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Que faire pour aider un oisillon avant de le relâcher ?

Les soins à apporter à un oisillon, depuis le moment où vous l'avez recueilli jusqu'à son envol.

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Que faire pour aider un oisillon avant de le relâcher ?

Un oisillon recueilli.
Photographie : Patrica Gallerneau

En nous basant sur des conseils de Ron Billingsley, un spécialiste britannique du sauvetage des oiseaux sauvages volontaire à la Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals (RSPCA), nous vous expliquons quoi faire lorsque vous êtes confronté à une situation classique : vous avez trouvé  un oisillon en détresse. Ses conseils et astuces ne sont pas ceux d'un vétérinaire, mais ceux d'un "infirmier" expérimenté, et sont basés sur l'observation et le bon sens. Cet article s'applique aux cas d'oisillons qui ne peuvent pas être remis sans risque dans la nature ou que l'on ne peut pas confier à un centre de soins. Mais il est toujours préférable de ne pas intervenir, si cela est possible.

Abstract

Based on advice published by Ron Billingsley, volunteer at the Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals (RSPCA), we explain you what to do when you have found a chick in distress. His tips and tricks are not those of a veterinarian, but those of a experienced "nurse" : they are based on observations and common sense. This article is intended to help nestlings and chicks that can not be released without risk in nature, we also recommend the extent possible (parents are often found near the place where the bird was found and will feed).

Un principe de base : intervenir le moins possible

Avant de décider de s'occuper d'un oisillon, ce qui est très contraignant, essayez dans la mesure du possible de replacer les petits dans leur nid s'ils sont encore nus ou faiblement emplumés, et s'ils ont des plumes, vérifiez qu'ils sont vraiment abandonnés : les parents continuent en effet de nourrir leurs petits même s'ils ont quitté le nid. Si vous devez le recueillir, limitez au minimum vos contacts afin d'éviter le phénomène d'imprégnation.

Un nid de remplacement

Les oisillons les plus fréquemment recueillis sont ceux du Merle noir (Turdus merula), et c'est l'espèce qui servira d'exemple dans le texte. Il est facile de fabriquer un nid à partir de polystyrène et de papier. Il est en effet plus aisé de le maintenir au chaud et propre dans ce type de matériaux.
La forme de coupole doit être conservée : les poussins élevés sur des supports "plats" (cage) peuvent en effet présenter ultérieurement des défauts de développement (pattes écartées).
Il est facile de creuser une coupe dans un petit bloc de polystyrène, puis de le garnir avec des couches de papier toilette doux (n'employez pas de coton, qui susceptible de s'accrocher dans les griffes du poussin).
Placez l'ensemble à l'intérieur d'une petite boîte de carton garnie de tissus pour pouvoir éliminer les excréments.
Le nid artificiel doit être de la même taille que le vrai, car les poussins voudront éliminer leurs crottes en dehors de celui-ci pour le maintenir propre : il faut donc que les rebords ne soient pas trop hauts.
En plaçant le nid dans une boîte, il vous sera plus facile de déplacer l'ensemble.
S'il a peu de plumes, placez-le près d'une source de chaleur douce et couvrez-le d'un tissu souple (sans l'étouffer !) pour simuler un parent le couvant. Les oisillons doivent être généralement "gais" et énergiques. S'ils sont léthargiques, c'est qu'ils ont sûrement trop chaud ou trop froid.

Comment nourrir ou hydrater un oisillon ?

L'utilisation d'une seringue pour le nourrissage

L'utilisation d'une seringue pour le nourrissage nécessite une certaine expérience.
Source : Rescue-forum.com

Les petits poussins doivent être alimentés en moyenne toutes les 30 minutes (sauf la nuit), et en tout cas à chaque fois qu'ils réclament de la nourriture. En dehors de la période de nourrissage, l'oisillon doit être maintenu au chaud.
Une petite paire de pince à épiler est un excellent ustensile pour le nourrissage. La plupart des oiseaux prennent aisément la nourriture avec cet outil, car il ressemble au bec de ses parents. Lorsqu'il ingurgite la nourriture, vous noterez que le poussin place sa tête vers le bas et surélève son extrémité arrière vers le haut pour déféquer. Il le fera probablement sans votre aide, mais en cas de difficultés, vous pouvez l'assister pour éliminer ses déjections. Gardez le nid propre.
Evitez de donner de l'eau directement, fournissez plutôt une alimentation hydratée. Il est en effet risqué de lui donner à boire : il y a  deux orifices au fond du bec dont un seul correspond à l'œsophage; si jamais le liquide est rentré dans le mauvais trou, on entend une sorte de ronflement et des bulles peuvent même sortir des narines : c'est alors très mauvais signe…
Nourrir des poussins très jeunes n'est pas un problème a priori parce qu'ils ouvrent leur bec en grand dès qu'ils sentent une présence au-dessus du nid. Un poussin plus âgé sera légèrement effrayé au début, mais avec une peu d'ingéniosité il sera possible de lui faire croire que votre main représente son parent.
S'il ne veut pas se nourrir, vous peut être obligé de maintenir délicatement le bec ouvert avec votre ongle, tout en faisant pénétrer la nourriture doucement dans la gorge, mais essayez le stratagème suivant :

  • Couvrez leur boîte avec du tissu foncé, pour les maintenir au calme.
  • Retirez-le ensuite, et offrez-leur la nourriture, ils devraient ouvrir leur bec ouvert.
  • Si ce n'est toujours pas le cas, touchez doucement les côtés du bec, cela déclenche son ouverture .

Les aliments à donner

La nourriture est un élément crucial du succès. Si vous n'êtes pas sûr de l'identification de l'oiseau, vérifiez-la dans un guide : mais ne vous inquiétez pas, pratiquement tous les oisillons ont un régime insectivore car ils ont tous besoin de beaucoup de protéines. Les aliments pour chats ou pour chiens, mélangés à du jaune d'oeuf et imbibés d'eau, semblent constituer un bon substitut à la nourriture naturelle. l ne faut par contre surtout pas donner de pain trempé dans le lait.
Les vers jouent un rôle important dans le régime des merles. Mais attention, certains peuvent contenir un parasite dont les œufs se logent dans la gorge de l'oiseau, l'obstruant et pouvant causer la mort. Un signe précurseur de cette parasitose est l'halètement. Un vétérinaire peut vous distribuer un médicament, le Fenbendazole contre cette maladie.
Les asticots (achetés dans un magasin d'attirail de pêche) peuvent être ajoutés au régime (mais selon certains, les asticots peuvent en vie longtemps dans l'estomac et l'intestin et y provoquer des dégâts : il est donc conseillé de les tuer par le froid auparavant en les congélant). Conservez une partie des pupes (= enveloppes) des larves : elles fourniront du calcium. Maintenez la boîte d'asticots dans un réfrigérateur et ne sortez que la ration quotidienne, les larves vivront beaucoup plus longtemps (Attention : ne donnez pas trop d'asticots à de très jeunes oiseaux car ils sont très riches en protéines et peuvent provoquer la diarrhée). Quand les oiseaux seront emplumés, ils les mangeront sans limites.
Certains fruits telles que bananes, prunes et raisins peuvent être donnés de temps en temps.
En grandissant, il faudra légèrement adapter leur régime, et d'ailleurs l'oisillon vous fera connaître quelle nourriture il préfère. Il détournera sa tête pour un produit qu'il n'apprécie pas. 

Vérifiez les crottes

Vous pouvez vérifier à tout moment si la nourriture que vous donnez est adaptée : les crottes de l'oisillon seront fermes, habituellement noires ou brunes avec une partie blanche (l'urine), le tout contenu dans un petit "sac".

Sifflements avant le repas

Oisillon recueilli

Oisillon recueilli.
Photographie : Patrica Gallerneau

Bientôt il s'emplumera, et les choses deviendront plus amusantes. Mettez au point un signal (sifflement) que vous répéterez à chaque alimentation. Vous pouvez également émettre un mot, suivi d'un sifflement, puis du repas. En grandissant, le nid deviendra progressivement trop petit : il pourra rester dans sa boîte, que vous placerez à l'extérieur dans un endroit calme et protégé des intempéries et des prédateurs. Gardez un œil constamment sur votre protégé pour écouter ses cris d'alarme.
Il est utile de les placer dans un environnement qui pourra l'aider lors de sa phase d'envol : présence d'un arbuste à proximité, d'un rebord, où il pourra se reposer lors de ses essais.

Le lâcher et l'envol

Vous devez encourager les oiseaux à venir vers vous pour se nourrir. Après chaque repas, garder le contact avec de petits sifflements. Cela le mettra en confiance. Mettez à sa disposition une coupe d'eau peu profonde pour qu'il puisse se baigner et nettoyer ses plumes.
Couvrez toutes les surfaces d'eau (étangs..), les oisillons se noient très facilement.
Soyez attentif aux cris d'alarme, signes d'un danger avant-coureur.
Pendant la première semaine d'envol, il vaut mieux le mettre dans une cage couverte par un tissu pendant la nuit.
Évitez de l'attraper trop fermement, il risque de méfier de vous. Il est conseillé de le laisser se percher sur un doigt, en tenant ses ailes avec les autres.
Dès qu'il volera normalement, faîtes en sorte qu'il se perche en sécurité. Le matin, appelez-le.
En grandissant, il va perdre quelque peu son intérêt pour les vers, préférant davantage les fruits, la viande, etc. Encouragez-le à s'alimenter, en plaçant son repas sur le sol. Placez des larves sous des feuilles, il apprendra à les chercher en les écartant. Petit à petit, il prendra son indépendance.
La phase de nourrissage prend énormément de temps, et il convient que les membres de votre famille vous aident. Quand il grandira, vous pouvez espacer le nourrissage pour l'encourager à chercher sa nourriture.
Les choses ne se dérouleront pas toujours très bien : un chat pourra tuer votre protégé. Ne vous culpabilisez pas, c'est la vie.

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