Date de mise en ligne: 12/01/09
- Soumis au Comité de Lecture
De plus en plus de gens nourrissent les oiseaux en hiver: rien qu'aux États-Unis,
près de 41 millions de personnes mettent à leur disposition graines
et autres aliments. En France, une mangeoire peut facilement attirer plus d'une
dizaine d'espèces.
Outre le plaisir de les observer, le fait de les nourrir peut les aider à
survivre pendant l'hiver alors que leur habitat naturel diminue à cause
du développement urbain et de l'agriculture intensive.
Dans cet article, nous vous proposons des précisions et des conseils pour
aider au mieux les oiseaux.
Abstract
According to the U.S.
Department of the Interior, about 41 million Americans are backyard birders. And
in Europe too, millions of people bring food to birds, espcially when Winters
are cold. Feeders provide poeple with hours of inexpensive entertainment while
helping avian species survive the winter, as well as loss of habitat from development.
In this article, we propose you tips to help birds in your gardens when it's cold
and frozen.
Nourrir les oiseaux: quelques précisions et conseils
Quelques précisions diverses
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Mésange
nonette (Parus palustris)
Photo: Bruno Tredez |
Tout d'abord, le fait de
nourrir les oiseaux les aide: il faut juste éviter en même temps
de favoriser les rongeurs.
Si jamais vous laissez vos mangeoires vides, les oiseaux ne mourront pas de faim,
ils iront juste visiter d'autres jardins ou chercheront des sources de nourriture
"naturelles".
Il vaut mieux toutefois éviter d'interrompre brusquement le nourrissage,
surtout en cas de temps froid.
Il n'y a pas de risque de "trop" nourrir les oiseaux: ils ne mangent
que s'ils ont faim, et ils savent s'arrêter!
Les graines de tournesol attirent de nombreuses espèces, et ont l'avantage
d'être faciles à répandre même sur un balcon. Les graines
de chardons attireront spécialement les Chardonnerets élégants.
Les graines de maïs sont les préférées des tourterelles,
les gâteaux de graisse attirent les pics. ...
Mettez à disposition des matières grasses (suif, margarine, graisse
animale, beurre de cacahuète...).
Certains oiseaux préfèrent se nourrir au sol, comme les Moineaux
domestiques, les tourterelles, les Accenteurs mouchets, les Étourneaux
sansonnets, les Merles noirs... D'autres préfèrent les points de
nourrissage élevés, comme les mésanges.
En plein centre d'une grande ville, il est aussi possible d'installer des mangeoires
sur les rebords des fenêtres et sur les balcons, mais on considère
qu'il faut environ un an pour que des espèces "attractives" comme
les mésanges s'y intéressent.
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Les barreaux
en métal enduit de ce distributeur empêchent les grands oiseaux et
les écureuils de s'approcher de la nourriture
Source: Vivara |
Pour éviter que vos
graines ne soient entièrement dévorées par les écureuils
(ce qui est rare en France, mais commun en Grande-Bretagne et en Amérique
du Nord où vit l'Écureuil gris très vorace), votre mangeoire
doit être placée à plus de 3 m de tout support (murs, arbres,
...). Les grains de poivre peuvent les tenir éloignés quelques temps.
Mais s'ils ne peuvent pas accéder aux graines, ils essaieront de balancer
le distributeur pour faire tomber les semences.
Il existe des mangeoires entourés de "barreaux", mais alors seuls
les petits oiseaux pourront en profiter...
Les chats constituent un vrai danger, et on estime qu'un de ces félins
peut facilement manger entre 50 et 100 passereaux par an!
Ne pas oublier l'eau!
N'oubliez-pas de proposer aux oiseaux un endroit où ils pourront boire
de l'eau propre, car il leur est difficile de trouver, surtout quand il gèle,
de quoi s'abreuver (même s'ils peuvent aussi manger de la neige).
S'il ne fait pas trop froid, les oiseaux se baignent pour entretenir leurs plumes:
vous pouvez donc aussi penser à placer un bassin peu profond (changz l'eau
régulièrement). Cassez chaque jour la glace qui se forme éventuellement
(il existe des bassins auto-chauffant).
Des conseils pour
votre mangeoire
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Mangeoire à
silo
Source: Vivara |
Suivant le type d'espèces
que vous souhaitez privilégier, vous pouvez choisir tel ou tel modèle
de mangeoire.
Les mangeoires à silo sont très appréciées des mésanges
entre autres, mais préférez des modèles pouvant contenir
au moins 500 grammes de semences, sinon vous risquez de devoir les remplir très
fréquemment.
Privilégiez les mangeoires solides résistants au gel, au dégel,
au soleil, à la pluie, aux écureuils... Il donc parfois intéressant
de dépenser un peu plus pour être tranquille de longues années.
N'oubliez pas de nettoyer vos distributeurs de graines: les oiseaux défèquent
en effet là où ils mangent. Les mangeoires en plastique sont plus
faciles à nettoyer que celles en bois, et elles peuvent être désinfectées.
Pour les nettoyer, placez-les dans un récipient rempli d'eau chaude, ajoutez
deux verres de vinaigre, laissez tremper pendant 15 minutes. Frottez ensuite avec
une brosse, puis laissez sécher au soleil, les rayons ultraviolet constituant
un excellent désinfectant naturel.
Le nourrissage, un problème?
Dans ue étude publiée en avril 2008 intitulée "Food
for thought: supplementary feeding as a driver of ecological change in avian populations",
les chercheurs Gillian N Robb, Robbie A McDonald, Dan E Chamberlain, et Stuart
Bearhop expliquent que si l'on connaît bien les effets d'une modification
de la disponibilité en nourriture sur le comportement des oiseaux, les
impacts de ce comportement généreux sont peu connus.
Les quatre biologistes rappellent toutefois que ce nourrissage a aussi des impacts
immédiats bénéfiques: les poussins qui reçoivent davantage
de nourriture ont un taux de survie plus élevé.
Mais l'intervention humaine perturbe aussi le discernement des oiseaux; en effet,
les mangeoires peuvent constituer des "pièges écologiques"
qui les encouragent à rester dans un secteur qui ne leur serait autrement
pas favorable si ce nourrissage cessait. Un apport artificiel provoquerait aussi
une croissance de la population incompatible avec des conditions alimentaires
naturelles.
Parfois, ce nourrissage affecte la biologie des oiseaux de façon inattendue:
une étude a ainsi montré que les Geais à gorge blanche (Aphelocoma
coerulescens) qui vivent dans un milieu semi-urbain et qui fréquentaient
les mangeoires pondent plus tôt que les autres; mais les jeunes naissent
alors à une période de l'année où les aliments qui
leur sont nécessaires sont indisponibles. Dans ce cas, on constate alors
une augmentation du taux d'échec de la nidification.
Étonnamment, l'équipe de chercheurs a aussi constaté que
l'activité autour des mangeoires n'augmentait pas le risque de prédation
par les chats, bien au contraire!
Étant donné la variété des résultats trouvés,
G. Robb et S. Bearhop et leurs collègues estiment que des études
plus complètes et plus ambitieuses (sur plus de deux ans, sur plusieurs
espèces simultanément) devraient être menées, étant
donné l'ampleur du phénomène du nourrissage des oiseaux:
une enquête menée aux États-Unis en 2003 a en effet révélé
que plus de 43% des sondés nourrissaient les oiseaux, et au Royaume-Uni,
les sondages indiquent que 75% de la population faisaient de même.
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