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Date de mise en ligne:
12/03/10 - En cours de soumission au Comité de Lecture
Chaque
année, surtout autour des mois de mai et juin, nous recevons
de nombreuses questions sur le sauvetage et l'élevage de
jeunes oiseaux, notamment des merles et des grives.
Nous rappelons que la règle générale est de
laisser les petits sur place, les parents étant souvent dans
le secteur prêts à s'en occuper, malgré les
apparences.
Toutefois, certaines circonstances font qu'il peut être nécessaire
d'agir, si les parents ne se manifestent pas au bout d'un certain
temps ou si le secteur est dangereux (présence de nombreux
chats).
En mai 2009, Elizabeth Floriant a ainsi recueilli et sauvé
trois petits Merles noirs (Turdus merula) avec la coopération
de leurs parents qui les ont nourri à travers les barreaux
d'un cage: un récit riche en enseignements.
Abstract
We receive
numerous e-mails annually, notably in May and June, regarding baby
or young birds people have found. It is very important to determine
if the bird is truly orphaned or abandoned before they are rescued.
Indeed, the adults are often still around, ready to continue to
raise them ans soon as you leave.
This is particularly teh case for fledglings (first stage of leaving
the nest and are feathered, sometimes with downy tufts) that are
learning to fly, a process that may take several days: they should
be left alone to practice hopping around and flying from low shrub
branches to the ground and back. The parents still care for these
young birds and will be close by; you may not see them, but you
can probably hear them calling to their young from a nearby tree
or shrub. But under particular circumstances, for example if the
young birds are in imminent danger of predators, you can help and
save them.
In May 2009, Elizabeth
Floriant saved successfuly 3 young Blackbirds from the cats
by installing them in a cage, in front of a window. Their parents
feeded their young through the bars of the cage.
Trois jeunes merles sauvés avec l'aide de leurs parents
La
règle générale: intervenir le moins possible
Tout d'abord, il est nécessaire
de rappeler quel doit être votre comportement par défaut
si vous trouvez de jeunes oiseaux non volants en mai ou en juin
dans votre jardin: ils ne sont pas forcément abandonnés
ni orphelins, et ils n'ont donc pas besoin à priori d'aide.
Dans le cas d'un oiseau nu ou avec quelques plumes trouvé
sur le sol, il faut essayer de trouver son nid (qui ne doit pas
être loin) et le replacer dedans. Les parents ne l'abandonneront
pas, même si vous l'avez touché.
Si le nid est hors de portée, construisez un nid artificiel
percé de quelques trous en dessous (pour permettre l'évacuation
des eaux de pluie), remplissez-le d'un tissu doux (par exemple,
un bout de T-shirt), placez l'oisillon dedans et accrochez-le solidement
à une branche. Surveillez de loin le retour des parents.
Si ces derniers ne viennent pas la nuit tombée, rentrez le
nid et appelez un centre de soins.
Dans le cas de jeunes oiseaux apprenant à voler, donc ayant
quitté leur nid avec des plumes, ne faîtes rien, les
parents étant sûrement dans les environs, restant toujours
en contact avec leurs petits avec des cris (essayez de les entendre).
Mais si votre jardin est rempli de chats prêts à sauter
sur les oisillons, vous pouvez faire quelque chose.
Une mauvaise expérience
En mai 2008, Elizabeth
Floriant avait recueilli un merle âgé de quelques
semaines. Malgré un régime approprié (vers de terre, vers de farine,
asticots, fruits et pâté pour chats) minutieusement administré à
l'aide d'une pince à épiler, il est mort après environ un mois de
soins, la veille de son envol.
Elizabeth
suppose qu'il a été trop nourri. On lui avait expliqué
qu'il ne fallait pas trop charger le jabot (lire Le
système digestif des oiseaux), afin déviter tout risque
de suffocation...
En mai 2009
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Les trois
jeunes Merles noirs placés dans une cage pour perroquet, mai
2009
Photo: Elizabeth Floriant |
En mai 2009,
Elisabeth a trouvé trois jeunes merles non volants essayant
d'échapper à ses chats. Il semblerait que ce soit
"Roseline" le perroquet de leur voisin et qui vit en liberté,
qui les aurait fait quitter précipitamment leur nid.
Placer les petits dans un arbre les aurait certainement condamné
à être mangés.
Elisabeth, qui possède de nombreux animaux dont un perroquet,
possédait une cage de transport spacieuse. Elle y a placé
les trois merles vers 21h30. Les parents des petits, qui n'avaient
pas cessé de crier pour garder un contact avec leur progéniture,
ont alors arrêté de le faire.
Elisabeth a installé la cage dans une pièce fermée et l'a
couverte avec un linge pour la nuit.
Le lendemain matin, les trois "hôtes" étaient en plein
forme.
En allant
dans le jardin chercher des vers, elle s'est rendue compte que les
parents avaient recommencé à appeler leurs petits.
Elle a donc décidé de placer la cage sur le bord d'une
fenêtre à l'étage, à l'abri des chats, en espérant que les
adultes pourraient nourrir leur progéniture à travers les barreaux.
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Situation
de la cage au 1er étage, sur le rebord d'une fenêtre
Photo: Elizabeth Floriant |
En effet, ils
ont vite repéré la cage, et le mâle et la femelle
se sont relayés pour les nourrir, apportant vers, insectes,
baies: bref, un régime vraiment adapté aux besoins des oisillons,
équilibré, qu'il serait difficile de recréer
artificiellement.
Un matin, après une douzaine de jours, les jeunes étaient
très énervés: ils criaient, et sautillaient
dans tous les sens: l'heure de l'envol était semble-t-il
arrivée. Ils ont bien grandis et se sont fortifiés: leurs
pattes sont devenues plus longues, les commissures jaunes de leurs
lèvres ont disparu, ainsi que le duvet. Leur queue a atteint
3 cm (il est important que la queue d'un oiseau soit pleinement
développée afin qu'il puisse se diriger convenablement)
et ils battaient vigoureusement des ailes.
Une fois le mari d'Elisabeth placé dans le jardin afin de
les réceptionner au cas où, elle a ouvert la porte
de la cage et les a lancés vers l'arbre le plus proche de
la maison. Mission accomplie!
Quelques conseils
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La cage sur
le rebord de la fenêtre: le torchon placé dessus offre
une ombre salutaire aux petits
Photo: Elizabeth Floriant |
- Il faut s'assurer
qu'il n'y a pas d'ouverture dans la cage (notamment au niveau de
l'abreuvoir), car ils se faufilent partout.
- Il faut mettre un linge ou du papier au fond de la cage pour éviter
qu'ils ne glissent.
- Agrémentez le fond de la cage de quelques grosses pierres, surtout
si la partie inférieure de la cage est fermée: ils
seront ainsi au niveau des becs des parents.
- Pensez à installer des pierres ou des briques à côté de
la cage pour créer une plate-forme stable pour les parents.
- Ecartez légèrement quelques barreaux afin de faciliter
le passage des becs et de la nourriture.
- Si la cage est exposée au soleil, pensez à faire de l'ombre: un
torchon attaché avec les pinces à linge fera l'affaire.
- Ne vous tracassez pas pour l'eau (s'il ne fait pas trop chaud):
il semblerait que l'eau contenue dans les fruits et les vers hydrate
les petits suffisamment.
- Laissez les oiseaux tranquilles: évitez que vos enfants
ne les dérangent, et attention aux chats qui sont toujours à l'affût.
- Quand
les petits ont pris leur envol, il faut désinfecter à fond
la cage avec de l'Eau de Javel ou un produit approprié du genre
Saniterpen.
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