saison et la répartition
sont d'autres élements qui doivent être pris en compte pour identifier
un oiseau dont le plumage est curieux. Comparer loiseau à ceux qui
lentourent peut aussi vous aider à déterminer de quelle espèce
il sagit.
Bien souvent, les taches et zones blanches ne sont pas régulières,
ou en tout cas différent des critères normaux d'espèces rares.
Avant toute conclusion hâtive, prenez le maximum de notes.
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