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Un code de bonne conduite pour photographes et observateurs

Quelques règles simples à respecter pour limiter les tensions entre photographes et simples observateurs. mais aussi pour assurer la tranquillité des oiseaux.

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Un code de bonne conduite pour photographes et observateurs

Le développement de la digiscopie a augmenté le nombre de photographes et donc les tensions avec les simples observateurs.

Du fait de l'augmentation du nombre des passionnés des oiseaux en Europe et en Amérique du Nord, on constate une multiplication des tensions entre photographes et simples observateurs pour occuper les meilleurs emplacements quand une rareté a été signalée.
Des cocheurs ("twitchers") peu scrupuleux sont accusés d'avoir modifié des clichés et d'avoir ensuite prétendu avoir photographié des oiseaux rares : ils n'auraient pas hésité à prendre des photos dans des parcs ornithologiques et avoir ensuite rajouté un fond naturel ...
Certains photographes sont tellement préoccupés par l'évolution de leur passe-temps favori qu'ils ont élaboré un nouveau code de bonne conduite qui a été publié dans la revue British Birds. Il énumère notamment des règles d'éthique et de respect entre pratiquants, rappelle que l'intérêt des oiseaux passe avant l'obtention d'une bonne photo et que les propriétaires et les habitats doivent être pris en compte.
Les tensions dans le reste de l'Europe sont certes moins fortes, mais les règles énumérées dans ce code devraient être appliquées partout. Nous vous en proposons une version (également téléchargeable au format pdf) que nous avons généralisée à tous les observateurs.

Abstract

Following the number of birders in Euopr and North America, rising tensions and even outbreaks of violence have been reported as people struggle for the best spots to view and photographe rarities. And unscrupulous twitchers have been accused of faking digital photographs to claim falsely that they have found rare birds – sometimes even using ones from zoos superimposed on wild backgrounds.
Traditionalists have become so concerned about damage to the hobby’s reputation that they have drawn up a new code of conduct, published in the birding magazine British Birds. This new code calls for Britain’s birders to “respect” others taking part in their hobby's, stresses the need to observe “good hide etiquette” and urges people not to “harass” birds, by getting too close.
Even if tensions are not so strong in the rest of Europe, we think that the rules mentionned in this code should applied everywhere. We propose you a French version of this document, that we have completed with several others points.

Le contexte : de fortes tensions en Grande-Bretagne

Les observateurs et photographes doivent respecter des règles de bonne conduite

Les observateurs et photographes doivent respecter des règles de bonne conduite.
Photographie : Ornithomedia.com

En Grande-Bretagne, où le nombre d'observateurs des oiseaux atteindrait six millions de personnes, on constate en effet une multiplication des tensions entre photographes et entre ces derniers et les simples observateurs, notamment lorsqu'une rareté a été repérée : certains passionnés vont jusqu'à se battre physiquement pour occuper les meilleurs emplacements ! Des heurts ont déjà éclaté à cause de places limitées dans les observatoires de faune.
Les conflits les plus fréquents éclatent entre photographes et ornithologues amateurs. Ces deniers n'ont pas besoin de s'approcher autant des oiseaux que les photographes grâce à leur équipement aux grossissements plus puissants, et les photographes sont souvent accusés de s'être approchés trop près et d'avoir même parfois délibérément déclenché leur envol afin d'obtenir des clichés en mouvement.
Lee Evans, fondateur de la British Birding Association, a déclaré au Daily Telegraph :"les incidents impliquent souvent des photographes prêts à tout faire pour obtenir des bons clichés, y compris à déranger les oiseaux. Certaines personnes qui arrivent sur place après avoir parfois parcouru de longues distances, réalisent alors que l'espèce tant recherchée s'est envolée et de vraies flambées de violence se déclenchent alors. Cela arrive fréquemment maintenant. "
Lee affime avoir personnellement été impliqué dans plusieurs affrontements violents. Il explique «J'ai participé à plusieurs bagarres sérieuses après avoir essayé d'empêcher des gens de faire s'envoler des oiseaux. Depuis trois ans, la situation est tout simplement devenue affolante. Les observateurs sont devenus fous".

Le nombre de places dans un observatoire est limité, d'où des conflits possibles entre photographes et observateurs ...

Le nombre de places dans un observatoire est limité, d'où des conflits possibles entre photographes et observateurs...
Photographie : Ornithomedia.com

Lors du passage d'un Butor d'Amérique (Botaurus lentiginosus) au cours de l'hiver 2010-2011 près de Wadebridge en Cornouailles, une bagarre a éclaté entre deux ornithologues qui attendaient sur les marches d'un observatoire et qui tentaient de voir le héron...
D'autre part, un nombre croissant de personnes sont accusées de pénétrer dans des propriétés privées dans le but de "cocher".
Dans certains cas, des oiseaux rares ont été "harcelés" et dérangés par des observateurs.
Pour obtenir des bons clichés de rapaces, des souris vivantes ont été utilisées. C'est aussi le cas au Canada pour le Harfang des neiges (Bubo scandiacus).
Des photographes peu scrupuleux sont accusés d'avoir falsifié des images numériques et prétendu avoir observé des oiseaux rares : ils n'auraient pas hésité à prendre des clichés d'oiseaux captifs puis à les inclure dans un fond sauvage.
Les observateurs" traditionalistes" sont tellement préoccupés par l'évolution de leur passe-temps favori qu'ils ont élaboré un nouveau code de conduite qui a été publié dans la revue British Birds puis approuvé par la RSPB.
Nous vous le proposons ci-dessous. Nous l'avons complété de principes que tous les observateurs devraient également prendre en compte.

Un code de bonne conduite pour tous les observateurs

Les oiseaux sont très sensibles aux dérangements, notamment en hiver (ici groupe d'oies en Bulgarie) et en période de nidification

Les oiseaux sont très sensibles aux dérangements, notamment en hiver (ici groupe d'oies en Bulgarie) et en période de nidification.
Photographie : Ornithomedia.com
    • L'intérêt des oiseaux doit toujours passer en premier : un dérangement peut provoquer l'abandon d'un nid, laisser des poussins sans nourriture ou attirer des prédateurs. Lorsqu'il fait froid ou après un long voyage, les oiseaux ont besoin de se nourrir : provoquer un envol entraîne des dépenses énergétiques inutiles qui peuvent être fatales. Les dérangements peuvent avoir des conséquences graves en période de chasse, par exemple si les oiseaux sont obligés de quitter une zone protégée.
    • Les oiseaux ne doivent pas être harcelés, poussés à s'envoler ou à se mettre à découvert.
    • La patience permet généralement d'obtenir de bonnes vues d'un oiseau, qui pourra même s'approcher de plus près. Le pishing(émission de sons plus ou moins aigus, imitant notamment les cris d'alarme de mésanges, pour faire réagir ou attirer certains oiseaux) devra être utilisé de manière raisonnée.
    • Les colonies, les dortoirs et les aires d'alimentation importantes ne doivent jamais être perturbés.
      Evitez de vous approcher de trop près : si un oiseau pousse des cris d'alarme répétés, c'est que vous êtes dans sa distance d'alerte. Dans les terrains très ouverts, par exemple dans un estuaire, les oiseaux peuvent être perturbés même si vous êtes loin d'eux et que vous restez sur les digues...
Restez sur les chemins et respectez les propriétés privées

Restez sur les chemins et respectez les propriétés privées.
Photographie : Ornithomedia.com
  • La repasse sonore (une méthode qui consiste à diffuser le chant d'une espèce afin de la faire réagir) doit être employée avec parcimonie et mesure. Si la réaction de l'oiseau n'est pas immédiate, alors il est peu probable qu'elle fonctionne. Elle ne doit pas être répétée dans un territoire donné. Elle ne doit pas être utilisée pour des espèces nicheuses sensibles, à moins que vous ne soyez accompagné d'un spécialiste ayant une autorisation à des fins scientifiques- Restez sur les voies publiques et évitez de perturber les habitats. Respectez la flore.
  • Respectez les propriétés privées : ne pénétrez pas dans un terrain sans l'autorisation du propriétaire, à moins qu'il ne soit ouvert au public. Refermez les barrières et les portails après votre passage. Un comportement irrespectueux peut pousser un propriétaire à refuser l'accès aux autres observateurs, ce qui pourrait perturber de futures études (inventaires, ...). Cela peut aussi nuire à la réputation de la communauté des observateurs.
  • Respectez les règles et les lois de l'endroit et du pays que vous visitez.
  • Parlez autour de vous de la pratique de l'ornithologie et de la nécessité de protéger les oiseaux et leur habitat.
  • Répondez dans la mesure du possible aux questions des passants et des curieux : même si ce ne sont pas encore des observateurs, ils peuvent le devenir. Et votre enthousiasme et votre patience renverront une bonne image globale de la communauté des observateurs.
  • Utilisez si possible les commerces locaux : restaurants, stations-service ... Si les communautés locales voient un intérêt dans la présence des observateurs, cela sera à terme favorable à la conservation des oiseaux
  • Utilisez dans la mesure du possible les transports publics, le vélo ou la marche à pied. Ne jetez bien sûr pas vos déchets.
  • Transmettez vos observations (par exemple aux associations locales, régionales ou nationales ou aux sites web spécialisés) afin qu'elles puissent être éventuellement utilisées à des fins scientifiques ou de conservation.
  • Aigle pomarin (Aquila pomarina), Estonie

    Aigle pomarin (Aquila pomarina), Estonie : les photographes doivent être très prudents avec les espèces sensibles comme les grands rapaces.
    Photographie : Urmas Sellis
    Participez si possible aux journées d'étude, comme le comptage Wetland en janvier.
    Avant de communiquer des informations sur l'observation d'une espèce sensible, pensez à ses intérêts (en particulier en période de nidification ou si elle a visiblement besoin de reprendre des forces), à ceux du du propriétaire (si possible, avertissez-le de votre démarche), des habitants locaux (pour éviter les dérangements, par exemple du fait d'une circulation accrue) et de l'habitat (s'il est fragile).
  • Pourquoi ne pas organiser une collecte à destination de la conservation des oiseaux à l'occasion de la présence d'une espèce rare ? D'autre part, la présence d'une espèce rare peut attirer des visiteurs supplémentaires dans une réserve à l'accès payant, et donc générer des rentrées supplémentaires.
  • Comme précisé plus haut, l'intérêt des oiseaux doit toujours passer avant une bonne photographie.
  • Les photographes ne doivent pas déranger les espèces, notamment sensibles ou rares (comme par exemple les grands rapaces ou le Grand Tétras), pendant la période de nidification (construction du nid, couvaison, alimentation des jeunes). Il est important de contacter au préalable des organismes ou associations chargées du suivi de ces espèces afin d'être accompagné de personnes les connaissant parfaitement.
Harfang des neiges (Bubo scandiacus) juvénile/femelle,

Harfang des neiges (Bubo scandiacus) juvénile/femelle, Québec : aucun appât ne devrait être utilisé pour attirer un rapace
Photographie : Leo Gobeil
  • Si une photographie est susceptible d'inhiber un comportement normal, on doit utiliser un affût et le déplacer lentement. La pratique normale est de le bouger un peu chaque jour l'affût. Un photographe compétent sera en mesure de déterminer si l'oiseau l'a accepté, et cela devrait être vérifié après chaque avancée. Si les oiseaux montrent des signes de rejet, l'affût devrait être ramené à sa position précédente. Si cela ne suffit pas, la photographie devra être abandonnée. Les affûts utilisés pour photographier un oiseau en cours de nidification ne devront pas être laissés en place sur les sites susceptibles d'attirer l'attention du public.
  • La végétation autour d'un nid ou empêchant de faire un beau cadrage ne doit pas être retirée. Il est toutefois possible de modifier l'agencement de la végétation tant que l'habitat est laissé dans son état initial.
  • Des mammifères vivants (souris, ...) ne devraient jamais être utilisés pour attirer des rapaces diurnes ou nocturnes.
  • Comme précisé plus haut, respectez les propriétés privées.
  • Soyez attentif aux autres photographes qui ont parfois fait des efforts considérables pour trouver la bonne position pour photographier un oiseau. Si un collègue est déjà près d'un oiseau, il faut résister à l'envie de le rejoindre sans obtenir son accord au préalable. Il peut en effet avoir mis très longtemps pour effectuer son approche. Vous risquez de faire envoler le sujet et de vous rendre impopulaire.
  • Soyez honnête en déclarant les circonstances dans lesquelles une photo a été prise, S'il s'agit d'un oiseau captif, cela devrait être indiqué dans la légende, en particulier en cas de publication. Si des corrections logicielles notables ont été faites (par exemple si des oiseaux ont été ajoutés ou supprimés, si le fond a été changé, ...), cela doit être indiqué pour éviter de tromper le spectateur.
  • Des mammifères vivants (souris, ...) ne devraient jamais être utilisés pour attirer des rapaces diurnes ou nocturnes.
  • Comme précisé plus haut, respectez les propriétés privées.
  • Soyez attentif aux autres photographes qui ont parfois fait des efforts considérables pour trouver la bonne position pour photographier un oiseau. Si un collègue est déjà près d'un oiseau, il faut résister à l'envie de le rejoindre sans obtenir son accord au préalable. Il peut en effet avoir mis très longtemps pour effectuer son approche. Vous risquez de faire envoler le sujet et de vous rendre impopulaire.
  • Soyez honnête en déclarant les circonstances dans lesquelles une photo a été prise, S'il s'agit d'un oiseau captif, cela devrait être indiqué dans la légende, en particulier en cas de publication. Si des corrections logicielles notables ont été faites (par exemple si des oiseaux ont été ajoutés ou supprimés, si le fond a été changé, etc.), cela doit être indiqué pour éviter de tromper le spectateur.

Télécharger le code de bonne conduite

Vous pouvez télécharger ce code (PDF) et ainsi le diffuser.

Ouvrages et matériel recommandés

Sources

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